A/N: merci pour vos commentaires et votre lecture, ça fait toujours plaisir ! En espérant que ce chapitre vous plaise, voici la suite... :)
Chapitre 15 : Naomi. - Faiblesses.
09/07/17 - Je profite de ces quelques instants où ma femme dort encore pour écrire mes pensées de la veille. Hier, comme prévu, nous sommes allées annoncer aux parents d'Emily qu'elle était enceinte d'un garçon (ma mère est d'ailleurs sur le chemin pour nous rendre visite et j'ai comme l'impression qu'elle va sauter au plafond quand on va lui apprendre la nouvelle). Tout s'est merveilleusement bien passé et j'étais étonnée de voir à quel point ma belle-famille semblait avoir tiré un trait sur ce que j'avais infligé à leur fille il y a quelques temps. Le seul reproche qu'ils nous aient fait aujourd'hui était de ne pas leur avoir assez rendus visite. Je devais avouer qu'on avait été particulièrement occupées ces derniers temps. Regagner la confiance de ma femme n'avait pas été une chose facile et je savais pertinemment que j'avais encore un bout de chemin à faire.
Notamment concernant Noah.
"Il faudra qu'on parle de Noah." Cette phrase faisait écho dans ma tête depuis quelques jours. Je savais qu'il fallait qu'on ait cette discussion un jour ou l'autre. Je le savais même depuis le début de sa grossesse. Je le savais car ce sujet avait toujours été resté tabou. Depuis que Josh séjournait en prison, Emily et moi évitons d'aborder le sujet. Je sais que les souvenirs de sa séquestration sont et resteront à jamais encrés en elle.
Je ne savais pas exactement pourquoi elle voulait parler de l'enfant que j'aurais pu mettre au monde il y a de ça des années, je savais simplement que c'était important pour elle, et qu'il fallait qu'on en parle un jour; je voulais qu'Emily comprenne qu'elle pouvait me faire confiance à tout point de vue.
C'est donc en caressant légèrement son épaule nue que j'essayais de la réveiller.
"Em ?" murmurai-je.
Je l'entendis grogner, puis elle sembla se rendormir à nouveau. Bien décidée à entamer la discussion avec elle maintenant, je la secouai légèrement et elle grogna à nouveau.
"Quoi ?" demanda-t-elle à moitié endormie.
"Bonjour."
"Bonjour Naomi, j'aimerais pouvoir dormir encore un peu." répondit-elle en baillant. "Je dors pour deux, comme tu aimes le répéter."
"Je sais, mais Em… J'aimerais que tu puisses être réveillée. Maintenant ?"
"Chérie, ton appétit sexuel peut bien attendre encore quelques heures, pas vrai ?" dit-elle en se tournant sur son coussin pour me faire face.
"C'est pas pour ça…" répondis-je, irritée.
"Ça va ?" demanda-t-elle, inquiète et soudainement en forme.
"Je veux qu'on parle de Noah."
Elle mit quelques secondes à analyser la phrase que je venais de dire; puis réajusta sa position en s'installant sur son coude. Elle ne rompit pas le silence, ses yeux me demandant de prendre la parole.
"Je ne sais pas exactement ce que tu veux que je te raconte à vrai dire." avouai-je. "Je ne sais pas exactement pourquoi tu veux qu'on parle de lui… Je te dirai tout ce que tu veux savoir, mais je… Je ne comprends pas pourquoi."
"Je ne veux pas que tu me racontes ce que tu as enduré pendant ta grossesse, je le sais très bien… Je veux savoir si ça t'affecte encore. Par rapport à ce qu'on est en train de vivre en ce moment."
Je ne répondis pas. Le fait qu'elle arrive toujours encore à me lire comme un livre ouvert m'effrayait.
"Naoms ?" demanda-t-elle après mon silence.
Mes yeux rencontrèrent les siens et j'essayai de lutter contre les larmes. En vain.
"Chhhh, mon coeur…" chuchota-t-elle en me rapprochant d'elle.
Mes sanglots s'étouffèrent dans son étreinte; sa main caressait doucement mon dos tandis que ses lèvres déposaient des baisers en-dessous de ma mâchoire.
"Bien sûr que ça m'affecte, Em." dis-je enfin. "J'ai perdu un enfant qui aurait pu vivre. Un enfant qui aurait mérité de vivre !"
Elle hocha simplement la tête, caressant encore mon dos pour m'inviter à continuer.
"Et j'ai peur, Em. J'ai peur qu'il lui arrive la même chose."
"Ça n'arrivera pas."
"Et comment tu peux le savoir ?" demandai-je. "Comment tu peux affirmer après seulement cinq mois que ça n'arrivera pas ?"
"Tu étais faible, Naomi. Trop faible. L'enfant avait besoin de force. Il avait besoin de la force de ses deux parents pour survivre. Tu as du tout affronter seule."
J'essuyai mes larmes avec la paume de ma main et je sentis son étreinte se resserrer.
"Notre enfant vivra parce que ses deux mamans ont une force incroyable ensemble. Notre enfant vivra parce que je sais que tu ne partiras pas. Parce que je sais que tu es là. Et tu me donnes de la force, Naomi. Tu nous donnes de la force."
Les larmes qui coulaient à présent sur mes joues n'étaient autre que des larmes de joie. Elle avait raison. Je ne devais pas me focaliser sur un passé douloureux qui m'empêchait de voir la chance qu'on avait; je devais au contraire me focaliser sur le futur qui nous attendait.
J'avais envie de l'embrasser; non pas sur ses magnifiques lèvres roses comme j'en avais l'habitude, non; je ressentais le besoin d'embrasser son ventre, qui contenait notre futur enfant grandissant. Je collai ma bouche à son nombril et même si je ne la voyais pas, je savais que ma femme souriait. Et je souriais aussi, car à quelques centimètres de mon visage se trouvait la personne qui allait changer notre vie.
"Em ?" appelai-je du bas des escaliers. "Je vais boire un verre avec Cook et Effy, je reviens dès que possible, d'accord ?"
"Essaye de ne pas boire de trop." dit-elle en sortant de la salle de bain et en me faisant un clin d'oeil ajouta : "J'aimerais t'avoir pour moi toute seule ce soir. Sobre, de préférence."
"Entendu. Je t'aime !"
"Je t'aime aussi." dit-elle en retournant dans la salle de bain.
Elle devait rencontrer sa soeur pour (je suppose) les mêmes raisons qui me poussaient à aller voir Cook. Son casier judiciaire leur empêchait d'adopter un enfant. Il avait trainé dans des trafics de drogues et avait tabassé pas mal de gars avant de commencer une carrière au cinéma. Il avait pensé que son casier avait été blanchi, mais de toute évidence, les services sociaux ont remis la main dessus, au plus grand malheur du couple.
"Cook, c'est provisoire…" dit Effy.
"Je sais bien que c'est provisoire." rétorqua-t-il sur le qui-vive. "Mais Katie voulait que tout soit parfait, tu vois… Elle voulait un mariage parfait, un mari parfait, une famille parfaite… Je ne suis pas capable de lui donner une seule de ces choses… Notre mariage va être rompu, et mon passé criminel a ressurgit et elle n'était au courant de rien. Et maintenant… À cause de toutes mes conneries, on ne peut même adopter un gosse. Et je sais à quel point elle voulait en avoir un à elle… Tu sais, pour qu'il puisse s'épanouir avec celui d'Emilio et Blondie…"
"Personne n'a dit que ce serait facile, Cook." répondit la brune. "Mais tu dois te battre pour obtenir ce que vous voulez."
"Et ça induit forcément des sacrifices." ajoutai-je en connaissance de cause.
"Je veux la rendre heureuse."
"Tu la rends heureuse, abruti." me moquai-je.
Il sourit simplement, se rendant probablement compte que j'avais raison. Et c'était vrai; combien de fois avais-je vu les yeux de Katie s'étinceler en voyant son mari entrer dans la pièce ? Combien de fois les avais entendu se dire "Je t'aime." mutuellement ? Combien de fois les avais-je imaginé à nos côtés lorsqu'on serait vieux et ridés ? Ils étaient faits l'un pour l'autre, et je savais que cette histoire ne changerait pas le cours de leur Histoire.
26/07/17 - Ma mère et Kieran sont chez nous depuis quelques jours. C'est fou de se dire qu'ils vivent ensemble depuis près de cinq ans, et que malgré cela, ils n'ont absolument pas changé. Ni concernant leurs traits physiques, et encore moins concernant leur caractère. Même si le vieux couple pouvait m'énerver au plus haut point la plupart du temps, j'étais très heureuse qu'ils soient là.
"Je vais ouvrir !" dis-je en entendant la sonnette retentir.
En ouvrant la porte, mon sourire disparut lorsque je vis que la personne se tenant devant moi était en pleures.
"Adele ?" demandai-je.
"Désolée de débarquer à l'improviste-"
"C'est rien."
"Mon père est là ?"
"Oui." dis-je en hochant la tête et en l'invitant à l'intérieur. "Entre ?"
Je ne lui demandai pas ce qui n'allait pas, sachant pertinemment qu'elle n'avait probablement pas besoin de ça maintenant. Je la conduisis donc simplement à la cuisine, là où ma mère, Kieran et Emily dégustaient le dîner qu'on avait préparé. Tous les yeux se braquèrent sur elle et Emily me lança un regard inquiet, auquel je me contentai de hausser les épaules.
Sans dire un mot, son père se leva de table et courut vers elle pour la prendre dans ses bras. Ma mère se leva à son tour lorsqu'elle vit qu'elle commençait à pleurer à chaudes larmes. Elle fut donc enveloppée dans l'étreinte de son paternel tandis que ma mère lui caressait gentiment le dos.
Ils s'assirent ensuite sur le canapé, Adele toujours prise en sandwich entre les deux quinquagénaires, et Emily me fit signe de la rejoindre près de l'évier.
"Elle t'a dit ce qui s'était passé ?" chuchota-t-elle.
"Non, rien du tout !" répondis-je, à la fois déçue et triste.
"Tu penses que ça concerne Sidney ?"
"Je pense, oui… Parce que si ça ne la concernait pas, elle aurait été avec elle ce soir."
"Ça allait pourtant bien quand on les a vues la dernière fois, pas vrai ?"
"Tu rigoles ? Il a fallu que je les sépare du canapé pour qu'elles évitent de donner à Cook le spectacle qu'il attendait depuis des années."
"Qu'est-ce qui a changé dans ce cas ?"
"Tu connais Sid. Elle ne se rend pas compte de ce qu'elle dit des fois… Elle a très bien pu dire un truc déplacé et puisqu'Adele prend les choses très à coeur…"
"J'espère que tu as raison et que ce n'est rien de grave."
Je jetai un coup d'oeil par-dessus mon épaule et m'aperçus qu'elle était à présent recroquevillée contre le torse de ma mère, qui embrassait sa chevelure pour la réconforter comme elle le pouvait. Au même moment, Emily vint se blottir contre moi et mes bras s'enroulèrent automatiquement autour de son corps.
"Ne me quitte jamais, d'accord ?" dit-elle.
Et je savais qu'elle ne disait pas ça simplement à cause de ce qui venait d'arriver avec notre amie; je savais qu'elle disait ça pour clore le chapitre Sophia qui avait failli anéantir notre couple.
"Je te le promets."
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