A/N: Merci pour votre lecture régulière et désolée de ne pas avoir pu vous répondre, je suis assez surchargée de travail ces temps-ci, mais je trouve quand même le temps d'écrire un petit peu... Merci beaucoup à vous donc, j'espère que ce chapitre vous plaira... :)


Chapitre 18 : Emily.- Retour à la réalité.

19/08/17 - Nos vacances, aussi courtes furent-elles, viennent de s'achever. On a passé une semaine magnifique et, contre toute attente, Sidney et Adele aussi. On a célébré leurs fiançailles pendant la majorité de la semaine (je crois que c'était surtout un prétexte pour qu'elles finissent saoules tous les soirs); et même si j'aurais voulu passer plus de temps seule-à-seule avec ma femme (sobre), cette semaine nous avait incroyablement relaxées.

C'est donc un dur retour à la réalité qui s'annonce.

"Em, t'aurais pas vu mes clefs ?" demanda Naomi, la main au fond de son sac.

"Tu vas quelque part ?"

"Oui. JJ vient de m'appeler. Les médias n'arrêtent pas d'envenimer les choses avec l'histoire de Sophia. Et garder le silence veut en partie dire que je suis d'accord avec qui se passe. Je ne peux pas la laisser faire."

"Tu as raison." dis-je en me levant du lit et en marchant vers elle. "Ne te laisse pas abattre surtout."

"Tu me connais." répondit-elle avec ce sourire fier qu'elle arborait d'un air supérieur.

Je souris et l'embrassai tendrement. Au moment où je voulus nous séparer, elle me serra encore plus fort contre elle et je posai ma tête contre son épaule, enroulant mes bras autour de sa taille.

"Dur retour à la réalité, pas vrai ?" murmura-t-elle.

"Ouais." soupirai-je.


J'entendis la porte claquée, ce qui me réveilla de ma sieste. Je remarquai au même moment que je n'aurais probablement pas du dormir sur le canapé, car je n'arrivais même plus à me relever tant mon dos me faisait mal.

"Naoms, c'est toi ?"

"Oui…" répondit-elle, la voix faible et hésitante.

"Tu peux venir m'aider, s'il-te-plaît ?" lui demandai-je. "Je n'arrive pas à me lever."

Je l'entendis poser sa veste et son sac et elle accourut à mes côtés quelques secondes plus tard. Les vaisseaux sanguins de ses yeux les avaient rendus rouges et ses joues étaient encore humides. Alors qu'elle passait délicatement sa main dans mon dos, je la stoppai, pour capter son regard.

"Chérie, qu'est-ce qui s'est passé ?"

Et elle fondit en larmes contre mon torse, en s'agrippant à mon t-shirt. Je caressai sa chevelure un moment, inquiète.

"Ils étaient horribles, Em…" dit-elle, les paroles absorbées par ses pleures.

Je me décalai sur le canapé, pour qu'elle puisse s'allonger à mes côtés. Je savais qu'elle passerait probablement une après-midi difficile, mais je ne m'attendais tout de même pas à ce qu'elle rentre à la maison en pleures.

Elle posa sa main sur mon ventre et le caressa légèrement. Je sentis ses larmes traversées mon t-shirt et couler contre ma peau. Je ne voulais pas la pousser à parler de ce qui s'était passé, car ce sujet était de toute évidence encore difficile pour elle.

"Em ?" demanda-t-elle, d'une voix à peine audible.

"Oui ?"

"Je vais arrêter le cinéma."

Quoi ?! Elle comptait interrompre sa carrière pour de bon ? Était-ce à cause de notre dispute d'il y a quelques mois ou à cause de l'interview de cet après-midi ? Ce n'était pas le moment de la bombarder de questions.

"D'accord." répondis-je.

"D'accord ?" répéta-t-elle. "Ça ne te fait rien si je me retrouve sans job ?"

"Non."

"Et si ta paye ne suffit pas à-"

"Naoms !" m'exclamai-je en riant. "Ça ne fait rien ! Je m'en fous de l'argent. Prends une pause le temps de te reposer et remettre les choses au clair. D'accord ?"

Elle hocha la tête et la reposa à nouveau sur mon torse, sa main toujours posée au niveau de mon nombril. Je posa la mienne sur la sienne et elle entrelaça nos doigts ensemble. Je ne tardai pas à me rendormir.


Deux jours avaient passé depuis l'incident avec les médias. Même si Naomi ne m'en avait pas parlé, je savais ce qui s'était passé puisque l'interview avait fait le buzz. J'avais donc visionné à contre-coeur les quelques vidéos qui circulaient sur le net, pour en savoir plus.

Cette histoire m'avait certes brisé le coeur quand elle avait pleuré pendant de longues heures sur le canapé; mais j'étais aujourd'hui complètement furieuse. Furieuse contre ce connard de journaliste qui n'avait pas arrêté de lui poser des questions sournoises pour l'obliger à lui faire dire ce qu'elle n'avait pas dit, mais aussi contre Foster. Cette véritable ordure a osé se mêler de cette histoire. Je savais que ce mec était une enflure à la minute où ses yeux perçants ont rencontré les miens, mais je ne n'imaginais pas qu'il aurait été capable de sortir des atrocités pareilles.

Mes yeux scannaient encore l'écran de l'ordinateur, lisant sans le vouloir vraiment les critiques des journalistes. Peu d'entre eux traitaient Naomi positivement. Les seuls commentaires en sa faveur étaient ceux de ses fans.

Quelques passages de la discussion résonnèrent encore dans ma tête; essentiellement les passages douloureux, ceux dont je n'aimerais pas me souvenir.

"Cette histoire risque de réduire à néant tous vos contrats avec les producteurs. Comment le vivez-vous ?" demanda le journaliste.

"Je suis au courant que cela entravera à ma carrière. Je trouve simplement cela dommage que des gens aussi intelligents que vous n'arrivent pas à faire la part des choses." répondit ma femme, et j'étais incroyablement fière de sa réponse.

"Mademoiselle Moore a cependant maintenu le fait que vous l'ayez menacée de mort et violentée." intervint-il.

"C'est ce qu'on appelle l'extrapolation, monsieur Wilkinson. J'ai certes menacé Sophia, mais seulement pour ne plus qu'elle s'approche ni de moi, ni de ma femme. Jamais je ne l'ai menacée de mort. Et jamais je ne serais capable de 'violenter' quelqu'un simplement parce que je suis en colère ! Je l'ai agrippée par le col !"

"Nous avons pourtant recueilli l'interview de l'un de vos patrons insistant bel et bien sur le fait que vous n'êtes pas quelqu'un de facile à vivre, mademoiselle Campbell."

"Qu-"

"Et que votre tempérament laisse à désirer."

"Quoi ?!"

Le journaliste a ensuite fait passer la vidéo de l'interview de Foster, dans laquelle il disait ô combien Naomi avait été insupportable durant le tournage du film. Je savais qu'elle avait ce comportement de "diva" il y a quelques années, mais cette période était révolue depuis longtemps. Il a souligné le fait qu'elle s'emportait très vite et était très hargneuse.

Le regard de Naomi à la fin de l'interview de Foster était abominable. Trahie par son producteur et par sa collègue en qui elle pensait avoir confiance, elle avait été incapable de répondre aux autres questions de l'homme. Elle avait quitté les lieux en milieu d'émission, pour éviter de pleurer devant les caméras.

Après avoir visionné de façon successive cette vidéo, et après avoir lu tous ces commentaires plus désobligeants les uns que les autres sur Naomi, je la soutenais à plus de deux cent pour cent pour qu'elle interrompe sa carrière. Elle avait de toute évidence besoin de se reposer de cette vague médiatique qui l'assaillait sans arrêt.


"Et un ensemble léopard ?" demanda ma soeur en agitant les sous-vêtements devant moi.

"Katie !" m'exclamai-je en les rabaissant.

"Campbell adorerait." affirma-t-elle en les remettant à leur place. "Et puisque vous y êtes non-stop depuis ces quelques semaines, je suis sûre que-"

"J'aimerais trouver quelque chose de plus original que ça pour notre anniversaire de mariage…"

"Un bijou alors ?"

"Je lui ai offert un collier l'année dernière."

"Un week-end à Paris ?"

"On évite de prendre l'avion à cause du bébé…"

Katie remua les lèvres et se mordit l'intérieur de la joue, pensive. Elle porta un doigt à sa bouche et fronça les sourcils. Elle avait certainement une idée en tête.

"Je t'écoute ?" dis-je.

"Adele !" s'exclama-t-elle enfin.

"Quoi, Adele ? Tu penses qu'elle pourrait nous aider à-"

"Mais non, pas celle-là ! La chanteuse !"

"Elle refait une tournée en Angleterre. Certainement parce qu'elle n'a plus rien à vendre si tu veux mon avis… Mais le fait est qu'elle passe à Londres dans un mois et comme Campbell-"

"Oh Katie, c'est génial !" m'exclamai-je. "Mais attends… Tous les billets doivent être vendus, pas vrai ?"

"Tu te souviens de Cindy, ma pote maquilleuse ?" demanda-t-elle et je hochai la tête. "Hé bien il se trouve qu'elle s'occupera de son maquillage et elle pouvait m'obtenir des places et puisque je ne suis pas vraiment fan de sa musique…"

Je pris ma soeur dans mes bras avant qu'elle n'ait le temps de terminer sa phrase et la remerciai. Naomi écoutait beaucoup les albums d'Adele il y a quelques années. Pas parce qu'elle s'identifiait aux paroles comme beaucoup de personnes en écoutant ses chansons; mais simplement parce qu'elle appréciait sa voix et la mélodie. Et je devais avouer qu'elle avait raison; sa voix était une pure merveille.

"Comment je peux te remercier, Katie ?" lui demandai-je, car je voulais absolument lui montrer à quel point j'étais heureuse qu'elle m'ait aidée à trouver un cadeau pour ma femme.

"Achète cet ensemble léopard."


A/N: voilà voilà ._. Commentaires ? :)