Chapitre 4
Reddington inspira un grand coup, Dembe s'était retourné pour le regarder. Il voyait, dans le regard de Red, qu'il était hors de lui.
_ Dembe, allons au « bureau de poste » rejoindre Cooper, pour lui expliquer.
_ Bien, Raymond.
Le soir venu, toute l'unité était rassemblée devant les écrans. Red et Cooper étaient dans le bureau, en train de discuter.
_ Harold, cet homme est un moins-que-rien. Disait-il impatient.
_ Et pourtant ! Impossible de le localiser. Et il ne vous a vraiment rien dit d'autre ?
_ Rien, je vous ai répété tout ce qu'il m'a dit.
_ Il est bientôt 21h, nous devrions rejoindre les autres en bas.
Reddington et Cooper descendaient l'escalier. Red remarqua que tous les regards se dirigés vers lui.
Ressler prit la parole.
_ Reddington, vous avez tout notre soutien.
_ Et pourquoi ? Je suis un criminel pourtant non ? Vous devriez plutôt vous réjouir de me voir perdre ainsi le contrôle.
_ Arrêtez, nous avons tous remarqué les sentiments que vous avez pour Elisabeth.
Rien que d'entendre son prénom, le cœur de Reddington battait plus fort.
Il était 20h55 et les minutes, jusqu'à 21h, étaient d'une rare lenteur.
D'un seul coup, les programmes de toutes les chaînes s'interrompaient et on le voyait. Jones Lynce !
"_ Bonsoir tout le monde et surtout, bonsoir mon cher Raymond Reddington ! Ce soir, c'est spectacle pour tout le monde ! Vous allez voir un numéro rare de..."
Et puis enfin, elle apparut, Elisabeth Keen. Debout au bord d'un immeuble, yeux bandés, mains liées.
Reddington ne pouvait s'empêcher de bouger et de s'avancer vers l'écran. Et il se retourna subitement.
_ Aram ! Regardez bien tout autour, pouvez-vous localiser cet endroit ? Red montrait du doigt, l'écran.
_ Heu oui oui, donnez-moi un instant.
_ Non ! Aram il y a urgence ! Essayez aussi la caméra, qui peut bien filmer, est-ce qu'il passe par réseau satellite ou autre chose. Il leva le ton. Aram, vite !
_ Oui oui monsieur. Disait-il tout en regardant Cooper qui lui faisait signe de lui obéir.
_ Reddington ! Dit Cooper. Calmez-vous !
_ Que je me calme !? Mais regardez où se trouve Elisabeth !
_ Je sais, mais regardez-vous, vous perdez la tête. Dit Cooper. Je sais que c'est difficile, mais essayé de rester lucide.
_ Monsieur ! J'ai trouvé ! S'exclama Aram.
_ Oui dites.
_ L'agent Keen se trouve au même endroit que ce matin, à l'hôtel Quincy.
_ Très bien, envoyer une unité sur le terrain, je veux qu'on boucle tout le quartier. Pendant tout ce temps, ils étaient dans cet hôtel... S'étonna Cooper.
Reddington partit directement sur les lieux sans même regarder ce que retransmettait Lynce. Il avait demandé à Aram de regarder et de l'avertir de tout changement.
Red et Dembe arrivèrent à l'hôtel et foncèrent directement, vers les ascenseurs pour rejoindre le toit.
_ Raymond, laisse moi m'occuper de Lynce.
_ Non, c'est à moi de le faire, toi, tu reste en retrait au cas ou.
_ D'accord.
Ils arrivèrent enfin sur le toit, les portes de l'ascenseur s'ouvrit. Quelques hommes se poster là, Jones avait tout prévu. Mais les hommes postés ne faisaient pas feu. Reddington suivit de près par Dembe, tous deux armés, s'avançaient. Red pouvait enfin voir Liz, comme il la voyait à l'écran, qui attendait debout, les mains attachées et un bandeau sur les yeux.
_ Raymond Reddington en personne ! Dit-il avec un grand sourire.
_ Lynce, relâche la immédiatement ! Dit Red, la mâchoire serrée.
_ Tu es sûr ? Car, si je l'a relâche, elle saute !
_ Que dis-tu ? Elle ne fera jamais ça.
_ Ho si... Ta chérie est sous mon contrôle Raymond. Elle n'obéit qu'à ma voix.
_ Lizzie ! Lizzie ! Répondez-moi !
Rien, Liz ne répondait pas. Aucune réaction. Jones Lynce avait raison. Il avait réussi à hypnotiser Elisabeth.
Reddington serrait son arme, il avait envie de tirer. Il leva sa main, et pointa son arme sur Lynce.
_ Non Raymond !
_ Quoi ? Si je te tue, tout est réglé. Dit Red déterminé à mettre fin à cette mise en scène ridicule.
_ Non, tu te trompes, j'ai donné des consignes à Elisabeth, si elle entend le moindre coup de feu, elle se jette dans le vide.
En entendant cela, Red baissa son bras et dit à Dembe de ne rien tenter. Il avait tout prévu ce renard.
Red décida de poser son arme au sol. Il se mit à s'approcher doucement, il ne pouvait pas rester sans rien faire.
_ Que fais-tu mon cher Raymond ?
_ Tu veux quoi Lynce ? Moi ? je suis là devant toi. Donc maintenant, tu n'as plus besoin d'elle, relâche-la. Dit-il d'un ton ferme.
_ N'avance pas Ray.
_ Pourquoi ? Si elle l'entend le bruit de mes pas, elle saute ? C'est ça ?
Lynce commençait à légèrement paniquer, alors que Red continuait à avancer doucement.
_ Raymond ! Arrête d'avancer, sinon je l'a pousse.
Red continuait, d'un pas assuré, rien ne pouvait l'empêcher d'avancer.
_ Regarde moi Lynce !
Reddington regardait Lynce, droit dans les yeux, transperçant son regard.
_ Lynce, tu vas venir à moi et me remettre ton arme. Dit-il d'une voix envoûtante.
Lynce restait bloqué, le regard plongé dans celui de Reddington.
_ Lynce viens à moi... Approche-toi... Donne-moi ton arme.
Dembe, quant à lui, surveillait la réaction des hommes de Lynce, ils ne bougeaient plus. Ils étaient comme des statues. Il y avait à présent, une atmosphère sur ce toit, comme si le temps s'était arrêté.
Reddington était maintenant tout près de Lynce, son regard le transpercer littéralement.
_ Lynce donne moi ton arme.
Inexplicablement, Lynce s'exécutait. Il était comme envoûté ou plutôt hypnotisé, oui, c'est ça, hypnotisé. Son don, avec lequel il avait fait tant de victimes innocentes, s'était retourné contre lui-même.
_ Lynce, ramène-moi Elisabeth. Ensuite, tu te retournes et tu avances sans arrêter !
Lynce restait un moment sans aucune réaction et partit chercher Liz et la ramena à Red.
En ordonnant cela à Lynce, Reddington savait qu'il arriverait au bord du toit et qu'il sauterait, et c'est ce qu'il voulait. Qu'il meurt, pour tout le mal qu'il avait fait.
Lynce se retourna donc, marcha jusqu'au bord du toit et fit le pas de plus, qui lui fût fatal.
Un soulagement envahissait Reddington. Celui-ci se retourna vers Liz.
_ Lizzie ! Lizzie ! Répondez-moi !
Mais rien. Elle ne bougeait pas. Il l'enleva son bandeau, détacha ses lanières et l'a fixa dans les yeux. Liz regardait dans le vide. Reddington avait peur.
Dembe se retourna et vit que tous les hommes de Lynce s'enfuyaient.
_ Dembe, laisse les partir, le FBI s'en occupera, il faut ramener Lizzie à l'hôpital.
_ Très bien Raymond.
Cela faisait maintenant 2h que Reddington attendait dans la chambre d'hôpital, il était assis à côté du lit de Liz, vivante, mais son esprit absent. Les médecins avaient dit qu'elle était en bonne santé et qu'il lui fallait juste du repos.
L'infirmière sortit, Red regarda Liz.
_ Lizzie, est-ce que vous m'entendez ? Lizzie !
Aucune réaction. Que faire ? Reddington ne savait plus quoi faire, il décida de lui parler.
_ Lizzie, aujourd'hui, j'ai bien cru que j'allais vous perdre. Je n'arrivais plus à réfléchir ni à me contrôler. J'étais fou... Pourtant, vous me connaissez, vous savez que je suis un homme patient. Mais quand cela vous concerne, je ne me contrôle plus.
Il regarda Liz, désemparé. Il caressa doucement sa main.
_ Lizzie, vous êtes magnifique. C'est égoïste de ma part, de vous dire ça maintenant, sachant que vous êtes encore sous l'effet de l'hypnose, mais j'ai une envie folle de vous dire à quel point je vous aime et à quel point j'ai envie de vous embrasser.
Red se redressa et s'avança vers son visage où il déposa un baiser sur le front, puis la regarda, et en déposa un autre sur ses lèvres. Un baiser tendre remplit d'amour. Red sentit, tout à coup, que Liz bougeait ses lèvres, il se retira et vit que Liz bougeait enfin les yeux.
_ Red...
_ Lizzie ! Vous êtes enfin revenu !
_ Où Est-ce que je suis ? À l'hôpital ? Que s'est-il passé ?
_ Vous avez été hypnotisé par Jones Lynce. Vous n'avez aucun souvenir ?
_ C'est vague... Dit-elle encore dans les vapes.
_ Le principale est, que vous allez mieux. Dit-il en lui souriant.
_ Ça fait combien de temps que vous êtes ici ?
_ Ça doit faire deux heures. Et je ne vous ai pas quitté une seule seconde.
_ Red... Liz était soulagée.
_ Chut... Reposez-vous Lizzie.
_ Attendez, je me souviens de quelque chose.
_ Quoi donc ?
_ À mon réveil, j'ai senti... Vos lèvres Red et... C'était, tellement réconfortant.
_ Lizzie... Je ne puis vous cacher plus longtemps... À quel point, je... Je vous aime.
_ Red... Je sais et je vous aime aussi tellement, mais j'avais si peur. Vous m'avez sauvé la vie. Je... Je ne veux plus être séparé de vous.
_ Je ne vous quitterez plus Lizzie, je vous le promet.
Et on pouvait les voir à travers la fenêtre de la chambre d'hôpital... Se parler... Se regarder... Se sourire... S'aimer.
Fin.
