Voilà un peu en avance, la suite! On m'a fait remarqué que j'ai traité Inui de lycéen et je me suis rendue compte que ce mot s'était glissé dans plusieurs de mes chapitres... j'en suis désolée! Je vous rassure tout de suite : l'histoire se passe bel et bien au collège et Inui est collégien. C'est moi qui n'y suis pas habituée (d'habitude mes protagonistes sont au lycée). Je ferai plus attention à l'avenir, mais n'hésitez pas à me rappeler à l'ordre si jamais!
Nous revoilà avec notre cher Inui, qui cette fois tente d'imaginer un plan B. Vous vous doutez bien que tout n'ira pas comme prévu, mais je vous laisse la joie (ou la frustration xD) de le découvrir!
Imaginer un plan B était plus facile à dire qu'à faire. Lorgnant les notes qu'il avait prises précédemment sur ses sentiments, Inui tenta de trouver ce qui, jusqu'à ce jour, lui avait échappé. L'horloge affichait vingt-trois heures passées, mais le collégien ne s'en souciait pas : il avait fini toutes ses tâches pour la journée, et le lendemain, c'était vendredi, ce qui voulait dire que, même s'il accumulait un peu de fatigue, il aurait toute la fin de semaine pour récupérer.
De toute façon, le sujet était si important que, même en des circonstances moins favorables, il se serait attablé pour y réfléchir. Il ne pouvait pas continuer à agir comme plus tôt ce jour-là : il lui fallait impérativement trouver un moyen de sceller ses sentiments sans pourtant alerter son ami. Pour ce faire, il devait à tout prix comprendre l'alchimie de l'amour, de son amour plus précisément, pour en trouver la faille qui lui permettrait de ne plus être dominé par ses sentiments.
Le problème prenait sa source dans un simple fait : il avait si peur de se trahir qu'inévitablement, il se trahissait. La meilleure façon pour lui de ne pas laisser transparaitre ses sentiments était encore de ne pas en être conscient. S'il arrivait à les oublier, au moins en présence du principal intéressé, il parviendrait sans aucun doute à agir comme avant.
Néanmoins, tout n'était pas si simple : comment oubliait-on la personne aimée? Comment diable pourrait-il parvenir à ne pas être subjugué par la beauté de Kaidoh quand il tenait une raquette, ou à ne pas être ébloui par sa persévérance en plein match, ou à ne pas être médusé par ses mouvements et la sueur qui perlait sur son corps en action...
Et voilà qu'il retombait dans le piège de sa propre luxure! Il ne lui suffisait pas de fantasmer sur l'adolescent, de rêver de lui chaque nuit et de se masturber chaque jour en pensant à lui, encore lui fallait-il dévier vers des divagations lubriques alors qu'il tentait de réfléchir sérieusement. Les fameuses hormones dont on parlait souvent en étaient la principale cause, il le savait bien. D'ailleurs, n'y avait-il pas un moyen de mettre ces hormones en échec d'une façon ou d'une autre?
Refermant son cahier, il ouvrit son ordinateur et fouilla dans l'internet. Après une heure de recherches, Inui réalisa qu'il n'existait qu'une seule façon de se débarrasser de ses hormones : il s'agissait, ultimement, de perdre ce qui faisait de lui un homme. Devenir une femme ne lui était pas attrayant et perdre ses testicules ne lui semblait pas non plus une bonne idée.
Son ordinateur refermé, Inui revint à son cahier et raya ses récentes déductions. Il n'avait aucun moyen de s'empêcher de fantasmer : peut-être pouvait-il arriver à se contenir. Il devait plutôt miser là-dessus et trouver des moyens de tenir sa libido tranquille. La question était : comment y parvenir?
Il devait arriver à assouvir le plus possible ses penchants quand il n'était pas en sa compagnie. Se masturber plus souvent était hors de question : une fois par jour était déjà beaucoup, et il ne trouverait pas d'autres moments qu'avant de dormir pour effectuer une tâche si... gênante. Il n'était pas question qu'on le prenne en flagrant délit. Même s'il savait que c'était normal pour un adolescent de son âge, cela restait gênant.
Il rêvait déjà à lui chaque nuit, et pensait déjà aussi souvent que possible à lui. Il ne semblait pas y avoir de solutions miracles : soit sa libido était trop grande pour son horaire, soit elle était carrément inassouvissable. Bien sûr, s'il avait pu mettre la main sur l'objet de ses réflexions, probablement qu'il n'en serait pas à essayer de remanier son horaire, mais c'était hors de question.
Inui réalisa enfin que, s'il n'avait pas assumé ses sentiments d'une telle façon, il n'aurait pas ce problème aujourd'hui. Dans le temps où il n'acceptait pas ce qu'il ressentait – cela datait de l'avant-veille et il en parlait comme si c'était des années plus tôt –, ses hormones étaient retenues un minimum par son ignorance : ainsi, même s'il se masturbait tout aussi souvent, le reste du temps, il arrivait à fonctionner en présence du garçon qu'il aimait. Maintenant, la chose semblait impossible.
Quand l'horloge afficha une heure du matin, Inui en était rendu à dessiner les plans d'une machine à remonter dans le temps, dans le but de s'envoyer un message dans le passé pour s'empêcher de réaliser ses sentiments. Ce dut être l'heure qui le ramena à l'ordre, car, en état de choc, il se relut et décida que toutes ses réflexions l'avaient rendu fou de fatigue.
Puisque la nuit portait conseil, il décida de se coucher sans avoir trouvé de réponse à ses questions. Il réfléchirait à tout ça avec un esprit plus clair.
~xxx~
Les restants de rêves qu'Inui conserva en se réveillant concernaient une machine à voyager dans le temps, des pourcentages qui l'attaquaient et, ultimement, un Kaidoh qui le regardait avec mépris. Cette dernière image restait la plus vivace.
Le calculateur se sentit malade avant même d'ouvrir les yeux. Le geste de se lever lui fit perdre la carte et quand il revint à lui, il était de nouveau couché dans son lit. Un deuxième effort se révéla plus fructueux, mais il tenait encore faiblement sur ses jambes. Inui se rappela enfin qu'il avait éprouvé un petit mal de gorge la veille, mais n'y avait pas porté d'attention parce qu'il était trop occupé à réfléchir à autre chose – s'il avait été plus lucide, il aurait vu que c'étaient les préludes d'un rhume. Décidément, la réalisation de ses sentiments ne lui apportait que des problèmes.
Après un éclaircissement de sa gorge, qui lui fit aussi mal que s'il avait avalé un couteau, Inui se dirigea vers la porte de sa chambre et jusqu'à la salle de bain. Il fouilla pour trouver le médicament qu'il cherchait et l'avala. Même avec cette aide, il doutait de pouvoir aller au collège et encore plus de pouvoir participer à la pratique. C'est pourquoi il retourna se coucher en attendant que ses parents se réveillent. Ce sur quoi il ne compta pas, c'était qu'ils le croyaient déjà parti, et que lui-même, trop fatigué de la courte nuit qu'il avait passée, s'endormit profondément.
Quand il se réveilla, il sut tout de suite que quelque chose n'allait pas. Toutefois, il lui fallut quelques secondes pour enfin ressentir un sentiment d'urgence et regarder l'heure : 10h34. Ses parents n'avaient pas prévenu le collège et personne n'était au courant qu'il était malade!
Alerté, il tenta de se lever, encore une fois trop vite. Quand il reprit ses esprits, ce fut pour réaliser qu'il faisait maintenant de la fièvre, et que son nez était congestionné. Impossible de songer à appeler l'école, maintenant. Il trouva quand même la force d'accéder à son téléphone portatif et écrivit un rapide SMS à sa mère, pour qu'elle prévienne au moins son école. Ensuite de quoi, il écrivit à Tezuka pour l'informer de sa maladie, lequel lui répondit succinctement de bien se reposer.
Le peu de conscience qui lui restait le poussait à envoyer un SMS à son amour. Après quelques tergiversations, son envie prit le pas sur la raison et il lui écrivit un message. Cependant, il ne devait absolument pas venir, car, dans l'état où il était, Inui pourrait tenter quelque chose qu'il regretterait. Même si l'envie était forte de le voir, il lui envoya donc :
Salut Kaidoh. Il semblerait que j'ai attrapé un vilain rhume. Pas la peine de venir me visiter, je ne veux pas te contaminer. Tu te rappelles ce que tu devais faire aujourd'hui?
Quelques minutes plus tard, une réponse lui arriva :
T'inquiète pas, senpai, je sais quoi faire. Repose-toi bien.
Un sourire se déposa sur ses lèvres et il délaissa enfin l'appareil sur la table de nuit. S'enfouissant sous ses couvertures, il songea au garçon qu'il aimait et se dit que, malgré ce qu'il lui avait envoyé, il aurait bien aimé le voir, ne serait-ce que pour l'entendre lui dire senpai, avec sa voix qu'il aimait tant.
Inui retomba rapidement dans les bras de Morphée, où les rêves se firent cette fois plus joyeux et, surtout, plus pervers.
~xxx~
Le malade se réveilla aux alentours de dix-sept heures. Il se sentait un peu mieux, mais il était temps de prendre d'autres médicaments, et de changer par la même occasion de sous-vêtements, car les siens étaient souillés. Il fit le tout avec une certaine difficulté, mais y parvint néanmoins en peu de temps.
Autour de dix-sept heures trente, sa mère rentra pour s'occuper de lui, mais personne d'autre ne vint (son père n'arriva que très tard). Inui n'attendait personne, puisqu'il avait dit au seul individu qui l'aurait fait de ne pas venir, mais il se sentit tout de même un peu seul. Ce n'était qu'une journée, soit, mais il aurait apprécié qu'au moins une personne vienne vérifier sont état. Tezuka avait surement informé l'équipe de Seigaku qu'il était malade, alors ils ne devaient pas ignorer son état.
Pourtant, personne ne vint.
Quand dix-neuf heures sonnèrent, sa mère lui apporta une soupe qu'il mangea sans appétit. Vingt heures, puis vingt-et-une heures, et il était toujours seul. À un moment, il regarda l'écran de son téléphone, où il n'y avait ni appel manqué ni nouveau message.
Longuement, il resta sur le contact de son partenaire de double. Il avait un prétexte pour lui envoyer un message : il n'avait qu'à lui demander s'il avait bien réussi son entrainement sans lui. Il songea même pendant un moment à l'appeler, puisque sa voix lui manquait, mais il se retint. Il pourrait paraitre insistant et il n'avait pas envie d'emmerder son ami.
Donc, il reposa le téléphone là où il l'avait pris et tenta de dormir. Cependant, le sommeil ne vint pas, et bientôt vingt-trois heures arrivèrent. Inui passerait trois jours sans voir son amour, et cette pensée le hantait plus qu'il n'aurait voulu l'admettre.
Il semblait bien qu'il n'avait aucune espèce de contrôle sur son affection et que, tôt ou tard, celle-ci lui ferait faire une bêtise. C'est sur cette réflexion qu'il s'endormit enfin, et il eut pour tout rêve des cauchemars impliquant le mépris d'un certain kouhai.
