Bonjour, Bonsoir.


Tout d'abord, je tenais à Yullena, fan-de-manga, SisiMi, Nodame et Fanduyaoi pour leurs encouragements. J'espère que ce second chapitre vous plaira tout autant.

Sur ce, voici le chapitre deux !

Bonne lecture.


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Chapitre 2

Retrouvailles.


Il s'arrêta sur le seuil de la porte et posa sa valise sur le parquet de la chambre.

Son regard fit le tour de la pièce.

Ses meubles avaient été montés. Pourtant, il ne reconnaissait pas sa chambre. Les murs n'étaient plus les mêmes. Une immonde couleur pourpre remplaçait le papier peint crème qu'il avait connu. Puis, la pièce semblait plus petite. D'une certaine manière, c'était normal, il avait grandi. Huit ans s'étaient écoulés. Il n'avait jamais souhaité revenir mais, encore une fois, il avait été forcé de suivre sa famille. Pas qu'il ne pouvait pas vivre sans eux…c'était plutôt eux qui ne pouvaient pas se passer de lui.

-Alors ? Ça fait quoi de revoir sa vieille chambre ? Lui demanda son grand-frère en posant sa main sur son épaule.

Il voulait une réponse franche ? Il préféra garder le silence ce qui ne sembla pas déranger son aîné dont le sourire ne voulait plus redescendre. Lui se réjouissait de ce retour. Même si Itachi aimait l'Angleterre, il ne s'était jamais sentit chez-lui dans ce pays. Le Japon était sa maison.

-Bon, je vais aller voir ma chambre aussi, conclu-t-il avec un entrain enfantin.

Il fit rouler sa valise jusqu'à la pièce d'à côté, tout en sifflotant un air entraînant.

Son cadet se retint de soupirer. Il pénétra dans sa propre chambre dont il ouvrit les portes fenêtres. Il alla s'accouder à la balustrade de son petit balcon.

La rue était uniquement composée de grandes maisons. Pas la moindre enseigne commerciale à l'horizon. Ils vivaient dans une zone purement pavillonnaire où le silence régnait en maître.

En bas, sa mère discutait avec les déménageurs dont le gros camion encombrait la rue. Ils auraient pu mieux se garer mais, apparemment, cela ne dérangeait personne. Rien d'étonnant à cela, l'allée était complètement vide. Il n'y avait pas l'ombre d'un chat. Enfin, Sasuke n'allait pas s'en plaindre, ça avait au moins le mérite d'être calme.

Le rire cristallin de sa mère attira son attention. Tout comme Itachi, elle était de très bonne humeur. Malgré la fatigue du vol dont ils venaient tout juste de descendre, elle dirigeait les déménageurs avec énergie. Et son père ? Lui aussi semblait heureux d'être là. Son frère, l'oncle d'Itachi et Sasuke, était venu les chercher à l'aéroport ce matin. C'est lui qui s'était chargé d'emmener une partie des meubles de leur maison de vacances dans celle-ci afin qu'ils n'aient pas à dormir à même le sol. Ils avaient vendu la moitié de leurs meubles avant de partir vivre en Angleterre et l'autre partie avait été stockée dans leur résidence secondaire qui se situait à 700 kilomètres de Konoha.

Ça aurait été tellement plus simple s'ils étaient restés en Angleterre. Sasuke se sentait exclu de cette espèce d'euphorie dans laquelle sa famille semblait nager. Il avait beau les regarder, cela ne le contaminait pas du tout. Il n'arrivait pas à se réjouir de ce retour. Revenir ici impliquait beaucoup trop de souvenirs dont il n'avait finalement pas réussi à se débarrasser. Dans quelques jours, il allait faire sa rentrée au lycée privé d'Oto. Heureusement pour lui, il n'y avait aucune chance pour qu'ils se retrouvent dans la même école. Naru allait fatalement aller au lycée public de Konoha qui, d'ailleurs, n'était pas très loin de son quartier.

De toute façon, on n'entrait pas facilement au lycée privé d'Oto. Il fallait soit être boursier, soit être prêt à payer sa scolarité cher. Seulement, pour obtenir une bourse, il fallait des résultats exemplaires. Par conséquent, la grande majorité des lycéens de Belle neige étaient des enfants de bourges. Exactement comme Sasuke.

L'idée de devoir aller jusqu'à Oto pour étudier ne plaisait pas vraiment à l'Uchiha mais, il devait admettre, ça l'arrangeait bien. Ça limitait ses chances de recroiser Naru. Enfin, il n'était pas non plus naïf. Ils vivaient à nouveau dans la même ville. Il savait très bien qu'ils finiraient, tôt ou tard, par se revoir.


Mes parents n'avaient qu'une peur : me voir revivre ce que j'avais vécu au collège. Pour éviter cela, ils avaient tout mis en œuvre pour que je n'aie plus à croiser les élèves du collège public de Konoha. Ils m'avaient enlevé de l'école, avant que je me fasse virer, et s'étaient démené pour me payer des professeurs particuliers. Ainsi, j'avais pu étudier sans quitter la maison. Autant dire que durant ces années, je ne sortais quasiment jamais. J'avais tout simplement perdu le goût de prendre un bol d'air frais. Il m'avait fallu du temps mais, je m'en étais remis petit à petit.

Aujourd'hui, j'allais beaucoup mieux. J'avais des amis que Gaara m'avait présentés. Des gars d'Oto. Des connaissances de son frère et de sa sœur qui possédaient un appartement là-bas. Gaara avait fait l'effort de se lier d'amitié avec eux pour ensuite me les présenter. Actuellement, c'était mes potes. Nous sortions souvent ensemble, quelque fois à Konoha, le plus souvent à Oto car, même si aujourd'hui mes anciens camarades de collège passaient devant moi sans me reconnaître moi je les reconnaissais sans difficulté. J'étais peut-être passé à autre chose mais je n'oubliais pas. Ils avaient laissé une trace indélébile. Une brûlure qui avait fini par cicatriser mais qui restait profondément ancrée en moi.

Enfin, ça allait. Aujourd'hui, je vivais et j'étais heureux de vivre. Le collège était fini, j'entrais maintenant au lycée. Cette année, je n'aurais pas de professeurs particuliers. C'était comme un nouveau départ. Mes parents m'avaient inscrit au lycée Belle neige qui se situait à Oto. C'était un lycée privé mais mes parents avaient suffisamment économisé pour me payer ma scolarité là-bas.

En prenant le train, Belle neige était à plus d'une demi-heure de chez moi. Néanmoins, j'étais sûr de ne rencontrer aucune de mes anciennes connaissances. C'était parfait. Mais, pour plus de sûreté j'avais été inscrit sous le nom de Naruto Uzumaki. Uzumaki était le nom de jeune fille de ma mère. Ainsi, il n'y avait aucune chance pour que l'on me reconnaisse. Adieu collège, adieu passé. J'enterrais définitivement Naru Namizake dans un coin de mon cœur. Aujourd'hui, elle laissait officiellement place à Naruto Uzumaki.

Par chance pour moi, Gaara était un élève brillant, il avait réussi à décrocher une bourse pour son entrée à Belle Neige. Avec l'accord de ses parents, il vivait à présent chez son frère et sa sœur à un quart d'heure du lycée.

Heureusement, sans lui ça n'aurait pas été pareil.

Je le regardai dans son uniforme. Le même que le mien, soit un costume bleu nuit sur une chemise blanche et une cravate rouge. Cependant, il lui allait bien mieux qu'à moi. Gaara n'était pas très grand mais sa carrure était quand même plus impressionnante que la mienne. Puis, il n'avait pas besoin de mesurer 1m80 pour plaire aux filles, il avait ce petit truc qui les faisait toutes craquer. Malgré cela, Gaara n'avait jamais eu de copines. Il ne semblait même pas attiré par elles. Enfin, bon. Au fond, je ne savais pas. Il ne m'avait jamais rien confié sur ce sujet.

Quand on parlait de filles, Gaara n'entrait pas dans la discussion. En faisait-il exprès ? Ce n'était pas facile à savoir car c'était dans la nature de Gaara d'être muet comme une tombe. Quand nous n'étions pas seuls, c'était à peine s'il ouvrait la bouche. Un jour j'avais osé lui poser la question directement mais la réponse ne m'avait pas vraiment avancé. Il m'avait répondu qu'il attendait. Quoi ? Je ne savais pas. Quand je lui avais posé la question, il était resté silencieux, l'air neutre et le regard indéchiffrable. Le sujet était clos. Depuis ce jour, on n'en avait plus jamais reparlé. Pas que je n'y pensais plus…Au fond, ça me démangeais de l'assaillir de questions jusqu'à ce qu'il craque. Mais, je savais que ça ne servirait à rien car, quand Gaara ne voulait pas parler, quoi qu'on fasse, il ne parlait pas. Néanmoins, je prenais toujours plaisir à le taquiner avec ses nombreuses prétendantes. Il fallait dire qu'il attirait de jolies filles, j'en étais un peu jaloux.

-Yo les gars, nous interpella une voix qu'on connaissait bien.

Kiba Inuzuka, l'un des gars d'Oto que Gaara m'avait présenté. Un grand brun complètement déjanté et pervers sur les bords. Il était accompagné de Shikamaru Nara, notre génie flemmard, et du meilleur ami de ce dernier, Choji Akimichi, un grand balèze qui vouait un culte à la nourriture. Sérieusement, Choji était capable de citer les ingrédients de n'importe quel plat les yeux fermés ! Impressionnant, pas vrai ? Il avait un véritable don. D'après ce qu'il nous avait dit, c'était un truc de famille. Ses parents tenaient un grand restaurant japonais, au centre d'Oto, qui se transmettait de génération en génération. Son arrière-grand-père avait été chef cuistot, son grand-père l'était, son père l'était et il comptait l'être aussi. A mon avis, il avait toutes ses chances de percer dans le milieu. Ça se sentait. La cuisine, il avait ça dans le sang.

Je regardai Kiba dans son costume impeccable, sa cravate bien nouée en dessous de son col immaculé. Ça faisait vraiment étrange de le voir dans une tenue aussi sérieuse, ça ne convenait pas du tout au personnage. Je lui fis la remarque.

-Je te retourne le compliment. T'as l'air trop sérieux comme ça, Namizake.

Namizake ! Il venait de dire Namizake ! Je me pétrifiai sur place.

Merde ! Je n'avais pas du tout pensé à ça ! Je m'étais fait inscrire sous le nom d'Uzumaki mais mes amis m'appelaient Namizake ! Comment allais-je faire ? Il fallait que je leur demande de m'appeler Uzumaki mais ils n'allaient certainement pas accepter sans quelques explications, sauf qu'il était hors de question que je leur dise la vérité. Il fallait que j'invente quelque chose et vite…

-on n'était pas censé l'appeler Uzumaki ? Rappela Shikamaru d'une voix plutôt fatiguée.

Hein ?

-Ah oui ! Désolé, mec, j'avais oublié !

Quoi ?

-On pourrait aussi bien s'appeler par nos prénoms, proposa Choji, on se connait depuis quelques temps maintenant.

-Ouais, je suis d'accord, tous ces noms de famille, ça commençait à faire cérémonieux, renchérit Kiba.

Et moi j'étais complètement largué. C'était quoi ce revirement ? Comment ça ils étaient censés m'appeler Uzumaki ? Se pourrait-il qu'ils soient au courant ? Non, impossible…

-Je t'expliquerai plus tard, me chuchota discrètement Gaara.

Je lui adressai un regard perdu.

-Ne t'inquiète pas, je m'en suis occupé.

-Ok.

Ses mots me détendirent. Si Gaara me disait qu'il n'y avait pas de problème, je le croyais. Il avait surement dû inventer quelque chose. Comme toujours, il pensait à tout.

-il faut qu'on aille voir nos classes, nous informa-t-il ensuite.

-Pas besoin, on a regardé pour vous. Vous êtes en 2-B avec Shikamaru, Choji est en 2-A et je suis en C, annonça Kiba sur un ton dramatique.

-Cool, on est ensemble Gaara ! M'exclamai-je avec un large sourire.

-Comment ça « cool » ? Je te rappelle que Choji et moi on n'est pas avec vous ! On va se retrouver avec des gens inconnus. La rentrée commence bien…, soupira-t-il.

-Prend ça comme une occasion de te faire d'autres amis, lui lança Shikamaru.

-Hé ! Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ça ?

-Qu'on ne veut plus de toi, le taquinai-je en avec un large sourire moqueur.

Il me balança son sac à bandoulière que j'évitai de peu. Malheureusement pour lui, il alla atterrir dans la poubelle juste derrière moi. Kiba poussa un cri d'horreur et j'éclatai d'un rire franc.

-Joli panier ! M'esclaffai-je.

Il se précipita pour le récupérer. Une peau de banane c'était glissé sur la lanière, il l'enleva du bout des doigts en grimaçant avant de secouer énergiquement son sac.

-'Tain, maintenant il sent la poubelle ! C'est de ta faute, Naruto !

-Pardon ? Comment ça c'est de ma faute ? T'avais pas qu'à me lancer ton sac.

-t'avais pas qu'à l'éviter, répliqua-t-il avec un sourire espiègle.

Tss, crétin.

-Désolé d'avoir des réflexes, hein ! Ripostai-je en lui tirant moqueusement la langue.

-c'est ça, champion, vantes-toi.

Je lui adressai un large sourire.

Le tintement de la sonnerie retenti dans la cour la seconde suivante. Comme le reste des lycéens, nous prîmes la direction du gymnase pour entendre le discours des enseignants. On nous demanda de nous ranger selon nos niveaux. Les terminales tout au fond et les secondes devant la scène. Nous avions tout le corps pédagogique devant nous. Des chaises avaient été placées dans le fond de la scène pour que les professeurs s'installent. Un homme d'une cinquantaine d'années, vêtu d'un costume noir, s'avança et prit place derrière le micro. Il demanda le silence et débuta son discours. Il s'agissait du proviseur. Il commença par nous souhaiter la bienvenue avant de nous expliquer le fonctionnement de la vie lycéenne. Rapidement, je décrochai. Heureusement, j'étais au troisième rang. Malgré mes cheveux blonds, avec ma petite taille, je me fondais plutôt bien dans la masse. Non, je n'en étais pas fier mais, parfois, ça avait du bon d'être petit.

J'appelai discrètement Gaara, en faisant gaffe à ne pas attirer l'attention de nos amis.

-Alors ? Comment as-tu réussi à les convaincre de m'appeler Uzumaki ? Lui chuchotai-je.

-J'ai simplement dit que c'était à cause d'une affaire de famille et qu'Uzumaki était le nom de jeune fille de ta mère, me répondit-il sur le même ton.

-ils ne t'ont pas posé de questions ? M'étonnai-je.

-ils ne sont pas si curieux que ça.

-même Kiba ?

Je voulais bien pour Shikamaru et Choji mais, de la part de Kiba, c'était surprenant. Ce gars était vraiment curieux. D'habitude, il était le premier à nous tirer les vers du nez. Et pour cause, lui répétait toujours qu'il n'avait rien à cacher…sauf que ce n'était pas le cas de tout le monde !

-Kiba sait que je ne lui aurais pas répondu. J'ai insisté sur le fait que c'était une affaire délicate et que tu ne voulais pas en parler pour l'instant.

-Ok. Merci Gaara.

J'essayai de me concentrer à nouveau sur le discours du principal. Au final, je ne tins pas plus de trois minutes. A vrai dire, j'avais du mal avec les longs discours. En plus, le proviseur avait une voix assommante ! Pour s'occuper, mon regard se mit à vagabonder sur les professeurs. Certains étaient vraiment à fond dedans mais d'autres semblaient beaucoup moins emballés. Je remarquai un prof de sport sur le point de piquer un somme. Sa tête penchait dangereusement vers l'épaule de son voisin qui semblait ne pas s'en rendre compte. Je souris puis le quittait des yeux. Mon regard se posa ensuite sur la voisine de son voisin, une belle brune aux yeux d'un marron si intense qu'ils paraissaient pourpres. A moins qu'elle ait vraiment les yeux rouges… Enfin, je voulais dire, à moins qu'elle ne porte des lentilles. Ses cheveux ondulaient en de belles boucles sauvages, qui retombaient sur ses épaules, encadrant sa poitrine généreuse que le petit décolleté de sa robe blanche mettait en valeur. Robe plutôt courte, d'ailleurs. Mon regard s'attarda un instant sur ses jambes avant que je ne me force à passer à sa voisine. Encore plus brune que la précédente, ses cheveux, coiffés en un carré effilé, étaient aussi noir que son regard. Elle n'était pas aussi sexy que l'autre brune mais elle ne manquait pas de charmes. Elle avait un visage mignon et, ma foi, un style sobre qui lui allait à ravir.

Le prof à côté d'elle aussi était pas mal. Il avait les cheveux roux et la moitié du visage caché derrière un masque anti-grippe. Il portait une chemise blanche dont les premiers boutons ouverts dévoilaient le début d'un torse musclé et légèrement bronzé. Son pantalon noir moulait à la perfection ses longues jambes de mannequin. Machinalement, je m'humectai les lèvres. C'était tout à fait mon style…

-tu mattes quoi comme ça ? Me chuchota Kiba.

Je me retins de sursauter.

-Ah… euh… les profs ! Me dépêchai-je de répondre.

-Les deux brunes à côté du gars qu'a l'air de s'emmerder ?

Le gars qui a l'air de s'emmerder alias le beau gosse.

-Moi aussi je les avais repéré, continua-t-il. Elles sont supers canons. Surtout celle avec la robe sexy… Elle, si c'est ma prof cette année, je suis le gars le plus heureux du monde. Là, je te promets, je lui sors le grand jeu et…

J'haussai un sourcil.

-Parce que tu penses que tu peux faire craquer une prof, toi ?

Il m'adressa un large sourire séducteur.

-tu rêves trop, mec, lui dis-je.

-Hé ! Et si c'est une couguar ? Tu sais pas toi ! Puis, on m'a déjà dit que je faisais plus que mon âge, se défendit-il avec une certaine fierté.

Je levai les yeux au ciel.

-Un conseil, vieux, commence par une lycéenne. Faut du poil au menton pour attirer une vraie femme, déclarai-je.

Il frotta son menton parfaitement lisse avant d'afficher une petite moue boudeuse. Je permis un petit sourire amusé.

-Ouais bon, ça viendra. D'ici deux ans elle verra l'homme que je suis, conclu-t-il avec certitude.

Il avait raison, d'ici pas longtemps, il finirait par avoir des poils au menton, tout comme Gaara et Shikamaru. Je ne parlais pas de Choji qui en avait déjà un peu. Moi, par contre, ce n'était pas sûr que j'en aie. Ça me déprimait un peu mais, c'était comme ça, j'allais devoir m'y faire. Déjà que je n'avais presque rien sur les jambes (quelques poils à peine visible puisque j'étais blond) j'étais parti pour garder un menton de bébé jusqu'à la fin de mes jours. Dommage pour moi, je ne connaîtrai pas les joies du rasage.

Nous restâmes plus d'une heure dans le gymnase avant que le proviseur ne se décide enfin à nous lâcher. J'entendis certains grands dire que c'était le même cinéma chaque année. Ça promettait.

Nous quittâmes le gymnase pour rejoindre nos classes respectives. Nous décidâmes de nous retrouver à la pause près de la poubelle où Kiba avait fait tomber son sac plus tôt. Ouais, ce n'était pas très glamour comme point de rencontre mais nous n'avions que ça. Là au moins, nous étions sûrs de nous retrouver. Il fallait dire que le lycée était vraiment grand. Il faisait au moins deux fois mon ancien collège. Six grands bâtiments, plus le gymnase, avec un hall d'entrée assez grand pour contenir l'ensemble des casiers de nous autres lycéens.

Shikamaru nous informa que notre classe était la 206-B. A partir de là, je me contentai de les suivre comme un gentil toutou. Je n'avais pas, mais alors pas du tout, le sens de l'orientation. J'étais le genre de gars capable de se perdre dans une ville qu'il fréquentait depuis sa naissance, c'était pour vous dire ! Un simple couloir pouvait se transformer en labyrinthe avec moi. Puis, je ne savais pas si c'était la poisse ou autre mais, à chaque fois que je tombais sur une bifurcation où je devais choisir entre plusieurs chemins qui ne me disaient rien du tout, il fallait toujours que je choisisse le mauvais. Et pourtant, j'avais bonne mémoire. Malgré cela, j'arrivais quand même à m'embrouiller. Il ne fallait pas chercher à comprendre, c'était comme ça.

Heureusement, Shikamaru et Gaara se débrouillaient mieux que moi. Nous tournâmes quand même un peu mais nous finîmes par trouver la 206-B à temps. La majorité des élèves étaient déjà en place mais le professeur n'était toujours pas là. J'allais m'installé à une place libre dans l'avant dernière rangée entre Gaara et Shikamaru. Ce dernier reconnu certains de ses anciens camarades de classe. Il nous présenta de loin Sakura Haruno, une jeune fille aux cheveux roses et aux yeux verts émeraude. Elle était super mignonne mais Shikamaru nous conseilla de nous méfier d'elle. Apparemment, elle était réputée pour être une sacrée fouineuse. Elle avait pourtant l'air adorable avec son petit sourire d'ange mais, s'il le disait… Il ne fallait pas se fier aux apparences, après tout.

Sakura discutait avec une blonde platine, aux yeux bleus clair. Ino Yamanaka. La grande copine de Sakura. Elle n'était pas bien méchante mais elle traînait dans les mêmes eaux. D'accord, je prenais note. Il continua. Cette fois, c'est un brun qu'il désigna. Vraiment beau gosse le gars, d'ailleurs. De longs cheveux bruns, une peau de porcelaine, un regard gris perle et une attitude incroyablement hautaine. Mais, il était, sans conteste, terriblement sexy. Oui, j'avouais, je craquais pour ce genre de mec. Le genre casse-tête, fier et froid ou alors bad-boy, à croire que j'aimais qu'on me brise le cœur. Enfin, ça, c'était pour les mecs mais, vu que personne ne savait que j'étais bi, j'étais protégé.

Ah oui, le beau gosse s'appelait Neji Hyuuga.

Je le quittai des yeux pour tenter de me concentrer à nouveau sur ce que disait Shikamaru. Ah, il avait changé de sujet. A présent, il parlait de Temari, la grande sœur de Gaara. Une grande blonde aux yeux verts qui n'avait pas sa langue dans sa bouche. Elle était l'aînée des trois. On n'aurait pas dit. Les trois frangins avaient beau être de même mère, même père, ils ne se ressemblaient pas du tout. Néanmoins, qu'est-ce qu'ils étaient marrants ensembles ! Malgré le fait qu'ils passaient leur temps à se taquiner, il y avait une véritable complicité entre eux. D'ailleurs, j'avais été surpris la première fois que j'étais allé chez eux. Croyez-moi, ce n'était pas tous les jours qu'on voyait Gaara se faire titiller, chatouiller, ébouriffer les cheveux, comme un gamin de huit ans, et riposter à ça avec un petit sourire et de jolies répliques. Gaara était différent chez-lui. Il était moins renfermé sur lui-même, beaucoup plus social. Il donnait vraiment un joli spectacle.

Pour en revenir à Temari et Shikamaru. Comment dire…? Entre ces deux-là, il y avait de la tension. Lorsqu'il s'agissait de notre ami Nara, Temari ne mâchait vraiment pas ses mots ce qui avait fini par taper sur le système de ce ne fallait jamais heurter la tranquillité de Shikamaru. Il avait beau être un gars super zen, il restait humain. A force de jouer avec ses nerfs, il y avait un moment où ça pétait et, avec Temari, c'était ce qui était arrivé. Depuis, on avait le droit à un feu d'artifice de sarcasme à chaque fois qu'ils se retrouvaient. C'était à qui déstabiliserait le mieux l'autre. Pour Kiba et moi, tout ça n'était que la conséquence d'une trop grande tension sexuelle. Oui, nous étions persuadés qu'il se passait quelque chose entre eux. Il fallait voir comment ils se bouffaient des yeux derrière leurs railleries. Restait plus qu'à attendre qu'ils craquent. Selon Kiba, ça n'allait pas tarder. J'étais d'accord avec lui. On sentait qu'ils commençaient à être à bout. Bientôt le petit couple allait naître. J'en souriais d'avance. Déjà un an qu'ils se tournaient autour, il était temps que ça arrive.

J'étais en pleine conversation avec Shikamaru et Gaara, par conséquent, je ne m'en rendis pas compte tout de suite. Les affaires de cœur de mon ami Nara m'avait un peu coupé du reste de la classe. C'est dans un geste complètement hasardeux que je tournai la tête vers le tableau en ricanant. Mon regard fit un demi-cercle avant de se bloquer, tout comme mon rire qui mourut immédiatement dans le fond de ma gorge. Je me pétrifiai, le cœuraffolé.

Un garçon venait d'entrer dans la classe. Beau, brun, les cheveux d'un noir si intense qu'ils paraissaient avoir des reflets bleus. Deux mèches soyeuses caressaient sa peau laiteuse. Il portait une frange effilée qui, parfois, frôlait la pointe de ses épais cils, gardiens de deux orbes de jais.

Non…

Je ne pouvais pas croire ce que je voyais mais mes yeux ne pouvaient pas me tromper. Pas à ce point-là… Pas sur ça… Et pourtant je priais pour que ce soit le cas.

Le sac posé nonchalamment sur son épaule droite, il s'apprêtait à dépasser la première rangée quand nos regards s'accrochèrent. Le contact visuel me fit l'effet d'une décharge électrique et je me sentis submergé par une vague d'émotions. Un étrange mélange d'horreur, d'effarement, et d'autres sentiments que je n'avais pas ressenti depuis très longtemps. Plus de doute, c'était bien lui et il m'avait vu.

Mais que faisait-il là ? Pourquoi était-il revenu ?

J'avais l'impression de plonger dans un mauvais rêve. Son regard ne m'avait pas quitté. Ses yeux se plissèrent légèrement avant qu'il ne hausse un sourcil. Une violente envie de fuir à toutes jambes me prit…

Une main froide se posa sur mon bras, me faisant sursauter violemment sur ma chaise. Je rencontrai les regards soucieux de Shikamaru et Gaara.

-Enfin de retour parmi nous. Ça fait une minute qu'on t'appelle. C'est qui ce gars ? me demanda Shikamaru.

-Je…

Ma phrase s'arrêta ici. Je ne pouvais rien dire devant Shikamaru. Désemparé, je me tournai vers Gaara. Par chance pour moi, le professeur arriva l'instant suivant. Les conversations prirent fin immédiatement. Je m'assis correctement sur ma chaise. Raide comme un piquet, je n'osais plus tourner la tête, ni pour voir Shikamaru et Gaara, dont je sentais encore les regards posés sur moi, ni à ma gauche où il était parti s'installé.

Quand notre professeur fit l'appel, il arriva juste avant moi dans l'ordre alphabétique.

-Sasuke Uchiha.

Je me mordis la lèvre inférieure, le regard fixé sur ma table. Cette fois, c'était plus que clair.

-Présent.

Sa voix…grave et suave à la fois. Elle lui allait parfaitement.

Je frissonnai.

Pourquoi était-il là ? Une partie de moi avait envie d'aller le voir et de lui poser directement la question mais une autre me criait de fuir. Il ne fallait pas qu'il me reconnaisse. M'avait-il reconnu, d'ailleurs ? Non, c'était impossible. Il fallait que je me calme. Il fallait vraiment que je me calme.

Je soufflai.

Inspiration, expiration.

Il ne pouvait pas m'avoir reconnu. En fait, il avait certainement dû me prendre pour un taré vu comment j'avais réussi à me pétrifier. Oui, il ne savait pas. Je n'étais plus Naru Namizake mais Naruto Uzumaki. Il fallait que j'arrive à faire la part des choses. Huit ans s'étaient écoulés, s'était énorme. Aujourd'hui, je devais considérer Sasuke comme un simple camarade de classe. Voilà. Je devais faire abstraction du passé. J'en étais parfaitement capable.

-Aller Naruto ! M'encourageai-je à voix basse.

J'attrapai mon stylo et essayai de me concentrer sur notre professeur principal qui n'était d'autre que le beau gosse du gymnase. Oui, je venais à peine de percuter.

Monsieur le beau gosse se nommait Abe Yahiko.


Fin du second Chapitre. Et on souhaite bonne chance à Naruto ! Haha. Bon, j'arrête. Qu'avez vous pensé de ce chapitre ? Si vous avez quoique ce soit à me dire, n'hésitez pas ;). Sur ce, je vous souhaite bonne journée/bonne soirée/ bonne nuit et à la prochaine !