Hello everybody!


Donc, je commence par une annonce : A partir de Lundi, je reprends les cours. Donc, je ne pourrais plus posté le lundi. C'est pour ça que je poste ce chapitre aujourd'hui. Je pense qu'à partir de maintenant, je posterai le samedi. Ce sera plus simple pour moi.

Alors, encore une fois, je tenais à vous remercier pour vos reviews qui me font très plaisir et m'encourage à continuer cette fiction ^^.

Réponses aux reviews anonymes :

Kyu-chan: Haha !Je suis démasquée ! xD. A la base, le professeur sexy était Kakashi. Mais, comme j'ai commencé cette histoire il y a plusieurs années et que je l'ai reprise il n'y a pas très longtemps, j'avais complètement oublié ^^'. J'ai donné un autre rôle à Kakashi. Donc, j'ai dû faire des modifications. Il m'a fallu trouver un autre personnage pour être le professeur sexy et j'ai jeté mon dévolu sur Yahiko-kun ! ;D Voilà pourquoi Yahiko porte un masque antigrippe (j'avais juste un peu la flemme de refaire toute ma description ^^'). Après pour « Abe », c'est parce qu'il lui fallait un nom de famille. Et Abe, c'est le nom de famille d'un gars que j'adore dans un autre manga (Big Windup).

Fanduyaoi: Héhé, oui je suis sadique ! xD Je pense que tu auras les réponses à tes interrogations dans ce chapitre ;).

Je vous souhaite bonne lecture à tous !


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Chapitre 3

Sasuke Uchiha.


-c'est donc lui, ton premier amour.

-Ouais, acquiesçai-je.

La pause avait sonné. Gaara et moi étions encore dans le couloir, dans un coin isolé, à quelques pas de notre classe. Moi dos contre le mur et lui en face. Nous avions laissé Shikamaru rejoindre les autres. Pour cela, je n'avais pas eu besoin d'inventer un mensonge, Shikamaru avait tout de suite comprit que je ne voulais en parler qu'à Gaara. Il n'avait pas insisté, il s'était contenté d'un « j'y vais » avant de tourner les talons.

-que comptes-tu faire ? me demanda Gaara.

-Rester Naruto Uzumaki. Si je suis ici, ce n'est pas pour replonger dans le passé. De toute façon, il n'y a aucune chance pour qu'il me reconnaisse.

Même si moi je l'avais reconnu au premier regard, c'était impossible que lui y soit arrivé. J'avais beaucoup trop changé.

-Reste quand même sur tes gardes.

-Oui, ne t'inquiète pas, Gaara.

Mon regard se posa sur la porte de notre classe encore ouverte. Sasuke n'était pas sorti pour la pause. De là où j'étais, je ne voyais qu'une partie de son dos. Il avait l'air penché sur son bureau. En train de lire, peut-être? A l'époque, Sasuke lisait beaucoup durant les récréations ou quand il avait fini ses devoirs. Des vrais romans en plus, sans images, pas des BD comme moi je lisais. Je l'avais souvent charrié pour ça, avec une pointe de jalousie. Je l'avais souvent insulté de frimeur et d'intello, jaloux qu'il puisse lire ce genre de livres alors que j'en était incapable...mais aussi, jaloux de ne plus être l'objet de son attention durant ses lectures.

-Naruto.

Je sortais de mes pensées.

-Oui ?

-on devrait aller rejoindre les autres.

J'acquiesçai d'un hochement de tête avant de me décoller du mur.

Après le japonais, nous passâmes aux maths avec Ebisu Okashi. Si Yahiko avait tout de suite suscité l'admiration de tous (surtout des filles) Ebisu avait fait une moins belle entrée. Il était arrivé, les bras chargés de documents. L'énorme bouquin de mathématiques qu'il avait calé sous son bras droit était tombé lorsqu'il avait posé le reste de ses affaires. Il s'était baissé pour le ramassé et l'avait posé distraitement sur son bureau. Le livre avait heurté sa petite boite métallique, la poussant dans le vide. Et paf ! Elle s'ouvrit laissant échapper toutes les craies qu'elle contenait. Après cela, Ebisu fit fort. Il en écrasa deux, les réduisant en poudre sous ses mocassins. L'une d'elle faillit le faire tomber mais il se retint de justesse à sa chaise avant de se mettre à quatre pattes pour aller récupérer celles qui s'étaient glissées sous le bureau. En se redressant, il se cogna le crâne, lâcha un « Aie ! », avant de réapparaître devant nous.

Il remonta nerveusement ses lunettes.

-Euh…

Il posa ses craies sur le tableau et n'en garda qu'une pour écrire en grand : Ebisu Okashi, 22 ans, professeur de mathématiques.

-Et bouffon de service, railla un de mes camarades.

La grande majorité de la classe ricanait.

-Même Naruto n'aurait pas pu faire mieux, nous chuchota Shikamaru, la main sous le menton, un fin sourire aux lèvres.

-Quoi ? Comment ça je n'aurais pas pu faire mieux ?

Il m'adressa un petit sourire amusé en guise de réponse.

Lorsque les deux heures de maths prirent fin, nous descendîmes en salle 3-C. C'était le laboratoire de science. Nous rigolâmes beaucoup moins en rencontrant notre professeur de biologie. Je sursautai en le voyant sortir soudainement de la salle, où il nous attendait déjà, pour nous rejoindre dans le couloir. Son regard d'un vert serpent nous dévisagea un par un avec une sévérité mêlée à un brin de folie. Je déglutis.

-Bien. Je suis Orochimaru, à partir d'aujourd'hui, je serais votre professeur de science. Pour bien commencer l'année, je vais vous classer par ordre alphabétique. Rentrez dans la classe quand vous entendrez votre nom et remplissez les rangées du premier rang au dernier en partant de la gauche. Des questions ? Demanda-t-il d'une voix froide et austère.

Un silence de plomb lui répondit.

-Bien, commençons.

Il sorti la liste du porte-document qu'il tenait entre ses doigts squelettiques et nous appela par binôme.

Pour le coup, je regrettais de ne pas avoir été inscrit sous le nom de Namizake, j'aurais été à côté de Shikamaru. Là, avec Uzumaki, j'avais une chance sur deux de finir avec Sasuke.

Quand enfin, le prof l'appela, mon cœur s'accéléra.

-Uchiha et… Uzumaki.

J'en étais sûr. J'avais vraiment la poisse !

Je le suivis à l'intérieur. Notre table était située au quatrième rang, près de la fenêtre.

Du coin de l'œil, je l'observai sortir sa trousse et poser son sac contre l'un des pieds de la table. Il se tourna ensuite vers la fenêtre pour contempler l'extérieur d'un regard pensif. J'étais complètement transparent pour lui.

-Maintenant que tout le monde est installé, on a va faire une petite manipulation pour tester vos connaissances. Le matériel dont vous aurez besoin se trouve déjà sur vos tables. Je vous préviens tout de suite, ce petit test sera votre première note de l'année, assurer vous de le réussir, déclara Orochimaru en s'emparant d'un paquet de feuilles.

Quoi ? Un test dès le début ? Mais il n'était pas sérieux, celui-là ! Je ne pus m'empêcher de grimacer quand il me tendit ma copie, soit deux feuilles agrafées. Je me mis à lire la consigne du premier exercice pour voir si je comprenais. Observation de chromosomes au microscope. Bon, jusque-là, ça allait. Je vérifiais qu'il y avait bien le microscope sur la table... Il y en avait bien un. Un seul…pour deux… Mon regard se posa sur Sasuke qui lisait aussi sa copie avec une concentration impressionnante. Il mouilla son index du bout de sa langue avant de changer de page. Sa main gauche repoussa machinalement une de ses mèches ébène avant de se caler sous son menton.

Il n'avait pas perdu ses vieilles mimiques. Je souris malgré moi.

Mais qu'est-ce que je faisais ? Je baissai les yeux sur ma propre copie avant de jeter un coup d'œil au reste de la classe. Tout le monde était concentré sur sa copie. Ils bossaient tous sauf moi. Je perdais du temps, là.

Bon, alors, où en étais-je ? Chromosomes et microscope. Voilà. Donc après…

Sasuke se leva. Il attrapa un bout de racine dont il découpa la pointe au scalpel avant de le placer sur une petite lame. Il préleva une goutte, du robinet situé à sa gauche, qu'il déposa sur son bout de racine avant d'appuyer délicatement dessus avec sa petite lamelle.

C'était donc ça qu'il fallait faire… J'allais faire la même chose dans ce cas. Je me levai à mon tour pour l'imiter. Seulement, lorsque je voulus prélever une goutte d'eau, mon robinet ne laissa échapper qu'un brin de poussière.

D'accord… Je me tournai vers Sasuke le cœur battant.

-Euh… Je pourrais t'emprunter ton évier ? J'ai…je n'ai pas d'eau au mien, expliquai-je d'une voix qui se voulait naturelle.

Le pire aurait été qu'il se rende compte à quel point il me rendait mal à l'aise. Et dire que c'était la première fois que je lui parlais depuis huit ans, ça faisait vraiment bizarre…

-Hn, fut la seule réponse que j'obtins.

Pas même un mot, un son, et je n'eus même pas le droit à un regard avec. Monsieur était trop concentré sur son petit test pour être poli, apparemment. Je me retins de le bousculer en passant derrière lui. Bref, je me tournai vers le robinet. Un petit tuyau en caoutchouc était accroché à l'extrémité. Je me demandais à quoi pouvait-il bien servir... ? Qu'importe, j'essayai d'ouvrir le robinet. Sans succès. Ce crétin l'avait bloqué ou quoi? Cette fois-ci, j'y mis toute ma force. Ma foi, j'aurais dû m'abstenir de le faire. Le petit tuyau se mit à faire l'hélicoptère, mouillant tout sur son passage. Je poussai un cri de surprise avant de l'attraper d'une main et de refermer le robinet de l'autre. Trop tard, j'étais trempé et, malheureusement, je n'étais pas le seul. La paillasse de Sasuke était noyée. Je risquai un regard sur lui. De grosses tâches d'eau mouillaient son uniforme, des gouttelettes d'eau dégoulinaient le long de sa joue sur laquelle une partie de sa mèche gauche était plaquée. Si un regard pouvait tuer, je serais déjà mort. En une seconde je venais de causer un cataclysme. Je me ratatinai sur place. Grâce à moi, nous étions le centre d'attention du reste de la classe. J'entendis certains ricaner mais le côté amusant de la situation mourut écrasé par les pas d'Orochimaru qui quitta son bureau pour rejoindre notre table.

-Uzumaki, m'appela-t-il d'une voix sévère.

Je déglutis.

-Oui, m'sieur ?

-Uchiha.

-oui…

Il attrapa la copie trempée de Sasuke puis s'empara de la mienne avant d'asséner sur un ton magistral :

« Zéro. Après avoir nettoyez toute cette eau vous pourrez partir.»

Quoi ?

-M'sieur, ce n'est pas de la faute de Sasuke, c'est moi qui…

-Je ne veux pas savoir qui est le responsable, m'interrompit-il, contentez-vous de faire ce que je vous dis si vous ne voulez pas aggraver vos cas.

Sur ces mots, il reparti s'installer derrière son bureau, ne me laissant pas la possibilité d'insister. C'était profondément injuste ! Franchement, on venait d'avoir zéro à cause d'un petit problème technique ! Ce n'était que de l'eau, en plus ! Un peu d'eau n'avait jamais tué personne ! Ce n'était pas comme si j'avais fait la même chose avec de l'acide ! Ça m'énervait d'avoir eu zéro pour si peu, mais je me sentais surtout mal pour Sasuke. Lui, il n'avait strictement rien fait. Non seulement je l'avais arrosé mais en plus, à cause de moi, il venait de se taper une bulle.

Je le vis sortir sa trousse d'une flaque d'eau.

-Je suis désolé, m'excusai-je.

Il m'ignora. C'était comme si je n'existais pas. Il vida sa trousse, posa ses stylos sur un coin de la table encore sec, avant d'essorer le tissus au-dessus de l'évier.

-Sasuke, je…

-qui t'as donné l'autorisation de m'appeler par mon prénom ? On n'a pas gardé les cochons ensemble, que je sache, m'interrompit-il sur un ton sec.

Oui, c'était vrai. Je devais l'appeler par son nom de famille maintenant. J'aurais bien aimé lui répliquer qu'on avait fait plus que garder les cochons ensemble, comme il le disait si bien, mais je ne pouvais pas.

Uchiha… Ok.

-Désolé.

Il ne répondit rien. Mon cœur se serra. J'attrapai l'éponge et commençai à essuyer les rebords de l'évier. Nous nettoyâmes notre table sans un mot, sans un regard, comme les deux parfaits inconnus que nous étions à présent l'un pour l'autre. Après ce que nous avions vécu il y a huit ans, la douleur que nous avait causé notre séparation, c'était vraiment malheureux. Simplement s'ignorer ? Je ne voulais pas de ça, moi. Ok, il ne fallait pas qu'il me reconnaisse mais on pouvait très bien être ami et rire ensemble comme avant sans que mon secret ne soit découvert, non ? Ou, du moins, sympathiser à nouveau… Bon, là, c'était mal parti. A l'heure actuelle, Sasuke devait me détester.

Je poussai un soupir en reposant l'éponge à sa place. Sasuke rangea ses affaires et je fis de même. Il quitta la salle, sans un regard pour personne. A l'inverse, j'adressai un petit sourire idiot à Shikamaru et Gaara pour les rassurer. Le premier me rendit mon sourire alors que le deuxième se contenta d'un hochement de tête.

Je quittai la salle sans dire au revoir à cet enfoiré d'Orochimaru. Lui, je le détestai déjà.

Une fois dans le couloir, j'allais à la recherche des toilettes. J'étais encore bien mouillé, si j'attendais que cela sèche tout seul, j'étais partie pour attraper un bon rhume. Par chance, je tombais dessus en tournant à gauche. Je poussai la porte battante avant d'avoir un mouvement de recul. Sasuke avait eu la même idée que moi. Il avait enlevé sa veste, qu'il maintenait entre ses jambes, ainsi que sa chemise qu'il tendait sous le sèche-main. Je ne pus empêcher mon regard descendre sur son torse pâle et finement musclé. Huit ans s'étaient bel et bien écoulés. Sasuke avait beau être resté fin, ses biceps étaient bien présents. Je m'arrêtai sur ses tétons, sa taille fine et son ventre musclé. Une bouffée de chaleur m'envahie. Quand son regard se posa sur moi, je sentis mes joues s'enflammer. Il plissa les yeux, comme s'il tentait de lire en moi. Mon cœur rata un battement. Il m'avait vu rougir. Il savait qu'il m'avait fait de l'effet. C'était évident. Je me forçai à bouger pour briser l'échange visuel. Il ne fallait pas que j'aggrave mon cas. Mains tremblantes, je commençai à enlever ma veste. J'aurais aimé m'enfuir, n'ayant aucune envie de me déshabiller devant lui, mais si je le faisais, je passerais encore plus pour un idiot. Néanmoins, je n'allais pas montrer mon buste. J'allais juste me mettre sous le sèche-main. Je ne voulais pas qu'il me voie torse nu.

Je le rejoignis sous l'air chaud, essayant d'avoir l'air décontracté. Malheureusement, ce n'était pas facile de paraître à l'aise quand on bouillonnait intérieurement. Je n'avais jamais été bon pour cacher mes émotions et son regard noir qui me dévisageait avec intensité ne m'aidait pas. Que pensait-il de moi ? Il devait me trouver bizarre. Normal, je ne pouvais pas être moi. Surtout pas avec lui.

-t'es gay ?

La question brisa soudainement le silence. Trois petits mots qui me firent l'effet d'un électrochoc.

-Quoi ? Non ! M'exclamai-je le cœur battant.

Il ne fallait surtout pas qu'il croie que…

-Pourquoi tu rougis, alors ?

-Je…je…parce que j'ai chaud ! Criai-je presque.

Merde. Je n'avais pas contrôlé le ton de ma voix. Là, pour le côté décontracté, c'était fichu. Je baissai les yeux par terre. S'il y avait un trou de souris près à m'accueillir, j'étais prenant...

-tu sais, ce n'est pas parce que je t'ignore que je ne te vois pas. Tu n'as pas arrêté de me regarder en cours et tu t'es pétrifié quand je suis entré en classe. Au début, je me suis demandé quel était ton problème mais maintenant je pense savoir c'est quoi. Je te fais de l'effet.

Ce n'était pas une question mais une affirmation. Mon cœur était à deux doigts d'exploser. Je sentais son regard me transpercer mais je n'osai pas l'affronter. Si je ne pouvais pas le contredire, que faire ?

-et tu trembles, ajouta-t-il comme si j'avais besoin qu'il le précise.

Mes mains se serrèrent sur ma veste. Il fallait que je dise quelque chose mais quoi ?

Il soupira.

-ça va, respire, je ne suis pas homophobe. Par contre, je te le dis tout de suite, les mecs ne m'intéressent pas alors ne tente rien avec moi.

-je n'allais rien tenté, répondis-je en relevant enfin la tête.

Mes tremblements avaient cessé. Savoir que cela ne le dégoûtait pas m'avait remis d'aplomb. Mon cœur battait toujours un peu trop vite dans ma poitrine, mais je savais quoi faire. J'allais rentrer dans son jeu. C'était toujours mieux qu'il me croie gay (ce qui n'était pas exactement le cas) plutôt qu'il devine mon identité.

-donc, ça ne te dérange pas ? Demandai-je pour plus de sûreté.

-Tant que tu n'essayes pas de me rouler une pelle, non.

Je ne pus m'empêcher de sourire. L'idée était plaisante !

Il fronça les sourcils.

-Je suis sérieux, ressentit-il le besoin de préciser.

-J'avais compris ! Tu gardes ça pour toi et je te promets que tu pourras ressortir vierge de cette pièce, plaisantai-je avec un large sourire étincelant.

Son regard s'élargit, sa bouche resta entrouverte. J'éclatai de rire.

-évite ce genre de blague aussi, se renfrogna-t-il.

Deux petites tâches roses coloraient ses joues alors qu'il essayait vainement de me faire croire que ce que je venais de dire ne l'avait pas surpris et gêné.

-Ok, Uchiha, ricanai-je.

Je me forçai à reprendre mon sérieux mais mon sourire ne quitta pas mes lèvres. J'étais heureux que ça se passe ainsi. Lorsqu'il posa à nouveau son regard sur moi, je lui adressai un large sourire éclatant. Encore une fois, il eut l'air surpris. Puis, un petit rictus amusé naquit sur ses lèvres. Cette fois, ce fut à mon tour d'en rester coi. Mon cœur parti au galop alors que je me rendais compte qu'il s'agissait du tout premier qu'il m'offrait depuis huit ans. Je sentis comme une douce chaleur envahir ma poitrine, un élan de joie qui me consuma entièrement.


Kushina pénétra chez-elle les bras chargés de sacs plastiques. Elle ne prit pas la peine de les poser au sol pour fermer correctement la porte. Non, Kushina se contenta de la faire claquer d'un coup de pied sec avant de prendre la direction de la cuisine pour y déposer son butin.

Tout en sifflotant le générique de son feuilleton préféré, elle se mit à ranger ses courses. Le téléphone sonna quand elle s'apprêtait à ranger un paquet de riz sur la plus haute étagère de la réserve. Elle s'arrêta net. Il sonna une seconde fois. Elle laissa tout en plan et quitta la cuisine en courant. Trois fois. Quatre fois. Cinq fois. Lorsqu'elle arriva devant le téléphone, le répondeur se mit en route. Kushina s'apprêtait à décrocher mais s'arrêta net en reconnaissant la voix au bout du fil :

« Minato, Kushina, c'est Mikoto Uchiha. Je sais que ça fait longtemps. Huit ans pour être exact. Mais, nous sommes de retour à Konoha. Cette fois pour de bon, je pense. Donc voilà, c'était juste pour vous annoncer cela et prendre de vos nouvelles. Maintenant que nous sommes de retour, j'espère que nous pourrons redevenir amis comme avant. Gros bisous à vous ainsi qu'à Naru et, j'espère, à bientôt.»

Alors les Uchiha étaient de retour… C'était une très mauvaise nouvelle. Il ne fallait pas qu'ils se rencontrent. Mais, comment faire ? Ils n'allaient pas pouvoir fuir éternellement...

Elle se mordit l'ongle du pouce.

Que faire ? Il fallait qu'elle prévienne Minato.

Elle sorti son téléphone portable et s'empressa d'appeler son mari pour lui annoncer la nouvelle.


-On peut savoir pourquoi tu me suis ?

Sasuke venait de s'arrêter. Sa main maintenait encore l'une des portes du hall entrouverte.

Il m'adressa un regard appuyé.

-On a une heure devant nous, je me disais que c'était mieux d'être à deux plutôt que de rester seul dans nos coins, répondis-je.

Il haussa un sourcil. Apparemment, ce n'était pas la réponse à laquelle il s'était attendu. Seulement, je ne comptais pas le laisser filer maintenant. Pas après notre petite discussion dans les toilettes. Nous étions seuls. La cour était pratiquement vide puisque la majorité était en cours à cette heure-ci. C'était l'occasion rêvée pour en savoir un peu plus sur le Sasuke qu'il était devenu.

-fais comme tu veux, conclu-t-il.

Je souris.

Il marcha, mains dans les poches, en direction d'un coin fleuris de la cour. Le printemps était là, les cerisiers présentaient de magnifiques fleurs blanches dont les pétales recouvraient l'herbe. Il faisait bon, le soleil brillait et une douce brise caressait nos visages. Sasuke déposa son sac au pied d'un arbre avant de s'allonger dans l'herbe. Je fis de même. Mon regard se perdit dans l'épaisse masse blanche qui ne laissait à peine passer le soleil. J'étais bien ainsi, avec Sasuke.

Je glissais un coup d'œil sur lui. Il avait fermé les yeux, son visage offert à la nature. Il semblait avoir baissé sa garde. Il avait l'air si paisible en ce moment, comme s'il avait oublié que nous nous trouvions encore au lycée. Peut-être même avait-il oublié jusqu'à ma présence…

Je me redressai sur mes coudes pour mieux l'admirer.

Le vent jouait doucement avec sa frange. J'aurais aimé faire de même, comme dans le passé. Ce moment que nous étions en train de partager me rappelait un autre que nous avions vécu, il y a plus de huit ans, lors d'une sortie scolaire au grand parc Eido de Suna. Notre classe était partie un peu avant midi pour aller pique-niquer là-bas. Pendant que les autres s'amusaient au toboggan, Sasuke s'était isolé près d'un petit ruisseau. Il s'était assis au bord, appuyant son dos contre un des arbres qui longeait la rive. Je l'avais observé de loin, debout sur le tourniquet.

Il ne voulait pas s'amuser, comme toujours Sasuke préférait le calme et la tranquillité. Je le savais. Pourtant, cela ne m'avait pas empêché de foncer comme une furie vers lui. J'avais ramassé une grosse pierre que j'avais jeté de toutes mes forces dans l'eau, provoquant un gros « plouf » qui brisa la quiétude de son havre de paix. Il m'adressa un regard noir qui me fit sourire jusqu'aux oreilles. C'était ce que je voulais, une petite bagarre. Cependant, ce n'est pas ce que j'obtins. Au lieu de se venger, le petit Sasuke soupira avant de s'allonger dans l'herbe. Il ferma les yeux, reconstruisant son havre de paix, et moi j'en restai coi. Je m'attendais à tout sauf à ça. Je m'étais mis à l'observer avec une sorte de fascination avant de m'allonger lentement à ses côtés. Ma main voulu effleurer son visage mais, je l'a retins. J'avais l'impression d'être face à un mirage que le moindre mauvais geste pourrait faire disparaître.

Aujourd'hui, huit ans après, je ressentais ce même sentiment. Un mélange de fascination, de paix et de peur de tout gâcher. Cette fois aussi je ne pouvais pas avancer la main pour l'effleurer. J'osais à peine prononcer son nom.

-Hé, Uchiha, chuchotai-je en espérant qu'il ne bougerait pas.

-Hn ?

Il resta dans sa position.

-tu es de Konoha ou d'Oto ? Lui demandai-je pour tâter le terrain.

-Konoha.

-Moi aussi. Pourtant, c'est la première fois que je te vois, tu étais dans un collège privé ?

-Non. Avant j'étais ailleurs. J'ai passé huit ans à l'étranger.

-Ah ouais, quand même et… pourquoi es-tu revenu à Konoha ? Finis-je par lui demander avec une pointe d'appréhension.

Il entrouvrit les yeux, plongeant son regard dans le mien. Mon cœur rata un battement.

Est-ce que je venais de gaffer ? Zut ! J'aurais mieux fait de me taire. De son point de vue, on se connaissait à peine et je commençais déjà à lui poser ce genre de question. J'étais allé un peu vite.

-Désolé, j'ai tendance à être peu trop curieux, m'empressai-je de dire pour réparer ma faute.

-Hn.

Il referma les yeux.

Je me retins de soupirer de soulagement. J'avais des tonnes de questions qui me brûlaient les lèvres mais j'allais devoir y aller plus doucement si je voulais obtenir des réponses. Ça n'allait pas être facile pour moi qui avais plus tendance à foncer comme un bourrin qu'à m'approcher avec délicatesse. Ce dernier mot ne collait pas du tout avec mon caractère. Pourtant, j'allais devoir jouer finement cette fois. Pour obtenir des réponses sans me dévoiler, j'allais devoir amadouer la bête pour ouvrir, une par une, les barrières qu'il y avait aujourd'hui entre nous. Ça n'allait pas être de la tarte mais, j'étais motivé.


Je rentrai chez moi vers 19 heures. Après les cours, nous avions un peu traîné avec les gars. Puis, on s'était arrêté chez Choji pour faire nos devoirs. Bercés par l'odeur de la nourriture du restaurant qui montait jusque dans la chambre de notre ami, ça n'avait pas été facile de se concentrer. Mais, on était si bien chez Choji ! Surtout que sa mère, véritable cordon bleu, montait toujours nous apporter de quoi grignoter. Aujourd'hui, on avait eu droit à ses fameux beignets au sucre. Un vrai délice ! J'en avais tellement mangé que j'arrivai chez moi le ventre plein. Ça n'allait pas plaire à ma mère... Enfin, tant pis. Je m'étais régalé.

Je me débarrassai de mes converses. Je les rangeai dans le buffet à chaussures à la place de mes pantoufles grenouilles. Je reniflai. Ça sentait les ramens maison ! Peut-être que j'allais encore manger, finalement.

-Je suis rentré ! Annonçai-je en me précipitant dans la cuisine.

Mon père y était aussi, assit à table, son journal sous les yeux et un crayon à la main.

-Bonsoir, fiston. Alors, comment cette rentrée ? me demanda-t-il en m'adressant un petit sourire.

Ma mère lâcha sa cuillère en bois pour venir déposer un baiser sur ma joue.

-riche en émotions, répondis-je en m'asseyant en face de lui, j'ai vu Sasuke.

Ils se raidirent et échangèrent un regard inquiet.

-mais ne vous inquiétez pas, ça c'est plutôt bien passé, il ne m'a pas reconnu.

-Naruto…cette après-midi, j'ai reçu un appel de Mikoto, m'avoua ma mère.

Cette fois ce fut à mon tour de me raidir.

-qu'est-ce qu'elle voulait ? Demandai-je avec appréhension.

-Nous revoir.

Bien sûr. Si Sasuke et ses parents étaient de retour, c'était normal qu'ils veuillent nous revoir. A l'époque, Sasuke et moi étions toujours ensemble. A force, nos familles avaient fini par devenir amis. Sauf que s'ils débarquaient ici, Sasuke serait là. Il souhaitait surement revoir Naru. Comment avais-je pu ne pas y penser ? A sa place, j'aurais déjà débarqué chez-eux pour le voir. Il n'était pas moi, mais cela ne faisait aucun doute qu'il irait à ma rencontre si ses parents lui en donnaient l'occasion. Il ne fallait surtout pas qu'on les revoit...mais, on ne pouvait décemment pas ignorer leur appel. On était dans une impasse…

-Ne t'en fais pas, Naruto. Ta mère et moi on y a réfléchit et on a trouvé une bonne solution pour qu'ils ne te voient pas.

-Quoi donc ? Demandai-je avec espoir.

-On va leur faire croire que tu es parti étudier à l'étranger. Juste avant que tu arrives, on les a eus au téléphone. Ils viendront à la maison ce weekend. Pendant ce temps, tu iras chez Jiraya.

-Ok.

C'était surement la meilleure solution. J'espérais que ça allait marcher...


Voili, voiloù ! Je vous souhaite une bonne journée et à bientôt pour de nouvelles aventures !