Voilà la suite tant attendue (on va dire xD)! Notre cher petit Kaidoh nous montre une fois de plus l'ampleur de son génie social! Bonne lecture~!


Encore une fois, ce fut un réveil brusque et difficile qui accueillit Kaidoh ce matin-là. Il avait mal dormi et son problème d'érection matinal n'était pas pour arranger les choses, bien au contraire. Il s'occupa du problème rapidement et, irrité, nettoya le bordel qu'il venait de créer. Parfois, il aurait préféré être une fille, ne serait-ce que pour éviter ce genre de situations – même s'il savait qu'il y avait certainement d'autres points négatifs à être une fille.

La réflexion le ramena à un vieux traumatisme qui avait marqué son enfance et cela finit de le mettre de mauvaise humeur. Il tenta avec plus ou moins de succès de taire les «Kaoru-chan!» qui hantait son esprit et les visions de robes qu'on lui avait forcées à porter plus jeune – non, vraiment, il n'aimerait pas être une fille.

En peu de temps, il fut habillé et prêt à sortir pour sa course matinale. L'exercice le revigora et améliora un peu son humeur, jusqu'au moment où ses pensées divergèrent vers son coéquipier de doubles. Leur dernière rencontre lui avait laissé un gout amer et il n'aimait pas songer au manque de courage dont il avait fait preuve. Il ne pouvait pas en vouloir à Inui s'il voulait s'en débarrasser maintenant...

Il délaissa ses sombres pensées pour se concentrer à nouveau sur sa course. Il n'y avait qu'en cela qu'il était bon après tout : la course, et le tennis, peut-être un peu, même s'il n'avait pas le talent d'Echizen ou de Tezuka. Il devait revenir aux bases, pour éviter de songer à des problèmes qu'il ne savait pas gérer.

En chemin, il vit un petit chat, un spécimen qu'il n'avait pas encore rencontré. Il était noir, les yeux verts, bref, l'image même du chat d'Halloween. Malgré les croyances de malchance qu'apportaient ces bêtes, Kaidoh se sentit attendri par le petit animal qui, il fallait l'avouer, était trop mignon. Il s'approcha doucement en murmurant des paroles rassurantes et arriva enfin devait lui. Il s'agenouilla dans le but de le caresser, mais à peine levait-il la main que le fourbe ouvrit la gueule et le mordit.

Grimaçant de douleur, l'adolescent laissa le félin s'en aller gaiement, inconscient du mal qu'il venait de faire. La morsure n'était pas si grave, mais elle l'élançait tout de même, ce qui n'aida en rien son humeur.

Sa course finie, Kaidoh, après être passé chez lui, reprit le chemin du collège. Quand il entra sur les terrains de tennis, il n'y avait personne. Un regard aux alentours l'avertit que, cette fois, il était réellement seul.

Le deuxième à arriver, quelques minutes après, ne fut pas Inui, mais Fuji. Ce dernier mettait Kaidoh mal à l'aise, peut-être parce qu'il était son parfait contraire : sociable, il savait comprendre les gens et agir en conséquence. C'était pour cette raison qu'il était probablement la personne que Kaidoh comprenait le moins bien. Il donnait toujours l'impression de tout comprendre, encore plus que les principaux concernés, et cela achevait de rendre le serpent inconfortable.

Pourtant, puisqu'ils étaient manifestement les seuls arrivés, ils n'auraient d'autres choix que de s'échauffer ensemble. Fuji, son sourire caractéristique sur le visage, le salua et lui demanda s'il voulait s'échauffer avec lui. Kaidoh accepta, bien obligé, et, tout le long de leurs exercices, le plus sociable tenta d'engager la conversation. Le plus jeune, qui n'écoutait qu'à moitié, répondait approximativement. En vérité, il cherchait du regard son senpai et espérait le voir bientôt – pour lui dire quoi, il l'ignorait encore.

Le pire fut quand ils eurent terminé le réchauffement : n'ayant d'autres choix que d'attendre avec lui, Kaidoh dut se taper la conversation de Fuji. Il n'aurait su juger si elle était intéressante ou non; en fait, il n'avait aucune idée de ce qu'il parlait. Même s'il devait s'en rendre compte, le châtain continuait son discours, comme s'il n'en avait rien à faire. Ou alors, il s'amusait de son ennui, ce qui était encore pire.

Enfin, l'entrainement commença, et il y avait deux absents : Echizen et Inui. Le premier était surement en retard, comme à l'habitude, mais le deuxième n'arrivait jamais en retard. Tezuka confirma les soupçons de tout le monde en affirmant que c'était la première fois qu'il n'était pas à l'heure.

Kaidoh, dont la mauvaise humeur allait augmentant, ajouta à tous ces désagréments une inquiétude qui, à vrai dire, ne l'avait pas quitté depuis l'avant-veille. La journée était à peine entamée et déjà il souhaitait retourner chez lui et dormir, question de n'avoir plus rien dont se soucier.

Pour compenser sa malchance, l'entrainement se passa plutôt bien. Les exercices réguliers le calmèrent un peu et il songea qu'il ne saurait vivre sans pratiquer un sport : c'était tout ce à quoi il était bon, tout ce qui arrivait à le calmer, lui qui était de nature plus nerveuse qu'on aurait pu le croire. C'était la pratique du tennis qui lui avait appris à être plus fort, plus calme, plus persévérant.

Cependant, à peine l'entrainement fut-il terminé que l'inquiétude revint au galop, accompagnée d'un doute : peut-être était-il réellement arrivé quelque chose de grave à Inui? Après tout, il n'avait pas été le même depuis quelque temps déjà : peut-être qu'il avait un réel problème et qu'il n'avait pas pu en parler pour une raison ou pour une autre.

Pendant les deux heures qui suivirent, Kaidoh tenta de comprendre ce qui se passait. Plusieurs fois, il essaya de se raisonner en se disant qu'il était sans doute malade et qu'il avait simplement oublié de les avertir. Cependant, le doute persistait : s'il lui était arrivé quelque chose de plus grave encore?

Un peu avant onze heures, son téléphone vibra dans sa poche, le faisant sursauter. En temps normal, en plein cours, il ne l'ouvrirait pas et attendrait plus tard. Cependant, ce n'était pas un moment normal; par conséquent, il le sortit et, tout en se cachant bien du professeur, vit qu'il avait un nouveau message. Il provenait d'Inui! Soulagé – plus qu'il l'aurait cru –, il l'ouvrit :

Salut Kaidoh. Il semblerait que j'ai attrapé un vilain rhume. Pas la peine de venir me visiter, je ne veux pas te contaminer. Tu te rappelles ce que tu devais faire aujourd'hui?

Il relâcha un soupir inaudible : c'était bien ce qu'il croyait, il était simplement malade et avait oublié de le prévenir! Toutefois, Kaidoh, qui avait pensé aller le visiter pour s'assurer qu'il allait bien, relut le message et remarqua qu'il ne voulait pas le voir.

Un peu blessé malgré tout, il lui répondit sur un ton plus brusque qu'il ne l'avait d'abord voulu :

T'inquiète pas, senpai, je sais quoi faire. Repose-toi bien.

Il referma son téléphone et tenta en vain de se concentrer sur le cours. Son senpai lui avait demandé de ne pas venir. Le message était on ne peut plus clair : il ne voulait pas le voir. La nouvelle n'aurait pas dû le surprendre, au vu des derniers évènements, mais elle le choquait malgré tout : il pensait encore s'être trompé, avoir mal interprété. Il croyait encore qu'il s'était tout imaginé.

Mais peut-être s'était-il tout imaginé depuis le début? Inui ne le considérait surement pas comme son ami et lui tenait compagnie par charité. C'était la seule explication, et ce message n'en était qu'une preuve de plus.

Quand la pause du midi arriva, Kaidoh mangea son bento sans appétit. Peut-être devrait-il quand même aller voir son senpai et lui demander ce qu'il voulait dire? C'était après tout le seul moyen de se mettre au courant de la situation. Pourtant, il savait qu'il n'oserait pas. Comme le lâche qu'il était, il tiendrait à cet espoir le plus longtemps possible, parce que s'il allait le voir, tout serait fini pour de bon.

Pendant le reste de la journée, Kaidoh accumula les malchances, mais il ne trouva même pas la volonté de s'en plaindre. Quand, pendant la pratique, Momoshiro vint lui chercher des noises, il lui répondit par pur automatisme. Le pire, c'était que personne ne s'inquiéta sur son sort : apparemment, il était trop bon acteur pour que qui que ce soit remarque qu'il n'allait pas bien. Ou alors personne ne se souciait de lui au point de remarquer sa mauvaise humeur.

Peut-être qu'Inui l'aurait remarqué. Il lui aurait demandé s'il avait bien dormi, s'il n'avait pas faim, bref, des questions très terre à terre, et il lui aurait répondu qu'il allait bien, que ce n'était rien. La simple question lui aurait remonté le moral et lui aurait donné le courage de continuer à avancer dans sa vie.

Personne ne lui demanda s'il avait bien dormi, s'il n'avait pas faim, et Kaidoh se sentait plus seul que jamais.

Il prit quand même la peine de se rendre jusqu'à la rivière pour s'y entrainer, tel que lui avait demandé son ainé. Pendant l'entrainement et tout le reste de la soirée, Kaidoh envisagea la possibilité d'aller visiter Inui. Il imagina la conversation qu'ils auraient, tenta de visualiser plusieurs scénarios possibles. Si effectivement il se trompait, Inui lui assurerait de sa voix calme et profonde qu'il ne comptait pas l'abandonner, qu'il avait juste eu quelques soucis. Cependant, s'il avait raison de s'inquiéter... eh bien, il lui avouerait qu'il n'avait plus besoin de lui.

Évidemment, cette soirée-là, Kaidoh n'alla jamais chez son senpai. Il ne réussit même pas à accumuler le courage de lui envoyer un SMS. Tout ce qu'il réussit à accomplir, ce fut de se faire mordre par un deuxième chat, un gris cette fois.