Hello everybody !
Fanduyaoi : Merci ^^. Je t'avoue que moi même je me suis bien amusée en m'imaginant Ebisu :P Oui et il n'a pas fini d'être machiavélique ! Oh, tu as repris le 15 toi aussi ! (Yep, solidarité entre étudiantes ;)) ta rentrée c'est bien passé?
Bonne lecture !
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Chapitre 5
Quelque chose ne va pas.
Les jours suivants se passèrent sans encombre. Depuis la discussion que j'avais eu avec Sasuke dans les toilettes, j'essayais, petit à petit, de fructifier notre relation. C'était loin d'être facile car mon petit Uchiha avait tendance à s'isoler de la population. Il n'était pas du tout social et tout le monde avait fini par s'en rendre compte. Par conséquent, mis à part certaines filles tenaces, qui continuaient d'essayer de le charmer (en vain), le reste de la classe lui fichait la paix pour son plus grand bonheur, cela valait sans dire.
Du coup, ce n'était pas facile pour moi de l'approcher. Continuellement, je devais faire des va-et-vient entre lui et mes amis car les deux ensembles n'étaient pas compatibles. Du moins, ni Shikamaru, ni Gaara, ni Sasuke ne voulaient faire l'effort d'apprendre à se connaitre. J'avais bien essayé d'établir le contact entre eux, d'inclure Sasuke dans notre petite bande, mais le résultat avait été très mauvais. Si Shikamaru avait fait un effort pour entamer une conversation, Sasuke s'était contenté de répondre par des « Hn » désintéressés et Gaara n'avait pas sorti un mot. Entre ces deux là, le feeling n'était pas au rendez-vous. J'avais l'impression que Gaara n'appréciait pas Sasuke. Parfois, il m'était arrivé de le surprendre à le regarder avec ce regard glacial, lacérant, qu'il avait quand quelque chose ne lui plaisait pas. En l'occurrence, cette chose, c'était Sasuke ou je devenais parano. Bref, quoi qu'il en soit, j'avais cessé mes tentatives. Depuis, ça se portait plutôt bien.
Malgré les années passées, Sasuke était resté fidèle à lui-même. L'une des meilleures façons de le faire réagir, et donc d'engager le dialogue avec lui, était de le provoquer. Alors, je ne faisais que ça. D'ailleurs, j'aimais ça. J'avais l'impression de repartir huit ans en arrière, à l'époque où on se crêpait le chignon pour un oui comme pour un non. Je prenais plaisir à le taquiner, à le contredire et à le faire sortir de ses gongs. Le pire, c'est que ça marchait vachement bien! Bon, d'accord, ça marchait dans les deux sens. Trop souvent, j'étais pris à mon propre jeu. Des fois, il arrivait à me mettre vraiment en rogne. Je voyais bien que ça le faisait marrer et c'était d'ailleurs pour cette raison que la colère retombait immédiatement. Tout cela n'était qu'une grosse blague, un jeu qui nous permettait d'échanger énormément de choses, l'air de rien.
Je me rapprochais lentement mais surement de lui, tout en faisant attention à bloquer mes sentiments pour ne pas trop me dévoiler. Je profitais de chaque secondes à ses côtés. De tous ce que j'arrivais à voir quand il quittait sa bulle pour interagir avec moi. Sourires, regards, moqueries, ricanements, et parfois rires, je m'abreuvais de tout ce qui était lui. Petit à petit, j'avais l'impression de redevenir accro mais ça allait, j'arrivais encore à gérer. Ce n'était pas trop dur de me freiner, je savais que rien ne pouvait arriver entre nous. On avait eu une histoire, elle était à présent fini et elle ne reprendrait plus. C'était une évidence. J'étais très lucide sur ce point. Je n'avais aucun espoir. Tenter quelque chose serait tout gâcher. Or, je ne voulais pas le perdre à nouveau et encore moins souffrir. Notre amitié (si on pouvait appeler cela ainsi), certes étrange, me contentait. Elle ne me comblait pas entièrement mais elle était suffisante pour me rendre heureux.
Brusquement, un poids heurta ma tête me faisant perdre l'équilibre. En moins de deux, je me retrouvai à quatre pattes, par terre, avec la sensation d'avoir reçu une brique sur le front. Il me fallut quelques secondes pour comprendre ce qui m'arrivait. D'abord, les ricanements du reste de ma classe. Puis, le gymnase. Un ballon de basket entre mes jambes. Le reste de nos équipes. Et, enfin, Sasuke, le sourire fier et moqueur.
-Enfin redescendu de la lune, crétin ?
Mon sang ne fit qu'un tour.
-SALE BÂTARD ! ENFOIRÉ ! T'AS FAILLI ME TUER, CONNARD !
-t'exagère pas un peu là ? C'était juste une passe.
-ça se voit que ce n'est pas toi qui t'es pris un ballon de basket en pleine poire ! Grognai-je en me redressant.
-t'avais qu'à la rattraper. Ce n'est pas de ma faute si tu rêvasses. D'ailleurs, si tu pouvais te concentrer, j'en ai marre de devoir rattraper les balles que tu rates.
-c'est ça, fais ton malin ! Ce n'était pas une raison, bâtard ! Raah, j'ai l'impression que mon front est rentré dans mon cerveau, ça fait un mal de chien ! Me plaignis-je en massant mon pauvre crâne meurtrie.
Son sourire s'agrandit malgré lui. Il se mordit les lèvres, les commissures tremblotantes. Il tentait vainement de garder son précieux sérieux alors que ses yeux noirs me fixaient avec un amusement clairement visible.
-Bâtard.
-quoi ? J'ai rien dit.
-Mais tu penses, répliquai-je.
-encore heureux.
-je te promets que si je finis bossu du front, je m'arrangerai pour que tu finisses dans le même état !
-fais donc, me provoqua-t-il en ricanant.
Franchement, je ne savais pas ce qui me retenait de lui faire avaler son fichu ballon !
-Uzumaki, vous voulez mettre quelque chose sur votre front ? Me demanda notre prof de sport.
Gai Maito. Un gars super musclé, avec un effroyable manque de goût, mais vachement sympa.
J'acceptai l'offre. Je n'avais aucune envie de finir avec une montagne entre les sourcils.
-Je peux l'accompagner, monsieur ? Se proposa Sasuke qui avait retrouvé son sérieux.
Je lui adressai un regard noir qui le fit esquisser un petit sourire.
-D'accord, allez-y tous les deux, nous autorisa Gai.
C'est ainsi que nous quittâmes le gymnase. Nous traversâmes une allée couverte qui menait au bâtiment A où se trouvait l'infirmerie. Du moins, je supposais. J'avais encore beaucoup de mal à me retrouver dans le lycée. Enfin de compte, Sasuke avait bien fait de venir avec moi. Si j'avais été seul, j'aurais choisi de suivre les arbres, en coupant à gauche, parce qu'après les arbres il y avait logiquement la cour, et qu'après la cour normalement il y avait…en fait, non, ça dépendait…Bref, heureusement que Sasuke était là. D'ailleurs, il m'avait surpris en se proposant…
-à quoi tu rêvais ? me demanda-t-il soudainement.
-Hein ?
-tout à l'heure, avant de te prendre mon ballon, t'étais complètement déconnecté.
-Je sais plus, mentis-je.
La réponse « à toi » n'était pas permise si je ne voulais pas que ça déraille.
-ok.
Il n'insista pas.
Nous marchâmes silencieusement jusqu'à l'infirmerie. Arrivés devant la porte, je frappai deux coups secs. Les secondes s'écoulèrent mais personne ne vint m'ouvrir. J'allais insister mais Sasuke retint mon poignet avant qu'il n'atteigne à nouveau la porte.
-Qu'est-ce que tu…
-ça ne sert à rien, elle n'est pas là.
-comment tu sais ?
-la porte est fermée.
-Hein ?
J'essayai de l'ouvrir, sans résultat, elle était belle et bien verrouillée. Je fis la moue.
-qu'est-ce qu'on fait ? Lui-demandai-je.
-t'as encore mal ?
-encore un peu mais ça va.
Sans prévenir, il passa ses doigts sous mes mèches blondes pour dégager mon front. J'écarquillai les yeux de surpris, entrouvrant légèrement la bouche.
Il venait de me toucher de lui-même...
La chaleur vint immédiatement envahir le bas de mes joues.
-t'es encore rouge, je t'ai vraiment pas loupé… Allons aux toilettes passer un peu d'eau froide sur ton front, me proposa-t-il en frôlant la zone meurtrie du bout des doigts.
Je frissonnai. La seconde suivante, sa chaleur me quitta, laissant comme un vide, un froid où il m'avait touché. L'envie de récupérer sa main me prit mais je la réfrénai.
-On y va, me dit-il en me précédant.
Je le suivais sans un mot, un peu déçu que sa main ne soit pas rester plus longtemps sur mon front. S'il fallait que je me fasse mal pour qu'il me touche, j'étais prêt à me prendre tous les ballons de baskets qu'il voulait !
Nous entrâmes dans les toilettes des hommes. J'allais directement à l'évier pour mouiller mon visage. Je restais la tête penchée sous le robinet de façon à ce que l'eau coule sur mon front. Ce n'était pas facile, je devais me contorsionner, ça me faisait mal au cou. Je me redressai, la face ruisselante. J'essuyai mes yeux.
-Et si t'essayais avec ça ? Fais-toi une compresse, me proposa Sasuke en me tendant un mouchoir noir.
De la soie ou quelque chose du même genre. Le tissu était brillant et soyeux. Un petit éventail rouge et blanc était brodé dessus.
-t'es sûr ? Je vais le mouiller, le prévins-je.
-Si je te propose.
-ok, merci.
Je le dépliai, m'épongeai le visage avec, puis, le trempai entièrement. Le tissu devint encore plus noir et luisant. Je l'essorai pour le replier à ma façon avant de le poser sur mon front. Tout cela, sous le regard de Sasuke. Pour une fois, c'était moi qui le surprenais en train de me dévisager. Je lui fis la réflexion, le faisant doucement sourire.
-Je me demandais juste si…, commença-t-il d'une voix hésitante.
-tu te demandais quoi ? insistai-je.
Son regard s'ancra dans le mien.
-tu n'aurais pas des Namizake dans ta famille ?
-Hein ? M'exclamai-je, interdit.
Il détourna les yeux.
-Excuse-moi ma question était un peu idiote, c'est juste que… tu ressembles beaucoup, physiquement, à une personne que j'ai connu, m'avoua-t-il en fixant pensivement l'évier.
Je me glaçais sur place. Il parlait de Naru, c'était certain ! Normal qu'elle me ressemblait beaucoup, elle était mon ancien moi ! Il fallait que je dise quelque chose… que je ne connaissais pas de Namizake…que je n'en avais jamais croisé de ma vie… !
« Ah » fut la seule chose correcte que je réussis à articuler.
-enfin, bref. C'était idiot, je ne sais même plus à quoi ressemble cette personne maintenant.
S'il savait… il l'avait juste devant lui.
-Bon, bah…euh… on ferait mieux d'y retourner, dis-je pour changer de sujet.
-Hn.
Nous quittâmes les toilettes en silence.
Alors que nous marchions dans les couloirs, je le regardai du coin de l'œil. Il était toujours pensif. Est-ce qu'il avait encore des doutes ? Il fallait dire que je ne m'étais pas vraiment montré très convainquant… J'espérai qu'il n'avait pas perçu le mensonge…
-un exposé à deux sur l'ADN ? Répétai-je incrédule.
Mon regard passa sur Sasuke qui notait tranquillement l'information sur son agenda, comme si c'était tout à fait normal d'avoir à un sujet exposé dès le troisième cours! Est-ce qu'on allait avoir tout le temps des notes comme ça ? J'avais encore en travers de la gorge le zéro que Sasuke et moi avions injustement reçu au premier cours. Je n'avais pas hâte de renouvelé l'expérience mais ce prof m'avait l'air d'être un sacré sadique!
-Eh bien, cet exposé n'a pas l'air de vous enchanter. J'ai l'impression que certains d'entre vous commence déjà à trembler. Visualiseraient-ils déjà leur note ? Hein, Monsieur Uzumaki ? M'interpella la voix quasi-glauque d'Orochimaru.
-Hein ?
-Auriez-vous déjà un problème ? Vous m'avez l'air bien pâle, me provoqua-t-il.
Et c'est lui qui me disait ça ? Avec son teint cadavérique, il pouvait toujours causer !
-Je me demandais juste… L'exposé va être noté ou c'est juste un exercice? Osai-je tenter.
Savait-on jamais, derrière ce regard cruel se cachait, peut-être, une pointe de compassion pour ses élèves…
-A votre avis, monsieur Uzumaki ? Un seul groupe passera à l'oral, les autres rendront leur exposé écrit. Autrement dit, soignez bien le document que vous allez me rendre, je serais intransigeant et, puisque j'y suis, je vous le dit tout de suite, les fautes d'orthographes m'insupportent. Je veux au moins six pages dactylographiés pour commencer. Prenez cela comme un cadeau de rentrée, je vous en demanderai plus au fil de l'année. Et, évidemment, Monsieur Uzumaki, cela n'est pas un exercice, la note que vous aurez figurera bien sur votre carnet de notes, tâchez donc d'avoir plus que zéro cette fois.
Ok. Aucun espoir. Ce mec était un monstre.
A contre cœur, j'ouvris mon agenda pour noter la date de l'exposé, soit dans trois semaines, plus les quatre exercices que nous avions à faire pour la semaine prochaine. Sur tous les profs de Belle Neige, pourquoi fallait-il que je tombe sur celui-là ? La poisse me collait vraiment au train !
-t'as intérêt à bosser Uzumaki, m'avertit Sasuke d'une voix basse.
-Evidemment que je vais bosser !
Il était hors de question pour moi d'avoir encore un zéro, surtout que je n'avais toujours pas annoncé le premier à mes parents…
-TU AS EU ZÉRO ? s'exclama brusquement mon père me faisant légèrement sursauté.
-Oui, non mais, laisse-moi t'expliquer…
-je t'écoute, dit-il en repliant soigneusement son journal qu'il déposa sur un coin de la table basse du séjour.
Son regard vint ensuite se planter dans le mien avec une sévérité qui n'annonçait rien de bon.
Mon père était vraiment un homme calme et pacifiste mais, lorsqu'il s'agissait de l'école, il plaisantait beaucoup moins ! Sur ce point, ils se complétaient plutôt bien avec ma mère. Elle, c'était pour tout le reste qu'elle me tirait les oreilles. Surtout pour le ménage. Fallait avouer, je n'étais pas très soigneux. Ma chambre était constamment dans un bazar pas possible. Mais, attention ! Un bazar élaboré ! Aussi étrange que cela puisse paraître, je m'y retrouvais parfaitement dans mon bordel. Bien mieux que lorsque ma chambre était rangée, d'ailleurs. Mais allez expliquer ça à ma mère ! Elle ne voulait rien entendre. Par contre, pour l'école, elle était indulgente. Elle non plus n'avait pas été une très bonne élève. J'avais même entendu dire qu'elle avait eu une période rebelle au lycée mais elle n'avait jamais voulu me donner le fin mot de l'histoire.
Mon père, lui avait toujours été bon à l'école. Non, que disais-je, excellent. Alors, bien sûr, pour lui, c'était évident que je devais l'être aussi. Malheureusement, je n'avais pas hérité de son cerveau de génie. M'enfin, cette fois, ce n'était pas de ma faute si j'avais eu zéro.
-c'est à cause de ce prof. Il nous a collé un test le premier jour, tu te rends compte ? En plus y avait ces robinets, là. T'sais, les robinets du lycée sont vraiment mal fichu ! Y a une sorte d'extension en caoutchouc. Du coup, quand j'ai voulu l'ouvrir, ça à fait hélicoptère ! Ça en a foutu partout sur la paillasse de Sasu', j'te dis pas la tête de mort qu'il a fait ! Bah après, le prof nous a collé zéro à tous les deux. Comme ça ! Juste à cause d'un peu d'eau ! C'est pour ça que j'ai eu zéro mais tu vois bien que ce n'est pas ma faute ! Même Sasu c'est pris une bulle !
-Hum. Il a l'air difficile votre professeur de Science.
-Ah, il est bien pire que ça !
-C'est quoi son nom ? Je devrais peut-être aller lui toucher deux mots…
-NON ! Surtout pas ! T'sais pas ce que ce taré pourrait te faire ! Puis, t'en fais pour le zéro, je vais me rattraper. On a un exposé à rendre pour dans trois semaines.
-C'est sûr quoi ?
-L'ADN.
-D'accord. Si tu as besoin d'aide, n'hésite pas, me proposa-t-il en m'adressant un petit sourire.
Finalement je m'en sortais mieux que prévu.
-Je pense que ça ira. Je le fais avec Sasu après tout, répondis-je en souriant à mon tour.
-Je vois. Je te trouvais de bonne humeur ces temps-ci, je comprends mieux pour quoi. Ça a l'air de bien se passer avec Sasuke.
-Hein ? M'exclamai-je, pris de court.
-Je me trompe ?
Un petit sourire étira mes lèvres.
Non, il ne se trompait pas.
-on s'entend plutôt bien. On se dispute beaucoup, comme avant, mais je pense qu'il me considère comme un ami, avouai-je tout en me perdant dans la contemplation de la table basse.
Ami, oui. Rien de plus, rien de moins, mais c'était déjà ça.
Quand je relevai la tête, je croisai le regard soudainement inquiet de mon père.
Mon cœur se pinça.
-Et ça te conviens ? me demanda-t-il.
-Je crois… De toute façon, ce n'est pas comme si j'avais le choix.
Même si ça faisait quand même un peu mal, je préférai ça à rien.
Un lourd silence suivit ma déclaration. J'évitai consciemment son regard. J'imaginai très bien l'expression de son visage et je ne voulais pas la voir.
-Je suis vraiment désol…
-Bon, ce n'est pas tout mais j'ai des devoirs à faire, moi. Prévenez-moi quand le dîner est prêt, lâchai-je avant de quitter le séjour.
Je m'empressai de gravir les escaliers, au cas où il déciderait de me rattraper, avant de m'enfermer dans ma chambre. Je jetai mon sac sur mon lit et lâchai un soupir las. Que pouvais-je faire maintenant ? Mon regard navigua entre ma superbe collection de mangas et ma Play. Finalement, je décidai de faire une partie.
Après une heure trente de jeu, j'abandonnai ma manette de mauvaise grâce pour tirer mon cahier de maths de mon sac. J'avais dit à mon père que je montais bosser, s'il venait à découvrir que je glandais depuis plus d'une heure, j'aurais l'air fin. Même s'il y avait peu de chance pour qu'il monte vérifier après la conversation qu'on venait d'avoir...
Non, il ne fallait plus que j'y pense.
J'ouvris mon livre à la bonne page et commençai à lire le premier exercice.
Samedi arriva très vite. Pour une fois, je ne fis pas la grasse matinée. Impossible de dormir plus longtemps en sachant que Sasuke et ses parents arriveraient dans quelques heures. Je me hissai hors de mon lit et sortis faire ma toilette. Le silence m'accompagna jusqu'à la salle de bain. Mes parents dormaient encore. Evidemment, il n'était que sept heures du matin. D'habitude, ma mère était la première levée mais elle n'ouvrait pas les yeux avant huit heures passées.
Une fois propre, je descendis les escaliers tout en faisant attention à ne pas faire grincer les marches. J'entrai dans la cuisine pour prendre mon petit déjeuner que je dégustai en jetant de réguliers coups d'œil à l'horloge accroché au mur. Je savais que c'était complètement inutile, ce n'était pas comme s'ils allaient débarquer maintenant mais je ne pouvais m'empêcher de surveiller l'heure. A vrai dire, j'avais la boule au ventre.
En me forçant à regarder un autre mur, je tombai nez à nez avec le calendrier. La date d'aujourd'hui était signalée par un rond rouge bien visible. J'avalai difficilement mes céréales tout en regrettant de ne pas être parti manger au salon. Au moins, la télé m'aurait distrait. Là, entre le calendrier et le bruit sec des aiguilles défilant sur le cadran, j'avais la vicieuse impression que le temps m'était compté.
Regarder ailleurs. Mon regard passa distraitement sur le cadre photo posé sur le four micro-onde et, cette fois, je faillis m'étouffer pour de bon.
Les photos ! Merde ! Comment avais-je pu oublier un truc pareil ? La maison regorgeait de photos du Naruto que j'étais aujourd'hui ! Je me dépêchai de vider mon bol pour me charger de ça. Il fallait que je cache toutes ces photos ou notre plan allait tomber à l'eau !
Je commençai par enlever celle de la cuisine avant de décrocher le cadre XXL qui obstruait le quart d'un des murs du hall d'entrée. Ma mère et sa satanée passion pour les photos de famille ! Pourquoi fallait-il qu'elle nous affiche partout comme ça ? On n'était pas des people !
-Qu'est-ce que tu fais Naru ? me demanda-t-elle soudainement.
Je sursautai brusquement, manquant de faire tomber l'immense cadre. Par chance, j'eus le réflexe de le rattraper in-extremis. Heureusement, elle m'aurait tué si je l'avais cassé. Un cadre comme ça, ça devait coûter la peau du cul !
-J'enlève les photos de familles, répondis-je en posant délicatement le cadre à terre, si les Uchiha voient ces photos ils vont vite comprendre que Naruto et Naru sont la même personne.
-Oui, je comptais le faire. Il n'est que huit heures du matin, Naru. Les Uchiha ne seront pas là avant 14 heures.
-je sais mais…
Je m'arrêtai, ne voyant finalement pas quoi dire. Elle avait raison. On avait encore six bonnes heures devant nous. De plus, ils n'étaient pas du genre à venir à l'improviste. S'ils avaient dit 14 heures et ils viendraient à 14 heures pile. D'autre part, il y avait de fortes chances pour que Mikoto appelle pour prévenir de leur départ. C'était ce genre de famille. Maman le savait, moi aussi. Pourtant…
J'avais l'air ridicule.
-Il faut que tu te détendes Naru. Tout va bien se passer, me dit ma mère en me rejoignant.
Sa main caressa délicatement ma joue.
-Je me charge des photos, d'accord ?
-Oui.
Elle m'adressa un tendre sourire avant de poser un bisou sur mon front.
-repose-toi.
J'acquiesçai d'un hochement de tête avant de remonter à l'étage.
En entrant dans ma chambre, je me jetai sur mon lit. Je partis immédiatement à la recherche de ma peluche fétiche. Un petit renard à neuf queues que Sasuke m'avait offert pour mon neuvième anniversaire. C'est sous mon drap que je le retrouvai. Mon petit Kyubi. Même si le Sasuke de l'époque avait trouvé ce nom simplet, moi, je l'aimais bien. C'était simple et classe. En plus, ça lui correspondait bien.
Je plongeai sous ma couette en serrant fermement Kyubi contre moi. Depuis que je la possédais, je faisais ça à chaque fois que je manquais de courage. C'était idiot, mais j'avais besoin de faire ça. C'était comme si le simple fait de l'enlacer m'aidait à me sentir mieux. Aujourd'hui, malgré mon âge, je tenais encore à ce rituel que je gardais précieusement secret. J'imaginai bien la réaction des autres s'ils l'apprenaient. Surtout celle de Kiba. Ouais, je n'étais pas prêt de leur en parler.
Mes doigts caressèrent machinalement le tissu velouté de mon petit renard.
Je fini par fermer les yeux sentant, petit à petit, le sommeil m'emporter.
C'est une petite secousse qui me sorti de mes songes. Je pris le temps d'émerger, m'étirant comme un chat sous ma couette.
-ça va petit ? Me demanda la voix grave de mon parrain.
J'ouvris les yeux pour lui adresser un sourire.
-ouais, répondis-je en sortant de mes draps.
-Bon, je te laisse te préparer. Je t'attends en bas, dès que tu es prêt on y va.
J'acquiesçai et le laissai quitter la pièce.
Je me dépêchai ensuite de quitter mon pyjama pour mon vieux jogging gris et un sweat à capuche noir. Zéro effort vestimentaire, je vous l'accorde. Mais, après tout, je n'allais que chez Jiraya.
J'attrapai mon sac avant de descendre à l'étage. Je retrouvai mon parrain en pleine discussion avec mes parents.
Je notai au passage que toutes les photos du moi d'aujourd'hui avaient été rangées. J'adressai un sourire gratifiant à ma mère.
-Bon puisque t'es là, on va y aller, annonça Jiraya en quittant le canapé. Merci pour les gâteaux. Kushina, Minato, on se dit à une prochaine.
-Pas de problème, répondit mon père on nous accompagnant jusqu'à la sortie.
-prends soin de toi chéri, me dit ma mère, en déposant un rapide baiser sur ma joue. A demain.
Je les saluai d'un dernier geste de la main avant de monter en voiture.
-Prêt pour un week-end de folie ? Me lança Jiraya en mettant le contact.
-Et comment ! Répondis-je avec un enthousiasme à moitié feint.
J'étais content de passer le week-end avec mon parrain mais je ne pouvais pas enlever la boule qui me serrait le ventre.
J'adressai un dernier regard à ma maison en espérant que tout se passerait bien.
Il tapa trois coups sur la porte de sa chambre avant de l'ouvrir. Sasuke, allongé sur son lit, ne prit même pas la peine de lever les yeux sur son grand frère. Il laissa échapper un petit soupir agacé en tournant machinalement la page de son roman.
-Je n'ai pas dit « entrez », lui fit-il simplement remarquer.
Itachi sourit mais préféra ignorer.
-on part, là. Dépêche-toi de te préparer.
Cette fois, ce fut un long soupir qui échappa des lèvres de Sasuke.
-Vous ne pouvez pas vous passer de moi cette fois ?
-Non. On est invité chez les Namizake, s'il y a bien une personne qui se doit d'être là, c'est toi.
-Je ne vois pas pourquoi, répliqua son cadet en refermant tout de même son livre.
-Dépêche-toi seulement, Sasuke. Je t'attends en bas, déclara Itachi avant de refermer la porte derrière lui.
C'est résigné qu'il quitta son lit. Il s'arrêta un instant devant son miroir, jaugeant sa tenue avec hésitation. Devait-il mettre quelque chose de plus formelle ? Il se doutait que son père avait sorti le costard. Sa mère devait surement être tout aussi élégante et son frère, quoiqu'habillé simplement, était toujours classe.
-Sasuke ! Ne m'oblige à te trainer jusqu'en bas ! entendit-il de l'autre côté de la porte.
Tant pis, il irait comme ça. En jean. Son père allait râler mais qu'importe. Ce n'était pas comme s'ils allaient à une soirée mondaine.
Il abandonna sa chambre à contrecœur pour les rejoindre dans le hall. Tout en enfilant ses baskets, il ignora les reproches de son père sur son manque de ponctualité et son style vestimentaire. Après tout, il n'avait pas demandé à venir. C'était sa mère qui avait tout organisé avec celle de Naru.
Naru… Ce nom le hantait depuis hier. Impossible de passer une nuit correcte en sachant qu'ils se verraient le lendemain. Il avait honte de se l'avouer mais il stressait, il ne savait même pas pourquoi. Ce n'était qu'un banal après-midi retrouvailles. Ils allaient certainement tous s'asseoir autour d'une table basse, pour déguster des petits fours, en se remémorant le bon vieux temps. Tout le monde s'étonnera de voir à quel point Itachi, Naru et lui avaient grandi. Peut-être, même surement, Kushina sortira ses albums photos pour insister sur leur incroyable croissance ! Et, encore un lot de souvenirs. Plus gênant cette fois, surement parleront-ils au moins une fois de la relation que Naru et lui entretenaient lorsqu'ils étaient plus jeunes. Ce n'était qu'une petite amourette de gosses, dira-t-il surement pour mettre fin à la discussion. Un silence gêné suivra inévitablement. Qu'importe. Ils passeront à autre chose. Sans doute, parleront-ils ensuite de l'Angleterre. Oui, c'était vraiment un beau pays. Il aurait préféré y rester, d'ailleurs. Depuis qu'il était revenu au Japon, il avait le mauvais pressentiment que tout se compliquerait à nouveau ici.
Enfin, pour l'instant il ne pouvait que suivre sa famille.
Quand son père se gara devant le petit pavillon des Namizake, l'étrange sensation qui étreignait sa poitrine s'accentua mais il préféra l'ignorer. Il sortit de la voiture et suivit Itachi et ses parents. Sa mère sonna une fois. L'instant suivant, la porte s'ouvrit sur une tornade rousse. Kushina les accueillit avec un large sourire. Elle n'avait pas changé. Toujours aussi dynamique et affectueuse. Lorsqu'elle avait vu les deux frères Uchiha, elle n'avait pas hésité à les prendre dans ses bras sous les regards amusés de Mikoto et Minato. Elle les avait complimenté sur leur croissante. Huit ans s'étaient bel et bien écoulés. Les mignons petits garçons étaient devenus de beaux et grands jeunes hommes. Puis le sujet fatidique arriva.
-Naru n'est pas là ? demanda Mikoto lorsqu'ils pénétrèrent tous dans le salon.
-Malheureusement, non. Elle est en Belgique en ce moment. Elle a été prise dans une école là-bas, répondit Minato en prenant un fauteuil.
-Ah, c'est une chance pour elle d'étudier à l'étranger mais dommage pour nous, on aurait vraiment aimé la voir. N'est-ce pas, Sasuke ?
-Hn.
Les regards avaient bifurqué sur lui. Il ne manqua pas de remarquer que ceux de Kushina et Mikoto semblaient particulièrement désolé. Il aurait bien levé les yeux au ciel, tiens ! Mais que croyaient-ils tous ? Qu'il était déçu ? Pas vraiment...
-Bon et sinon, comment c'était l'Angleterre ? demanda Kushina en piochant dans les amuse-gueules posés sur la table basse, invitant ses invités à faire de même.
La conversation reprit de bon train. Les rires fusèrent de temps à autre. Même Fugaku, qui n'avait pourtant pas un caractère très jovial, se laissa aller à l'ambiance bon enfant. Seul Sasuke resta un peu à l'écart, écoutant plus qu'il ne participa. En fait, il ne prêtait qu'une oreille distraite à ce qui se passait autour de lui. Alors qu'il aurait dû se sentir soulager de l'absence de Naru, le malaise qu'il avait ressenti en venant était toujours présent. Ce n'était pas de la déception. Loin de là. Juste un étrange pressentiment. Comme si quelque chose n'allait pas...
To be continued...
(Je devais le faire au moins une fois :P)
J'espère que ce chapitre 4 vous à plu et à bientôt !
