Je n'ai pas grand-chose à dire cette fois. Inui, je t'aime! Oh et j'ai lu des doujins InuKai, ça m'a inspirée (même si j'aimerais en lire d'autres avec un Kaidoh moins uke)! =)
Bon allez, je vous laisse avec mon blabla inutile! XD Bonne lecture!
Inui passa la pire fin de semaine de sa vie. Son rhume, qu'il croyait presque guéri vendredi soir, reprit de plus belle le lendemain, et il se retrouva à inonder sa chambre de mouchoirs, à grogner pour toutes paroles et à subir des poussées de fièvre. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas été aussi malade.
Néanmoins, ça aurait encore pu aller s'il n'y avait pas eu Kaidoh. Quand il rêvait, c'était des cauchemars où il le méprisait; pendant ses délires fiévreux, il l'imaginait venir le visiter et lui avouer ses sentiments de la pire façon qui soit; lors de ces brefs moments où il était conscient, il ne pouvait que ressasser ces mêmes pensées. Ça devenait de plus en plus intolérable.
Le pire fut quand il rêva qu'il lui avait envoyé un SMS lui révélant ses sentiments : il se réveilla et chercha activement l'appareil pour vérifier s'il l'avait bien fait. Avec soulagement, il réalisa que ce n'était pas le cas. Au moins, il avait évité une catastrophe.
Le dimanche, il se portait un peu mieux, mais il ne pouvait oublier ces préoccupations. Il savait que, très bientôt, il perdrait probablement l'amitié de son kouhai : ce n'était qu'une question de temps.
Et pourtant, quand il se réveilla le lundi matin, il était en pleine forme. Il ne savait pas s'il devait se sentir soulagé ou frustré d'avoir perdu sa fin de semaine.
Un bref coup d'œil à son téléphone lui apprit que personne ne l'avait contacté. Pas même Kaidoh, qui ne s'était pas renseigné sur son état : lui était-il indifférent ou n'avait-il simplement pas pensé à s'en enquérir? L'une comme l'autre des possibilités ne lui plaisaient pas. En fait, le simple fait qu'il ne l'a pas contacté le rendait étonnamment triste.
En même temps, il redoutait de le voir, parce qu'au final, il n'avait trouvé aucune solution. Il courait vers le mur de plus en plus rapidement. Après tout ce temps sans le voir, il ne savait pas ce qu'il pourrait possiblement lui faire : la pensée lui était d'autant plus effrayante qu'il croyait se contrôler à la perfection. Ou plutôt, il l'avait cru. Maintenant, c'était on ne peut moins sûr.
Aussi, si physiquement il se sentait bien, Inui n'était pas au meilleur de sa forme. En plus, il avait accumulé un certain retard durant la fin de semaine, ce qui n'arrangeait pas les choses. Il détestait voir son horaire bousculé à ce point. Ce qu'il aurait vu comme un challenge auparavant ne lui apparaissait plus que comme un obstacle inintéressant à franchir.
Son esprit était plein d'inquiétude par rapport à son kouhai et surtout par rapport à lui-même. Arriverait-il à garder son amitié? Plus le temps passait et moins il ne savait répondre à cette question.
Il effectua sa course matinale avec peu d'entrain et prit son temps pour arriver à la pratique matinale, de sorte qu'il arriva le dernier (personne n'était en retard ce jour-là). Tezuka fut le premier à le remarquer et il s'approcha de lui pour lui demander, d'un ton où ne perçait aucun sentiment, s'il allait bien. C'était gentil de sa part de s'informer, mais Inui se sentait de mauvaise foi : il n'avait pas pris la peine de venir le visiter. Cette phrase était inscrite dans son cerveau, même s'il savait que ce n'était pas si grave, que ça ne voulait rien dire, qu'il n'avait pas pensé à mal en ne venant pas le voir.
Avec une voix tout aussi froide, le calculateur lui répondit qu'il allait bien, qu'il n'avait pas à s'inquiéter. Il mentit si bien qu'il se demanda pendant un moment s'il n'arriverait pas au même résultat avec Kaidoh, mais c'était futile : Tezuka n'était pas Kaidoh.
Eiji fut le second à le remarquer et il vint courir jusqu'à lui pour s'accrocher littéralement à ses épaules et, au lieu de lui demander s'il allait bien, il entama un monologue qui devait ressembler à ça :
- Inuiii, je m'inquiétais, mais Oishi m'a dit de pas te déranger, que tu allais t'en remettre, alors je t'ai pas visité, tu m'en veux pas? Kaidoh m'a dit que tu lui as dit de pas venir te voir, donc j'imagine que c'est ce que tu voulais! Je savais qu'Oishi devait avoir raison. Et ça va maintenant? Oui je suppose puisque t'es là...
Il fut enfin coupé par Oishi, qui réussit habilement à l'extraire de son étreinte sur Inui. Enfin, lui-même y alla de sa propre inquiétude sur la santé du plus grand, et ce dernier se sentit tout à coup attendri : il avait tort de s'en prendre à eux. Ils s'étaient vraisemblablement tous inquiétés pour lui, et c'était sa propre faute si personne n'était venu : il avait lui-même demandé à Kaidoh de ne pas le faire. Peu après, ce fut au tour de Kawamura de s'enquérir sur sa santé et Fuji vint même lui demander, son sourire aux lèvres, s'il était prêt à jouer. Momoshiro vint admettre qu'il était soulagé et Echizen prit la peine de venir près d'eux, même si tout ce qu'il dit, du bout des lèvres, fut «Mada mada dane».
Le seul à rester à l'écart pendant ce regroupement autour d'Inui fut Kaidoh. Cependant, personne ne le nota, ou alors on ne songea pas à le faire remarquer à haute voix (car il était évident qu'au moins Fuji l'avait remarqué (98%), et il n'était pas impossible que Tezuka soit au courant (54%)). Il se tenait à l'écart, fixant sa raquette, la tournant dans tous les sens pour détecter une quelconque faiblesse. Soit il n'avait pas remarqué l'attroupement (37%), soit il n'était pas intéressé à en faire partie (63%).
Le collégien à lunettes ne s'en formalisa pas, car, considérant les tendances asociales de son protégé, ce comportement était habituel. En fait, il n'y avait que 5% de chances qu'il prenne la peine de venir lui demander s'il allait bien avant que l'attroupement se disperse. Il y avait cela dit 99% de chances qu'il vienne lui demander, alors qu'ils seraient seuls à seuls, s'il s'était bien remis.
Après qu'Inui a informé tous les joueurs qu'il allait bien, la pratique put enfin commencer. Comme si le destin avait quelque chose contre eux, Inui et Kaidoh ne furent jamais placés à proximité de toute la matinée, tant et si bien qu'il n'avait pu lui voler que quelques coups d'œil avant de se retrouver en classe.
Pendant ce temps, il tenta de songer à une autre tactique pour approcher son kouhai sans se trahir. Il était impératif de garder son amitié, ou du moins une relation s'en approchant, parce que sinon ils mettraient l'équipe au complet en péril. Leur camaraderie était d'une importance capitale, car ils étaient l'une des rares équipes de double sur laquelle on pouvait compter.
Inui pouvait se vanter de savoir calculer les besoins de plusieurs personnes et de trouver le terrain d'entente, l'embranchement qui permettrait de plaire à tous un minimum. Il était évident dans cette situation que, indépendamment de ses sentiments propres, toute l'équipe et principalement Kaidoh avait besoin que leur compatibilité soit au sommet de sa forme. C'était pourquoi il devait à tout prix s'arranger pour garder cette relation telle qu'ils l'avaient bâtie.
Il se demanda un instant où il gagnait là-dedans, mais il songea alors qu'au moins il garderait le respect de son kouhai et son amitié. Il était temps de mettre de côté ses pulsions et revenir à son point de départ. Il était Inui Sadaharu, le plus grand calculateur de Seigaku, celui qui maitrisait ses sentiments mieux que quiconque : il pouvait réussir.
Quand l'entrainement de l'après-midi arriva, il se sentait beaucoup mieux et apte à accomplir la tâche qu'il s'était fixée. Il pouvait déjà prédire ce qui se passerait quand il verrait Kaidoh : celui-ci lui demanderait s'il allait bien et il répondrait qu'il n'avait jamais été mieux portant. Ensuite, ils discuteraient comme avant du menu de Kaidoh et ils iraient s'entrainer à la rivière, où Inui observerait ses mouvements pour trouver d'autres exercices encore plus pertinents.
Il suffisait que Kaidoh lui demande et tout rentrerait dans l'ordre.
Pourtant, il ne lui demanda rien du tout. Quand l'adolescent à lunettes arriva devant son kouhai, il fut accueilli par un bref sifflement qui devait être interprété comme une salutation. Inui le salua à son tour et ils s'étirèrent ensemble dans un silence lourd. À dire vrai, pour une fois, le calculateur avait oublié de calculer : il lui semblait si évident que Kaidoh demanderait qu'il avait oublié de prendre en compte la possibilité qu'il ne le fasse pas. C'était à la fois inhabituel et troublant de réaliser qu'il perdait ses bonnes vieilles habitudes en ce qui concernait le serpent.
Kaidoh ne l'évitait pas ni ne l'ignorait; pourtant, il lui semblait étonnamment froid, distant. Inui n'était sûr de rien – peut-être interprétait-il trop ce qu'il voyait? –, mais ce silence paraissait anormal.
Après leurs échauffements, ils firent des exercices pour pratiquer leurs aptitudes respectives : pas de match de prévus ce jour-là. Le reste de la pratique se déroula de la même façon. Personne ne sembla remarquer qu'il y avait quelque chose de différent, mais Inui avait l'intime impression que ce n'était pas l'habituel Kaidoh. Il n'y avait rien de précis à quoi s'accrocher : il n'avait peut-être pas demandé s'il allait bien parce que la réponse était si évidente, il ne parlait peut-être pas parce qu'il n'avait rien à dire.
Inui se remit à ses chiffres et observa attentivement l'objet de ses réflexions. Au vu de ses actions, il déduisit qu'il y avait 78% de chances qu'il agisse normalement et qu'Inui interprète tout différemment parce qu'il était amoureux; donc cela lui laissait 22% de chances que Kaidoh ne soit pas lui-même, ce qui était tout compte fait bien peu.
Quand l'entrainement se termina, ils se dirigèrent tous les deux vers la rivière. Quelque chose se passa sans qu'Inui s'en rende compte; toujours est-il que le chemin pour s'y rendre fut comme avant. Il retrouva enfin la parole et put faire la conversation sur différents sujets, la plupart concernant le tennis. Kaidoh, qui écoutait attentivement, lui répondait de temps à autre avec ses répliques bien à lui. Il semblait bien que tout était revenu à la normale, et ce, sans qu'il ait à se forcer!
La nouvelle le rendit plus joyeux que de coutume et il se permit donc d'observer son amour secret pendant qu'il s'entrainait. Il put même laisser de côté ses fantasmes pour essayer d'élaborer de nouveaux exercices. Vers la fin, il était arrivé avec une nouvelle méthode pour améliorer encore son Boomerang, qu'il présenta à Kaidoh. Ce dernier l'essaya et sembla surpris de la difficulté de la chose, qui avait semblé simple au départ.
C'est pourquoi, quand le plus vieux décida de partir vaquer à ses autres occupations, le plus jeune resta pour pratiquer. Inui tenta quand même de le prévenir de ne pas rester trop tard, mais le serpent ne l'écouta qu'à moitié, et il eut peur pendant un moment qu'il reste là tout le reste de la soirée. Il décida qu'il lui enverrait un SMS plus tard pour s'assurer qu'il était bien rentré chez lui.
Cependant, il avait tant à faire pour rattraper la fin de semaine manquée que le restant de la soirée passa trop vite. Il dût en effet passer acheter des cahiers, faire les boutiques de tennis pour voir s'il n'y avait pas de nouveaux objets et, quand il rentra enfin, il eut à peine le temps de manger qu'il devait déjà faire tous ses devoirs en retard.
Quand enfin il fut libre et se remémora l'idée qu'il avait eue de contacter Kaidoh, il était déjà passé vingt-deux heures. Il était évident qu'il n'y serait plus, puisqu'il faisait déjà nuit, et Inui avait donc perdu son excuse pour lui écrire. Il sortit quand même son téléphone et resta un moment sur l'écran de son contact. Puis, après un léger soupir, il referma l'appareil et se prépara pour dormir.
Après sa séance journalière de masturbation, il resta un moment à fixer le plafond, se demandant si vraiment tout allait bien. Pour une raison obscure, il avait le sentiment que quelque chose n'allait pas. Toutefois, puisqu'il n'avait aucune information ni aucun pourcentage pour étayer cette intuition, il décida d'en faire fi.
Malgré tout, cela ne lui prit que peu de temps pour s'endormir, et, dans ses rêves, il fit des choses peu recommandables à un kouhai plus que consentant.
