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Chapitre 21 : Naomi. - Plus de peur que de mal.

Je fus réveillée par des petits bruits incessants. Comme si quelqu'un tapait un texte à l'ordinateur. Sauf que le bruit n'était pas celui des touches d'un clavier. Plutôt celui que ferait un bouton sur lequel on appuierait de façon répétée.

"Emily, qu'est-ce que tu fais ?" demandai-je en me retournant sur mon coussin.

Et là je la vis sourire de mille feux en me regardant. Elle était aussi nue qu'au premier jour de sa vie et seul le fin drap blanc recouvrait une partie de son corps. Je m'aperçus ensuite qu'elle tenait dans ses mains l'appareil photo que je lui avais offert il y a quelques jours. Son sourire malicieux s'agrandit lorsqu'elle vit que j'avais compris ce qu'elle était en train de faire et je repris ma position initiale en cachant ma tête sous le coussin.

"S'il-te-plaît, ne te rendors pas, ça fait une demie-heure que je te regarde dormir !" protesta-t-elle.

"Très bien." grommelai-je en me retournant à nouveau. "Mais pose ce truc !"

"Il fut un temps où tu aimais poser pour moi, Campbell."

"Et il s'est arrêté le jour où tu as commencé à prendre des clichés ridicules de moi."

Elle sourit et posa l'appareil sur la table de nuit. J'en profitai pour la prendre contre moi, son dos contre mon corps et mes bras entourant son ventre. Sa main droite jouait avec mes cheveux tandis que l'autre caressait mon avant-bras. Alors que j'embrassais passionnément sa chair, je sentis des coups dans son bas-ventre et elle poussa un cri de douleur.

"Ça va ?" demandai-je, inquiète.

Elle ne répondit pas et crispa sa prise autour de mes mains. Elle gémit une fois encore et je retirai mes mains pour pouvoir examiner ce qui se passait. Elle se mordait la lèvre inférieure, essayant de contenir sa douleur, et son corps commençait à légèrement suer. Je portai ma main à son front; elle était brûlante.

"Chérie, tu as de la fièvre."

Elle gémit encore et ferma les yeux. Je me levai du lit et partis chercher un gant de toilette mouillé pour refroidir son front. Elle commençait à pleurer et j'embrassai ses phalanges pour la rassurer, lui dire que tout allait bien, qu'elle ne devait pas s'en faire. Je jetai ensuite un coup d'oeil au calendrier, qui affichait le premier jour de septembre et me rendis compte qu'Emily allait entamer son septième mois de grossesse. Je me promis alors que je ne laisserai rien lui arriver, ni à elle, ni au bébé.


Le médecin arriva aussi tôt qu'il put. Il examina Emily pendant de longues minutes, puis me rassura en me confirmant que la fièvre n'était due qu'aux douleurs; elle n'était donc que passagère. Il nous conseilla cependant d'aller vérifier l'état du bébé, s'il ne souffrait pas d'un traumatisme quelconque qui pourrait être la cause de ses maux.

À vrai dire, cette idée me terrifiait. Bien sûr, l'enfant bougeait encore dans son ventre. Mais était-il souffrant ? Y avait-il une anomalie qui pourrait le mettre en danger ? Combien de temps allait souffrir Emily ? Trop de questions restaient sans réponse et je devais savoir au plus vite ce qui se passait. On ne pouvait pas perdre ce bébé, je ne le supporterais pas.

C'est donc malgré ses douleurs qu'Emily et moi sommes allées chez le gynécologue, pour apporter des réponses à nos questions. Il nous fit passer entre deux de ses patientes, car notre cas semblait plus urgent. Alors qu'il regardait sur son écran la radio du bébé, je commençai à angoisser car il restait muet. Je tapai du pied nerveusement contre le sol, et Emily me stoppa dans mes actions en posant une main sur mon bras.

"Essaye de te calmer, d'accord ?" chuchota-t-elle.

Je hochai la tête pour la rassurer, mais intérieurement je bouillonnais. Je voulais savoir ce qui se passait, je devais savoir ce qui se passait. Mon Dieu, j'avais tellement peur. J'étais terrifiée qu'il leur arrive quelque chose.

"Il y a eu plus de peur que de mal !" annonça-t-il et je relevai les yeux vers lui. "Le bébé s'est simplement retourné dans le placenta. D'où les douleurs que vous avez rencontrées ces derniers temps. Ses pieds donnent à présent des coups dans des zones plus sensibles de votre corps et ils risquent donc d'être malheureusement plus douloureux. Mais ça n'a absolument rien de grave; au contraire, sa position sera propice à un accouchement plus en douceur."

"Dieu merci !" m'exclamai-je, entraînant un fou-rire de leur part.


07/09/17 - Même si j'ai réussi à le cacher à Emily, l'histoire de mon père me reste encore en travers de la gorge. Je n'arrive toujours pas à croire que ce connard m'ait envoyé ce paquet. De quel droit osait-il se mêler de ma vie privée ?! J'avais voulu engager un avocat pour l'empêcher de s'approcher de nous, mais Emily était contre, car elle ne trouvait pas ses actes aussi odieux que je le prétendais. Je savais qu'en un sens elle n'avait pas tort, puisqu'après tout il n'avait pas envoyé de bombe ou de lettre agressive ! Au contraire… Mais cela n'avait pas d'importance. Je ne lui ai pas pardonné et je ne lui pardonnerai certainement jamais.

"Chérie, viens te coucher s'il-te-plaît…" demanda Emily en tirant légèrement mon coude.

"Tu veux vraiment dormir cette fois, ou tu dis simplement ça pour qu'on fasse l'amour encore une fois ? Non pas que le faire non-stop depuis ce matin m'ait dérangée, mais… C'est épuisant tu sais."

"Comme si tu pouvais te plaindre."

Je ris et la pris dans mes bras encore une fois, rapprochant nos deux corps l'un contre l'autre.


Ce soir, j'accompagnais Katie, Effy et Maxxie pour l'enterrement de vie de jeune fille de Sidney. Je ne savais pas ce qu'elles avaient prévu puisqu'elles avaient refusé de m'en parler, pensant que je vendrais la mèche à la future mariée. L'avantage était qu'on passerait la soirée dans leur appartement. J'imaginais donc que cette nuit serait probablement relativement calme, même si on allait probablement tous boire notre poids en alcool, comme à chaque fois qu'on se retrouvait.

"Avec qui vous y allez déjà ?" demandai-je à Emily en ajustant ma robe devant le miroir.

"Pandora, Cassie et Michelle."

"Voilà qui risque d'être intéressant." répondis-je. "Qu'est-ce que vous lui avez prévu ?"

"Aucune idée ! Elles n'ont rien voulu me dire, sous prétexte que je ne sais pas garder un secret."

"Même chose… Tout ça parce qu'une fois, on n'a pas su garder notre langue."

"Une fois ?!" s'exclama Katie en faisant irruption dans la salle de bain. "Dois-je vous rappeler la fois où Emily a dit à notre mère Papa l'emmènerait pour leur anniversaire de mariage ?"

"Non, c'était-"

"Ou encore la fois où on t'avait demandé ton avis par rapport au cadeau de Naomi."

"Elle l'avait deviné toute seule et-"

"Et si Campbell a réussi à se taire pendant les premières vingt-quatre heure, elle te crachera le morceau pendant son sommeil !"

À court d'argument, on grommela toutes les deux avant de continuer à se préparer. Je détestais quand Katie avait raison, car elle prendrait un air supérieur tout au long de la soirée.

Quelques minutes plus tard, Effy fit son apparition et m'obligea à me dépêcher, car le taxi attendait apparemment déjà devant chez nous. J'appliquai donc encore un dernier coup de gloss sur mes lèvres, puis retournai dans notre chambre, trouvant alors Emily allongée sur le lit en sous-vêtements. Je me plaçai alors au-dessus d'elle à quatre pattes et elle me sourit.

"On pourrait très bien passer la soirée ici à la place, tu sais…" lui dis-je.

Elle rit et me tira par le cou pour m'embrasser. Je l'embrassai en retour du plus tendrement que je le pus, mes mains caressant ses épaules. Alors que ses doigts s'accrochèrent à mes boucles blondes, je me retirai et lui dis :

"On pourrait sans problème rester ici."

"Certainement pas, Campbell." intervint Katie. "Arrête de violer ma soeur et rejoins-nous en bas dans une minute ! Pas une seconde de plus !"

Et sur ce, elle claqua la porte derrière elle. On ne put s'empêcher de rire; Katie avait toujours le chic pour nous interrompre alors que les choses devenaient intéressantes. Je me levai donc du lit, et sortis de la chambre en lançant un dernier regard à ma femme, qui avait encore les yeux rivés sur moi.


Arrivées chez Sidney, elle nous accueillit, un énorme sourire aux lèvres qui indiquait déjà la quantité d'alcool qu'elle avait ingurgitée. Maxxie se tenait non loin d'elle, mais semblait, quant à lui, avoir beaucoup moins bu.

L'appartement était décoré principalement des bougies de toutes les couleurs pour mettre une ambiance relaxante. Je ne doutais pas une seconde que Katie et Maxxie était derrière tout ça, car ils avaient tout deux un goût pour la décoration assez prononcé.

"Je suis tellement contente de vous voir ce soir !" s'exclama Sid en nous prenant toutes les trois dans ses bras.

"Nous aussi, Sid." affirma Katie en riant.

"Ça va être la soirée du siècle !" hurla la brune dans nos oreilles en s'écartant de nous.

"Combien elle a bu ?" demandai-je à Maxxie.

"Mieux vaut ne pas que tu saches…" dit-il en riant.

Il m'offrit son bras et on se dirigea vers le bar, pour essayer d'égaler, ne serait-ce qu'à cinquante pour cent, l'état de la future mariée. Il me servit un mélange de Red Bull et de Jägermeister, que je bus presque d'une traite. Il fit de même, puis je lui demandai :

"Alors ? C'est quoi le plan pour ce soir ?"

"On doit attendre que les autres arrivent avant d'appeler Carmen et Megan, les strip-teaseuses."

"Quoi ?! Des strip-teaseuses ? Ici ? Et quels autres ?"

"Adele, Cassie, Em et Michelle !" répondit-il en me regardant comme si je venais de demander qui était Jésus. "Tu n'étais pas au courant ?"

"Non, elles n'ont rien voulu dire, de peur que je révèle tout…"

"Aucune d'elle ne sait qu'il y aura des… danseuses." dit-il, non sans un sourire. "Et elles ne savent pas non plus qu'elles passeront la soirée dans la même pièce."

"Voilà qui promet d'être intéressant."


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