Bonjour, bonsoir !

Merci à toutes pour vos reviews !

Fanduyaoi : Pour Sasuke, je te laisse voir ;). Haha, sympa les profs ! Désolée pour les fautes ^^'. C'est sûr que ce serait mieux si je pouvais me trouver une bêta-lectrice mais je ne sais pas à qui demander ça...Bon, je vais commencer par faire une annonce ici :

Si quelqu'un à lu le message au dessus et est intéressé, je cherche une bêta-lectrice ^^.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !


(Je viens de me rendre compte qu'il y a eu une erreur dans le chapitre précédent. J'ai marqué "chapitre 5" en titre alors qu'en fait, c'était le 4. Bref, celui-ci, c'est le cinquième. Et désolée pour le retard.)


.

.

.

Chapitre 5

Au-dessus du vide.


-Bilan de la soirée: ça c'est plutôt bien déroulé, m'annonça Jiraya après avoir reposé le téléphone fixe.

-Ils se sont doutés de rien ?

-Niet ! Ils n'ont rien vu ! Ton père a dit que t'étais parti étudier en Belgique et c'est passé comme une lettre à la poste.

-Belgique ? Pourquoi la Belgique ? M'étonnai-je.

-Ah, ça…Va lui demander, dit-il en reprenant place sur son vieux canapé en cuir.

-Ok… Et c'est tout ?

-Apparemment.

Finalement, j'avais stressé pour rien…

-Ok…tant mieux, on va dire...

-Ouais.

Un croassement s'ajouta à la conversation. Je souris et quittai le canapé pour rejoindre le vivarium qui occupait une place du séjour. L'appartement n'était pas très grand mais Jiraya avait quand même trouvé le moyen de caler son immense collection de grenouilles dans un coin du salon.

Oui, j'avais bien dit grenouilles. C'était peut-être un peu étrange à concevoir mais Jiraya était passionné par les batraciens. Ici, il y en avait partout. Des vrais comme des faux. Certains trouvaient ça glauque mais pas moi. J'aimais bien cet environnement. Puis, ça avait au moins le mérite d'être original. Tout le monde n'avait pas des lampes en formes de grenouilles et un vivarium de quatre mètres de long dans son salon. Par contre, ça ne plaisait pas à tout le monde. La dernière petite copine de Jiraya avait piqué une crise phénoménale après avoir retrouvé une grenouille sur le canapé. Un petit accident qui avait mis un terme à cette relation de trois mois. Depuis, Jiraya prenait toujours soin de bien fermer son vivarium. Courir après des grenouilles, c'était épuisant !

-Y en plus qu'avant, remarquai-je en faisant le tour de l'habitat en verre.

-Ouaip, y a trois nouvelles recrues.

-Laisse-moi deviner, dis-je en collant mon visage à la vitre, la jaune avec des micros taches brunes, la marron beige avec des rayures et là… Waah mais elle est carrément fluorescente celle-là !

-La jaune avec des tâches noires ?

-Ouais.

-C'est un Atélopus Zeteki.

-A tes souhaits, le taquinai-je en me décollant de la vitre.

J'allais me rasseoir sur le canapé, jambes pliées sur le coussin. Mon regard se posa machinalement sur l'écran.

-On dirait qu'il n'y a rien de bon à la télé, dit Jiraya en zappant pour la sixième fois. Ça te dit un DVD ?

-tant que ce n'est pas un de tes films louches, je suis partant.

-mais je n'ai pas de films louches, démentit-il en se levant pour aller fouiller sous le meuble de la télé.

-Mouais…Comme si j'allais croire l'ermite pas net !

La deuxième passion de Jiraya était le porno, d'où ce joli sobriquet que j'avais choisi avec soin.

-Arrête de m'appeler comme ça, gamin !

-Pourtant ça te va super bien. Tu ne sors jamais et t'es le plus gros pervers que je connaisse ! Plaisantai-je.

-tu ne dois pas connaitre beaucoup de pervers, alors. Je suis très saint, moi. Comparé à certains. Et en plus, c'est faux, je sors.

-Ah ouais ? A quand t'as dernière relation, au juste ?

-je te retourne la question, répliqua-t-il en se redressant un DVD en main.

Mon sourire s'agrandit.

-Tu m'as pris en traître, là.

On échangea un regard complice et il mit le DVD en route.

Entre Jiraya et moi, c'était toujours comme ça. Comme deux gamins, on ne loupait jamais une occasion de se taquiner mais ça n'allait jamais trop loin. Je l'adorai. Il était comme un second père pour moi et il me considérait un peu comme son fils.

Jiraya nous avait toujours soutenu dans les moments délicats. Il était le seul d'ailleurs à avoir entièrement accepté ma situation. Mes grands-parents avaient pris cela comme une honte. Je les avais entendus un soir, au téléphone, avec mon père. Ils avaient parlé si fort qu'il aurait été impossible de ne pas entendre.

« Non, on ne veut pas entendre parler de ça. »

« C'est pas notre petite-fille, c'est une fille raté. »

«Faites ce que vous avez à faire pour qu'elle devienne normal. »

Je m'étais ensuite réfugié dans ma chambre. J'avais plaqué mes mains le plus fort possible contre mes oreilles mais ça n'avait pas suffi pour masquer les cris de mon père, ni les larmes de ma mère. Après ça, je m'étais enfermé dans la salle de bain, j'avais attrapé le rasoir de mon père et j'avais tenté de mettre fin à mes jours.

Ce jour-là, j'avais perdu beaucoup de sang mais je n'étais pas mort. Je m'étais réveillé dans une chambre d'hôpital. A mon chevet se trouvait Jiraya.

Il avait ensuite prit les choses en main. J'étais parti vivre chez lui pour une petite période. Le temps que mes parents « règlent certaines choses ». Du moins, c'est ainsi qu'il l'avait formulé. « Se reconstruisent » aurait surement été plus approprié mais, il ne pouvait décemment pas le dire de cette façon.

Jiraya avait tout fait pour me remonter le moral. Il avait usé de son temps et de son énergie pour me changer les idées et tenter de me faire rire. Il s'était démené pour que je me sente bien. Un jour, il avait même tenté de me préparer mon plat préféré. Je me souviendrai toujours de la tête de ses ramens. Sur le coup, j'avais failli m'étouffer de rire.

Sa présence m'avait fait beaucoup de bien. Tout comme Gaara, il avait été parfait.

Aujourd'hui, je n'entendais plus parler de mes grands-parents. Surement avaient-ils coupé les ponts. Ils étaient fiers, tout comme mes parents l'étaient, tout comme je l'étais. La rancœur était toujours là, quelque part au fond de moi. Je n'aimais pas être rancunier mais cette histoire m'avait laissé un goût amer. Je n'attendais plus rien de ces personnes.

-Le film vient à peine de commencer et tu tires déjà la tronche. Tu veux que je change ? Me demanda Jiraya.

-Non, ça va. Je pensais juste.

-ne te prend pas trop la tête avec tout ça, ok ? Profitons de ce weekend. Ça fait longtemps qu'on ne s'était pas retrouvé comme ça.

Il avait raison. Je souris et décidai de tout oublier pour me concentrer sur le film.


-l'ADN, de son vrai nom, acide désoxybo…non, désoxy-ri-bo-nucléique ! Un jour va falloir m'expliquer pourquoi les vrais noms des molécules sont toujours aussi compliqués, lâchai-je en me grattant les cheveux avant de jeter un coup d'œil à la page suivante de l'énorme bouquin que j'avais sous les yeux.

J'étais vraiment obligé de lire tout ça ?

Mon regard passa sur Sasuke qui, juste en face de moi, semblait passionné par sa propre lecture. Ça faisait à peine trente minutes que nous étions à la bibliothèque et il avait déjà pris pas mal de notes. A côté de cela, je vacillais d'un livre à l'autre, ne lisant, à chaque fois, qu'une page sur deux. Motivation, zéro ! J'étais aussi efficace qu'un Ramoloss sous somnifère.

Je lâchai un long soupir et posai lourdement ma tête sur le livre.

Sasuke leva enfin les yeux sur moi.

-je croyais que tu allais bosser ? me fit-il remarquer.

-Si, je vais bosser ! Mais, j'aime pas la biblio ! M'exclamai-je, m'attirant les regards noirs des autres élèves et de la bibliothécaire.

Je fis la moue avant de reprendre en chuchotant:

« Tu vois, c'est à peine si on peut ouvrir la bouche ! Comment veux-tu qu'on fasse un exposé à deux si on peut même pas se parler ? Puis, j'aime pas trop les livres. Tu veux pas qu'on aille chercher sur internet plutôt ? Genre, on va à un café wifi et on se fait ça tranquillou autour d'un bon cappuccino, t'en pense quoi ?

-Bosse, claqua-t-il sur un ton irrévocable. »

Je lâchai un second soupir.

-Non mais sérieux, Uchiha…

-Non, toi, soit sérieux. Je me suis déjà tapé un zéro par ta faute, Uzumaki. Hors de question que ça se reproduise. Tu bosses, point barre.

-J'ai pas dit que j'allais pas bosser, juste que…

-internet, c'est pas la bible, crétin. On y trouve tout et n'importe quoi. Puis si on commence à faire ça autour d'un verre, je sais que tu ne vas pas bosser.

-Faux ! Moi, pour me concentrer, j'ai besoin de sucre et d'ambiance ! C'est tellement mort ici que j'ai l'impression que je vais m'endormir ! En plus, j'ai faim.

Il me fixa longuement de son regard noir avant de lâcher un soupir las.

-Quoi ? Fis-je.

-tu me saoules, Uzumaki.

-Roh, ça va.

-Ok. Faisons comme tu veux mais je te jure que si après ça tu ne bosses pas, je te déglingue, capitula-t-il en refermant son livre.

Je lui adressai un large sourire victorieux, ignorant somptueusement sa menace.

Je ramassai mes affaires avec entrain.

-t'es pire qu'un môme, je te jure, me lança-t-il en me suivant vers le bureau d'emprunt.

Il pouvait dire ce qu'il voulait, j'avais gagné !


Il n'y avait pas à dire, installer sur la terrasse d'un Maid Café, on se sentait tout de suite mieux ! En plus, le soleil était au rendez-vous. C'était parfait !

J'adressai un sourire éclatant à Sasuke qui, trop occupé à jeter des regards sceptiques aux serveuses, m'ignora superbement.

-Pourquoi un Maid Café ? m'interrogea-t-il en insistant sur le mot « Maid » qu'il prononça comme s'il s'agissait d'une bizarrerie sortie de je-ne-sais-où.

-Parce que c'est cool. Tu ne les trouves pas mignonnes avec leurs oreilles de chat?

Son haussement de sourcils fut assez significatif. Un petit sourire amusé se glissa sur mes lèvres. Sourire qui prit de l'ampleur lorsqu'après avoir déposé nos verres, la serveuse en profita pour couler un regard séducteur sur Sasuke. Le grelot, accroché à sa fausse queue, tinta au même instant provoquant un drôle de tic sur la face de mon Uchiha. Je me retins de ricaner, chose qu'il remarqua, bien évidemment. Il m'adressa un regard noir une fois que la serveuse, un tantinet gêné, nous laissa.

-Et c'est ça que tu appelles une ambiance pour bosser ?

Je lui adressai mon plus beau sourire.

-On s'y met ?

-Idiot.

Il fit de la place sur la table avant de sortir ses bouquins. Je l'imitai, sans me démunir de mon sourire.

-Elle était mignonne quand même, finis-je pas dire.

-Mouais, si on aime les Neko-maid.

-Pas ton genre ?

-Pas du tout.

-Même son visage ? Elle avait un joli visage, non ?

-J'ai pas vraiment vu.

-Dis, c'est quoi ton genre de filles ?

Son regard me sonda un instant avant qu'il ne réponde :

« Je n'en ai pas vraiment. »

Je ne fis aucun commentaire. Je ne pouvais pas me mentir, sa réponse ne me satisfaisait pas. Au fond de moi, j'aurais espéré qu'il me décrive, même si c'était tout bonnement impossible qu'il le fasse.

J'attrapai mon verre et bus une longue gorger sans le quitter des yeux. Lui aussi me fixait. Que cherchait-il à voir en moi ? Que voyait-il ? Je me le demandai.

-Et moi, repris-je en reposant mon verre. Tu ne me demandes pas quel est mon genre de mec ?

L'expression de son visage changea du tout au tout et je compris que je venais de faire une erreur.

-Je te taquine, m'empressai-je d'affirmer en baissant les yeux.

Je me forçai à les relever pour ne pas paraître gêné. Un petit sourire passa sur mes lèvres et je lui proposai de se mettre au travail.

-Hn, il serait temps, répondit-il sur un ton qui se voulait neutre...

...mais, il ne pouvait pas me tromper. Il s'était refermé.


-Mais qu'est-ce que je suis con ! Soupirai-je pour la vingtième fois au moins.

Allongé sur le lit de Gaara, je me lamentais sans pouvoir m'arrêter. S'il n'avait pas été là, je serais déjà chauve en ce moment vu l'envie affreuse que j'avais de m'arracher les cheveux ! Non mais quel crétin ! Quel idiot ! Tout se passait pourtant si bien avec Sasuke...Pourquoi j'avais dit ça ? J'étais con ou quoi ? Alors qu'on commençait enfin à devenir ami...

-Il doit me détester…P'tain, j'ai tout fichu en l'air ! M'énervai-je contre moi-même.

J'entendis à peine Gaara soupirer. Pour la cinquième fois, il quitta son bureau, où il tentait vainement de faire ses devoirs, pour me rejoindre sur le lit.

-Calme-toi, me dit-il en me caressant gentiment le bras.

Je me redressai pour poser ma tête sur ses genoux. Comme toujours dans ces moments-là, ses doigts passèrent instinctivement dans ma chevelure. J'adorais quand on me touchait les cheveux. Gaara le savait. Il n'était pas très tactile mais il savait comment s'y prendre pour me relaxer. Je me détendis presque immédiatement.

-Naru prend trop le dessus sur toi, me dit-il soudainement, après un temps de silence.

-Hein ? Comment ça ?

-Uchiha a trop d'emprise sur toi. Il est l'ex de Naru Namizake mais pas celui de Naruto Uzumaki. Il faut que tu fasses la part des choses.

-Hm, je sais. Mais c'est difficile...

-Je n'en doute pas mais il le faut si tu ne veux pas qu'il finisse par faire le rapprochement.

-et le perdre définitivement…, complétai-je.

-Le mieux serait que tu l'oublies complètement, Naru.

-Non. Ça, je pourrais pas. Impossible, à moins qu'on me fasse un lavage complet de la cervelle.

Je fus surpris de voir un rictus amer étirer ses lèvres.

-Si c'était possible, ça fait longtemps que je te l'aurais fait.

Mon regard se fronça d'inquiétude.

-Ça va ? Lui demandai-je.

-Pourquoi ça n'irait pas ?

Je gardai le silence.

Un instant, j'avais cru lire de la tristesse dans ses yeux... Non, j'avais surement rêvé.


Le lendemain, lorsque je revis Sasuke, ce fut comme si rien ne s'était passé.

-Hey, Uzumaki, m'interpella-t-il à l'entrée de la classe. T'es libre ce weekend?

-Oui, m'empressai-je d'acquiescer.

La surprise devait se lire clairement sur mon visage car il m'adressa un sourire taquin.

Heureusement qu'il ne pouvait pas entendre les battements de mon cœur.

-Viens chez-moi samedi. Il faut qu'on bosse cet exposé.

-Ok, pas de problème, répondis-je sur un ton qui se voulait « cool ».

Sur ce, il pénétra dans la salle, son sac de cours posé lestement sur son épaule droite. Il avança d'un pas assuré jusqu'à sa place, ignorant les nombreuses oeillades dont il était l'objet. Comme d'habitude, il était loin au-dessus de tout ça, sur son piédestal, à mille lieux de nous. Et moi, j'étais à ses pieds, à l'affût du moindre de ses gestes, tiraillé entre la peur, la joie, l'excitation et le doute. Mais, j'étais trop loin pour qu'il me voie. Beaucoup trop loin...

Une main se posa sur mon épaule.

Je n'eus pas besoin de me retourner pour deviner à qui elle appartenait.

-Allons-y, me dit Gaara.

-Hm.

Finalement, je m'étais encore monté la tête pour rien.


Le weekend arriva plus vite que prévu. Je me retrouvai face à la demeure des Uchiha sans avoir réellement eu le temps de m'y préparer. Mes deux mains agrippaient fermement la bandoulière de mon sac. Mon corps entier frissonnait de peur et d'excitation. J'étais aussi angoissé qu'heureux d'être là.

Déjà, de l'extérieur, leur maison n'avait pas changé. Elle semblait seulement un moins imposante qu'avant… Enfin, ça, c'était surement parce que j'avais grandi.

D'une main hésitante, j'appuyais sur la sonnette.

Mon cœur (déjà sur le point d'exploser) fut un étrange bond quand Sasuke vint m'accueillir, vêtu d'un jogging assez large et d'un simple débardeur noir qui laissait voir de grandes parcelles de sa peau laiteuse.

Je déglutis difficilement.

S'il voulait me tuer, il était bien parti.

Pour la première fois depuis huit ans, je pénétrai à nouveau chez-lui. Tout était comme dans mes souvenirs. Ils avaient quitté le Japon en emportant peu de choses et ils revenaient de la même façon. Ça n'avait jamais été un vrai déménagement, de ce que j'avais cru comprendre, les Uchiha avait toujours vécu entre l'Angleterre et le Japon. Fugaku et Mikoto y avaient passé une grosse partie de leur vie et continuaient d'entretenir des affaires là-bas. D'ailleurs, si je ne me trompais pas, Itachi avait vu le jour en Angleterre. Par contre, Sasuke était né au Japon.

-mets tes chaussures-là, me dit-il en me présentant le petit meuble à l'entrée.

-Ok.

J'obéis, faisant mine de tout découvrir pour la première fois.

-C'est vide, remarquai-je en constatant qu'il n'y avait aucun bruit.

-Hn, on est seul. Suis-moi.

Il m'amena dans sa chambre. Là, par contre, il y avait du changement. Son armoire, son lit, son bureau, sa bibliothèque, tous les meubles avaient été remplacés. Pas étonnant, il n'était plus un enfant. Mais je ne comprenais pas pourquoi ils avaient enlevé l'ancien papier peint pour cette couleur douteuse. D'ailleurs, depuis quand Sasuke aimait-il le pourpre ?

-un problème ? me demanda ce dernier.

-Non, juste que… je ne m'étais pas imaginé ta chambre comme ça.

-moi non plus.

J'haussai un sourcil, attendant la suite.

-Déjà, je n'aime pas le pourpre, m'avoua-t-il en s'asseyant sur son lit.

Je souris. On aurait pu croire qu'il lisait dans mes pensées.

-Mais, apparemment, mon ancien papier peint se faisait vieux donc ils ont été obligés de le changer. Puis, c'est beaucoup plus petit que ce que je pensais, continua-t-il. Tu ne trouves pas ?

-ta chambre fait deux fois la mienne.

Il sourit.

-Je me sens quand même à l'étroit ici, me confit-il.

Je vins m'asseoir près de lui.

-L'Angleterre te manque ?

-Disons que j'ai laissé des choses importantes pour moi là-bas, m'avoua-t-il.

J'aurais aimé lui demander quoi mais je sentais qu'il se braquerait si je le faisais.

-et ici, tu n'as rien d'important ? Demandai-je donc à la place.

Il prit une minute avant de répondre :

« Je ne sais pas. »

J'encaissai silencieusement.

-Pourquoi es-tu revenu au Japon, alors ?

Il m'adressa un regard froid et je regrettai immédiatement ma question.

-C'est pas comme si j'avais eu le choix, répondit-il tout de même sur un ton un peu cassant.

-Ok.

Un court silence suivit durant lequel il me fixa suspicieusement.

-Quoi ? Fis-je mal à l'aise.

-Comment sais-tu que j'ai vécu en Angleterre ?

Mon cœur rata un battement.

-Hein ? Bah parce que tu m'en as parlé, m'empressai-je d'assurer alors, qu'à l'instant, je n'en savais plus rien du tout.

-Non, je t'ai dit le premier jour que j'avais vécu à l'étranger mais je ne me souviens pas avoir précisé où.

Si mon corps entier était sous l'emprise de la panique, je priais intérieurement pour que rien ne se lise sur mon visage.

-Bah, si je le sais c'est que quelqu'un me l'a dit. Je n'aurais pas pu deviner, ripostai-je en feignant le naturel.

Je ne devais surtout pas avoir l'air sur la défensive.

Il me dévisager longuement. Je ne bougeai pas, affrontant son regard du mieux que je pouvais, avec une seule pensée en tête : Avoir l'air naturel, avoir l'air naturel, avoir l'air naturel !

-t'as l'air tellement suspect, mon pauvre, me lança-t-il et je me rendis compte que je manquais d'oxygène.

J'avais retenu ma respiration tout le temps où il m'avait fixé.

-laisse-moi deviner, t'as entendu ça de quelqu'un ? Y a des rumeurs sur moi ou un truc du genre ? Je m'en tape, tu sais. Je me suis bien rendu compte qu'on parlait beaucoup derrière mon dos mais ça me passe largement aussi de la tête, voulut-il me rassurer.

Ah bon ? Je ne savais pas. A vrai dire, j'apprenais à l'instant ce qu'il me disait. J'avais bien remarqué qu'il était souvent le centre d'attention de nos chers camarades mais j'étais loin d'imaginer que des rumeurs circulaient déjà sur sa personne. Pour être franc, mon esprit était tellement concentré sur lui que j'en oubliais les autres.

-Je suis quand même désolé de ne pas t'en avoir parlé plus tôt. Mais, tu as raison de ne pas t'en occuper. C'est une perte de temps, dis-je pour jouer le jeu.

Pour toute réponse, il m'adressa un sourire.

-On s'y met ?

-Ok.

Le reste de la journée se passa sans encombre. On fit ce qu'on avait prévu de faire, autrement dit, on bossa toute l'après-midi puis, je rentrai chez moi plutôt satisfait. Cette journée, d'apparence simple, avait été forte en émotions et m'avait permis de me rapprocher encore un peu de Sasuke.

Ainsi, la routine reprit ses droits.

Les jours, les semaines puis les mois, passèrent mais rien ne changea. Je continuai d'osciller entre l'école, mes amis, la maison et Sasuke, tout en faisant attention à ne plus commettre d'erreurs face à ce dernier. Pas facile, cela dit. Plus nous nous rapprochions, plus je me dévoilais, plus je devais faire attention.

La peur ne me quittait quasiment jamais. Elle était toujours là, au creux de mes tripes, à l'affût du moindre tic de Sasuke. Tout comme l'était mon Uchiha, elle était devenue omniprésente dans mon esprit mais, c'était tenable. J'arrivais à maîtriser mes émotions. J'avais entièrement accepté ce bonheur à double tranchant. Je jouais un jeu risqué, Gaara ne cessait de me le répéter et je lui donnais raison, mais il était trop tard pour faire marche arrière de toute façon.

Puis, la dernière heure de cours avant les grandes vacances arriva.

-ENFIN ! M'exclamai-je subitement quand nous passâmes les grilles du lycée.

J'adressai un grand sourire au ciel avant de faire de même à mon compagnon de route.

Sasuke et moi avions pris l'habitude de faire un bout de chemin ensemble. On marchait, côte à côte, jusqu'à la gare. Toutefois, nous ne prenions pas le même train. Sasuke prenait l'omnibus alors que j'empruntais le direct qui traversait les trois quart de Konoha sans s'arrêter. Mon train sautait sa station. Cela pouvait sembler idiot, puisque nous vivions dans la même ville, mais Konoha était beaucoup plus grand qu'il en avait l'air. La maison de Sasuke se situait à l'Ouest de Konoha alors que la mienne était plus à l'Est. Une bonne heure de marche nous séparait.

-tu comptes faire quelque chose pendant les vacances ? Lui demandai-je alors qu'on se rapprochait de la gare.

-plus ou moins.

-c'est-à-dire ? Insistai-je.

Il garda le silence.

Je lui adressai un regard interrogateur, penchant la tête sur le côté pour mieux voir son visage. Il tourna la tête à l'opposé, faisant mine de regarder les boutiques mais, je n'étais pas complètement idiot, il fuyait mon regard.

-C'est très lâche de ta part de fuir comme ça, déclarai-je de but-en-blanc.

Si avec ça, il ne réagissait pas.

Il tourna vivement son regard vers moi.

-Je ne fuis pas.

-Alors ?

-Rien de particulier, répondit-il en soupirant, je vais avoir de la visite.

-Ah bon ? Qui ça ?

Je le vis avaler sa salive.

-Ma copine.

Je me glaçai.

-Quoi ? Fis-je d'une petite voix.

-Ma petite-amie vient me rendre visite au Japon, reformula-t-il.

Une phrase. Huit petits mots. Et je m'écroulai.


FIN.

Non, je déconne xD. A la semaine prochaine ;).