A/N: bonjour à tous :) J'essaye vraiment de faire de mon mieux pour écrire du plus vite que je le peux (entre les exams et une autre histoire en cours d'écriture, c'est pas toujours facile !) En tout cas, voici la suite !

PS: il ne reste à présent que quelques chapitres avant la fin définitive de cette trilogie *-*


Chapitre 24 : Emily. - "Ce n'est pas mon père."

J'allais entrer dans la cuisine quand j'entendis ma femme discuter avec quelqu'un d'autre.

"Maman, qu'est-ce qui se passe ?"

"Ton père est mort."

Quoi ?! Je voulus immédiatement entrer, mais Gina avait probablement envie de lui annoncer la nouvelle seule-à-seule. Il y eut ensuite un silence, puis la conversation reprit.

"Qu'est-ce que ça peut me faire ? Je ne le connaissais même pas."

"Naomi, arrête."

"Pourquoi, Maman ? Pourquoi ça devrait me toucher ?"

"C'était quand même ton père."

"Un père que je n'ai jamais connu."

J'entendis Gina soupirer et je fis donc mon apparition dans la pièce, jugeant impoli le fait de les écouter à la porte. Leurs yeux se fixèrent instantanément sur moi, et je vis que Naomi avait l'air énervé. Gina me salua avec un grand sourire tendit une lettre assez imposante à sa fille.

"Qu'est-ce que c'est ?"

"Le testament de ton père."

Elle contempla la lettre un moment, puis l'ouvrit. Lorsqu'elle commença à la lire, j'en profitai pour préparer du thé. Je déposai, quelques minutes plus tard, trois mugs sur la table et les remplit. Naomi venait de finir sa lecture et semblait sous le choc.

"Naoms ?" l'invitai-je à parler.

"Je…" commença-t-elle. "Je suis la seule héritière. Je suis la seule personne inscrite sur son testament. Il me lègue toute sa fortune."

Ce fut à mon tour et à celui de Gina d'être choquée. Pourquoi avait-il légué toute sa fortune à sa fille qu'il n'avait jamais pris le temps de connaître ?

"Il avait un cancer en phase terminale." continua-t-elle. "J'étais tout ce qui lui restait."

Elle-même semblait touchée par ce qu'elle venait d'annoncer. Je haïssais cet homme au plus au point il y a de ça encore quelques mois; pour avoir abandonné Naomi étant enfant, et pour l'avoir faite souffrir en faisant à nouveau irruption dans sa vie. Mais aujourd'hui, savoir que Naomi était tout ce qui lui restait me faisait étrangement beaucoup de peine.

Je m'approchai d'elle et la prit dans mes bras. Elle se blottit contre moi et prit de grandes inspirations.

"Je vais y aller." annonça Gina.

"Déjà ?" s'exclama Naomi. "Mais Maman, tu viens d'arriver."

"Vous avez besoin de vous retrouver seules un moment, surtout toi. Kieran et moi avons réservé un hôtel pour deux semaines dans les environs, on se reverra très bientôt."

Sur ces derniers mots, elle partit, me laissant seule avec ma femme. Je ne savais pas exactement quoi faire. Et je ne savais pas non plus quoi dire. Était-elle triste ? Ou simplement choquée par les récents événements ? Je ne pouvais pas dire, son visage était ne laissait transparaître aucune émotion.

"Chérie, parle-moi." dis-je calmement.

Le silence qui suivit était extrêmement pesant. Je ne voulais pas la pousser à me parler si elle n'en avait pas envie, mais la conversation commençait à se faire difficile. Elle reposa violemment l'enveloppe sur la table et se leva.

"Ce n'était pas mon père, j'en ai rien à cirer."

Elle quitta la pièce et je la suivis aussitôt. Alors qu'elle marchait dans le couloir d'un pas décidé, je la retins pas le poignet et elle se retourna instantanément. Je vis dans son regard qu'elle était encore énervée, et que je devais trouver un moyen de la calmer. Comme à chaque fois, je savais ce qui marcherait à merveille. Tirant sur sa main, je l'obligeai à se coller à moi, puis l'embrassai passionnément. Elle sembla immédiatement se calmer en se laissant emporter dans le baiser.

"Ce n'était pas mon père, ce n'était pas mon père, ce n'était pas mon père…" répéta-t-elle, comme pour se convaincre qu'il ne représentait rien pour elle.

Na sachant quoi répondre, je la serrai simplement contre moi, sentant son coeur battre contre mon bras droit. Elle inspira ensuite une longue bouffée d'air pour sa calmer et se défit de moi. Elle me tendit ensuite la lettre et mit son doigt là où elle voulait que je lise.

… lègue ainsi ma fortune s'élevant aujourd'hui à un million quatre cent mille livres à mon unique fille, Naomi Lee Campbell.

"Un million ?!" m'exclamai-je. "Et quatre cent mille livres !"

Je dus relire le papier encore une dizaine de fois avant d'être sûre de ce que j'avais lu. Je l'entendis soupirer, puis elle reprit la lettre avant de la replier. Elle s'apprêta à la déchirer quand je la lui pris des mains.

"Qu'est-ce que tu fais ?" demandai-je, affolée.

"Je ne veux pas de cet argent. Ce n'est pas mon père, cet argent ne me revient donc pas."

"Naoms, c'est une très grosse somme d'argent. Et cet argent, on va peut-être en avoir besoin un jour ou l'autre. Je te rappelle que ni toi ni moi n'avons de travail pour l'instant."

"Mais tu avais dit que-"

"Je sais ce que j'avais dit." rétorquai-je. "Je ne t'oblige pas à le garder, mais je pense qu'on devrait en discuter à tête reposée pour juger quelle serait la meilleure solution."

"Ce n'est pas mon père." répéta-t-elle encore.

"Je sais, Naoms… Mais considère ce geste comme une aide qu'il essayerait d'apporter à notre fils, d'accord ?"

Elle ferma lentement les yeux en prenant de grandes inspirations, puis acquiesça. Elle se blottit alors encore une fois dans mes bras et je savais que les mots n'auraient plus leur utilité à présent. Je la laissais alors se convaincre qu'il ne comptait pas à ses yeux; je savais que le contraire la blesserait davantage.


19/10/17 - L'enterrement a lieu aujourd'hui… Je ne suis pas exactement sûre que Naomi soit prête à affronter cela. Elle s'est répétée toute la semaine qu'il n'avait aucune importance pour elle, mais je voyais que ses yeux racontaient une autre histoire. Je n'aurais peut-être pas du la laisser se mentir à elle-même, se persuader qu'il n'était pas son père et qu'aujourd'hui n'était finalement qu'un jour comme les autres.


Je fermai l'arrière de la robe de ma femme et déposai un baiser dans sa nuque.

"Tu es prête ?" murmurai-je.

Elle ne répondit pas et se contenta de hocher la tête. Elle retira une poussière de ma veste et ses yeux fixèrent le vide pendant un moment.

"Bébé ?"

"Arrête de t'en faire, Em !" s'exclama-t-elle, et j'étais heureuse d'avoir enfin eu une parole de sa part. "Tout le monde autour de moi est inquiet par mon manque de réaction ! Tout le monde me demande si 'ça va', si je me 'sens bien', si je suis 'prête'… Alors oui, peut-être que ça ne va pas, peut-être que je ne me sens pas prête, mais le fait de me répéter que ça va me donne du courage. Je ne veux pas arriver là-bas en pleurant pour quelqu'un qui a été absent pendant toute ma jeunesse. Je ne veux pas pleurer quelqu'un qui m'a abandonnée alors que j'avais besoin de lui. Je ne veux pas le pleurer parce qu'il représente tout ce que je ne veux jamais être. Et malgré ça, il reste mon père; et que je le veuille ou non, cette situation me fait de la peine. Plus que je ne l'aurais imaginé. J'ai d'un côté peur de refaire les mêmes erreurs que lui, et je le hais pour tous les torts qu'il a causés; et de l'autre, je m'en veux terriblement d'avoir agi comme je l'ai fait vis-à-vis de lui ces derniers mois… Il était sûrement déjà malade et aurait probablement voulu se conforter dans l'idée que sa donation n'était pas vaine… Mais je lui ai donné tort, Em ! Je lui ai donné tort, parce que je n'ai même pas été capable de lui pardonner…"

Sa voix était complètement cassée sur les derniers mots et elle fondit en larmes. Sa peine se ressentait à tous les niveaux et j'avais moi-même du mal à la voir dans cet état. Je caressais son dos et essayais de la réconforter comme je le pouvais, mais ces paroles m'avaient tellement touchée que j'avais du mal à ne pas empirer la situation…

La musique en arrière-fond semblait traduire parfaitement ce que je ressentais pour elle à ce moment précis; qu'importe les pensées qu'elle a pu avoir à son égard ces derniers temps, qu'importe si elle a fait quelques mauvais choix dans sa vie, je l'aimais. Et je serai là pour elle, aujourd'hui et pour toujours.

I like your smile, I like your vibe, I like your style.

But that's not why I love you.

And I, I like the way you're such a star,

But that's not why I love you.

Hey, do you feel ? Do you feel me ? Do you feel what I feel too ?

Do you need ? Do you need me ? Do you need meee ?

You're so beautiful, but that's not why I love you.

I'm not sure you know, that the reason I love you is you,

Is all that we've been through, and that's why I love you.

Je chantonnais les paroles d'Avril Lavigne dans le creux de son cou et je la sentais s'apaiser peu à peu. Je voulais me retirer d'elle pour la regarder dans les yeux et pourquoi pas embrasser ses lèvres et lui prouver que j'étais là, mais elle opéra une résistance et me serra plus fort encore contre elle. Je sentais ses mains caresser mon dos, puis je me laissai transporter dans son étreinte, reposant ma tête sur son épaule et comptant chaque battement de coeur contre ma poitrine.


A/N: prochain chapitre courant de la semaine prochaine si possible ! Laissez vos commentaires :)