Bonjour tous le monde !

Voilà le chapitre 8, j'espère qu'il vous plaira ! Bonne lecture !


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Chapitre 8

Perte de contrôle.


Les jours défilaient rapidement, se ressemblant tous. Comme à chaque période de repos, ma petite routine de vacancier s'était mise en marche. Je ne faisais pratiquement rien de mes journées. Il faisait tellement chaud que je peinais à mettre le nez dehors malgré les supplications de mes amis. Gaara venait de temps en temps et vice versa. L'été était agréable dans sa chambre car il y avait installé un gros ventilateur. Moi, j'avais seulement un malheureux petit éventail en plastique et un bac de glaçons qui commençait sérieusement à saturer. J'avais envie d'une grande piscine où je resterai des heures et des heures jusqu'à ce que ma peau se ramollisse. Oui, ça, ça ce serait le pied.

J'étais devenu tellement mou que mon plan de « rapprochement » stagnait. Bon, d'accord, ce n'était pas à cause ça. Depuis quelques jours, Sasuke ne répondait plus, ni à mes appels, ni à mes SMS. J'espérais que ce silence avait pour unique raison un problème technique autrement, s'il m'évitait consciemment, j'étais parti pour le prendre très mal. Malheureusement, je n'avais pas le courage de faire le déplacement jusqu'à chez lui. Il faisait beaucoup trop chaud et, surtout, je n'avais aucune envie d'être confronté à sa famille.

Du coup, je ne faisais pas grand-chose de mes journées. Ça commençait même à devenir navrant. Gaara était parti passé la semaine chez son oncle. Il ne rentrerait que dimanche, soit dans quatre jours. J'aurais bien invité Kiba, Shika ou Cho mais ça aurait demandé trop de travail. Pour se faire, il aurait fallu que je range toutes les anciennes photos de moi. Je n'avais vraiment pas envie de me donner cette peine. J'étais littéralement devenu un mollusque. Vivement que Gaara revienne pour me tirer hors de chez moi… ou je pouvais aussi faire un effort et le faire seul.

Je me redressai sur mon lit pour jeter un coup d'œil à la fenêtre grande ouverte.

Le ciel était d'un joli bleu, sans aucun nuage.

Une légère brise fit voler mes rideaux.

Je me levai, finalement décidé à sortir. Il faisait un peu moins chaud aujourd'hui, c'était l'occasion rêvée.

Je calai mon téléphone portable dans la poche de mon pantacourt avant de quitter ma chambre.

-Je sors ! Annonçai-je en quittant la maison.

Le soleil éblouissant de l'après-midi m'accueillit bras ouverts.

Je remontai ma rue jusqu'à l'arrêt de bus. Par chance, je n'eus pas à attendre longtemps pour le voir arriver. Comme chaque été, il n'y avait quasiment aucun passager. Déjà qu'au cours de l'année, ce n'était pas un bus très fréquenté. Il fallait dire qu'il passait surtout par tous les petits coins paumés où la majorité des habitants étaient des vieux qui préféraient leur confortable voiture aux transports en commun, ce qui était parfaitement compréhensible.

Le bus me déposa près du parc principal de Konoha. A partir de là, on entrait dans la zone commerciale. Je ne fus pas surpris de croiser pas mal de jeunes.

Je fis une pause au McDo pour commander un McFlurry avant de continuer ma petite promenade. De temps à autre, je m'arrêtai devant une vitrine. Parfois, j'entrai…surtout pour me rafraîchir. Ce qui était bien avec les boutiques, c'était qu'elles étaient souvent très bien climatisées l'été. Quoiqu'en hiver aussi.

J'allais tourner à la prochaine intersection lorsqu'un passant retint mon attention.

Appuyé contre un mur, juste devant une boutique de lingeries féminines, il semblait attendre quelque chose. L'expression ennuyée, que son visage affichait, était repérable à des kilomètres.

Mon sourire étincela…

-Sasu…

…avant de s'effondrer brutalement.

Une jeune fille de notre âge venait de sortir de la boutique. Il me suffit de voir ses longues boucles d'or, ses grands yeux bleu-vert et ses taches de rousseur pour deviner qui elle était. Mais, comme si j'avais besoin de plus, elle agrippa le bras de Sasuke jusqu'à entrelacer leurs doigts.

Pourquoi ?

Pourquoi avait-il fallu que nos regards se croisent juste après ça ?

-Naru… !

Je partis en courant.


Je n'étais pas réellement triste. Cette fois, j'avais surtout été surpris. Quoique, le mot « surpris » n'était certainement pas assez fort pour résumer tout ce que j'avais ressenti lorsque nos regards s'étaient croisés. Quoiqu'il en soit, je venais d'avoir la réaction la plus pathétique possible. Et moi qui m'étais souvent moqué de ces héroïnes, qui fuyaient comme des lapins quand elles voyaient leur mec avec une autre au lieu de s'imposer et de claquer le gars jusqu'à ce qu'il s'excuse en pleurant, bah, je n'en menais pas large non plus. Enfin, je n'étais pas réellement triste mais j'avais quand même envie de pleurer.

-Et merde, lâchai-je sentant une traitresse couler le long de ma joue.

Je sentis plusieurs fois mon téléphone vibrer dans ma poche mais je l'ignorai. Je ne savais pas qui me harcelait avec autant de zèle mais je n'avais pas envie de discuter pour le moment. A l'heure actuelle, Gaara était la seule personne que j'avais envie de voir. Comme toujours, il était celui vers qui je me tournai quand quelque chose n'allait pas. Le pauvre, depuis le temps, il devait en avoir plus que marre d'essuyer mes larmes. Déjà qu'il n'avait fait que ça au collège.

J'allais me promener encore un peu et ça allait passer.

Malheureusement pour moi, lorsque je rentrai à la maison, ce douloureux pincement de cœur ne m'avait pas quitté.

Finalement, j'aurais mieux fait de rester en mode mollusque dans ma chambre.

Je poussai la porte et m'effondrai sur mon lit. Je sortis mon téléphone portable juste pour voir qui m'avait appelé et fut surpris de voir qu'il s'agissait de Sasuke. Il avait laissé un message sur mon répondeur. Je me redressai le cœur battant et composai le numéro de ma messagerie.

« Vous avez reçu un nouveau message. Message reçu à 15h35 :

Ecoute Naruto, je…Rappelle-moi s'te plait. »

Je me dépêchai d'appuyer sur la touche « Rappel » avant que le courage ne me quitte. J'attendis qu'il réponde, avec appréhension. J'en étais même arrivé à compter les détonations dans ma tête. Quand on arriva à la quatrième, ça décrocha :

« Allo ? »

Mon cœur fit un bon dans ma poitrine.

-Salut, Sasuke, commençai-je d'une petite voix.

-Salut.

Un petit silence gênant s'installa. Mal à l'aise, je me mis à tripoter l'une des queues de ma peluche Kyubi.

-Tu avais quelque chose à me dire ? Tu m'as assommé d'appels tout à l'heure, dis-je pour rompre ce silence.

-pourquoi tu n'as pas répondu ?

-Mon portable était en silencieux, mentis-je.

-Ok.

-C'est tout ce que tu avais à me dire ? Insistai-je, voyant que le silence revenait.

-En fait… j'ai des choses à te dire mais je préfèrerai te les dire en face, m'avoua-t-il.

-Je suis libre en ce moment, si tu veux, proposai-je.

-Ok, on se retrouve à la gare ?

-ça marche, acceptai-je.

-Ok. A tout de suite, dit-il avant de décrocher.

Je ne perdis pas une seconde pour démarrer. J'appréhendai tellement ce qu'il allait me dire. Même pour mon brevet, je n'avais pas autant stressé. Quoique, je n'avais pas vraiment stressé pour mon brevet, la comparaison ne tenait pas.

Je tentais de me détendre en pensant à autre chose. Et, surtout, il ne fallait pas que j'essaye de deviner ce qu'il allait me dire. Si je commençais à m'aventurer sur ce terrain, j'allais finir engloutit sous une marée de doutes et d'interrogations. Il fallait que je tienne bon.

Quand enfin, j'arrivai à la gare, Sasuke était déjà là.

Il m'adressa un petit sourire en guise de salut avant de me proposer de marcher un peu ce que nous fîmes dans le plus grand des silences. Je voyais bien qu'il cherchait ses mots. Ce qu'il avait à me dire semblait difficile à formuler. Si nous avions été en couple, j'aurais mis ma main à couper qu'il comptait rompre avec moi mais puisque ce n'était pas le cas…je commençai sérieusement à patauger dans le doute.

Les secondes passaient lentement.

Je n'avais qu'une hâte, qu'il lâche enfin le morceau.

C'est quand nous rentrâmes dans une petite ruelle dénuée de présence humaine qu'il se décida enfin :

« Naruto, commença-t-il. »

C'était un bon début mais j'attendais encore la suite.

-Ce qui se passe entre nous n'est pas normal, lâcha-t-il enfin et j'ouvris grands les yeux.

-Hein ? Fis-je complètement perdu.

Mais de quoi est-ce qu'il me parlait ?

-Je comprends pas.

-procédons par étapes. Pourquoi as-tu fuis toute à l'heure ? reprit-il en plantant son regard dans le mien.

Je gardai le silence. En lisant dans ses yeux, je compris qu'il connaissait déjà la réponse.

-tu le sais déjà, répondis-je donc en détournant le regard.

Est-ce que les choses allaient enfin être mises à plat ? Je ne le sentais pas du tout.

-Ce que tu ressens pour moi, ce n'est pas de la simple attirance… Tu m'aimes, n'est-ce pas ? Est-ce que tu es amoureux de moi ? me demanda-t-il si directement que ce fut comme un électrochoc.

J'avalai difficilement ma salive.

-ça veut dire oui, je suppose, enchaina-t-il sans me laisser une seconde de répit.

Apparemment, il était pressé d'en finir.

-non, réfutai-je instinctivement.

-quoi ?

-J'ai dit non.

-Non, tu n'es pas amoureux de moi ? Insista-t-il. Naruto, regarde-moi dans les yeux quand je te parle.

Je me forçai à lui faire face. Mauvaise idée. Son regard semblait clairement ne pas me croire. Ce fut comme une baffe. Et pourtant, il avait raison. Néanmoins et sans trop savoir pourquoi, je sentis la colère fuser en moi. Peut-être parce que ça m'énervait que ce soit devenu aussi évident, même pour lui. Peut-être parce que je savais déjà comment tout ça allait se terminer et que j'en avais plus qu'assez de pleurer. Peut-être…

Je me retins de crier mais je ne pus masquer l'agacement dans ma voix :

« Et pourquoi faudrait-il que je sois amoureux de toi ? »

Je n'aurais pas pu trouver une phrase plus dénuée de sens que celle-là. La question était plutôt : « Et pourquoi a-t-il fallu que je tombe amoureux de toi ? ». Je n'étais qu'un idiot qui s'enfonçait remarquablement dans sa propre connerie.

-Ce serait plutôt à moi de te poser cette question, répliqua-t-il froidement et ce fut une seconde baffe.

-qu'est-ce que tu voulais me dire ? Grinçai-je en m'efforçant de ravaler mes larmes.

-quelque chose mais j'aurais aimé que tu sois franc avec moi avant mais, apparemment, ce mot ne fait pas partit de ton vocabulaire, claqua-t-il encore.

-Ok. Si t'as rien d'autre à me dire, je me casse, lâchai-je sur un ton polaire.

Il me rattrapa par le poignet.

-Pourquoi tu ne peux pas tout simplement avouer que tu m'aimes ?

-Pourquoi tu ne peux pas tout simplement me dire ce que tu as à me dire ? Répliquai-je, perdant patience pour de bon.

On se fusilla du regard, tels deux chiens de garde près à se sauter à la gorge. Puis, la tension se brisa d'un coup quand Sasuke se mit à rire. Je le regardais, éberlué. Je ne comprenais pas du tout ce changement brutal d'émotions.

Il baissa les yeux, gardant toujours mon poignet en otage.

Un petit sourire étira ses lèvres. Petit sourire qui se pinça subtilement, témoignant d'une légère gêne.

J'haussai un sourcil, étonné.

-t'as pas tort, admit-il finalement, mais c'est que… ce que j'ai à te dire n'est pas facile à dire pour moi et je me sens un peu perdu en ce moment, tu vois ?

Non, je ne voyais pas. Je ne voyais rien du tout même…mais j'avais envie d'entendre la suite.

-Je crois que tu ne me laisses pas indifférent, Naruto.

Je me figeai.

Est-ce que… Est-ce que j'avais bien entendu ce qu'il venait de dire ? Est-ce qu'il venait de dire que…

-Je ne te laisse pas indifférent ? Répétai-je incrédule.

Il releva les yeux et m'adressa un petit sourire timide.

-Hm… Je… La dernière fois, quand on était à Iwa, j'ai ressenti certainement chose… Je… j'y ai beaucoup réfléchi, c'est pour ça que je n'osai plus t'appeler. En plus, Mary allait bientôt arriver. Je ne savais plus trop quoi penser. J'avais le sentiment que je ne pouvais pas te la présenter… je n'avais pas très envie que tu nous vois ensemble… mais c'est ce qui est arrivé cet aprèm… Quand je t'ai vu fuir, j'ai eu peur de t'avoir perdu pour de bon et quand je me suis rendu compte de ça… j'ai compris que… que ce n'était vraiment pas normal. Je veux dire…en tant qu'ami, je ne devrais pas ressentir ce genre de choses. Pourtant, je n'ai pas l'impression d'être plus gay que d'habitude mais avec toi… avec toi, tout est différent… S'il te plait, ne me regarde pas comme ça, ça me donne vraiment l'impression d'être un taré…

-Si c'est un rêve, je ne veux pas me réveillé, réussi-je enfin à articuler.

Son sourire s'élargit.

Je n'arrivais tellement pas à y croire que je ne savais plus quoi dire. Mon cœur était à deux doigts d'exploser de bonheur. Il y avait comme un feu d'artifice à l'intérieur de moi. J'avais envie de hurler, de courir partout, de lui sauter dans les bras, de sauter partout, de… de faire tellement de chose complètement stupides à la fois. J'avais envie que le monde entier sache à quel point ce qu'il venait de dire m'avait rendu heureux. Mais, aucun mot ne voulait sortir de ma bouche. Je sentais juste mes lèvres s'élargir à m'en bloquer la mâchoire. Puis, j'eus enfin une réaction. Je me jetai à son cou, le serrant contre moi comme si nos vies en dépendaient. Je le sentis se raidir un instant avant de répondre à mon étreinte.

-est-ce que tu pourrais me lâcher ? ça devient un peu gênant là…, finit-il par me demander d'une voix douce.

Je m'exécutai, le rouge aux joues.

-Désolé, c'est que je me retiens depuis si longtemps, avouai-je timidement.

-C'est à moi de m'excuser. Pour un début, j'aimerais qu'on y aille lentement. Notamment parce que je suis encore avec Mary, me dit-il sur un ton très sérieux.

-tu l'aimes encore ? Demandai-je, en sentant mon cœur s'affoler.

-Je ne vais pas te mentir. Oui, m'avoua-t-il franchement avant de me prendre la main, mais toi aussi tu comptes beaucoup pour moi.

Je plissai légèrement les yeux.

Les violons et les anges qui volaient au-dessus de ma tête, il y a deux secondes, venaient de s'évaporer en « pouf ! » retentissant.

-tu nous aimes tous les deux… ? Non, en fait dis-moi juste ce que tu comptes faire et ce que tu attends de moi, exigeai-je avec le plus grand des sérieux.

-Mary va rester trois semaines à la maison. Je vais rompre avec elle mais… Je le ferais la veille de son départ. Il faudrait que... tu attendes jusque-là.

J'avais du mal à croire qu'il osait me proposer ça. Attendre ? Oui, ça, j'en étais capable. Je n'avais fait que ça, attendre.L'attendre. Mais ça me rendait quand même un peu mal à l'aise vis-à-vis de cette Mary.

-Ok, acquiesçai-je tout de même.

Je l'avais déjà dit, j'étais prêt à tout pour l'avoir. Mais, j'avais aussi très peur qu'il change d'avis durant ces trois semaines.

-tu me choisiras, hein ?

-quoi ? fit-il.

-Au bout de ces trois semaines, tu ne me feras pas le coup de changer d'avis, n'est-ce pas ? Demandai-je en plantant mon regard dans le sien.

-Non, ne t'en fais pas. J'y ai murement réfléchis et j'ai fait mon choix, m'assura-t-il.

-tu me le promets ? Insistai-je.

Il sourit et m'attrapa les deux mains.

-Oui, je te le promets, me jura-t-il avant de coller son front au mien.

Ce fut à mon tour de sourire chaleureusement. Je plongeai mon regard dans le sien, profitant pleinement de ce rapprochement tant attendu.

-Si un jour je meurs, ce sera de ta faute, Uchiha, lui confis-je doucement.

-Comment ça ?

-Tu ne t'imagines pas à quel point tu malmènes mon cœur. Je suis surpris qu'il tienne encore.

-Pff, idiot, souffla-t-il avant de poser doucement ses lèvres sur les miennes.


-Et il t'a embrassé ? Répéta Gaara.

-Hm, hm, il l'a fait, acquiesçai-je aux anges.

-Et ça te fait sourire en plus.

-Evidem…

Le reste de ma phrase mourut dans ma gorge lorsque je croisai son regard.

Il était en colère. Pourquoi donc ?

-qu'est-ce que tu as ? Demandai-je avec une impression de déjà vécu.

-Ce mec te prend pour un con et toi tu l'acceptes ?

-Quoi ?

-M'enfin, Naru, réfléchis ! S'énerva-t-il brusquement, me faisant sursauter sur son lit. Il dit s'intéresser à toi mais à côté de ça, il a toujours sa copine!

-Il m'a dit qu'il allait rompre…

-Pff, connerie ! Qu'est-ce qu'il attend pour le faire, hein ? Si c'est toi qu'il aime, pourquoi il te fait attendre trois semaines ? Tu penses sincèrement qu'il t'aurait proposé une connerie pareille s'il avait un minimum de considération pour tes sentiments ? Il ne t'a même pas appelé pendant plus de deux semaines !

-Il ne savait plus où il en était…

-Arrête de lui trouver des excuses ! Tu m'énerves, Naru. Tu… Mais tu crois qu'il fait quoi en ce moment avec cette fille ?

-Arrête-moi ça Gaara…

-Il fait exactement ce qu'il t'a fait, il l'embrasse ! Claqua-t-il d'une voix qui s'abattit sur moi comme une lame tranchante. Et toi tu es suffisamment naïf pour croire que cet imbécile compte vraiment rompre avec elle ! J'imagine que ça l'arrange bien, ce connard ! Il t'a au Japon, il l'a en Angleterre !

-Gaara, ça va, tais-toi maintenant !

Cette fois, il se tut pour de bon.

Tout en poussant un soupir las, je plongeai mon visage dans mes mains.

Mais qu'est-ce qui lui arrivait ? Je ne l'avais jamais vu dans un état pareil.

Je risquai un coup d'œil sur lui. Son regard était encore dur preuve que la colère n'était toujours pas passée.

-J'ai confian…

-Non. Ne me dis pas ça, Naru, m'interrompit-il d'une voix cassante. S'il te plait, ne dis rien, ce sera plus simple.

A contre cœur, j'obéis. Mon regard le dévisagea silencieusement, attendant de voir son visage s'apaiser. Quand il leva les yeux sur moi, je me contentai de soutenir son regard sans broncher.

Parfois, il y avait tellement de choses dans les yeux de Gaara que je m'y perdais mais, jamais je n'arrivais à les comprendre. Dans ces moments-là, j'avais l'impression qu'un cratère nous séparait. Comme s'il était beaucoup trop loin pour que je puisse saisir ce qu'il essayait vainement de me dire. Mais, je ne désespérais pas. Bien au contraire, j'étais résolu à sauter ce cratère un jour car je n'aimais pas sentir de distance entre nous. Gaara reflétait tout ce qu'il y avait de bien en moi. Il était comme un prisme, détaillant pour moi les rayons du soleil. Il s'était tâché à mettre de la couleur dans ma vie, à faire briller les étoiles lors de mes nuits les plus sombres, à me prouver que, malgré tout, la lumière continuerait de m'atteindre si je me donnais la peine de relever la tête. Je n'aimais pas le voir en colère et surtout pas contre moi.

Lentement, il avança, réduisant la distance qui nous séparait et, c'est tout naturellement qu'il me prit dans ses bras. Je calais ma tête sur son épaule, répondant à son étreinte.

-Désolé, soufflai-je.

-Non, c'est moi qui suis désolé, rectifia-t-il. Mais, je n'ai pas confiance en lui.

-Je te demande pas d'avoir confiance en lui, ais juste foi en moi.

-S'il te fait du mal…

-il ne me fera pas de mal, l'interrompis-je.

-Comment peux-tu en être sûr ?

-Parce que je le connais. Je le connais mieux que quiconque.

-Et moi ?

-Quoi toi ?

-tu me connais ?

-Je suppose, souris-je.

-alors tu dois savoir ce que je ferai si jamais il fait un faux pas.

Mon sourire s'agrandit.

-je te l'interdis.

-c'est pas toi qui m'arrêtera, Naru.

-Oh que si.

-Je t'assure que non.

-je t'assure que si.

-Tss. Tête de mule.

Il me repoussa doucement, avec ce petit sourire aux lèvres…celui qu'il n'adressait qu'à moi. Celui qui voulait dire « tu n'es qu'un idiot, Naru, mais... ». Mais, son regard brillait d'une telle douceur que j'avais la sensation qu'elle sortait de ses yeux pour m'envelopper entièrement.

Oui, je n'étais qu'un idiot. Un crétin qui s'empêtrait dans son passé avec une conviction quasi-suicidaire. J'étais à deux doigts de débuter une relation basée sur le mensonge vu que je n'avais aucunement l'intention de dévoiler ma véritable identité à Sasuke. Mais, jusqu'où pourrais-je mentir ? Et s'il finissait par s'en rendre compte ?

J'avais menti à Gaara. Peut-être que Sasuke finirait par me faire du mal. Cette idée me semblait même inévitable. Mais, j'étais le seul fautif dans l'affaire. Alors, même si Sasuke finissait par lapider mon cœur, je serais le seul à blâmer.


Les trois semaines qui suivirent furent les plus longues de ma vie. Il n'y avait pas une journée sans que j'y pense. Pas une heure. Que disais-je, pas une minute. Trois semaines, soit 21 jours avant que Sasuke me revienne, à supposer qu'il ne change pas d'avis entre temps... Une minuscule partie de moi espérait que ce soit le cas mais le reste de mon être vibrait à la simple pensée de pouvoir enfin s'autoproclamer en couple avec mon brun. Certes, il y avait peu de chance pour que nous vivions notre amour au grand jour mais je m'en fichais éperdument. Ne plus avoir à lui cacher mes sentiments me suffisait amplement.

Quant au bout de trois semaines, mon téléphone afficha le prénom de mon Uchiha, je me précipitai dessus comme si ma vie en dépendait.

-Oui ! Répondis-je un peu trop précipitamment pour paraitre naturel.

-Tu pourrais éviter de me percer les tympans avec ta voix criarde, idiot?

-Ravi de te revoir aussi, enfoiré, me repris-je.

J'avais beau ne pas l'avoir sous les yeux, je visualisai sans mal le sourire mi-hautain, mi-amusé, qui devait étirer ses lèvres à cet instant précis.

-Je suis libre, m'annonça-t-il directement.

Mon cœur s'emballa, festoyant joyeusement sous ma cage thoracique, mon sourire devint immense mais seul un « ok » sorti de mes lèvres.

-c'est tout ce que ça te fais? Me réprimanda mon brun, sur un ton faussement mécontent.

-Je sais que tu sais très bien ce qui se passe dans ma tête en ce moment.

Encore une fois, son sourire s'imposa dans mon esprit comme si je l'avais sous les yeux.

-Je sais, répondit-il, j'avais juste envie de te l'entendre dire.

-Tss. On se voit quand ?

-Tout de suite? proposa-t-il. Je pourrais passer chez toi si tu me donnes ton adresse...

Mon cœur s'affola immédiatement.

-Non ! Je préfèrerai qu'on se voie dehors ! M'empressai-je de quémander. Il fait super beau, ce serait dommage de s'enfermer.

L'excuse était venue d'elle-même pour une fois. J'avais fait des progrès.

-Ok, comme tu veux. On se retrouve à la gare, comme d'hab?

-Ouais. Dans une demi-heure, ça te va? Proposai-je.

-Hn.

-Ok.

-Hn, je raccroche.

-Ok, à tout à l'heure.

A peine venait-il de raccrocher que la porte de ma chambre s'ouvrit. Ma mère passa la tête par l'embrassure, un petit sourire aux lèvres.

-Alors? me demanda-t-elle alors qu'elle savait pertinemment la réponse.

Je levai les yeux au ciel.

-J'arrive pas à croire que tu écoutes aux portes, lâchai-je en soupirant.

-C'est un pur hasard, mon chéri. Je te le jure! assura-t-elle en levant solennellement la main droite.

-hm..., fis-je pas très convaincu.

Puis, un large sourire étira mes lèvres.

-On est ensemble, annonçai-je d'une voix rayonnante.

Elle me regarda avec tendresse, ses yeux exprimant aucune surprise.

-Je savais que ça finirait ainsi. Les âmes-sœurs finissent toujours par se retrouver, dit-elle en m'adressant un clin d'œil avant de refermer la porte.

Nous deux, des âmes-sœurs?

Un petit sourire étira mes lèvres.

Ça sonnait bien.


-Yo, me salua Sasuke lorsque j'arrivai à sa hauteur.

-Yo ! Répétai-je, un large sourire idiot aux lèvres.

Il prit le temps de m'observer avant de me faire signe de le suivre d'un petit geste de la tête. Nous marchâmes dans la rue, côte à côte. Mes doigts rêvaient de s'emparer de sa main mais n'osèrent franchir la distance qui nous séparait. Il y avait du monde autour et Sasuke avait les mains bien enfoncé dans les poches de jean. Dommage.

Le silence régna quelques instants, puis, je décidai de le briser.

-Alors... euh... pas de regrets? Osai-je demander.

-Au sujet de Mary?

-Oui.

-Aucun.

Je me retins de sourire.

-Elle l'a pris comment?

-Mal.

Pas étonnant.

-Elle a pleuré, continua-t-il après avoir laissé un petit silence s'installer. Elle m'a demandé pourquoi et je lui ai avoué qu'il y avait quelqu'un que je n'arrivais pas m'enlever de la tête.

Mon cœur se mit à battre plus vite.

-ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps, me confit-il.

-Depuis longtemps? Répétai-je.

-Hn. Tu te souviens de la fois où tu m'as demandé si j'étais déjà tombé amoureux?

-Oui, répondis-je.

Un petit sourire nostalgique étira ses lèvres, malmenant mon cœur.

-Tu m'as dit que le mec dont tu étais tombé amoureux me ressemblait, bah tu vas rire mais mon premier amour te ressemblait aussi, m'avoua-t-il avec un certain amusement.

Je restai sans voix.

D'un coup d'œil, il vérifia l'expression de mon visage avant de continuer :

« Autant physiquement que mentalement. Enfin, c'est juste une sensation. Ça fait 8 ans qu'on ne s'est pas vu donc je me trompe peut-être mais... »

Il m'observa longuement, cherchant des mots qui ne vinrent pas.

-je crois que ça ne s'explique pas, capitula-t-il le regard serein.

Un petit sourire étira ses lèvres.

-Peut-être, reprit-il. Peut-être que je suis tombé amoureux de toi, parce que tu lui ressembles… Surtout, ne le prend pas mal. Ça ne change pas mes sentiments pour toi mais je tenais à ce que tu le saches.

-Ok. Merci pour ta franchise, réussi-je miraculeusement à articuler.

Mes doigts tremblaient. Non, c'était mon corps entier qui s'était mis à trembler. J'aurais pu lui dire la vérité. Peut-être, même, aurais-je dû le faire. Il venait de m'en donner l'occasion. Une opportunité qui ne se représenterait peut-être pas. Mais, la peur me bloquait.

-Tu restes Naruto à mes yeux, tenta-t-il de me rassurer. Elle fait partie du passé, toi tu es mon présent donc ne t'en fais pas. Même si je la revoyais, je ne te quitterai pas pour elle.

Essayait-il vraiment de me rassurer ou était-ce lui-même qu'il tentait de convaincre… ?

-Et si…, commençai-je d'une voix tremblante. Et si…quelque chose nous liait…

-De qui tu parles ? me demanda-t-il.

Je m'arrêtai de marcher, baissant la tête, le cœur à deux doigts d'exploser. Le silence s'étira. Il ne parla pas, attendant patiemment que je réponde à sa question. De mon côté, je n'osai lever les yeux pour croiser son regard.

-Naruto ?

Je me forçai à sourire.

-Est-ce qu'on peut se trouver un endroit tranquille pour parler ?

Il acquiesça et m'invita à le suivre.

Il y avait un grand parc pas loin d'ici. Un très beau parc, je me souvenais y être déjà entré une fois. L'été, c'était particulièrement joli. Les arbres étaient encore en fleurs, les lacs ruisselaient de poissons et les chants des oiseaux accompagnaient les promeneurs. Un peu au centre, il y avait une aire de jeu. Un toboggan rouge, un tourniquet jaune et des balançoires. Il n'y avait pas d'enfants. Du moins, pour le moment. J'en profitai pour m'élancer sur une balançoire. Sasuke m'observa un instant avant de s'asseoir sur la voisine.

-Alors ? me demanda-t-il après avoir laissé un petit silence agréable nous bercer.

J'avais surement un million de façon d'annoncer la chose. J'aurais certainement pu y réfléchir pendant de longues minutes encore et me lancer dans un discours interminable et incompréhensible pour expliquer le pourquoi du comment de mon « anomalie » comme l'avait fait mon docteur dans son jargon scientifique. La vérité était que ça m'angoissait trop pour que je prenne le temps de choisir mes mots. Alors, je me jetai à l'eau sans réfléchir, sortant la phrase la plus simple qui me vint à l'esprit :

« Je suis Naru. »


Fin du Chapitre 8. Oui, je sais, cette fin est effroyablement sadique. Mais, il y a pire encore ! Préparez-vous à me détester : Le prochain chapitre est un FLASH BACK ! Donc, vous n'aurez pas la réaction de Sasuke dans le prochain chapitre, il faudra attendre le suivant *fuis avant de se prendre des tomates*

Le prochain chapitre se nomme : Dans le coeur d'une mère.