A/N: Et voilà, nous y sommes... Dernier chapitre de cette histoire d'amour entre Naomi et Emily. Dernier chapitre qui clos mes trois histoires (Les feux de la rampe, C'est l'amour qui nous unira et Plus profond que l'océan). Il reste cependant un épilogue qui donnera la touche finale à cette histoire, soyez sans crainte ;) C'est donc en partie la fin de cette histoire, mais je réserve mes remerciements pour l'épilogue.
Merci pour vos commentaires et votre lecture. En espérant que celui-ci vous plaise... :)
Chapitre 26: Emily. - C'est l'heure.
Les contractions ne cessaient plus et j'avais à présent un mal fou à respirer. Si Naomi n'était pas à mes côtés en ce moment-même, je ne sais pas comment je survivrais à ces douleurs. J'avais essayé de la rassurer en lui expliquant que je n'avais pas si mal que ça, et que ça allait probablement passer, mais je ressentais malheureusement des douleurs en continue et c'était extrêmement désagréable.
La route pour arriver jusqu'à l'hôpital était d'une demie-heure environ, et JJ et Naomi restaient silencieux, tout deux incroyablement stressés par les événements. Seule Katie, qui avait décidé de nous accompagner à la dernière minute, restait relativement calme.
Naomi ouvrit sa fenêtre et passa sa tête par-dessus la vitre. Elle était devenue très pâle et je ne savais pas exactement si c'était le stress ou le fait de m'imaginer accoucher qui la rendait comme ça.
"Campbell, t'es pas un chien, alors rentre ta tête dans la voiture ! Ta femme va attraper froid." affirma Katie.
Naomi s'exécuta instantanément et je lui pris la main, essayant de la rassurer. Les douleurs reprirent et mes muscles se crispèrent à nouveau autour de ses phalanges. Elle ne broncha pas cependant, trop occupée à s'assurer que j'allais bien.
Je sentis soudain que le siège sur lequel j'étais assise était anormalement humide. Je savais que j'étais en train de transpirer, mais je ne m'attendais pas à transpirer à ce point. En touchant la banquette, je me rendis alors compte qu'il ne s'agissait pas de ma transpirations : je venais de perdre les eaux !
"Naoms," dis-je en serrant sa main. "Je viens de perdre les eaux."
Je vis sur son visage sa respiration s'accélérer et son rythme cardiaque avait probablement augmenté. Elle souleva mon costume orange pour s'assurer que c'était effectivement le cas et commença à faire les exercices qu'avait conseillés le médecin lorsque ce moment arriverait.
"Em, ça va ?" demanda ma soeur.
"J'ai perdu les eaux."
"JJ magne ton cul putain et appuie sur le champignon merde !" s'exclama-t-elle.
"Katie, ça ne sert à rien de le stresser, tu vas encore provoquer un accident." dit calmement Naomi.
Elle se pencha vers moi et embrassa le coin de mes lèvres et j'allais instantanément beaucoup mieux. Elle arrivait toujours à m'apaiser, ne serait-ce qu'avec ses lèvres. C'était incroyable.
"Attends encore un petit peu, bonhomme." dit-elle en caressant mon ventre.
On arriva à la clinique et JJ nous déposa toutes les trois devant l'entrée avant de garer sa voiture. Katie et Naomi m'aidèrent à marcher et je regrettai instantanément le confort de la banquette arrière.
À l'accueil, tout le monde nous regardait de façon étrange. En même temps, on ne passait pas inaperçues : une citrouille, un ange et Catwoman. Et le lapin n'allait pas tarder…
Après avoir rempli tous les formulaires nécessaires, on m'allongea sur un lit spécialement prévu à l'accouchement. Les infirmières m'avaient aidée à mettre une tenue d'hôpital, ainsi qu'à Naomi, et j'attendais l'arrivée du médecin.
Les contractions se faisaient de plus en plus fortes et Naomi embrassa mon front à travers son masque chirurgical. Je m'agrippai plus fort à elle lorsque je sentis les douleurs devenir plus intenses.
Quelques minutes plus tard, le médecin entra et le travail commença. Il m'expliqua comment allait se passer l'accouchement, ce que je devais faire, mais honnêtement, je ne l'écoutais presque pas, tant les douleurs étaient persistantes.
"Il va falloir pousser, Emily." dit l'une des infirmière. "Vous êtes prête ?"
Je lui fis signe que oui, et commençai à pousser du plus fort que je le pus. Les douleurs étaient intolérables et j'étais probablement en train de réduire la main de ma femme en miettes. Je poussais sans m'arrêter, contractant tous les muscles de mon bas ventre possibles, et respirai comme je pouvais. J'étais probablement en train de pleurer, car la douleur était abominable et je savais que je n'avais aucun autre choix que de la tolérer.
"Encore un effort, Emily, poussez plus fort, j'aperçois sa tête !"
Cette phrase me donna soudain beaucoup de courage. J'étais couchée sur ce lit depuis plus d'une heure, à souffrir le martyr, et je ne rêvais plus que d'une chose : que le bébé sorte. Je poussais donc encore et encore, mais rien à faire, la douleur ne partait pas et j'avais l'impression que mes efforts ne servaient à rien.
"Pousse mon coeur, allez…" chuchota Naomi dans mon oreille.
"J'en peux plus !" m'exclamai-je en fondant en larmes. "J'ai trop mal, stop !"
"Allez mon amour, encore un petit effort, c'est bientôt fini…" me dit Naomi, et je vis qu'elle pleurait elle aussi.
Je la regardai dans les yeux et y trouvai alors la force dont j'avais besoin. Je poussai du plus fort que je pus, non sans hurler de douleur, et les mots d'encouragement de ma femme me firent instantanément me sentir mieux. Les infirmières commencèrent à s'agiter et j'avais l'impression que la douleur commençait à doucement s'apaiser. J'entendis ensuite les cris du bébé. Il pleurait. Il était en vie. Il était bien là. Avais-je réussi ?
Mes yeux s'ouvrirent très lentement et je pris de grandes inspirations avant de me rendre compte que j'étais encore allongée sur un lit d'hôpital, mais contrairement à hier soir, il n'y avait plus aucun bruit, tout était calme.
Il me fallut quelques secondes avant de me rendre compte que j'étais dans ma chambre d'hôpital, et que j'avais accouché ! J'avais perdu toute notion du temps, mais j'avais bel et bien accouché ! Où était le bébé ? Où était Naomi ? Quelle heure était-il ? Combien de temps avais-je dormi ?
Je tournai alors ma tête sur le côté, car je crus entendre un bruit, et rencontrai ces yeux bleus que j'aimais tant. Elle me regardait et arborait un sourire magnifique. Dans son étreinte était blottit l'enfant que j'avais mis au monde il y a quelques heures et je tendis immédiatement les bras. Je m'étais probablement évanouie après l'accouchement, aussi n'avais-je pas eu le temps de contempler le nouveau-né.
Elle se leva et s'assit sur le rebord du lit. Doucement, elle fit passer le bébé de ses bras aux miens, si délicatement que j'avais moi-même l'impression qu'il était la chose la plus fragile au monde. Elle le déposa dans mes bras et je pus enfin contempler son merveilleux visage. Je n'arrivais pas à trouver de mots pour décrire combien il était magnifique. J'avais l'impression de tenir entre mes mains ce que le monde avait de plus précieux.
Il dormait encore et j'en profitai pour pouvoir caresser ses petites mains. Inconsciemment peut-être, ses doigts agrippèrent mon index et je ne pus contenir mes larmes lorsqu'il ouvrit les yeux. À ce moment précis, je sentis les lèvres de Naomi caresser mes cheveux et je tournai instantanément la tête pour l'embrasser. Elle m'avait donné la force d'arriver jusqu'au bout.
"Il est parfait, Emily." me dit-elle. "Tu t'es débrouillée à la perfection."
"C'est grâce à toi, Naoms." dis-je en essayant de contenir mes larmes. "Il est si beau, je n'arrive pas à y croire."
Elle le contempla encore, caressant le haut de sa tête du bout des doigts et il commença à gigoter légèrement.
"C'est normal, sa mère est une sex-bomb." affirma-t-elle.
Je ris et tentai de retenir mes larmes pour que ma vision ne reste pas floue afin de le regarder, encore et encore. Je pris son minuscule poignet et y vis le bracelet de maternité; je lus à haute-voix :
"Samuel Noah Campbell-Fitch, premier novembre deux mille dix-sept."
"À une heure trente-huit du matin, exactement." compléta-t-elle.
Je n'avais pas remarqué qu'il était si tard lorsque le travail était enfin terminé. J'avais effectivement eu l'impression qu'une éternité s'était écoulée, mais pas qu'il nous avait fallu autant de temps.
"Comment tu te sens ?" me demanda-t-elle en caressant mes cheveux.
"Épuisée…" répondis-je en regardant le bébé. "Mais je ne suis pas la seule, je crois."
Il s'était à nouveau endormi, mais avait encore sa main autour de mon doigt.
"Comment ça va, toi ?" demandai-je en déposant un baiser sur la joue de ma femme.
"J'ai failli m'évanouir dans la salle d'accouchement hier soir, peu de temps après que tu te sois évanouie à vrai dire; et je n'ai pas dormi de la nuit."
"Vraiment ?" demandai-je, inquiète.
"Non, il y avait deux magnifiques créatures bien trop intéressantes à contempler pour que je perde mon temps à dormir." répondit-elle en souriant.
"Je t'aime tellement." lui dis-je.
"Oui, je sais." répondit-elle. "Je t'aime."
Et je posai ma tête sur son épaule, contemplant l'enfant qui allait rendre nos vies plus parfaites qu'elles ne l'étaient déjà.
FIN.
... pour l'instant. ;) en attendant l'épilogue, laissez-moi vos impressions. :)
