Bonjour tous le monde !
GUEST : Parce que je suis un sadique ! *TADAM* \o. Hihi, tu verras :P.
Voilà le chapitre 9, comme j'ai dit la semaine dernière, c'est un Flash Back. Il regroupe des moments du passé de Naru. Enfin, vous verrez.
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Chapitre 9
Dans le cœur d'une mère.
Un air des Beatles résonnait dans la cuisine des Namizake. Kushina attrapa une carotte dans le saladier posé sur l'évier tout en sifflotant. D'une main experte, elle découpa le légume en petites rondelles avant de le verser dans un second saladier.
Il était 17h30, cela faisait une heure et demi que Naruto était sorti. Un quart d'heure après son départ, Kushina avait reçu un appel de Minato lui annonçant que Kakashi dînerait avec eux ce soir. Le jeune homme était un vieil ami du couple Namizake. Ils s'étaient rencontrés à l'époque où Kakashi fréquentait encore la fac de médecine dans laquelle Minato enseignait les mathématiques. Depuis, Kakashi avait été l'un de leur plus fidèle ami. Il avait toujours été là pour eux dans les moments durs, notamment pour Naruto.
Elle avait deux bonnes heures devant elle pour préparer un festin. Elle espérait que Naruto rentrerait d'ici là. Au pire, elle allait devoir l'appeler pour qu'il ne loupe pas le dîner.
Elle entamait sa quatrième carotte quand le téléphone sonna. Kushina essuya rapidement ses mains et alla décrocher le téléphone fixe posée sur la commode à chaussures dans le hall d'entrée.
-Allo ? Répondit-elle.
-C'est moi, chérie. C'était juste pour te prévenir qu'on aura un invité de plus. Ça ira pour toi ?
-Il n'y a pas de problème. Qui est-ce ?
-La fille d'un ami de Kakashi. Elle est chez lui en ce moment.
-D'accord.
-Bon, je vais te laisser, chérie. Ma réunion va bientôt commencer.
-D'accord. Bosse bien, je t'aime.
-Moi aussi je t'aime, Kushina.
Elle raccrocha, un petit sourire aux lèvres.
Elle allait rejoindre la cuisine quand son regard s'arrêta sur le grand cadre qui occupait une grande partie du mur face à elle. La photo datait de quelques mois, juste après l'admission de Naruto à Belle neige. Ce jour-là, ils avaient acheté son uniforme. Kushina s'était rarement senti aussi fière. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas vu son fils aussi beau, rayonnant de joie dans cette nouvelle tenue qui, de son point de vue, lui allait comme un gant.
Naruto avait un magnifique sourire. Un sourire contagieux et rayonnant mais un sourire qu'elle avait cru perdu quand les années s'étaient faites dures. Mais, cette photo témoignait du fait qu'il l'avait retrouvé, ce sourire resplendissant qui faisait son bonheur. C'est pour cette raison que Kushina avait insisté pour que cette photo réside en grand format dans le hall d'entrée. C'était comme la preuve d'un nouveau départ. Les symboles étaient importants à ses yeux. Quand elle regardait cette photo, elle se rendait compte de tout le chemin qu'ils avaient parcouru…
Naru Namizake, 3 ans et demi.
Les enfants jouaient joyeusement dans le parc. Assise sur un banc près d'un vieil homme, une pelote de laine orange posée sur les genoux, Kushina tentait de tricoter un pull pour Naru. Nous étions encore en été mais, connaissant ses talents pour le tricot, la jeune maman préférait s'y prendre à l'avance. Si elle voulait l'avoir fini pour cet hiver, il valait mieux commencer maintenant.
L'orange était la couleur préféré de Naru. Sous ses trois ans, la petite fille avait déjà des goûts bien arrêtés. Elle n'aimait pas les épinards, les jeux calmes, les robes et le rose. C'était une petite casse-cou qui adorait les ramens et se rouler dans l'herbe pour imiter le chien du voisin. C'était rare de voir Naru calme. Même en dormant, elle bougeait dans tous les sens. Elle était pleine de vie… sauf quand elle boudait !
Un petit sourire étira les lèvres de Kushina quand elle vit sa petite chérie marcher dans sa direction les bras croisés et le regard furieux. Naru s'assit, entre elle et le vieil homme, en prenant soin de garder le silence.
-que s'est-il passé, Naru ? demanda Kushina sans décoller de son ouvrage.
Naru n'attendait que ça. Elle déballa tout ce qu'elle avait sur le cœur :
« C'est Ayumi, Kenji et Rinko ! Ils sont méchants ! Ils veulent pas que je joue le prince ! Ils veulent que je fasse la sœur de la princesse parce que j'ai une jupe alors que c'est même pas ma faute ! Et Ayumi elle fait la princesse et Rinko elle fait le dragon. Mais, moi j'veux pas être la sœur de la princesse, c'est trop nul ! En plus Kenji il va faire le prince alors qu'il a peur du grand toboggan ! Moi j'ai pas peur du grand toboggan ! Raconta-t-elle en luttant pour retenir ses larmes. »
Elle renifla, essuya rapidement ses yeux et continua :
« Maintenant, ils veulent plus que je joue parce que j'ai lancé du sable dans la bouche de Kenji.
-tu as fait quoi ? s'exclama Kushina en abandonnant son tricot.
-mais c'est sa faute ! C'est lui qu'a commencé ! Se défendit-elle en soutenant son regard. »
Kushina la fixa, sourcils froncés. Naru finit par baisser les yeux, légèrement honteuse mais surtout vexée que sa mère ne prenne pas sa défense.
-j'espère que tu t'es excusé au moins, soupira la rousse.
-Hm, grogna Naru en affichant une moue boudeuse.
-Arrête de faire ça avec ta bouche, ce n'est pas joli, la réprimanda Kushina.
Naru obéit mais ne se dérida pas pour autant. Elle s'avachit contre le dossier du banc et fusilla le parc de son regard océan.
-En plus, ils ont dit que je pouvais pas être un prince parce que j'ai pas de zizi mais les maris de leurs Barbies ont pas de zizi non plus et ça les empêche pas d'être des garçons ! Bougonna-t-elle, s'attirant les regards étonnés de ses voisins.
-Enfin, Naru ! C'est quoi cette façon de parler ? La réprimanda Kushina avant d'adresser un sourire confus au vieil homme qui les observait, à présent, les yeux grands ouverts.
-Votre fille n'a pas sa langue dans sa poche, se sentit-il obligé de commenter.
-C'est le cas de le dire, soupira Kushina en émettant un petit rire forcé.
Naru Namizake, 5 ans.
-Naru, enfile-moi ça, répéta Kushina pour la vingtième fois au moins.
Malheureusement, la petite blonde ne semblait pas vouloir entendre raison. Toujours en culotte, au milieu de sa chambre, Naru refusait d'entrer dans la jolie petite robe blanche que ses parents lui avaient achetée pour l'occasion. Aujourd'hui, un ami de Minato se mariait. Evidemment, la petite famille avait été invitée. Il ne restait plus longtemps avant le début du mariage. Malheureusement, depuis ce matin, Naru enchainait les caprices. D'abord, ça avait été l'hélicoptère dans les céréales, puis elle avait voulu se mettre de la mousse à raser sur les cheveux et sur le menton pour imiter le père Noel et, maintenant, c'était la robe qu'elle ne voulait plus mettre.
Kushina souffla d'agacement. Sa patience était sur le point de se briser.
-Naru, répéta-t-elle lentement, met-moi cette robe.
Naru ne décroisa pas les bras.
-Non ! J'aime pas cette robe ! Elle est moche, elle pue et en plus, les robes, c'est pour les filles !
Kushina la regarda, les yeux ronds. Mais qu'est-ce qu'elle lui racontait là ?
-Mais tu es une fille ! Répondit-elle, déroutée.
Encore une fois, Naru fit la moue.
-Mouais…Mais…mais j'aime pas quand même. En plus, si je mets une robe, je ne pourrais pas jouer ! argumenta-t-elle.
Kushina soupira de plus belle. Cet enfant était vraiment une tête de mule ! Elle était à deux doigts d'opter pour la sévérité quand une idée lui traversa l'esprit.
-Ok, capitula-t-elle. Si tu ne veux pas la mettre, ne la met pas.
Naru haussa un sourcil, surprise par ce soudain revirement.
-Mais tu vas y aller en culotte, par contre. Car, je ne te mettrais rien d'autre, ajouta Kushina en se redressant.
Et pour lui prouver qu'elle était sérieuse, elle la souleva.
-Allons-y ! Papa nous attend, déclara Kushina.
-Non ! Non ! Non ! S'agita Naru pour qu'on la repose.
Un petit rictus étira les lèvres de sa mère. Son plan fonctionnait à merveille !
-Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda-t-elle innocemment en reposant sa fille par terre.
Naru baissa la tête d'un air boudeur.
-Ok, je veux bien mettre la robe, grogna-t-elle d'une petite voix.
Kushina se permit un sourire triomphant.
Naru Namizake, 6 ans et demi.
-Regarde maman, j'ai fini d'écrire la phrase que la maîtresse à demander ! Annonça fièrement Naru en rejoignant Kushina dans le salon.
Elle lui mit son cahier sous le nez, un grand sourire aux lèvres. Kushina attrapa le cahier et jeta un coup d'œil aux premières lignes écrites par sa fille :
« Je m'appelle Naru Namizake et je suis né le dix octobre et j'ai 6 an. »
-tu as oublié le « e » à né et le « s » à ans, corrigea-t-elle.
-Hein ? Où ça ? demanda Naru.
-Regarde.
Naru relu sa phrase, sourcils froncés. Elle sortit son stylo Bic de sa poche, ajouta le « s » qui manquait mais hésita pour le « e ».
-Le « e », insista Kushina.
-Mais dans l'exemple que la maîtresse a donné en classe, y avait pas de « e » ! Assura Naru.
-Peut-être parce que c'était pour un garçon. Quand c'est pour un garçon, on ne met pas de « e » mais quand c'est pour une fille, on en met un.
-Pourquoi ? demanda Naru, l'air sceptique.
-Pour faire la différence, répondit-elle en caressant sa chevelure or, allez, corrige-moi ça.
Naru acquiesça d'un simple hochement de tête mais la petite ride qui fronçait son front était toujours présente entre ses deux sourcils. C'est un peu à contre cœur qu'elle ajouta un « e » avant de refermer son cahier et de quitter le salon sous le regard soucieux de sa mère.
Quelque chose troublait sa fille, Kushina l'avait senti. Elle s'en sentait elle-même troublée, comme si quelque chose n'était pas à sa place…mais elle laissa passer. Naru avait juste des difficultés avec l'apprentissage des règles de grammaire, c'était normal à son âge. Du moins, c'est ce qu'elle tenta de se persuader...
Naru Namizake, 10 ans.
Nous étions en vacances d'été. Le soleil brillait, la chaleur était au rendez-vous et Minato avait installé une petite piscine gonflable dans le jardin. Assit sur la terrasse, les parents de Minato sirotaient tranquillement une tasse de thé glacé en compagnie de leur fils, quand leur petite fille fit une subite apparition. Naru couru à toute vitesse et s'élança dans la piscine provoquant un grand « plouf » à son entrée. Elle sortit la tête de l'eau en riant aux éclats, ignorant les réprimandes des adultes. Oui, elle savait très bien qu'il fallait faire attention avec la piscine mais elle n'allait pas exploser pour si peu !
-En plus tu mets de l'eau partout, continua sa grand-mère en portant sa tasse à ses lèvres.
Elle s'arrêta net en remarquant que Naru ne portait que le bas de son maillot de bain deux pièces.
-Mais c'est quoi cette tenue ? Gronda-t-elle immédiatement.
-Hein ? fit la petite blonde.
-Quoi « hein » ? Tu n'as pas honte de sortir à moitié nue ? Habille-toi correctement, voyons ! Lui ordonna-t-elle apparemment choquée.
-Quoi ? Mais je viens juste d'entrer dans l'eau ! Protesta Naru.
-Ta grand-mère te demande juste de mettre ton haut de maillot de bain ou alors enfile un maillot une pièce, expliqua Minato un petit sourire confus aux lèvres.
-Pff ! Est-ce que même c'est important ? J'ai même pas de nichons ! Grogna-t-elle.
-Non mais je rêve ! C'est quoi cette façon de parler ? S'exclama sa grand-mère d'une voix outrée.
La petite fille fusilla sa mamie du regard.
-Dépêche-toi, Naru, soupira Minato n'ayant aucune envie que ça se termine en dispute.
Il connaissait sa mère, elle ne risquait pas de laisser passer ce genre de choses.
Naru quitta la piscine en prenant soin de montrer sa mauvaise humeur. Juste avant de passer les portes vitrées qui menaient à la cuisine, elle jeta un regard noir à son père. Ça, franchement, c'était une trahison !
-Naru a vraiment un sale caractère ! Se plaignit la vieille femme.
-S'il te plait, maman. Ne commence pas avec ça, soupira Minato.
-Je ne commence pas, Minato. Mais, tu ferais mieux d'être plus strict avec elle sinon elle va continuer de n'en faire qu'à sa tête, prédit-elle avec assurance avant de prendre une gorgée de thé.
Tout comme son père, Minato préféra se passer de commentaire.
-Ce n'est qu'une enfant, défendit Kushina en faisant apparition dans le jardin, et avouez qu'elle n'a pas totalement tort.
Sa belle-mère lui adressa un regard torve.
Un petit sourire étira les lèvres de Kushina.
-Je plaisantais, bien sûr, ajouta-t-elle en prenant place près de son mari.
Elle s'empara du verre de Minato et en bue une longue gorgée sous le regard des trois autres.
-Tu es beaucoup trop laxiste, Kushina, lui reprocha l'autre femme.
La rousse se contenta d'hausser les épaules en reposant le verre de son mari.
-Il fait vraiment beau aujourd'hui, lança-t-elle pour changer de sujet.
Naru Namizake, 12 ans.
-Regarde-moi, demanda Kushina en agitant son appareil photo.
Debout dans sa chambre, Naru leva les yeux vers sa mère, l'air profondément ennuyé. Kushina en perdit son sourire. Pourquoi boudait-elle ? Elle était magnifique pourtant dans cet uniforme ! Elle portait un chemisier blanc dont le col était noué par un nœud papillon bleu marine, une jupe plissée de la même couleur et une paire de chaussettes montantes galbant à la perfection ses petits mollets. Kushina lui avait fait deux couettes, qui lui frôlaient les avant-bras, à l'aide de petits chouchous pompons. Elle était vraiment super mignonne. Il ne manquait plus qu'un sourire sur ses lèvres pour sublimer le tout.
-Aller, souris au moins pour la photo ! Lui demanda-t-elle.
Naru se força à esquisser un rictus pas du tout convainquant. C'est là que Kushina eu l'idée de la faire rire pour obtenir ce qu'elle souhait.
-Bah tu vois, quand tu veux ! C'est dans la boite ! S'exclama-t-elle triomphante.
Naru leva les yeux avec amusement.
-Viens voir comme tu es magnifique, lui dit sa mère en affichant la photo sur l'appareil numérique.
-Mouais, j'ai surtout l'air d'un clown, bouda Naru.
-Mais n'importe quoi ! Qu'est-ce que tu as à faire ta mauvaise tête comme ça ?
-J'aime pas les jupes, c'est pas pratique. Et la coiffure ça fait vraiment…
-Vraiment ?
Naru baissa les yeux, mal à l'aise.
-J'aime pas, souffla-t-elle avec lassitude.
-Pourtant, elle te va très bien, tu es très mignonne comme ça, tenta de la rassurer Kushina.
Naru leva les yeux, cette fois sans aucun amusement.
-J'ai surtout l'air ridicule, lâcha-t-elle en jetant un regard pensif au jean encore posé sur son lit.
Malgré tout, la rentrée de Naru se passa relativement bien. Les premiers jours furent difficiles mais, rapidement, Naru s'habitua à son nouveau rythme scolaire.
Elle aimait le collège, c'était plus grand que le primaire, les professeurs étaient plutôt gentils, ses camarades de classe aussi et, même si les ramens manquaient, la cantine était relativement bonne.
Elle avait apprécié sa sixième mais sa rentrée en cinquième avait été bien meilleure, d'abord, parce qu'elle avait su imposer son nouveau style. Elle n'avait pas pu se débarrasser de cette satanée jupe plissée mais depuis qu'elle s'était acheté deux caleçons en cachette, elle se sentait beaucoup mieux dans ses baskets. Bien sûr, ça n'avait pas plus à tout le monde, surtout qu'elle avait aussi abandonné le nœud de papillon bleu marine pour une cravate orange sur laquelle des pins badges étaient épinglés. Le CPE du collège, Mr. Osato, avait fini par la prendre en grippe, jugeant son look « vulgaire » et « inapproprié pour les études ». En plus, elle commençait à se faire remarquer avec ses bagarres incessantes. Sur ce point, Naru ne pouvait pas lui donner tort mais elle assumait entièrement son comportement. Quand on la provoquait, elle frappait, c'était comme ça. Puis, il ne fallait pas abuser. Des règlements de compte, il y en avait presque tous les jours au collège et tous ne la concernait pas.
Pourtant, son petit monde avait vite déchanté à l'arrivée de l'été. Cela faisait quelques temps déjà qu'elle voyait son corps changer sans que cela ne l'alerte plus que nécessaire. Mais un jour, alors que juillet approchait à grand pas, elle prit le temps de s'observer un peu plus en détails.
Elle s'apprêtait à prendre une seconde douche, la chaleur ayant eu raison d'elle. Elle était à présent dans la salle de bain, nue devant le miroir qui couvrait une partie du mur près de l'évier.
Si elle devait qualifier son corps d'un mot, ce serait « androgyne ». Elle n'avait pas vraiment de poitrine… pas du tout, même. Mais, là n'était pas son souci, Naru était plutôt contente de se développer plus lentement que certaines de ses copines. Prenez Rinko, par exemple, ses seins étaient tellement gros qu'elle faisait déjà un bon 90 B ! C'était d'autant plus flagrant qu'elle était assez petite. Naru était l'une des rares de sa classe à ne pas la taquiner avec ça. Rinko était mignonne. Puis, les seins, c'était beau chez une fille. Enfin, elle, elle n'en voulait pas. C'était beaucoup trop encombrant et le soutien-gorge, non merci !
Si sa poitrine n'avait pas beaucoup évolué depuis son entrée au collège, le bas de son corps avait quelque peu changé. Ça la mettait un peu mal à l'aise de constater cela mais son sexe avait… comment dire… ? Légèrement gagné en volume ? Il y avait cette espèce de bout de peau qui dépassait…
Quand même, c'était étrange… Était-ce normal ?
Niveau poil, elle avait un peu pris aussi. Elle en avait sur les jambes, sur les bras, un peu au-dessus de la lèvre mais, puisqu'elle était blonde, on ne voyait pas grand-chose.
Elle continuait de s'étudier quand la porte de la salle de bain s'ouvrit soudainement. Naru fit un bond en arrière sous le regard étonné de sa mère.
-Naru, qu'est-ce que tu…
Le reste de sa phrase mourut quand elle remarqua quelque chose d'étrange sur le corps de sa fille.
Naru attrapa précipitamment sa serviette et s'enroula dedans.
-Maman, t'aurais pu frapper ! Lui reprocha-t-elle.
-Désolée, je ne pensais pas que tu étais là…, s'excusa-t-elle d'une voix perturbée.
Kushina quitta la pièce, une ride soucieuse bridant son front. Elle hésita un long moment avant de s'installer derrière l'ordinateur familial. Elle allait faire quelques recherches sur internet, juste pour faire passer l'inquiétude qui la titillait depuis qu'elle avait vu le corps de Naru. Était-ce normal pour une fille d'avoir un clitoris aussi imposant ? Au fur et à mesure de ses recherches, son inquiétude augmenta. En entendant son mari l'appeler, elle se dépêcha de fermer les pages web mais prit la décision d'en parler demain à leur ami médecin.
Le lendemain, c'est vers 11 heures qu'elle quitta le domicile. Naru dormait encore à point fermé et Minato était au travail depuis 8 heures du matin. Elle prit soin d'écrire un mot pour prévenir sa fille qu'elle avait quitté la maison. Elle n'allait pas loin. Le cabinet de Kakashi n'était qu'à 5 minutes en voiture de chez eux. Elle attendit dans la salle d'attente que ce dernier la reçoive. Au bout de 20 minutes, il fit sortir son dernier patient de la matinée.
-Bonjour, comment vas-tu ? La salua-t-il.
-Plutôt bien, répondit Kushina.
-Ce n'est pas pour toi que tu viens, je me trompe ? devina Kakashi en l'invitant à entrer dans son bureau.
-Bien vu, répondit-elle en prenant place.
Il referma la porte.
-Je t'écoute, lui dit-il en s'asseyant en face d'elle.
Elle hésita un instant, ne sachant pas vraiment comment engager le sujet sans le rendre trop gênant, avant de se souvenir qu'avant d'être son ami, Kakashi était d'abord médecin. Il devait avoir l'habitude de parler de ce genre de choses. Elle décida donc d'expliquer ce qu'elle avait vu, sans prendre de détour, et les raisons pour lesquelles cela l'inquiétait. Kakashi l'écouta religieusement avant de prendre la parole :
« Quand tu as accouché, les médecins ont-ils détecté une quelconque anomalie ? demanda-t-il sur un ton très sérieux.
-Non. Tu penses qu'il y a quelque chose d'anormal ? demanda-t-elle, son angoisse gagnant un peu plus de terrain chaque minute.
-Je ne peux rien assurer comme ça, Kushina. Ecoute, je pense que le plus simple serait que tu ailles directement à l'hôpital avec Naru pour la faire examiner, proposa-t-il. »
En lisant l'affolement sur le visage de son amie, il ajouta :
« Pour le moment, tu n'as aucune raison de paniquer, Kushina. C'est juste par mesure de précaution.
-Mais tu penses qu'elle a une anomalie ? Insista-t-elle toujours aussi anxieuse.
-C'est possible, avoua-t-il à contrecœur. »
Kushina baissa la tête.
Elle semblait complètement perdue dans ses pensées.
Quand Kakashi se leva, en faisant grincer sa chaise, elle sursauta légèrement avant de faire de même.
-Merci pour le conseil, Kakashi, lui dit-elle en le saluant.
-Je t'en prie, Kushina. Si tu as encore besoin de moi, tu sais où me trouver.
Elle lui adressa un petit sourire gratifiant avant de quitter son cabinet.
Lorsqu'elle rentra, elle appela directement Naru mais personne ne lui répondit. En allant dans la cuisine, elle retrouva son mot. Naru avait écrit au verso de la feuille : « Je suis au parc avec Ken et Shin. Je reviens pour midi. 'Lut! »
Kushina soupira. Décidément, Naru n'en faisait vraiment qu'à sa tête.
Elle prépara le déjeuner en attendant que sa fille ne rentre.
C'est vers 13 heures que Naru pointa le bout de son nez. Comme d'habitude, elle n'avait pas vu le temps passer. Elle s'excusa auprès de sa mère avant de l'aider à mettre la table.
Comme toujours, Naru était de bonne humeur.
-J'ai fait du skate, raconta-t-elle tout en mâchant dynamiquement steak.
-On ne parle pas la bouche pleine, lui rappela Kushina.
-Pardon, dit Naru en avalant. Donc, je disais, j'ai failli me ramasser contre un trottoir ! Ken était mort de rire, j'te dis pas ! Mais, franchement, c'était trop top ! Je pourrais avoir un skate pour mon anniv'?
Un silence lui répondit.
Kushina la fixait d'un air soucieux.
-Euh… Maman ? L'appela Naru en secouant sa main devant ses yeux.
-Pardon, tu disais ?
-Tu m'écoutais même pas ! S'indigna sa fille.
-Désolée, chérie. J'étais perdu dans mes pensées. Donc, tu as fait du skate… Et ?
-Et j'aimerais bien en avoir un pour mon anniv', c'est possible ?
-Hm… Le jour où on arrêtera de recevoir des plaintes de ton CPE, peut-être pourra-t-on commencé à envisager de t'acheter ton skate, répondit-elle avant de porter un brocoli à sa bouche.
Naru fit la moue.
-Pff, c'est pas très réglo ça, bouda-t-elle.
-Moi je trouve que si. Dépêche-toi de finir ton assiette, on sort cet après-midi.
-On va où ? demanda Naru.
Kushina hésita avant d'annoncer :
« A l'hôpital…
-Quoi ? T'es malade, Maman ? S'inquiéta Naru.
-Non pas moi. Enfin, je veux dire… Personne n'est malade. On y va pour toi, ma chérie. Il faut que tu passes quelques examens…
-Je suis malade ? La coupa-t-elle toujours aussi inquiète.
-Mais non ! Je te dis que personne n'est malade ! S'énerva Kushina.
Le silence retomba lourdement.
Kushina se mordit la lèvre inférieure. Elle avait haussé le ton sans le vouloir.
Un soupir échappa de ses lèvres.
Cette histoire commençait à lui faire perdre les pédales.
-Je vais faire une prise de sang ? demanda Naru d'une petite voix.
-Surement, répondit Kushina.
En fait, elle n'en savait trop rien mais, si ça pouvait rassurer Naru de croire cela, c'était tant mieux. Pour le moment, Kushina préférait garder ses inquiétudes pour elle plutôt que de les transmettre. Après tout, peut-être angoissait-elle inutilement. Il fallait qu'elle en ait le cœur net.
Elle se leva et alla chercher le dessert.
Une fois qu'elles eurent fini de manger, elles prirent la voiture jusqu'à l'hôpital le plus proche.
Le silence se fit pendant tout le trajet. Kushina était beaucoup trop préoccupée pour penser à entamer une conversation. Quant à Naru, Elle commençait à se faire un peu de soucis. Sa mère lui cachait quelque chose, c'était évident. Elle soupira en regardant la rue défiler, le front plaqué contre la vitre arrière de la voiture.
Trente minutes plus tard, la Nissan noir se gara juste devant les grilles de l'hôpital. Mère et fille pénétrèrent dans le bâtiment blanc. Comme d'habitude, la salle d'attente était pleine à craquer. Elles durent attendre deux bonnes heures avant qu'un médecin daigne les recevoir. Juste avant d'entrer dans son cabinet, Kushina se décida enfin à expliquer brièvement à Naru la raison de leur présence ici. Ce n'était que par mesure de précaution, juste pour s'assurer qu'elle était dans la norme. Naru n'était pas du tout convaincue par les paroles de sa mère. C'est la poitrine oppressée par l'inquiétude qu'elle pénétra dans le bureau du docteur Kudo.
Elle laissa sa mère discuter avec la dame, prêtant l'oreille à leur discussion qu'une fois sur deux. Quand, le médecin s'adressa enfin à elle, Naru n'avait pas du tout écouté. Elle la fixa silencieusement sans comprendre.
-Je vais seulement t'examiner. Suis-moi, lui dit la dame d'une voix douce.
Elle se leva de son bureau et demanda à Kushina de bien vouloir patienter ici.
-Oui, bien sûr, accepta-t-elle à contrecœur.
La vérité était qu'elle aurait aimé être auprès de sa fille.
Plus les minutes s'écoulaient, plus son impatience grandissait. Au bout d'un certain temps, Kushina fut à deux doigts de craquer quand la porte s'ouvrit à nouveau.
-Alors ? demanda-t-elle sans perdre une seconde de plus.
Son regard vacilla entre Naru et le médecin. Sa fille semblait particulièrement pâle. C'est en silence qu'elle se rassit dans son fauteuil. Kushina voulu lui prendre la main mais Naru refusa catégoriquement le contact. Kushina sentit son coeur se serrer. Que c'était-il passé? Le regard azur de Naru était perdu quelque part entre le sol et le bureau.
-Alors ? Insista Kushina en se tournant vers le médecin. Quel est votre diagnostic ?
-Je ne peux pas poser un diagnostic complet pour le moment. Il faudra pousser les examens pour que je puisse vous en dire plus mais il semblerait que Naru soit intersexuée.
-Quoi ? S'affola Kushina. Qu'est-ce que ça signifie ?
-Pour faire simple, elle possède des attributs génitaux des deux sexes.
-Vous voulez dire que…, commença Kushina d'une voix blanche.
Mais, le reste de sa phrase mourut dans sa gorge. Elle resta la bouche ouverte, complètement sous le choc.
-Pour le moment, vous n'avez pas d'inquiétude à avoir Madame Namizake. La santé de votre fille n'est pas du tout mise en danger. Nous allons approfondir les examens puis vous aurez le choix d'un traitement hormonal ou/et chirurgical. Je vous propose d'appeler votre mari. Nous allons garder Naru à l'hôpital un peu plus longtemps, d'accord ?
Kushina acquiesça d'un hochement de tête dépourvu de conviction. Lentement, elle se leva. Son regard se posa sur Naru qui l'évita soigneusement. Elle se mordit la lèvre inférieure, hésitant un instant, avant de quitter l'hôpital pour passer un coup de fil à Minato.
Un clitoris beaucoup trop développé. Un taux de testostérone beaucoup trop élevé pour être celui d'une fille. Un caryotype XY. Les radiographies montraient bel et bien qu'elle possédait les attributs génitaux masculins. Le diagnostic était tombé et Kushina l'avait écouté sans réellement l'entendre. Naru avait un déficit en 5-alpha réductase, l'enzyme responsable de la transformation de la testostérone en DHT, hormone nécessaire à la différenciation masculine des organes génitaux.
-Son corps est en train de devenir celui d'un homme, continua le médecin.
-Mais comment est-ce possible ? Comment a-t-on pu ne pas s'en rendre compte à la naissance ? Naru… Naru est un garçon ?
-Ce n'est pas encore décidé, Madame Namizake. Vous savez, l'intersexuation est un phénomène rare et pas toujours identifiable à la naissance. La science n'est pas parfaite. Pour le cas de Naru, c'est plus facilement détectable à la puberté, comme vous pouvez le voir, le corps se transforme. Mais, rien n'oblige votre enfant à choisir le sexe masculin.
-Elle peut retrouver un corps de femme ? demanda Kushina.
-Oui, après une intervention chirurgicale mais c'est une lourde décision. Prenez le temps d'en discuter calmement avec Naru. Je vais vous passez quelques brochures pour que vous puissiez en savoir d'avantages sur le sujet, leur proposa le médecin en sortant de son tiroir ce qu'elle avait pensé à prendre un peu plus tôt.
Elle tendit les quatre brochures à Kushina qui la remercia avant de les inviter à quitter son bureau.
Naru attendait dans le couloir. Au bout de cinq minutes d'explications, elle en avait eu marre. Elle avait demandé la permission de quitter le bureau malgré la réticence de ses ne pouvaient pas comprendre, eux. Elle en avait plus qu'assez. Cela faisait plus de 24 heures qu'elle était coincée dans ses lieux, passant d'un médecin à l'autre. On lui parlait de choses qu'elle ne comprenait qu'à moitié. Pour la première fois de sa vie, elle détestait être au centre de l'attention de tous. Ils essayaient tous de lui parler gentiment mais, rien n'à faire, plus le temps s'écoulait, plus elle avait l'impression d'être bizarre, d'être une anomalie. C'était comme si un vide s'était soudainement construit autour d'elle. Il y avait elle et, de l'autre côté, il y avait les autres.
Qu'était-elle, au juste ? A ce qu'elle avait compris, elle n'était plus vraiment une fille mais elle n'était pas réellement un garçon non plus…C'était le flou dans sa tête.
-Naru, on va y aller, l'appela son père.
Kushina observa sa fille… ou peut-être son fils, elle ne savait plus.
Ils rentrèrent chez eux dans le plus grand des silences.
Alors qu'il conduisait, Minato observa sa femme du coin de l'œil. Kushina avait le regard perdu sur l'horizon. Elle semblait parfaitement calme de l'extérieur mais, Minato n'était pas dupe, il connaissait suffisamment sa femme pour deviner son trouble. Comment ne pas l'être après avoir reçu une telle nouvelle ? C'était comme un coup de massue sur la tête. Leur fille, leur petite chérie, n'était pas ce qu'ils croyaient. Ils avaient passé des années à se fourvoyer, à agir comme si tout allait bien alors qu'un lourd secret pesait sur les épaules de leur enfant.
Minato en voulait aux médecins. Ils n'avaient même pas été capables de faire correctement leur travail. Pourquoi n'avaient-ils pas découvert cela à la naissance ? Avec tous les appareils, les échographes, toutes ces machines censés pouvoir détecter la moindre anomalie. Que des conneries ! Oui, il leur en voulait pour cette erreur mais, ce n'était rien comparé à la culpabilité qu'il ressentait.
C'était sa faute. C'était aussi celle de Kushina. Naru était leur enfant, la chair de leur chair. Elle possédait leur sang, leur patrimoine génétique.
Minato se souviendrait toujours de la fierté qu'il avait ressenti la toute première fois qu'il avait porté Naru. Il n'y avait pas de mot pour exprimer un tel bonheur. Il avait donné la vie. Il était père. Enfin. C'était comme un accomplissement, une réussite. Il s'était juré de la protéger, d'être le meilleur père possible. Sa fille ne manquerait de rien. Il les avait vu tous les trois heureux, formant une petite famille unie. Oui, il y avait cru. Et maintenant, il ne savait plus où il en était. Il n'osait même pas regarder dans le rétroviseur par crainte de voir le visage dévasté de Naru. Mais que pouvait-il faire ? Qu'allait-il pouvoir faire pour aider son enfant ? Il avait juré de la protéger mais il avait échoué lamentablement. Pire, il était en partie responsable du problème de sa fille. Pouvait-on faire pire père que lui ?
Les pensées de Kushina n'étaient pas plus joyeuses. Elle se demandait inlassablement ce qu'elle avait bien pu faire de travers. « Pourquoi ? » Une simple question qui restait sans réponse. Elle se sentait tellement coupable du sort de Naru. C'était elle qui l'avait porté neuf mois dans son ventre. Était-ce à cause de son alimentation ? Des efforts inutiles qu'elle avait faits pendant sa grossesse ? De ses gênes ? Où avait-elle raté ?
Quand Minato se gara, elle s'empressa de quitter la voiture sentant ses larmes sur le point de couler. Elle ne voulait surtout pas pleurer devant Naru. Elle alla s'enfermer dans les toilettes, prétextant une grosse envie, et lâcha totalement prise.
Les jours suivants avaient été comme une descente en enfer. Doutes, rancœurs, honte et auto-détestation, avaient été leur quotidien. Et, que faire de Naru ? Il fallait l'accepter, bien sûr. Accepter d'avoir donné naissance à un enfant différent et l'assumer jusqu'au bout. Mais, c'était plus facile à dire qu'à faire. Ils s'étaient sentis mal. Mal pour eux. Mal pour elle. Le plus dur avait été de la voir souffrir, de la voir s'enfoncer dans un mutisme aussi épais qu'un mur de briques, et de ne pouvoir rien faire pour la soulager. L'impuissance était la pire des sensations. Elle vous donnait l'impression de n'être qu'un point figé, de n'avoir aucun poids, aucune valeur, aucune ressource, aucune solution. Elle vous montrait à quel point vous étiez perdu et inutile. Réalité amère et dure à avaler. Mais, ils avaient su être courageux, relativiser sur certains points et, ensemble, ils avaient changé leur vision des choses.
Aujourd'hui, plus rien ne semblait pouvoir briser le lien qui les unissait. Ces épreuves les avaient rendus indéniablement plus forts. Ils formaient une famille soudée pour le meilleur comme pour le pire. Les pots cassés avaient été réparé par une colle appelée amour.
Aujourd'hui, Kushina était vraiment fière. Fière de tous ce qu'ils avaient traversés ensemble. Ça n'avait pas été facile mais ils avaient su être patients et braver les difficultés une par une.
Elle regarda une dernière fois la photo de son fils, avant de repartir dans la cuisine, le sourire aux lèvres.
Voilà pour le chapitre 9.
Le Chapitre 10 se nomme " Espérer pour vivre" et vous aurez enfin la réaction de Sasuke ;).
Sur ce, je vous laisse ! J'espère que ce chapitre vous a plu !
