Voilà la suite! J'ai hâte que ce soit fini alors je risque de publier plutôt vite pour ces derniers chapitres xD!
Ah oui, d'ailleurs, j'en profite pour vous informer qu'il y aura bel et bien un lemon à la fin de cette histoire. Compte tenu de la forme, on peut même dire qu'il y en aura deux, car je le répéterai du pov d'Inui et de Kaidoh ensuite (j'essaierai de faire mon possible pour que ce ne soit pas trop redondant ^^').
Bon allez, je vous laisse lire! Bonne lecture! =)
La nuit de dimanche à lundi fut beaucoup trop courte pour Kaidoh, et les cauchemars qui l'avaient envahie n'étaient pas pour aider sa cause, bien au contraire. Il se leva avec l'idée de ne pas aller à l'école et de courir pour aller loin, loin, là où ses pieds le mèneraient. Il laisserait tout tomber et ne ferait que courir, jusqu'à la fin des temps.
Il partit tout de même courir, mais il savait qu'il n'aurait pas le cran de manquer l'entrainement. Son périple fut quand même allongé le plus possible, de sorte qu'il atteignit son collège à l'heure juste pour la pratique. Il redoutait surtout de voir Inui, de peur que celui-ci ne lui demande des éclaircissements sur leur dernier échange. D'ailleurs, il trouvait étrange qu'il ne lui ait envoyé aucun SMS. C'était comme s'il avait déjà abandonné.
Surement parce qu'il ne se souciait pas de lui.
Maussade, irrité et les nerfs à vif, Kaidoh écouta d'une oreille distraite le discours de leur capitaine, qui tentait de les remotiver. Il n'avait de pensées que pour son senpai et se demandait pourquoi il ne tentait rien, pourquoi il ne l'approchait pas. Était-il soulagé d'en être enfin débarrassé? Ou, au contraire, n'osait-il pas lui parler? Peut-être attendait-il qu'il fasse le premier pas?
Cet Inui, attendre sans rien faire? N'était-il pas du genre à agir le premier de toute façon?
Toute la pratique se passa ainsi : Kaidoh ignorait superbement son senpai – qui lui aussi le regardait à peine – tout en se demandant s'il ne devrait pas faire quelque chose. Il était perdu, complètement, et, comme toutes les fois où il était perdu, il ne faisait rien.
Les cours du matin arrivèrent sans qu'il ait trouvé de réponse à ses questionnements. Il n'arrivait plus du tout à décoder le comportement de son senpai. Il n'arrivait même pas à savoir s'il se montait la tête pour rien. Peut-être était-ce vraiment mieux de couper les ponts avec lui? Après tout, ce qui leur tenait lieu de relation n'allait plus nulle part.
Seulement, il avait mal rien que d'y penser, et il ne comprenait pas pourquoi. Sûr, il perdait un ami, mais il en avait perdu plusieurs avant et jamais il n'avait eu aussi mal. Il s'était fait à l'idée d'être ultimement tout seul. Il y avait cru, tout du moins.
Bien sûr, il avait Hazue, mais ce n'était pas pareil. Jamais son petit frère ne pourrait remplacer son senpai, celui qui l'aidait à s'entrainer, qui l'estimait en tant que joueur, qui acceptait de jouer en double avec lui... qui était simplement là quand il en avait besoin. Ou qui l'avait été dans tous les cas. Ou que Kaidoh avait cru qu'il y était.
Le pire était qu'il se sentait floué. Il ne savait pas très bien pourquoi d'ailleurs. Qu'avait-il cru? En quoi avait-il été trahi?
Kaidoh ne se comprenait pas, ne comprenait pas les autres non plus. Il ne comprenait pas grand-chose, hormis la course et le tennis. Pour la première fois depuis longtemps, il le regrettait vraiment : s'il savait comprendre, il saurait ce que le comportement d'Inui voulait dire et il pourrait agir en conséquence. S'il savait se comprendre, il saurait enfin ce qu'il ressentait par rapport au plus vieux.
Comme ce n'était pas le cas et qu'il était pris avec son propre cerveau, il décida de ne rien faire et de laisser les choses aller. Si Inui tenait à lui, il viendrait lui parler, et il verrait en temps et lieu ce qu'il ferait; s'il ne venait pas lui parler... eh bien, c'était qu'il était temps qu'ils se séparent. Et il le supporterait, parce qu'il n'avait pas le choix.
Sur l'heure du midi, quelque chose d'étrange se produisit. Momoshiro, qui était à dire vrai dans la classe d'à côté, entra dans la pièce avec un bento et la scruta du regard. Le serpent, qui le repéra immédiatement, se demanda s'il cherchait une fille avec qui manger, ou un ami peut-être, mais non. À peine leurs regards se croisèrent-ils que la stupide pêche afficha son habituel sourire trop large et marcha vers lui.
Redoutant le pire, Kaidoh, qui voulait être seul, accueillit l'autre avec sa pire expression faciale et lui demanda durement :
- Qu'est-ce que tu viens foutre ici?
Toujours aussi insensiblement stupide, Momoshiro réquisitionna une chaise et s'installa à son bureau, avant de dire, en ouvrant son lunch :
- Mamushi, je suis venu te tenir compagnie! Je sais que t'as personne avec qui manger et je me suis donc sacrifié! Tu devrais me remercier de te donner ma pause-midi!
C'était si facile pour Momoshiro de fâcher Kaidoh. Il lui suffisait de quelques phrases et déjà le serpent ne pensait plus à rien d'autre qu'à le taire. Il devrait gagner la médaille d'or du plus chiant de toute la planète.
- Stupide pêche, je t'ai rien demandé! Dégage!
L'interpelé adopta la technique de l'écoute sélective, qui décidément lui allait trop bien, et commença à manger en parlant tout à la fois :
- Je suis tellement gentil que je consens même à passer toute la pause avec toi! D'ailleurs, tu devineras jamais ce qui m'est arrivé ce matin...
À partir de ce moment, Kaidoh ferma son esprit : l'adolescent ne partirait pas – il était trop obstiné pour ça – et ce qu'il dirait ne l'intéressait pas. Il ne fit même pas mine d'écouter et avala plutôt la moitié de son repas assez difficilement. L'appétit ne lui était toujours pas revenu et, vraiment, il n'avait envie que de donner un bon gros coup de poing à son vis-à-vis.
Momoshiro, d'ailleurs, était trop observateur sur des détails sans pourtant voir l'essentiel. Ainsi, s'il ne semblait pas se rendre compte à quel point il mettait son rival en rogne, il remarqua pourtant qu'il n'avait pas fini son repas :
- Mamushi, t'as déjà fini? T'as même pas mangé la moitié!
Kaidoh ne voulait pas s'attirer des ennuis, et, surtout, il ne voulait pas de l'inquiétude de l'autre, qui décidément s'avèrerait un paquet de trouble. C'est pourquoi il mentit, plus facilement qu'il ne l'aurait cru – devenait-il expert en la matière?
- J'ai mangé à la pause ce matin.
Le mensonge fonctionna, puisque l'autre répondit :
- Ah oui, moi aussi je fais ça des fois! L'entrainement matinal, ça creuse vraiment l'appétit! Mais, du coup... je peux le finir?
Kaidoh hésita pendant quelques secondes : lui donner le bento ou une baffe? Il jeta tout compte fait son dévolu sur le premier choix et lui passa son repas sans mot dire – au moins il ne gaspillerait pas de nourriture cette journée-là. Le plus grand l'engouffra avec une joie palpable et le serpent se sentit à moitié écœuré et à moitié jaloux de son appétit.
Quand il eut fini, il le lui redonna sans le remercier et Kaidoh le reprit sans le lui faire remarquer – d'habitude, il l'aurait fait, mais cette fois, il n'en avait pas la force. Il n'avait même pas l'envie de se chicaner avec lui; c'était dire comment il n'était pas en forme.
Momoshiro dut le remarquer, parce qu'il devint vaguement sérieux et lui demanda :
- Kaidoh... ça va?
Mais pourquoi se souciait-il de lui seulement maintenant? Alors que Kaidoh se sentait au plus mal? Il lui répondit sans conviction :
- Stupide pêche, retourne plutôt en classe.
L'autre fit mine de se fâcher :
- Alors même que je me déplace jusqu'à ta classe! Je t'ai dit, tu devrais me remercier. Oui tu devrais!
- Dans tes rêves!
- Si c'est comme ça, fit-il en se levant, je vais retourner à ma classe pour vrai!
- Bon débarras, souffla le serpent.
Momoshiro ramassa effectivement ses choses et se leva, mais, en partant, il s'exclama :
- À plus tard, Mamushi!
- M'appelle pas comme ça, s'écria en vain Kaidoh – l'autre était déjà hors de vue.
Il retrouva enfin son calme et remarqua que tous les gens de sa classe le regardaient en coin; ils avaient surpris leur discussion et se demandaient surement qui pouvait accepter de manger avec lui. Il leur lança à tous un regard terrifiant et ils eurent tôt fait de se préoccuper d'autres choses. Tout ce qu'il souhaitait, à l'heure actuelle, était qu'on le laisse tranquille.
L'entrainement de l'après-midi se passa de la même façon que celle du matin. Kaidoh se sentait prêt à laisser tomber. Il avait toujours aussi mal, mais il n'y avait pas d'autres solutions, et de toute façon son senpai souhaitait surement qu'il agisse ainsi, puisqu'il ne lui parlait pas.
Ils réussirent à s'éviter parfaitement sans que personne n'en dise quoi que ce soit. Momoshiro avait repris son attitude habituelle et ne lui parlait que pour le fâcher. Autrement, on ne lui parlait pas, et il en était à la fois ravi et triste. Il réalisait qu'il n'était pas encore bien intégré à l'équipe, pas assez en tout cas pour qu'on lui porte tellement d'attention.
Quand la fin de la pratique arriva, Kaidoh alla chercher son sac sans se changer. Il préféra plutôt revenir chez lui rapidement et aller courir encore dans la soirée. Il avait le ventre vide, mais il y était habitué maintenant, et de toute façon il se savait incapable d'ingérer quoi que ce soit avant que son corps ne tombe de fatigue. Ce n'était surement pas bon pour lui, mais, étonnamment, il n'arrivait pas à s'en soucier.
Ses plans furent un peu bousculés lorsque, alors qu'il ressortait à peine de chez lui, son téléphone vibra. Il sortir l'appareil et regarda le message qu'Inui venait – enfin – de lui envoyer :
Salut Kaidoh. Il faut qu'on parle. C'est à propos du tennis. Tu as un moment libre ce soir?
C'était le signal qu'il attendait tant! Plein d'espoir – peut-être qu'il s'était trompé, qui sait, et que le plus vieux lui expliquerait enfin –, il lui répondit rapidement :
19h, à la rivière.
Un peu court, peut-être, mais Kaidoh ne savait pas quoi ajouter d'autres. Il s'était promis de ne pas retourner à la rivière, mais le contexte était différent, et peut-être que ce que lui dirait son senpai le forcerait à reconsidérer cette décision.
Jusqu'au moment du rendez-vous, le serpent courut, et il réalisa bien rapidement qu'il allait déjà beaucoup mieux. Il avait de nouveau l'espoir que tout soit différent de ce qu'il avait cru, et il se sentait de nouveau capable de croire en Inui, si celui-ci s'expliquait.
Il arriva essoufflé mais bien dans sa peau au lieu de rendez-vous. Il était dix-huit heures trente : il avait une demi-heure d'avance. Il s'installa sur l'herbe et regarda le ciel qui commençait à s'obscurcir. Il jeta aussi des coups d'œil à la rivière et toutes sortes de souvenirs heureux lui vinrent, la plupart avec Inui. Avant que tout ne commence à aller mal.
Pour la première fois depuis des lustres, lui semblait-il, il était en paix.
