Bon je fais vraiment rapide cette fois, mais on me harcèle, donc... xD Pas grand-chose à dire (en fait j'en aurais plein mais c'est spoiler alors je me tais), je vous laisse donc lire!
Bonne lecture!
Kaidoh était encore assis dans l'herbe quand Inui arriva. Pour une fois, il ne le sentit pas venir et fut donc réellement pris par surprise. Rapidement, il se leva et descendit la petite pente pour se retrouver sur la rive.
Il se tourna vers son senpai sans oser le regarder. Il espérait vraiment qu'il était venu éclaircir les choses avec lui. Il ne savait pas comment il s'y prendrait, mais Inui était plus intelligent que lui et il saurait lui dire ce qu'il fallait – il l'espérait, en tout cas. C'était de toute façon la seule façon de régler les choses.
C'est pourquoi ce que lui dit Inui le prit réellement par surprise :
- Kaidoh, c'est à propos de notre équipe de double. Je pense que nous devrions briser notre duo. Après tout, ton équipe avec Momoshiro est plus efficace et ne t'empêchera pas de perfectionner ton Boomerang. En plus, elle permettra la pérennité du club, puisque vous pourrez jouer ensemble l'année prochaine.
En fait, il n'enregistra rien. Il ne comprit pas les arguments et ne s'en soucia pas plus. Tout ce qu'il comprit, c'était qu'Inui ne voulait plus de lui. C'était clair comme de l'eau de roche, plus limpide que le courant qui coulait à leur côté.
Il baissa le regard sans trop le vouloir et chercha quelque chose à répliquer, n'importe quoi – non je ne veux pas, garde-moi avec toi, je vais m'améliorer, j'essaierai de ne pas me mettre dans tes jambes, je t'en supplie ne me jette pas –, mais il avait un chat dans la gorge et tout ce qui sortit péniblement de sa bouche fut :
- Okay...
Il aurait voulu crier que non, il n'était pas d'accord, mais il n'y arrivait pas, quelque chose le bloquait. Il sentait la crise de panique qui montait en lui et il se retourna pour s'enfuir, s'en aller, surtout ne pas rester proche de celui qui venait de le rejeter.
À peine partait-il à courir qu'il fut retenu. Ses lunettes cachaient les yeux d'Inui, ce qui l'empêchait de bien lire son expression – il n'avait jamais autant détesté un accessoire. Kaidoh comprenait de moins en moins où la situation s'en allait.
Il ne réalisa qu'il venait d'être embrassé que plusieurs minutes après que ce soit terminé. Il avait tant de questions – pourquoi l'embrasser? Pourquoi après l'avoir rejeté? Que voulait-il? Pourquoi Kaidoh se sentait-il si étrange au fond de lui, comme si un combat prenait place dans son estomac? Pourquoi avait-il envie qu'il recommence, encore et encore?
Avant même qu'il n'ait l'idée d'ouvrir la bouche, ses pieds n'en firent qu'à leur tête et il s'enfuit, laissant derrière lui son senpai. Il courut longuement, sans destinations en tête, le cerveau rempli de questions dont il ne trouvait pas les réponses.
Il atteignit sa maison à vingt heures passées, exténué au possible. Son ventre criait famine, mais il ne s'en soucia pas et monta directement dans sa chambre, où il se coucha dans son lit. Plus il y réfléchissait et moins il comprenait ce qui s'était passé. Son senpai l'avait d'abord rejeté pour ensuite l'embrasser, ce qui n'était pas du tout logique.
Cependant, c'était le moindre de ses soucis pour l'heure. Son cerveau était embrumé, tant et si bien qu'il n'arrivait plus à voir clair dans quoi que ce soit. Ses émotions le dépassaient, une fois de plus, et il eut une nouvelle crise qui dura un très long moment.
Il ne pourrait pas continuer comme ça. Il n'y arriverait pas, son cœur le lâcherait, il ferait une crise cardiaque. Son pouls était plus rapide que lorsqu'il courait, il était autant essoufflé que s'il venait de faire un marathon, son visage le brulait, mais ses mains restaient froides, extrêmement froides. Il tentait de se refroidir avec elles, mais n'y arrivait pas.
Il avait envie de crier, fort et longuement, et resta un long moment la bouche ouverte en un cri sourd. Incapable de rester immobile, il se tourna dans son lit comme s'il souffrait physiquement. Il avait besoin de souffrir, soudainement, et il serra les poings si fort qu'il en eut mal aux jointures. Il finit même par mordre son bras et s'arrêta seulement quand il gouta le sang dans sa bouche.
La douleur le calma un peu et il resta sur le dos. Les yeux rivés au plafond, il se concentra sur sa respiration et réussit à la calmer peu à peu. Bientôt son pouls suivit et il retrouva son état plus ou moins normal.
Il était passé minuit. La nuit était calme et paisible. Kaidoh, qu'un mal de tête empêchait de songer à dormir, se releva et s'assit à son bureau, d'où il avait une vue sur l'extérieur. Il regarda un long moment les étoiles – peu nombreuses à Tokyo – et cela le calma définitivement.
Sans s'en rendre compte, il glissa sur son bureau et tomba endormi.
~xxx~
Vers cinq heures du matin, Kaidoh émergea du sommeil. Il se leva de son bureau un peu trop rapidement et vit des étoiles pendant quelques instants. Quand la vision lui revint, il remarqua que son corps ankylosé lui faisait mal. Il s'étira en grimaçant de douleur et parvint à ramener le tout à un état plus supportable.
Il sortit courir sans avoir mangé au préalable et n'ingéra rien avant l'entrainement. Momoshiro insista pour qu'ils s'étirent ensemble et il ne trouva aucun moyen de lui refuser. En plus, cela éviterait qu'il n'ait à le faire avec Inui.
Son senpai, justement, s'étirait avec Kawamura. Il remarqua bien vite qu'il lui jetait régulièrement des coups d'œil. Pour sa part, il ne le regarda que bien peu, car, chaque fois qu'il posait les yeux sur son visage, son cœur lui faisait atrocement souffrir.
Cependant, il nota bien que le plus vieux ne semblait pas bien aller. Il aurait voulu lui demander ce qu'il avait, mais préféra ne pas aller le voir, de peur d'essuyer un rejet. Inui lui avait bien proposé la veille de ne plus jouer ensemble en doubles...
Kaidoh tenta, en vain, de penser à autre chose, mais il n'avait que ça en tête : le rejet de son senpai. Ses mots tournaient en boucle dans sa tête, lui donnant le tournis. Il se sentait faible, d'ailleurs, et ne savait plus si c'était le manque de sommeil, le manque de nourriture, son senpai ou tout en même temps.
Dès qu'il effectuait un mouvement trop brusque, il se sentait pris de vertiges. Heureusement, il se rattrapait facilement, mais il avait peur qu'on le voie à force. Momoshiro ne sembla pas le remarquer, ou alors il ne fit pas de commentaires. Le serpent lui en était reconnaissant; il avait besoin de tout sauf qu'il lui demande s'il allait, parce qu'il ne savait pas ce qu'il ferait.
Il sembla bien cacher sa condition, parce que personne ne lui parla plus qu'à l'accoutumée, et il se retrouva bien vite en cours.
L'heure du déjeuner fut encore une fois dérangée par la stupide pêche qui, toujours aussi insensible, lui parlait de tout et de rien. Il finit également son bento, que Kaidoh n'avait mangé qu'à la moitié encore, sans lui faire remarquer quoi que ce soit.
Le serpent se demandait pourquoi il prenait la peine de venir le voir. D'ailleurs, il était devenu étrangement proche de lui, et ce, malgré ses nombreux refus. Que se passait-il donc dans le cerveau de l'être le plus stupide qu'il connaissait?
Kaidoh se retrouva à la pratique de l'après-midi sans réponse à cette question, sans aucune réponse d'ailleurs. Inui le regardait toujours autant et semblait tout aussi mal en point. C'était étrange : s'il ne voulait plus l'avoir en double, c'était parce qu'il ne voulait plus le voir, non? Dans ce cas, pourquoi le regardait-il autant?
La suite le troubla encore plus : Tezuka leur demanda de jouer une partie en double et, contre toute attente, Inui accepta. Le serpent ne savait plus quoi penser : hier encore il lui demandait de briser leur duo et maintenant il acceptait de jouer avec lui? Pourquoi?
Frustré, irrité, fatigué, Kaidoh se positionna et tenta de jouer, sans succès. Il n'arrivait pas à se concentrer sur la balle et ça le frustrait encore plus. D'ailleurs, il n'arrivait pas à jouer proche de son partenaire, tant et si bien qu'il manquait plusieurs coups. Son Snake allait dans tous les sens, son Boomerang prit toutes sortes de trajectoires et, finalement, il s'en tint à des coups plus traditionnels.
Ils perdaient 0-3 quand leurs adversaires, Eiji et Oishi – il venait de remarquer que c'était eux –, leur demandèrent enfin ce qu'ils faisaient. Kaidoh siffla pour les taire, profondément agacé par toute la situation, et se concentra enfin sur le match, oubliant les moments de vertige qui le prenaient.
Bien évidemment, ils perdirent avec le honteux score de 1-6 et Kaidoh se tint immobile. Son bras était si fatigué qu'il sentait que sa raquette pourrait tomber d'une seconde à l'autre. Il sentait la sueur qui coulait sur ses tempes, dans son dos, et il se trouvait sale, collant. Son bandana détrempé lui collait sur le front et la chaleur du soleil n'aidait pas.
Quand son senpai fit un geste vers lui, Kaidoh, les nerfs complètement à vif, eut un mouvement de recul impulsif. Il aurait préféré s'avancer vers lui, mais il n'y pouvait rien, il ne se contrôlait plus du tout. Impuissant, il regarda Inui s'en aller sans pouvoir l'arrêter. Il avait l'impression que depuis plusieurs semaines, il ne voyait que cela : son senpai qui lui tournait le dos et s'en allait, le laissait tout seul.
Sa raquette glissa, mais il la retint avant qu'elle n'aille toucher le sol. Bien vite, Eiji et Oishi s'approchèrent de lui. Eiji fut le premier à dire :
- Pourquoi Inui est déjà parti?
Oishi renchérit rapidement :
- Kaidoh, est-ce qu'il se passe quelque chose entre Inui et toi?
C'était trop : son senpai qui le rejetait, le soleil qui plombait, son ventre qui criait famine, son manque de sommeil, son épuisement, la sueur qui le rendait collant et surtout, l'impression que tout le monde le regardait et se moquait de lui...
Son ton se fit dur quand il rétorqua :
- Il se passe rien, merde!
C'était le choc autour de lui et il le sentait, ça l'énervait plus encore, il avait l'impression que tous les titulaires le regardaient et le jugeaient. Il siffla fort et leva sa raquette haut, avant de la lancer sur le sol. Il y avait mis tant de force, malgré son épuisement, qu'elle se brisa sous l'impact.
Les poings fermés serrés, il tomba à genoux et se mit à marteler le sol. À ce stade-là, il avait oublié où il se trouvait, les gens qui l'entouraient. Il n'avait plus qu'une envie, et c'était de se faire mal, encore plus et toujours plus.
On tenta de le faire s'arrêter. Il se débattit sans trop comprendre ce qui se passait et, finalement, les mains qui le retenaient le forcèrent à se relever. Sa vision se troubla et, enfin, il tomba dans les pommes.
~xxx~
Quand Kaidoh émergea, il réalisa qu'il était dans un lit. Il se demanda pendant quelques secondes s'il était de retour chez lui, mais à peine ouvrit-il les yeux qu'il sut que ce n'était pas le cas. Il en était encore à l'étape de se situer lorsqu'il entendit Momoshiro lui dire, sur un ton sérieux et fâché :
- Kaidoh, d'après l'infirmière, ça fait plus d'une semaine que tu dors mal et te nourris mal. Qu'est-ce qui se passe? Dis-le-moi!
Tu parles d'un réveil! Le serpent se retourna pour ne pas faire face à son rival et ne répliqua pas. Il sentit qu'on le prenait par les épaules et qu'on le forçait à se retourner; il en eut un léger vertige et eut du mal à comprendre ce que la stupide pêche lui dit :
- Tu vas me répondre, sinon je vais te forcer de toute façon!
Kaidoh leva le regard et tenta, sans trop de conviction :
- J'ai juste une mauvaise passe.
Momo le relâcha et se rassit sur sa chaise. Tout aussi convaincu, mais d'un ton plus doux, il enchaina :
- Le tournoi du Kantou est dans une semaine et demie. Nous devons être à notre meilleur, tu le sais mieux que personne! En plus, tout le monde s'inquiète pour toi maintenant.
Il détourna le regard et avoua difficilement :
- Même moi... pourquoi tu penses que je vais manger avec toi? Stupide...!
Kaidoh eut un déclic : c'était donc pour ça! Momoshiro s'inquiétait pour lui, et c'était la raison pour laquelle il venait manger avec lui! Un peu attendri, mais sans intention de cracher le morceau, il se retourna et lança :
- Je t'ai jamais demandé de le faire, imbécile...
Pourtant, il se sentait un peu plus heureux. On s'inquiétait pour lui. C'était la première fois qu'il le sentait vraiment – à part pour sa famille évidemment.
- Espèce de Mamushi! Maintenant, tu vas me dire ce qu'il se passe, sinon je donne pas cher de ta peau!
- Ça te concerne pas, murmura le serpent.
- On dirait que ça concerne Inui-senpai par contre.
Kaidoh ne put se retenir : il se retourna rapidement et, après un petit malaise, lança :
- Comment tu sais ça?
Il sourit et répondit :
- Je le savais! Ryoma avait bel et bien raison alors...
Kaidoh fut étonné de la mention du petit prodige, encore plus du fait qu'il utilise son prénom, mais il ne demanda rien et l'autre continua :
- Je pense que la plupart des titulaires l'ont deviné. Vous agissez bizarrement tous les deux. Vous vous êtes fâchés?
Pour une fois honnête, le serpent, en se recouchant, répondit :
- Non.
Momo bougea sur sa chaise, comme s'il était nerveux. Un bref coup d'œil en coin apprit à Kaidoh qu'il rougissait et regardait ailleurs. Il ouvrit finalement la bouche pour demander :
- Est-ce que tu es amoureux de lui?
Kaidoh se retourna prestement pour cacher son visage, qu'il sentit rougir, et siffla fortement, montrant son désaccord. La stupide pêche continua :
- Je sais que ça peut être difficile de réaliser qu'on est... gay, mais, un coup qu'on l'a accepté, on se sent beaucoup mieux!
Le serpent ne se retourna pas, mais il se demandait... d'après sa façon de formuler les choses, c'était tout comme s'il parlait de lui-même. Son point se prouva quand il enchaina, essayant de paraitre décontracté sans trop y arriver :
- Ça a été comme ça pour moi aussi. J'avais... des rêves un peu louches et puis bon, je me... enfin, tu sais, je... bref! Donc je pensais toujours à lui et puis un beau jour, j'ai réalisé que je l'aimais.
Kaidoh mourait d'envie de lui demander de qui il parlait, même s'il avait déjà un doute. Momo le confirma en ajoutant, sur un ton tendre :
- Ce Ryoma... c'est lui finalement qui m'a embrassé en premier, tu sais.
Le silence resta un long moment, avant que le spécialiste en smash ne se racle la gorge et ne dise :
- Bref, Kaidoh, je sais que c'est difficile à admettre, mais je pense que c'est évident : tu l'aimes, ton Inui-senpai.
Kaidoh préféra rester sous les couvertures. Son cerveau tournait, tournait, tant et si bien qu'il réalisa à peine quand l'autre quitta la pièce. Il y resta un long moment, incapable de réfléchir à autre chose que sa dernière réplique qui jouait en boucle dans son cerveau.
Il était amoureux... d'Inui. Il était... amoureux. D'Inui. Lui, Kaidoh Kaoru, était amoureux de son mentor et senpai, Inui Sadaharu.
Il ne sut jamais comment il atteignit sa maison, encore moins comment il se retrouva dans son lit.
