Voilà le PoV de Kaidoh! Je crois qu'il bat des records tellement il est mignon ici! Je comprends trop bien pourquoi Inui a envie de lui sauter dessus...

Bref, bonne lecture! =)


Kaidoh se réveilla jeudi matin plus heureux que jamais. Lui qui vivait d'habitude des matins difficiles était prêt à sourire dès qu'il ouvrit les yeux. Il s'en retint toutefois et préféra s'habiller pour aller courir.

Il passa tout le temps de sa course à moitié dans les vapes, sur un nuage de bonheur, incapable de réfléchir à quoi que ce soit. Il ne pensait qu'au baiser qu'il avait échangé avec Inui. D'ailleurs, ça ne pouvait vouloir dire qu'une chose : son senpai aussi l'aimait.

Une drôle de sensation envahissait sa poitrine à chaque fois qu'il y pensait. C'était tout nouveau, un peu étrange mais pas désagréable. Il avait l'impression que plus rien n'avait d'importance, que tout ce qui importait était son senpai et la probabilité fort élevée qu'il l'aime aussi.

Kaidoh n'aurait pas cru qu'il serait aussi fleur bleue. S'il s'était vu il y a quelques jours à peine, il en aurait sans doute été dégouté, mais maintenant il n'arrivait même pas à s'en soucier. Tout ce qu'il voulait, c'était revoir Inui. Le toucher de nouveau. Espérer qu'il l'embrasse comme la veille à peine.

Il devait aussi avouer qu'il aurait été un peu plus tranquille s'ils s'étaient dit leurs sentiments explicitement. Kaidoh aurait bien voulu amener le sujet, mais il n'avait pas le courage. Il espérait secrètement qu'Inui s'en charge : dans ce cas, il arriverait peut-être même à se déclarer lui aussi.

Kaidoh ne songeait même pas à la possibilité que son amour ne soit pas réciproque. Il s'était décidé à faire enfin confiance à Inui, et, par conséquent, s'il l'avait embrassé, c'était qu'il l'aimait. Il ne l'aurait pas fait autrement.

Il se rendit jusqu'à son collège en se retenant de faire de petits sauts à chaque pas. Il avait beau être extatique, il se gardait quand même une petite gêne. S'il avait su montrer ses sentiments aussi facilement qu'Eiji ou Momo, il aurait sautillé avec un grand sourire sur le visage. Comme il restait la même personne, il se contenta d'un sourire à peine détectable et d'un pas un peu moins rapide qu'à l'habitude.

Il arriva à l'entrainement presque en même temps que son senpai et put s'échauffer avec lui. Ensuite, ils discutèrent comme à l'habitude du menu de Kaidoh. Ce dernier essayait de réagir à peu près normalement, mais il avait du mal : tout ce qu'il avait envie à ce stade était de se jeter dans ses bras. Heureusement, il était habitué à cacher ses sentiments, et donc il arriva à faire comme si de rien n'était.

Tout le long de la pratique, il en resta à proximité et l'observa en coin, le cerveau plein de pensées toutes aussi positives les unes que les autres. Il lui tardait d'être seul avec lui à la rivière. Même s'ils ne faisaient que s'entrainer, ils ne seraient que tous les deux, et Inui concentrerait son regard analytique sur lui et lui seul. Il se sentait heureux rien que d'y penser.

Il se retrouva trop rapidement en cours et passa toute la matinée à penser à son senpai. Il n'aurait même su dire sur quels sujets avaient porté ses cours – lui qui était en général studieux n'arrivait même pas à s'en inquiéter. Il pensait passer la pause-midi tranquillement à rêvasser à son amour, mais à peine s'entama-t-elle que Momo revint le déranger.

Pourtant, il n'était pas venu la veille, et le problème avec Inui était réglé : pourquoi insistait-il?

Kaidoh, de belle humeur, se contenta de maugréer sans enthousiasme et Momo s'installa devant lui. La pêche commença un long monologue que Kaidoh n'écouta pas : il préférait finir son bento en songeant à son senpai une fois de plus.

Son rival le sortit de ses pensées en lui lançant, l'air un peu mal à l'aise :

- Euh, Mamushi, avec Inui-senpai, ça va bien?

Embarrassé, Kaidoh siffla et hocha la tête. Momo ne se contenta pas de cette réponse et continua :

- Écoute, moi je me passerais bien des détails, mais Echizen a insisté, alors... est-ce que vous êtes ensemble?

Il y avait quelque chose de louche dans cette histoire : Kaidoh voyait mal Echizen insister pour savoir s'il était bel et bien avec Inui ou non. Il se demanda si ce n'était pas simplement une excuse, mais préféra ne pas y réfléchir plus et tenta une réponse :

- Stupide pêche, ça te regarde pas. Ça regarde pas plus Echizen d'ailleurs.

Quelque chose dans son attitude dut le vendre, parce que Momo fit un grand sourire et ajouta, totalement à l'ouest de ce que Kaidoh venait de dire :

- Enfin, il était temps! J'espère que vous serez heureux ensemble!

Kaidoh rougit et détourna le regard. Comme il n'ajoutait rien, Momo se releva enfin et, après un au revoir, s'en fut. Un moment après qu'il fut parti, le serpent réalisa que la pêche était venue lui parler seulement pour savoir ce qui se passait avec Inui. S'inquiétait-il à ce point pour lui? Il commençait à se demander jusqu'à quel point Echizen avait rapport dans tout ça d'ailleurs. Avait-il vraiment tout deviné ou Momo l'utilisait-il comme excuse?

Il délaissa rapidement ces questionnements pour revenir encore et toujours à son senpai. Il passa l'après-midi dans le même état que la matinée et se retrouva trop rapidement à l'entrainement. Celui-ci se passa plutôt bien d'ailleurs, sans anicroche. Inui était comme d'habitude, mais Kaidoh comprenait : il ne pouvait pas se montrer affectueux en public quand même.

Il avait tellement hâte de se retrouver à la rivière que la pratique lui parut un peu plus longue qu'à l'habitude. Il réussit quand même à effectuer tous ses exercices et à cacher sa hâte, même s'il passa tout le temps à voler des coups d'œil à son senpai et à songer au moment où ils seraient enfin seuls.

Il espérait vraiment qu'Inui ferait le premier pas, parce qu'il ne s'en sentait pas encore capable. Sinon, il pourrait toujours attendre au lendemain, mais il avait vraiment envie de poursuivre ce qu'ils avaient à peine entamé la veille. Il se demandait si Inui était dans le même état que lui et espérait que ce soit le cas.

Il accueillit la fin de la pratique comme une délivrance et alla se changer rapidement. Il marcha aux côtés d'Inui jusqu'à la rivière et quand ce dernier s'assit dans l'herbe, il resta un moment immobile. S'il avait eu le moindre courage, il se serait assis à ses côtés, mais puisqu'il était un vrai lâche, il reprit son chemin et mit les pieds dans la rivière.

Sous le regard de son senpai, il s'entraina en se jurant qu'il tenterait quelque chose plus tard. Il en était encore là dans ses réflexions quand il remarqua qu'Inui s'était levé. Il s'approcha de la rive et Kaidoh le regarda un moment, incertain de la façon dont il devait réagir. Comme son senpai restait immobile et que ses lunettes cachaient une fois de plus ses yeux, le serpent demanda doucement :

- Senpai...?

Il espérait que de l'appeler ainsi allait le faire réagir, mais le plus grand resta immobile. Kaidoh tout à coup commençait à s'inquiéter : s'apprêtait-il à lui dire quelque chose et ne savait pas comment? Voulait-il lui dire qu'il s'était trompé et qu'il ne l'aimait pas vraiment?

Il accumula le courage de sortir de l'eau et s'approcha pour tenter de le faire parler. Inui le prit totalement par surprise en se jetant sur lui. Il fut incapable de supporter son poids – surtout sans avertissement – et ses genoux lâchèrent. Ils tombèrent tous deux sur le sol, mais Inui ne le relâcha pas.

Kaidoh devait avouer que la position n'était pas très confortable, mais il ne pouvait pas non plus le repousser, sans compter qu'il appréciait quand même d'être dans ses bras. Il aurait juste voulu, de un, pouvoir se replacer un peu, et, de deux, qu'Inui lui explique pourquoi il lui sautait tout à coup dessus. D'ailleurs, son silence commençait à le stresser et il finit par trouver le courage de lui demander :

- Senpai, qu'est-ce que tu fais?

L'étreinte se resserra autour de lui et enfin son senpai ouvrit la bouche pour lui dire :

- Honnêtement, je n'en ai aucune idée.

Kaidoh était encore plus perdu qu'avant, aussi il se contenta de rester sur place, sans lui rendre son étreinte mais sans le repousser pour autant. Son cœur commençait à battre vite et il avait du mal à bien réfléchir. Tout ce qu'il voulait, vraiment, c'était qu'Inui cesse de le faire languir et lui explique pourquoi il agissait aussi étrangement. Il aurait voulu lui demander, mais ne trouva pas les mots.

Inui en profita pour se replacer et Kaidoh fit de même. La position n'était toujours pas parfaite, mais au moins il n'était plus inconfortable. Enfin, le plus grand s'expliqua, au creux de son oreille, et le simple fait de sentir son souffle le fit rougir.

- Kaidoh, je t'aime. Je t'aime tellement que je pourrais me suicider si tu me le demandais. Je... je ne sais plus quoi faire... je tourne en rond... dis-moi, Kaidoh, est-ce que c'est correct si je t'aime? Est-ce que j'ai le droit de t'avoir?

Ces paroles ne firent qu'ajouter à son rougissement et il sentait ses joues en feu. Il aurait voulu répondre que lui aussi l'aimait, mais à la place il siffla. Finalement, son insécurité fut la première à parler et il demanda, la voix un peu tremblante :

- Senpai, tu... tu es sûr que tu veux de moi?

Kaidoh l'entendit répondre presque tout de suite, avec toute l'assurance dont il pouvait faire preuve :

- Sûr et certain.

Tous les doutes du serpent disparurent enfin et il se permit de rendre l'étreinte de son senpai. Tout bas, il réussit à le rassurer un minimum, même s'il aurait voulu pouvoir dire plus :

- Alors, ça va, je crois...

Inui se laissa aussitôt aller un peu plus contre lui et sa voix se fit encore plus proche de son oreille quand il lui répéta plusieurs fois qu'il l'aimait. Kaidoh aurait voulu répondre, au moins une fois, mais il n'en trouva pas le courage et ferma plutôt les yeux. Son cœur se débattait et il sentait celui de son senpai faire de même, contre le sien. Tous les points qui étaient en contact avec lui le brulaient presque, et il était tout à coup si bien, dans son étreinte et ses déclarations d'amour, qu'il aurait passé sa vie entière ainsi.

Il fut presque déçu quand Inui se recula un peu, mais fut vite récompensé par son regard qu'il voyait une fois de plus au travers de ses lunettes. Il n'aurait jamais cru qu'un amour aussi fort puisse lui être dirigé, et pourtant il devait admettre que c'était bien le cas. Ses yeux rapidement se fermèrent et, enfin, Kaidoh reçut le baiser qu'il attendait depuis la veille.

Il tenta de répondre et, si au départ il était malhabile, il prit bien vite de l'assurance. Le temps passa si vite qu'il ne le nota pas, mais il remarqua à un moment que le soleil s'était couché. Il repoussa doucement Inui et, sans le regarder dans les yeux, lui fit remarquer :

- Senpai, il fait noir...

Inui jeta un œil à sa montre et Kaidoh en profita pour regarder : il était vingt heures. Ils avaient passé un bon deux heures à s'embrasser sans même le remarquer! Jamais le serpent n'aurait cru qu'une telle chose puisse lui arriver; le pire, c'était qu'il n'avait aucune envie d'arrêter.

Le plus grand, après lui avoir donné un autre baiser, se releva et l'aida à faire de même. Une fois debout, Kaidoh alla récupérer son sac et remit ses souliers. Alors qu'il venait de finir, son senpai lui demanda sans préambule :

- Kaidoh, tu veux venir chez moi demain soir?

Le kouhai commença par siffler pour se donner le temps de réfléchir et il réalisa que le lendemain, on était vendredi. Il n'avait donc rien de prévu et peut-être même qu'il pourrait oser dormir chez lui... Il hocha finalement la tête et Inui ne perdit pas une seconde pour se rapprocher une fois de plus et l'embrasser.

Quand il le relâcha, Kaidoh regarda son senpai de manière presque suppliante. Il avait tellement envie qu'il continue qu'il ne saurait plus s'arrêter s'il s'y mettait encore, et c'est pourquoi il lui fit remarquer :

- Senpai, il est tard...

- Je sais, insista Inui, juste encore un peu, un tout petit peu...

Kaidoh était tiraillé entre l'envie de le repousser et de l'attirer contre lui. Finalement, le plus vieux mit fin à son dilemme en l'embrassant une dernière fois rapidement et en se reculant enfin. Le serpent faillit faire un geste pour le retenir, mais se reprit juste à temps. Inui lui fit un sourire qui le fit fondre une énième fois et lui lança :

- À demain, Kaidoh! Dors bien.

Pour éviter de le retenir, pour éviter de se jeter sur lui, il baissa le regard vers le sol et répondit simplement :

- Toi aussi, Inui-senpai.

Avant de se donner le temps de changer d'idée, il se retourna et s'en alla rapidement. Il était surpris par son attitude – après tout, ce n'était pas comme si Inui allait disparaitre du jour au lendemain non plus. Ils auraient tout le temps du monde pour se voir seuls à seuls le lendemain soir, et, pourtant, il pouvait à peine attendre. S'il n'en était que de lui, il se retournerait et le rattraperait, ne serait-ce que pour le voir cinq minutes de plus.

Il atteignit sa maison sans pouvoir retenir son sourire. À peine rentra-t-il que Hazue vint l'accueillir à la porte.

- Kaoru-nii-san, okaeri!

Comme il se sentait particulièrement heureux, Kaidoh passa une main dans les cheveux de son frère et lui répondit :

- Tadaima!

Le plus jeune lui fit aussi un sourire et Kaidoh enleva finalement ses souliers. Après avoir avalé son repas, il retourna dans sa chambre et ce ne fut pas long qu'on cognât à la porte. Hazue s'y trouvait sur le pas et le plus vieux le fit entrer. Après un petit silence, l'élève de primaire demanda :

- Alors, Nii-san, ça va mieux?

Kaidoh hocha la tête et enchaina :

- Désolé de t'avoir inquiété, Hazue.

Le jeune lui assura avec un sourire :

- T'inquiète pas pour ça. J'espère que ça ira bien avec Inui-san.

Le rouge lui monta tout de suite aux joues et Kaidoh voulut demander ce qu'il savait, mais le fourbe préféra se relever et le quitter sur ces paroles :

- Bonne nuit, Kaoru-nii-san!

Il n'eut même pas le temps de répondre que Hazue était déjà sorti de la pièce. Il essaya de se mettre à ses devoirs sans succès et passa la soirée à penser encore à son senpai et à combien il avait hâte de le revoir.