Voilà, enfin, le lemon! Ou plutôt la première partie, la partie d'Inui. J'espère qu'il sera un minimum intéressant, j'ai aucune confiance dans mes lemons en général.
Sinon, cette histoire tire pas mal à sa fin. Je ne sais toujours pas comment je vais finir... en tout cas vous aurez le PoV de Kaidoh comme d'habitude au prochain chapitre, mais après ça je sais pas, peut-être que je finirai là... En tout cas je vous tiens au courant!
Bonne lecture!
L'amour rendait peut-être aveugle, mais pas au point de dénaturer complètement une personne. Inui était heureux du dénouement qu'avait atteint sa relation avec Kaidoh; cependant, il n'en demeurait pas moins un calculateur, un probabiliste. Ce qui était tout aussi certain, c'était qu'il ne pourrait pas survivre sans comprendre, dans le détail, ce qui s'était passé pour mener à une telle situation.
Il avait une bonne idée de ce qui expliquait ses propres agissements : il était tellement pris dans l'idée qu'une relation avec Kaidoh ne fonctionnerait pas qu'il avait tout interprété dans ce sens. De même, c'était son affection qui l'avait empêché de prendre en compte toutes les variables qu'il aurait pourtant dû voir.
Cependant, il ne comprenait toujours pas, à ce jour, ce qui s'était passé du côté de Kaidoh, et ça commençait à devenir intolérable.
Il s'était proposé d'attendre la fin du premier match contre Hyoutei, au cas où ça causerait des problèmes, mais il se savait à présent incapable d'attendre si longtemps. On était à peine vendredi (le quiproquo était levé depuis deux jours seulement), et il trépignait déjà en rédigeant dans son cahier mille-et-une explications, sans trouver la plus probable.
C'est pourquoi il décida de prendre le taureau par les cornes. Bien sûr, il ne ferait rien pour détériorer leur toute nouvelle relation, mais il fallait qu'il sache. Il comptait bien utiliser le moment où Kaidoh viendrait chez lui pour lui poser des questions et ainsi lever le voile sur le mystère.
C'était la première fois que le serpent venait chez lui et il semblait nerveux. Inui songea avec tendresse qu'il y avait 99% de chances qu'il soit intimidé par l'idée d'être seul avec lui.
Lorsqu'ils entrèrent chez lui, Inui proposa à Kaidoh de prendre une douche – ils revenaient de leur entrainement – et celui-ci accepta. Le senpai lui sortit des vêtements et plusieurs pensées perverses envahirent son cerveau – décidément, l'idée que le serpent porte ses vêtements lui plaisait. Le principal intéressé prit ce qu'on lui offrit avec un sifflement et se dirigea jusqu'à la salle de bain.
Pendant qu'il se lavait, Inui retourna dans la cuisine leur préparer un encas. Ensuite de quoi, il retourna dans sa chambre et se sortit des vêtements propres. Kaidoh fit bientôt son entrée, les cheveux détrempés. Les manches de son chandail dépassaient quelque peu ses mains et il était généralement trop large; le pantalon semblait ne tenir que grâce à la ceinture qu'il avait cru bon lui donner. Rajoutons à cela ses joues qui prenaient une teinte cramoisie et Inui se sentit aussitôt excité.
Prestement, il se releva et, en se dirigeant vers la sortie, proposa à Kaidoh de manger ce qu'il avait apporté. Il accepta et le senpai put se diriger à la douche. Il mit l'eau bien froide et, après un bon cinq minutes, sentit l'érection qui menaçait de poindre se calmer enfin. Il remit l'eau chaude pour se réchauffer et ressortit de la salle de bain après s'être habillé.
Il trouva son kouhai assis à son bureau, un verre d'eau à moitié vidé dans les mains. Il avait retroussé les manches pour qu'elles ne le gênent pas. Inui se sentit sourire en pensant qu'il aurait dû lui donner un t-shirt plutôt – était-ce son inconscient qui souhaitait le voir ainsi?
Comme il n'y avait pas d'autres chaises dans sa chambre, Inui s'installa sur son lit. Il cherchait quoi dire quand son partenaire de double demanda :
- Tes parents sont pas là?
Le sourire d'Inui devint un peu triste quand il répondit :
- Ils le sont presque jamais. Trop occupés.
- T'as pas de frères et sœurs? insista Kaidoh.
- Non. Je suis toujours tout seul ici.
Pour la première fois, Inui réalisa à quel point il se sentait seul. Il avait cru qu'il avait depuis longtemps accepté la situation, qu'il était parfaitement apte à vivre tout seul. À un moment, il avait même déterminé qu'il était mieux ainsi, sans parents pour lui dicter quoi faire. N'était-ce qu'un moyen de se mentir à lui-même?
Il ne réalisa que Kaidoh s'était assis à ses côtés qu'au moment où il sentit son épaule frôler la sienne. Il se retourna donc vers son amour qui, sans le regarder, lui demanda :
- Tu te sens pas seul?
Avec un petit sourire, Inui répondit honnêtement :
- Moins depuis que tu es là. D'ailleurs, je songeais à acheter un chat. Tu penses que ce serait une bonne idée?
Le serpent eut un petit sourire, mais ne prit pas la peine de répondre, surement parce que c'était tellement évident. Il redevint néanmoins sérieux et ajouta :
- C'est bizarre la solitude. Des fois je voudrais que personne vienne me déranger, j'aimerais être seul au monde, mais c'est toujours dans ces moments-là que je voudrais que quelqu'un soit là. Juste là pour moi.
Inui replaça ses lunettes et, après quelques réflexions, ajouta :
- Peut-être que tu ne souhaites pas être seul, que tu en as seulement l'impression.
Kaidoh baissa un peu la tête.
- Senpai, est-ce que toi aussi tu voudrais que quelqu'un soit là?
Le plus grand passa ses bras autour de lui et, après avoir installé son visage dans son cou, lui répondit :
- Je voudrais que tu sois là, Kaidoh. Toujours.
Après un sifflement, l'autre ajouta tout bas :
- Moi aussi.
Un silence calme et paisible s'installa. Inui resserra son étreinte autour de celui qu'il aimait et en oublia toutes les questions qu'il se posait sans cesse. D'ailleurs, il en oublia tous les projets qu'il s'était donnés et se contenta de sentir la chaleur de son petit ami. Néanmoins, vint un moment où ils se délaissèrent pour se regarder et Inui retrouva la raison.
Il se releva prestement et s'assit à son bureau, où il sortit son cahier. Puis, il se retourna vers son amoureux et lui demanda :
- Kaidoh, je veux que tu m'expliques tout ce qui s'est passé.
Le serpent afficha une mine incrédule et demanda :
- Quoi?
Inui précisa sa pensée :
- Je veux comprendre comment nous en sommes arrivés à ce point. Je veux savoir ce qui s'est passé de ton point de vue ces trois dernières semaines.
Tout dans sa gestuelle montrait qu'il était à la fois mal à l'aise, intimidé et abasourdi. Inui n'était toutefois pas prêt à en démordre, et Kaidoh devait le sentir, parce qu'il finit par s'exprimer :
- Je sais pas trop par où commencer...
Inui, qui s'était préparé à cette réponse, enchaina :
- Dans ce cas, je vais te poser des questions, d'accord?
Kaidoh hocha la tête avec incertitude et le calculateur se plongea dans son cahier. Il avait noté ses questions en ordre chronologique et il commença donc par :
- Quand j'ai été malade pendant la fin de semaine, il y a trois semaines, pourquoi ne m'as-tu pas contacté du tout?
Il prit du temps avant de répondre :
- Tu m'avais dit de pas venir. J'ai cru que tu voulais pas me voir.
Inui avait envie de lui dire qu'il ne l'avait pas empêché de lui écrire, mais comme il ne tenait pas à le faire culpabiliser plus que de raison, il préféra se taire et noter la réponse. Il enchaina ensuite :
- Le lundi qui a suivi, tu ne m'as jamais demandé si j'allais mieux.
Kaidoh prit un air honteux et Inui commença à réaliser qu'il avait l'air de lui reprocher ses actions; cependant, il tenait trop à savoir pour le couper.
- J'ai pensé à te le demander, mais comme tu me demandais rien et que tu étais redevenu normal, j'ai pas réussi à le faire...
- «Normal»? Qu'est-ce que tu veux dire?
Inui avait délaissé son crayon pour observer son petit ami, qui tenta de lui expliquer :
- La semaine avant, t'avais manqué un entrainement à la rivière. Je t'ai pas appelé parce que j'ai cru que tu le ferais. Même le lendemain, je voulais te demander, mais j'ai pas réussi parce que tu semblais bizarre. Et pis comme tu me l'as pas dit je me suis dit que peut-être que c'était pas de mes affaires et après j'arrivais plus à te poser des questions...
Le calculateur se figea en se rappelant l'évènement qu'il avait totalement mis de côté. Comment avait-il pu l'oublier? Alors même que c'était le moment où il avait réalisé ses sentiments!
- Alors, tenta-t-il de réexpliquer dans ses mots, parce que je ne t'ai pas dit où j'étais allé, tu as cru que je te le cachais intentionnellement et c'est à partir de là que tu as perdu confiance en moi?
Quand Kaidoh hocha la tête, Inui se sentit plonger dans un abime. Tout était vraiment de sa faute! Si seulement il n'avait pas été aussi stupide et s'il s'était expliqué, ils n'auraient pas traversé autant d'épreuves! Il laissa son visage tomber dans ses mains en s'excusant à voix basse. Puis, sans le relever, il expliqua :
- Cet après-midi-là, j'ai réalisé que j'avais dans mon cahier plus de pages qui te concernaient que n'importe qui d'autre. En gros, j'ai réalisé mes sentiments pour toi. Ça a été un choc; je suis revenu dans ma chambre et j'ai passé la soirée à me demander où était la logique de l'amour. C'est stupide, non?
Kaidoh rétorqua aussitôt :
- Non, senpai. C'est moi, j'aurais dû juste te demander...
Inui décida qu'il en avait assez appris pour l'heure et il se releva pour reprendre sa place à côté de celui qu'il aimait. Il le força à le regarder et se pencha ensuite sur lui pour l'embrasser. Kaidoh lui répondit presque aussitôt et Inui le fit lentement se coucher sur le dos. Il s'installa sur lui et approfondit encore plus leur baiser.
Au bout d'un moment, il délaissa sa bouche pour lui murmurer :
- Je t'aime, Kaoru.
Le serpent siffla et rougit encore plus, mais il réussit à répondre péniblement :
- M-moi aussi, senpai!
Inui eut un petit rire et, en enlevant ses lunettes pour les poser sur la table, lui demanda :
- Appelle-moi Sadaharu, Kaoru.
Ce dernier déglutit et nia de la tête. Le probabiliste ne put s'empêcher de sourire et il posa doucement sa bouche sur la sienne. L'autre se laissa faire sans broncher – de toute façon ça lui épargnait de l'appeler par son prénom. Son incapacité à ne pas utiliser des honorifiques était tout simplement craquante.
D'ailleurs, l'érection qui plus tôt menaçait de poindre devenait de plus en plus problématique. Inui, sous l'influence de son instinct, avait commencé à caresser son kouhai d'une manière tout sauf innocente. Ce dernier ne semblait pas contre l'idée et s'agrippait à ses épaules. Incapable de se retenir plus longtemps, Inui se frotta le bassin contre celui du plus jeune et c'est alors qu'il réalisa qu'il était tout aussi excité que lui.
Le senpai s'attaqua à son cou sans arrêter le mouvement et l'autre gémit son nom. Quelques minutes de frottement plus tard, Inui se surprit à jouir déjà en prononçant son prénom. Il allait s'excuser d'avoir fait si vite – ils étaient encore habillés! – quand Kaidoh murmura :
- Désolé, senpai, j'ai...
Attendri malgré lui, Inui lui donna un baiser sur le front et s'exclama :
- On a toute la soirée devant nous. Et puis, j'ai joui moi aussi.
Les joues de Kaidoh, qui étaient déjà cramoisies, prirent une teinte encore plus foncée qui s'étendit jusqu'à ses oreilles. Il devait être embarrassé par l'emploi du mot qu'Inui utilisait si facilement. D'ailleurs, le calculateur avait fait exprès pour employer celui-là : il adorait quand son kouhai rougissait.
Pour se faire pardonner, il l'embrassa de nouveau et, cette fois, il lui enleva son chandail. Après avoir retiré le sien également, il se pencha à nouveau sur lui pour le caresser une fois de plus. Les mains de Kaidoh, qui avaient d'abord été sur ses épaules, plongèrent dans ses cheveux. Quand il se sentit de nouveau en érection, il s'attaqua à la ceinture du serpent, qui se laissa faire en sifflant d'embarras.
Il lui enleva rapidement ses pantalons et fit de même avec les siens. Il sentait les sous-vêtements de son kouhai humides et c'est pourquoi il les lui enleva immédiatement, révélant un sexe déjà bien gorgé de sang. Par réflexe, le plus jeune referma ses jambes, mais Inui les tint ouvertes et décida bien rapidement de la suite des choses.
Sans prévenir, il posa ses lèvres sur le gland et y passa la langue. Kaidoh ne put retenir un gémissement plus fort que les autres et Inui se sentit sourire. Il commença à sucer en jetant de temps à autre des coups d'œil à son petit ami, qui était trop perdu dans son plaisir pour même se souvenir qu'il était là. D'ailleurs, il n'eut pas la présence d'esprit de lui signaler quand il éjacula et Inui reçut sa semence directement dans la bouche.
Lorsqu'il se releva en recrachant le liquide dans sa main pour le recueillir, Kaidoh sembla enfin réaliser ce qu'il venait de faire et il afficha une expression désespérée en s'excusant. Inui lui assura que ce n'était pas grave et préféra s'attaquer à la suite des choses.
Sans le faire attendre, il enfonça ses doigts lubrifiés par le sperme entre les fesses de Kaidoh, qui de toute évidence ne s'y attendait pas. Il produisit un petit cri et lui demanda d'une petite voix :
- Senpai, qu'est-ce que...?
Avec un sourire rassurant, il lui expliqua :
- Je te prépare, Kaoru.
Inui sentit qu'il allait lui demander pourquoi, mais il sembla trouver la réponse par lui-même, parce qu'il rougit encore plus et siffla de défaite. Néanmoins, il se laissa faire et le probabiliste put continuer son travail.
Quand il le sentit prêt, il se débarrassa enfin de ses propres sous-vêtements et se positionna. Par acquit de conscience, il demanda au serpent s'il était prêt et celui-ci opina du chef, alors il commença à s'enfoncer en lui. Lorsqu'il atteignit le fond, il marqua une pause pour lui laisser le temps de s'habituer, mais ce ne fut pas long que Kaidoh lui demandât, en murmurant :
- Senpai...
Inui lui accorda sa demande implicite et se mit en mouvement. Tous deux gémirent en cœur pendant que la cadence accélérait de plus en plus. Inui s'attaqua une fois de plus à son cou et le serpent s'accrocha désespérément à ses épaules. Ce ne fut pas très long qu'Inui déjà affirmât :
- Kaoru, je, je vais...
Puis il se lâcha à l'intérieur de son kouhai, qui, peu après, jouit lui aussi. Après s'être retiré, il se laissa tomber sur lui et ils reprirent leur souffle ensemble. Enfin, alors qu'Inui se disait qu'ils devraient reprendre une douche, l'estomac de Kaidoh leur rappela, d'un son disgracieux, qu'ils n'avaient pas encore mangé.
Inui eut un petit rire et reprit ses lunettes avant de proposer qu'ils mangent. Kaidoh accepta et, après s'être nettoyés et rhabillés sommairement – ils s'occuperaient de mieux nettoyer après –, ils se dirigèrent ensemble jusqu'à la cuisine, où ils apprirent qu'il était passé vingt heures.
Inui sortit deux plats de son réfrigérateur et les fit chauffer. Ils mangèrent sans vraiment discuter, mais, quand ils finirent, Kaidoh lui demanda, en évitant son regard :
- Est-ce que je peux dormir?
- Bien sûr, répondit immédiatement son senpai. Tu veux appeler tes parents?
L'autre hocha la tête et, après qu'il eut passé son coup de fil, ils se retrouvèrent tous deux dans la chambre d'Inui. Ce dernier passa un pyjama à son kouhai et lui proposa d'aller se doucher pendant qu'il changeait le lit. Quand Kaidoh revint, Inui fila lui aussi à la douche.
Ils passèrent le reste de la soirée dans le chaud du lit à discuter de toutes sortes de choses. Inui, plus heureux que jamais, eut enfin les réponses à la plupart de ses questions.
Kaidoh l'avait peut-être mis échec et mat, mais c'était pour le meilleur, il le réalisait enfin.
