Bonjour à tous !

Aujourd'hui à nouveau, un petit chapitre (petit, petit... comme tu y vas... C'est pas le plus court hein !) envoyé depuis l'appart d'une pote chez qui on fait une petite soirée Dragon (pour rester dans le thème !) et je profite de quelques minutes de répit pour m'occuper de ça !

Merci beaucoup à toutes les personnes qui ont reviewsées, favoritées, followées... Les néologismes sont ma passion. Parfaitement.

Donc comme d'habitude, Guest !


Réponses aux guests :

ellexa : et bien bienvenue à toi ! Et ravie d'ensoleiller un peu tes sombres jours de rentrée ^^

Mais je ne dirais rien au sujet de Krok, Harold ou tout lien qui pourrait se faire entre Harold et les dragons. Il faudra attendre comme tout le monde ! 0:)

Rimen 14 : Toujours là, toujours présent !

C'est marrant, je me suis faite la même réflexion lorsque j'ai écris ce passage avec Krane et la pierre : "HEAD SHOOOOT !" x)

Pour ta question : je ne suis pas fan des trucs de jaloux. Vraiment, je ne comprends pas ce sentiment alors j'ai énormément de mal à l'utiliser x) Mais je considère que de toute façon, Rustik savait qu'il n'avait absolument aucune chance avec Astrid et Harold a prouvé sa valeur. Dans sa tête il a ''laissé" Astrid à Harold en toute dignité.

J'ai pensé au truc avec Milidew. J'ai ma petite idée sur ce qui va lui arriver :)

Ah ça va, les bûchers virtuels c'est pas trop grave. T'imagines même pas ce que j'ai pris lorsqu'une amie qui a lu ma fiction m'a fait après avoir fini Harold le Banni. J'ai pris un coup o.o

AETO : Evidemment qu'il y aura un truc avec les dragons ! ... Il faut juste attendre un peu qu'ils arrivent c'est tout :)

Pour ce qu'il en est Gustave n'a pas le droit à la parole pour le moment. Peut-être plus tard mais vu que je reste assez sur le canon (*tousse* Rustik *tousse* Harold) et que Gustave n'est pas assez fouillé pour moi, j'ai dû mal à l'utiliser. Peut-être plus tard ou... peut-être que tu viens de me donner une idée... qui va changer quelques petits détails dans les suite qui sauraient se gérer... On verra ^^

Milidew ? (mais tout le monde veut sa peau ma parole ! XD) J'ai ma petite idée, j'y travaille encore mais je pense que je tiens le bon bout avec son cas ^^

Sogna : Et oui il faut toujours attendre avec moi, je me laisse désirée ! (oui, je sais, les dragons se font désirée mais j'ai le droit de rêver !)

Est-ce qu'Hilda aurait été sauvé si Harold était décédé ? Mais... est-ce qu'Hilda aurait été dans la forêt juste ce jour là ? est-ce que Stoick n'aurait pas brûler la forêt de rage ? Mais ne se serait-elle pas morte le jour où, Gothi ne passant pas par là pour aller chercher quelque herbes pour Harold le blessé, se serait-elle étouffée avec cette stupide arrête sans que ses parents ne puissent faire quoi que ce soit ? Tu vois, tant de choses auraient pu changer ! (ou comment ne pas devoir à répondre à la question grâce à l'enseignement d'Asimov...)

Pour le critère : je trouve que les yeux sont quelque chose de trop unique pour pouvoir en faire un critère (et puis je parle plutôt en regard moi). De plus, dans l'état dans lequel je l'ai fait dans le Sud, Harold ne lève plus vraiment les yeux pour regarder les gens en face (mais tu verras tout ça dans le spin-off). Le caractère est aussi quelque chose de trop personnel, surtout celui d'Astrid. Et puis n'importe qui aurait été brisé avant d'arriver jusqu'à lui. Alors la blondeur me semblait être le seul choix possible et le plus logique.

Bon courage à toi aussi :)

Maev : Eh non pas de bisou ! Trop de guimauve tue la guimauve !

Et bien j'espère que ce chapitre relèvera le niveau par rapport à l'autre (je le préfère nettement celui-là !):)

Kira : Combo fois trois... Kira WINS !

1) Je n'ai malheureusement pas fait Harold friand de bagarre. Il a déjà découpé en petit morceau des hommes qui faisaient deux fois la taille de Rustik, il a pas envie de ramener du travail à la maison B)

Est-ce qu'il y a une rapport entre la disparition des dragons et Harold ? Va savoir...

2) Les culottes de Gueulfor sont un truc assez récurants dans la série et les courts métrages. L'images de la culottes qui s'envolent gracieusement de derrière les rochers pour élégament s'échouer dans le tas et la réplique la plus épique d'Harold : "J'aurais pu vivre sans cette image en tête." ... C'est quelque chose qui ne s'explique pas :'')

3) Je crois que beaucoup aimé plus lorsqu'il était inexpressif mais pour moi il reste au fond de lui le petit Harold qui ratait à peu près tout ce qu'il entreprenait. Harold le Banni n'était qu'un masque qu'il s'est forgé avec le temps qui était censé le protéger. Et Astrid fait tout pour lui montrer qu'il n'a plus à le faire.


Merci encore une fois (oui je sais que ça ne te plaît pas et je m'en fiche !) à Naemos, qui a encore fait une excellent travail sur ce chapitre ! (mais y'avait moins de fautes que d'habitude, na !)


Et j'ai une annonce à faire : nous venons officiellement de passer les 100 reviews il y a de ça deux heures environ ! Merci à Juju d'ailleurs :) Bravo à tous !


Enfin ! Bon, la prochaine fois, et parce qu'avec la reprise des cours et les révisions, j'aurais vraiment moins de temps, je ne répondrait aux reviews que lorsqu'il y aura des questions (mais n'hésiter pas à en poser). Et comme ça, ça fera moins de blabla *.*

Bref, le chapitre est enfin là !


Beurk la Honteuse

Chapitre 6 :

Astrid ramena Harold dans sa demeure provisoire de convalescence où d'une pression sur les épaules, elle fit s'assoir le jeune homme frigorifié devant la cheminée éteinte. D'une efficacité surprenante, elle lui trouva une couverture puis les buches pour le feu qui rapidement crépita dans l'âtre. Enfin, elle s'accroupit devant le garçon et lui frictionna avec force ses cheveux mouillés et ses bras, parcourus de chair de poule à travers les tatouages.

S'il n'attrapait pas la mort tant espérée après ça, il avait une santé de fer.

Harold ne parlait pas. Harold ne parlait pas beaucoup d'ordinaire mais là c'était pire que tout.

Il s'était muré dans un silence parfait, pas un bruit, pas un souffle. Même son corps ne paraissait pas émettre le moindre son lorsqu'Astrid frottait le tissu contre sa peau nue.

Ou peut-être était-ce sa respiration à elle qui masquait tous les autres bruits ?

Et puis merde.

« Tu est un idiot. »

Il ne répondit rien. Devant le feu, il ne disait rien. Même ses yeux ne remontèrent pas jusqu'à elle, plongés dans le feu de la cheminée qui commençait à partager avec eux sa chaleur.

« Un parfait crétin. »

Encore une fois, seul le silence lui fit écho.

« Imbécile. Stupide. Troll des montagnes décérébré… »

De nombreuses insultes hautes en couleur furent bientôt les seuls sons possibles à entendre dans la petite bâtisse. Même le crépitement des flammes se noya derrière le flot de juron qui traversa les lèvres de la blonde. Jurons que même les jumeaux n'auraient jamais osé prononcer.

« Mais c'est pas vrai ! »

Le tissu entre les doigts, Astrid frappa du poing sur le torse du garçon qui ne bougea pas. La jeune femme avait fermé les yeux, les larmes sur le point de couler malgré elle.

« Mais tu te rends compte de ce que tu étais en train de faire ?! Tu as menacé le Chef ! Le Chef bon sang ! Et si quelqu'un vous avait vu ?! »

En temps normal, Harold aurait certainement répondu que personne ne les avait vus, que la question n'avait donc pas lieu d'être.

Mais là encore, il ne dit rien. Amorphe. Inerte. Absent.

Vide.

Dans un profond soupir, Astrid vint échouer sa tête sur la clavicule du jeune homme. Sa peau encore froide la fit frissonner mais elle resta là, sans bouger, pendant un temps qui lui sembla être une éternité.

Jusqu'à ce qu'enfin, la voix d'Harold se fasse entendre dans la petite bâtisse.

« J'ai eu peur. »

Astrid ne dit rien. Elle se contenta d'ouvrir les yeux, attentive au moindre son, bruit, parole que pourrait laisser échapper le Banni.

Tout était un jeu d'interprétation avec lui.

« Pour la première fois depuis des années, j'ai eu peur. Pas pour le village. Pas pour quelqu'un. Pour moi. »

Cette fois, la jeune femme cilla un peu en comprenant ce qu'Harold voulait dire par là.

Et ce n'était pas quelque chose dont elle était ravie. Loin de là.

« J'ai peur de lui… Commença-t-il à sangloter. Je pensais… que je pourrais avaler ça mais… j'ai toujours aussi peur… »

Depuis le premier jour, Astrid avait été témoin de la peur viscérale que l'image de Stoick infligeait à son propre fils. Mais elle pensait qu'avec les semaines qui s'étaient succédées, l'ouverture progressive du cœur d'Harold face au village et ses sourires qu'elle était parvenue à décrocher de lui, cette peur se serait atténuée.

Elle avait minimisé la mémoire d'un enfant brisé et le poids d'un père dans ses souvenirs.

« C'était moi cette fois… Continuait Harold. Ce n'était pas la Mort Rouge c'était moi… Moi qui levais mon arme ! J'étais prêt à le tuer ! Je voulais le tuer ! Je veux le tuer Astrid ! »

Coupant court à ses paroles, la jeune femme entoura son visage de ses bras, comme elle l'avait fait quelques jours auparavant. Elle le sentit continuer à murmurer des mots sans en comprendre le sens, sans savoir même s'ils en avaient pour le garçon.

Lorsqu'enfin il se tut, ils restèrent ainsi, sans que ni l'un ni l'autre n'ose faire un geste, comme en équilibre sur un trop mince fil pour eux deux.

Astrid ne savait pas quoi faire. Elle ne savait plus quoi faire.

Elle ne pouvait pas le laisser comme ça, cette peur ancrée en lui de la sorte. Il fallait qu'elle le réconcilie avec non pas son père, mais au moins son image.

Que ce soit pour la santé physique du père, que celle mentale du fils.

« Astrid… »

La guerrière releva un peu la tête à l'entente de son prénom, masquant la surprise qui l'assaillie devant l'absence de larmes du jeune homme.

« Est-ce que… tu pourrais me laisser seul… s'il te plaît ?

- … Tu… es sûr que tu ne veux pas que je reste ?

- Je ne veux pas que tu me vois craquer… encore. S'il te plaît.

- Je n'ai pas envie de te laisser seul com- !

- Astrid ! »

La jeune femme sursauta. Ce n'était pas cette voix qu'il utilisait pour donner les ordres inévitables qu'il prononçait. Non. C'était plaintif. Suppliant. Désespéré.

« S'il te plaît… » Répéta-t-il.

Astrid ferma les yeux à nouveau avant de lentement se détacher du corps du garçon.

Alors au fond de lui demeurait la fameuse fierté des Vikings. Elle pensait qu'avec le temps il était passé outre mais non. Il devait avoir trop pleuré ces derniers temps.

Trop craqué. Devant elle.

« Tu sais où me trouver si tu as besoin de quelque chose. »

Il ne répondit pas. Une nouvelle fois emmuré dans ce silence si pesant que lui seul pouvait supporter.

Dans un soupir, Astrid sortit lentement de la demeure. Lorsque la porte se referma, elle eut l'impression de l'enfermer dans son propre cauchemar.

Mais ce n'était plus elle qui pouvait le faire sortir de cette peur de l'homme qui l'avait détruit.

Avec un peu d'espoir, il n'aurait pas à appliquer la méthode la plus radicale pour la faire disparaître.

Le faire disparaître.

oOo

« Il a détruit tout ce qu'il nous restait !

- Ne nous emportons pas, ce sont les dragons qui-…

- Qu'il a lui-même délivré !

- C'était un accident !

- Il est de mèche avec les dragons !

- C'est une calamité qui va nous coûter la vie un jour !

- Il faut se débarrasser de lui !

- Ils ont raison, ce garçon n'a plus sa place parmi nous !

- Il doit disparaître !

- Qu'il aille au diable !

- Qu'il se fasse dévorer !

- Taisez-vous ! »

Le silence se fit. Les respirations rendues sourdes par les cris se retinrent. Puis la sentence.

« J'entends bien vos réclamations. L'acte est trop grave pour rester impuni. Ce soir, Harold sera banni. »

Cette fois, ce fut sa respiration qui se figea, ses yeux écarquillés, le visage blême et les membres tremblants.

Banni.

Il était banni.

Contre toute attente, son esprit devient étrangement clair. Il savait ce qu'il devait faire, ce qu'il devait faire le plus vite possible. Il courut. Il courut aussi vite que lui permettait ses petites jambes jusqu'à sa deuxième demeure qui ne le serait plus pour très longtemps. Il ne vit presque pas le maître des lieux déjà présent. Ce dernier lui dit des mots avec le sourire mais il fut incapable de lui répondre, ou bien simplement de comprendre ce qu'il lui disait. Il sut seulement que son visage fit mourir la bonne humeur de l'homme.

Blême sans doute. Effrayé sûrement.

Il attrapa quelques instruments qui résidaient au fin fond des tiroirs. Outils qu'il serait incapable à cet instant précis de nommer mais il savait qu'il en avait besoin, là et pour les jours à venir.

Sa prochaine destination, sans aucun regard pour l'homme laissé derrière qui lui criait ses interrogations sans doute, fut sa véritable demeure.

Enfin il le croyait. Jusqu'à maintenant elle était, elle ne le serait plus jamais.

La maison qui l'avait vu naître et grandir. Et qui maintenant le rejetait.

Il ouvrit à la volée, sans prendre le temps de fermer la porte. Il grimpa aussi vite qu'il put les marches qui menait à sa chambre et fouilla les tiroirs. Il en ressortit des papiers. Il était incapable de dire qui les avaient faits – lui ? Avaient-ils été offerts ? – depuis combien de temps résidaient-ils dans ce tiroir mais ce jour, il en avait besoin. Plus que tout, il en avait besoin.

Il ne survivrait pas sans ça dans les jours à venir.

La porte s'ouvrit dans un claquement derrière lui et il sursauta en se retournant.

Depuis combien de temps sa respiration était-elle si erratique ?

La frayeur le prit au tripes lorsque son regard dut se lever pour regarder l'imposante carrure de l'homme qui était entré dans la pièce. Son esprit se vida de tout le calme apparent que son âme avait gagné jusqu'à maintenant.

« T'as pas le droit… »

Il ne savait même pas pourquoi il disait ça. Il en avait parfaitement le droit. Il avait tout les droits.

C'était le Chef.

Mais c'était aussi son père.

Stoick la Brute le regardait dans les yeux, comme si le petit garçon qu'il avait devant lui n'était pas son fils. Comme s'il n'avait rien à voir avec la frêle arête de poisson qui demeurait figée depuis sa venue. Et qui osait lui parler.

« Tu n'as pas le droit…

- C'est terminé maintenant. Je ne pourrais nourrir personne cet hiver par ta faute. Tu es banni. »

Il aurait été incapable de dire ce qu'il s'était passé ensuite, enfin dans les détails. Il se souvenait vaguement de la main de l'homme qui s'était prétendu son père – ou sûrement l'homme pour lequel il avait prétendu être le fils – sur son épaule, le menant à grands pas vers la plage sous les yeux de tout le village.

La totalité du village.

Et pas un ne se leva pour lui. A part un certain forgeron blond qui vociférait seul à grands tours de bras vers son Chef et meilleur ami mais qui au final, ne disait pas grand-chose. En tout cas le garçon ne comprit pas le moindre petit mot de son mentor. Il se sentit soulever dans ce qui semblait être une barque, avec l'un des rares restes de nourriture que les dragons avaient bien voulu laisser au fond de la coque, les lois le préservant toujours.

Pour quelques minutes encore.

Comme si un jour les dieux s'étaient intéressés à son cas.

Ce n'est que lorsqu'il sentit la force des eaux sous la barque qu'il se réveilla de son songe éveillé. Il redressa doucement la tête pour voir avec horreur que l'homme qui poussait sa barque dans les sombres eaux glacés de la Mer du Nord était celui-là.

Celui qui le bannissait.

Son père.

Ce dernier ne cherchait même pas à éviter son regard. Insensible. Neutre. Aucune émotion.

« Papa… »

L'homme ancra ses yeux dans ceux du petit garçon qui tremblait comme une feuille sur le morceau de bois flottant. De peur ou de froid, il ne saurait le dire.

Il se souvient parfaitement de ce que l'homme lui répondit cette nuit là. Droit dans les yeux. Sans sentiments. Comme si c'était normal.

Et il sentit brisé. Ce n'était pas quelque chose qui résidait au fin fond de lui non, c'était bien pire que ça. Il se sentit brisé entièrement. Tout son être se brisa.

Et pour la première fois depuis le début de la soirée, depuis la première fois depuis des années, il pleura.

Et lorsque Beurk disparut à l'horizon, Harold pleurait toujours.

oOo

Avant même de hurler, Harold avait plaqué sa main sur bouche pour l'étouffer comme il put. Il se redressa d'un bond sur le plancher dur sur lequel il avait échoué, la main toujours sur ses lèvres, les yeux écarquillés d'horreur sur le feu qui finissait de mourir devant lui. Il sentit son cœur battre la chamade dans sa poitrine et les larmes ruisseler sur ses joues, à travers ses doigts.

Cela faisait des années qu'il se n'était pas réveillé de la sorte. Même lorsque Stoick était entré dans sa chambre le premier jour pour lui parler, ce souvenir qu'il avait fini par sceller au fond de lui n'était pas réapparu.

Mais il lui avait fait face.

Et il s'était senti aussi brisé que ce jour là.

Harold soupira de soulagement lorsqu'il vit que son réflexe – auquel il ne s'était pas attendu d'ailleurs – avait masqué tout le bruit qu'il aurait pu faire en hurlant. Il porta ses deux mains sur son visage et dans une grande inspiration, essuya les larmes qui avaient fini de couler le long de ses joues.

Il avait pleuré.

Pour changer.

Il pleurait trop ces derniers temps.

Son cœur ne cessait de battre furieusement à ses tempes. Le jeune homme rouvrit les yeux pour perdre son regard dans les dernières braises du feu mais rien n'y fit. Il n'arrivait pas à se calmer. Sa respiration toujours difficile, il leva les yeux au plafond, il réajusta la couverture sur ses épaules, ses tortilla sur le sol mais rien n'y fit.

Il tremblait toujours. L'image de l'homme qui avait fait de sa vie un enfer dans la rétine. Il devait se débarrasser de cette image. Il le devait.

Il devait s'en débarrasser.

Il en avait le droit.

Juste retour des choses.

Il lui prendrait tout comme il l'avait fait avec lui auparavant.

Lentement, le jeune homme passa une main tremblante dans sa botte de laquelle il ressortit une deuxième lame. Plus courte. Plus aiguisée aussi. Il avait pris l'autre par réflexe, pour faire peur, pour l'éloigner.

Plus maintenant.

Ce n'était plus ce qu'il voulait.

Il avait peur de cet homme. Sauf qu'il n'avait plus le droit d'avoir peur. La peur était luxe qu'il n'avait pas pu se permettre pendant ces cinq dernières années et tout ça par sa faute.

Il n'avait pas le droit d'avoir peur de lui.

Il devait le faire disparaître. Avec lui, sa peur disparaîtrait.

Hypnotisé par le tranchant de la lame qu'il avait lui-même aiguisé, le jeune homme se rapprocha sans qu'il ne s'en rende compte des braises mourantes du feu de cheminée. Une petite flamme se raviva sur le côté, un semblant de bout de bois encore intact avait jusque là avait résisté à la morsure du feu. Seule dans la pénombre de cette nuit sans lune, elle éclairait comme un brasier la petite cheminée.

Et le cœur d'Harold cessa de battre.

Car au-delà de la lame qu'il tenait, la flamme inondait de lumière ses mains et ses bras.

Ses tatouages.

Le regard du jeune homme s'y perdit. Dans les arabesques noires qui s'étalaient du bas de sa main jusqu'au haut de son épaule. Des figures sombres sur sa peau rendues tannées par ces années dans le Sud et dont personne ne pouvait comprendre la signification.

Et pourtant, ces tatouages disaient tout. Absolument tout.

Tout de lui. Il suffisait de lire.

Son regard courant le long des formes, les lèvres d'Harold se courbèrent en un doux sourire, nostalgique et aimant. Lorsque ses yeux retombèrent sur la lame qui demeurait dans sa main, il les ferma dans un soupir.

Non. Il n'était plus cet homme. Il n'était pas cet assassin. Il ne l'avait jamais été.

Il n'était pas la Mort Rouge. Et il ne serait jamais.

Il savait qui il était. Ses tatouages étaient là pour le lui rappeler.

Peut-être un jour Astrid saurait les déchiffrer ? Mais ce n'était pas pour tout de suite. Elle n'était pas encore prête. Personne n'était prêt.

Harold redressa les yeux vers la flamme salvatrice qui dépérissait doucement dans l'âtre. Un dernier coup d'œil sur les arabesques d'encre et le jeune homme se releva.

Il savait qui il était. Il savait ce qu'il devait faire.

Il tuerait la Mort Rouge.

Et lorsque la porte de sa petite maison se referma derrière lui, la lame délaissée sur le plancher finit de briller à la lumière du feu mourant.

oOo

Astrid malaxa son épaule douloureuse d'être restée à ne rien faire durant toute la matinée tout en marchant. Rien. A nouveau. Pas la moindre petite trace de dragons à l'horizon et pourtant les dieux savaient si elle était restée à l'affut sur le bateau qu'elle protégeait. Et le pire était qu'elle restait l'une des rares à le faire. Ses compagnons tueurs de dragons commençaient déjà à parler de reconversion.

Exténuée, la Viking marcha d'un pas las et lent vers la petite maison qui abritait Harold, le Banni de Beurk. Elle ne l'avait pas vu depuis le début de la journée, partie trop tôt en patrouille et Astrid doutait vraiment de trouver le garçon là où il était censé être. Il avait gardé une vieille habitude que la jeune femme lui connaissait enfant : la bougeotte. Il était incapable de rester en place plus de quelques heures et les semaines alitées qu'il avait dû accepter avaient exacerbé son envie de s'échapper.

Elle ne s'y était pas attendue d'ailleurs. Avant son réveil, Astrid avait l'intime conviction que le garçon resterait cloitrer dans sa chambre pour éviter de voir Beurk ou un villageois quelconque qui lui rappellerait son bannissement. La venue de Stoick et sa réaction vis-à-vis de son père d'antan avait renforcé cette idée.

Mais non.

Harold ne pouvait pas rester en place. Et visiblement, c'était pareil aujourd'hui.

Astrid soupira alors qu'elle contemplait l'unique lit de la petite demeure, vide comme le reste de la maison. Il avait filé.

Encore.

Elle se morigéna mentalement de l'avoir laissé seul la veille. Elle n'aurait pas dû s'en aller, elle aurait dû rester malgré sa volonté. Elle aurait pu l'aider, elle aurait pu le soutenir.

Mais bien sûr. Elle ne pouvait pas faire ça. Elle le savait pourtant. Dès qu'il s'agissait de son père, hormis l'en éloigner elle ne pouvait rien faire. Maintenant il était parti. Sans doute dans la nuit.

Sauf que le village lui avait dit de ne pas le laisser seul.

Astrid se frappa le front avec son poing. Elle avait oublié l'avertissement de Gueulfor au sujet de la réunion du village. Il n'avait pas le droit de se balader sans escorte.

Où était-il ?

La forge restait le lieu le plus probable de le voir. C'était l'un des rares endroits qui semblaient rappeler de bons souvenirs à Harold et qui lui permettait de se calmer. A défaut de taper sur son père, il se défoulait sur du métal.

Avec un peu de chance.

Arrivée sur le pas de la porte de la petite boutique, la blonde fronça les sourcils. Personne. Même le forgeron attitré du village était absent et la forge était froide, dépourvue de la familière chaleur qui la faisait vivre d'ordinaire. Astrid claqua la langue. Ce n'était pas tant la disparition d'Harold qui l'inquiétait, elle connaissait le jeune homme et savait qu'il aimait être seul, surtout dernièrement.

Le problème était qu'elle était responsable de lui et était censée savoir à tout moment où le jeune homme était. Si Mildew lui tombait dessus, elle et lui auraient de sérieux ennuis.

En relevant la tête, la Viking avisa une silhouette bedonnante bien connue et courut à sa rencontre.

« Varek ! Héla-t-elle.

- Astrid ! Sursauta-t-il, surpris.

- Tu aurais vu Harold ce matin ?

- Harold ? Hum, non, pas depuis l'autre jour, pourquoi ? Il y a un problème ?

- Je… Je l'ai perdu… Pour l'instant…

- Mieux ne vaut pas que Mildew soit au courant, Fit Varek en baissant le ton.

- On a déjà assez d'ennuis comme ça…

- Astrid ! Varek ! On complote quelque chose ?

- J'en suis ! J'en suis ! »

Astrid réprima une grimace lorsque la voix des deux jumeaux retentit dans son dos. Manquait plus qu'eux tient… La blonde se retourna pour faire face non pas aux seuls jumeaux comme elle l'espérait – ou le redoutait – mais bien aux trois abrutis congénitaux de Beurk.

Kognedur, Kranedur et Rustik.

« Un problème bébé ? » Demanda Rustik d'une voix innocente.

Astrid se retient de le frapper bien fort là où il faut.

« Harold a disparut ! » Murmura Varek pour eux cinq.

Que les dieux rôtissent Varek et son honnêteté.

« Oh Astrid tu vas avoir des problèmes ! Ricana la blonde en prenant appui sur son frère.

- Il n'a pas disparu ! Il est juste parti prendre l'air, je ne sais juste pas où c'est tout !

- Et bien va falloir le récupérer assez rapidement, grimaça le brun devant elle. Parce qu'il n'est pas censé être dans la forêt pour le moment.

- Quoi ? Et pourquoi ?

- Stoick y a interdit l'accès à tous, expliqua le jumeau.

- Pourquoi il a fait ça ?

- Les dragons sont de retour. »

Astrid ouvrit de grands yeux aux mots de Rustik. Les dragons ?

« Comment ça ? S'étonna Varek. Il n'y a plus de dragons dans les parages depuis des semaines !

- Stoick et d'autres chasseurs fouillaient l'île hier. Des traces ont été trouvées près de la rivière, fraiches, elles datent des dernières pluies. C'est-à-dire il y a peu de temps !

- Je n'ai rien vu sur les bateaux… Murmura Astrid.

- Ils se seraient planqués dans la forêt d'après le Chef, continua Kognedur. Il prépare une expédition pour les débusquer.

- Il faut que je trouve Harold… Le plus vite possible. Kogne, Krane, allez voir à l'Arène s'il n'y est pas, je n'y crois pas trop mais on ne sait jamais.

- Okay !

- Elle m'a demandé en premier !

- T'as pas entendu mon nom derrière, génie ?

- T'as un problème ?!

- Varek, continua Astrid en ignorant les deux idiots. Tu lui avais proposé tes livres non ? Tu pourrais passer par chez toi pour vérifier ?

- Tout de suite.

- Rustik, fais un tour dans le Grand Hall, il est peut-être parti manger un peu tôt.

- Pas de problème bébé. »

Les quatre tueurs de dragons se dispersèrent selon les ordres d'Astrid qui se mordit la lèvre d'inquiétude. Il fallait qu'elle le retrouve avant que le village ne découvre qu'elle l'avait perdu.

Si certain pouvait l'accepter et tolérait sa présence, la grande majorité voyait d'un très mauvais œil la présence d'un Banni sur le sol de Beurk.

Un Banni, mais surtout l'ancien prétendant au trône de Beurk, le fils de Stoick la Brute.

Astrid l'avait oublié. Elle avait oublié qu'en tant que fils du Chef, il pouvait prétendre à la tête du village. Un Banni comme lui n'en avait pas la possibilité, certes, mais Stoick semblait vouloir lui faire partager à nouveau sa vie.

Et si Rustik avait accepté Harold, une certaine famille de têtes brunes n'était pas particulièrement ravie que son fils prodigue fasse ami-ami avec celui qui permettrait à la dite famille d'accéder à la tête du village.

Aussi fidèle fusse-t-elle, la famille Jorgensen n'avait jamais brillé par son intelligence.

Exténuée, Astrid posa ses mains sur ses genoux, le souffle erratique. Introuvable. Le garçon était introuvable. Varek, revenu un peu plus tôt lui avait affirmé qu'il ne se trouvait pas chez lui, gisait à côté d'elle, vidée de ses forces après la course que la blonde l'avait forcée à faire à travers le village pour trouver le Banni. Ils n'avaient rien trouvé.

« Astrid !

- Nous demande plus jamais ça s'il te plaît.

- On s'est rendu compte que tu nous utilisais en fait !

- Et c'est vraiment pas sympa !

- Abrégez par pitié… »

Le regard noir de la blonde fit déglutir les deux Thorston qui se mirent presque au garde à vous, malgré leur fatigue évidente.

« Rien dans l'Arène M'dame !

- Mais c'est pas vrai ! Ne me dite pas qu'il est allé dans la forêt aussi longtemps ! Et sans armes !

- Il va se faire tuer… Fit Varek d'une voix chevrotante d'inquiétude.

- Et il est où Rustik ?! Commença à s'énerver Astrid.

- Il n'est pas revenu du Grand Hall, fit le plus grand. Il doit s'être passé quelque chose…

- On y va, déclara la blonde dans une volte-face.

- Quoi ? Geignit les jumeaux. On est trop fatigué…

- C'est un ordre !

- Oui chef ! »

Avalant les marches quatre à quatre, Astrid grimpa l'escalier qui menait à la grande salle de Beurk, suivit de très loin par les trois derniers de la troupe dont la fatigue avancée ne permettait pas la moindre pointe de vitesse. Enfin arrivée, Astrid ne perdit pas de temps et ouvrit la porte d'une grande poussée.

Et l'inquiétude prit place devant l'énervement croissant.

Devant elle, quelques dizaines de Viking semblaient soutenir avec véhémence un Mildew surexcité – trop pour son âge selon Astrid – qui s'expliquait dans les règles de l'art à un Stoick désabusé par la situation. Incrédule, elle remarqua enfin après quelques secondes de stupeur un Rustik complètement dépassé qui pâlit en la voyant.

« J'suis désolé Astrid ! C'est de ma faute ! 'Fin non ! Un peu…

- Mais qu'est-ce que t'as fait ? Fit-elle d'une voix blanche.

- Ils étaient déjà comme ça quand je suis arrivé ! Mais… j'ai… peut-être laissé entendre… qu'Harold manquait à l'appel…

- Espèce de- !

- Ah ! S'exclama une voix – bien trop – connue. Astrid Hofferson nous ferait donc enfin grâce de quelque explication ? »

Dans une grimace, la guerrière se tourna lentement vers l'ancien du village. Il s'appuyait sur sa canne, une expression de pur délice sur le visage.

Le genre d'expression qui faisait mourir d'envie à la jeune femme de lui enfoncer son bâton de berger par le pôle Sud.

Et dans ses souvenirs ce n'étaient pas la première fois qu'elle y pensait.

« De quoi parles-tu Mildew ? Fit Astrid, d'un regard de défi.

- Ce Banni n'est pas avec toi aujourd'hui ? Sourit-il.

- Laisse-le respirer vieil homme, il a fait plus pour le village en un an que toi en toute une vie !

- C'est un Banni… Siffla le vieux berger entre ses dents, le visage plus dur.

- Il a sauvé le village ! Il a sauvé Hilda ! Mais qu'est-ce qu'il te faut de plus ? Qu'est-ce qu'il vous faut de plus ?! »

La colère d'Astrid s'était étalée sur les villageois présents qui commencèrent à baisser les yeux. Tous connaissaient la force de la jeune femme et nombreux étaient ceux qui savaient pour la petite fille qui s'était presque noyée la veille au soir. La blonde elle, ne comprenait pas.

Ce garçon avait sauvé la vie du village tant de fois, tant de fois il s'était sacrifié alors qu'il ne devait rien aux Beurkiens méprisant et englués dans leurs traditions qui peuplaient cette île.

Ces monstres qui l'avaient envoyé en enfer pour le simple fait d'être petit et chétif.

Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait aucun des deux camps.

Au diable les traditions. Et au diable Mildew.

Son regard passa de l'un à l'autre des visages qui se baissaient à sa vue et quelques uns dansaient sur leurs pieds, mal à l'aise.

La blonde allait craquer. Et c'est le village qui allait trinquer ce soir.

« Ce n'est pas possible d'être buté à ce point… »

Son sifflement fit reculer derechef ses amis qui la connaissaient trop. Si ça continuait comme ça, les coups de hache allaient faire des petits.

« Mais qu'est-ce qu'il vous a fait bon sang ?! »

C'était parti. La jeune femme montait dans les décibels.

« Depuis son arrivée ici vous le traitez comme un paria en oubliant tout ce qu'il a fait pour le village ! Après tout ce qu'il a subi : l'abandon, la peur, la souffrance, le sang… Il est revenu et a protégé notre village ! Il a protégé Beurk après ce que nous avons fait ! »

Elle commençait déjà à perdre son souffle, si énervée qu'elle n'arrivait même pas à reprendre une respiration correcte.

« Il aurait pu mourir en prenant ce coup ! En protégeant notre Chef… Son propre père qui l'a banni… »

Ses yeux s'étaient figés sur la silhouette à la tête basse de Stoick la Brute qui détournait son regard sur le sol. Les autres villageois eux, s'échangeaient des coups d'œil à la fois outrés et gênés.

On ne parlait pas du Chef de la sorte. Qu'importe ce qu'il faisait, on le suivait toujours sans discuter.

Astrid commençait doucement à franchir des frontières dangereuses.

« Il répare nos armes – Gueulfor est là pour assister de son excellent travail – toute la journée et hier il a plongé dans la rivière pour sauver Hilda ! Mais qu'est-ce qu'il vous faut de plus par les dieux ?!

- Il a été banni selon les lois de ces dieux ! »

Mildew. Encore une fois.

Les visages se relevèrent mais les expressions semblaient mitigées cette fois.

Astrid avait raison. Harold n'était pas un danger.

Mais il avait été banni selon les lois des dieux et accepter son retour signifiait aller à l'encontre de leurs volontés. Et personne n'en aurait le courage.

C'était injuste.

C'était tellement injuste.

Astrid sentit ses phalanges blanchir et ses ongles s'enfoncer dans la paume de sa main.

Elle aurait tellement voulu les envoyer au diable. Tous autant qu'ils étaient. Leur montrer ce qu'Harold avait vécu. Oh combien il avait souffert et oh combien ils l'avaient brisé.

Les dieux aussi, elle aurait voulu les maudire.

Elle avait honte des ses dieux. Honte de ces lois stupides. Honte de son village.

Si jamais ils continuaient à s'enfermer dans cette fierté malsaine que ferait-elle ?

Vers qui tournerait-elle son dos ?

Parce qu'elle aimait Harold, mais Beurk restait son village.

Que ferait-elle alors ?

Mais qu'est-ce qu'elle allait bien pouvoir faire ?

« C'est quoi cet attroupement ? »

Astrid – ainsi que bon nombre de Beurkiens – sursauta à la voix dans son dos. Elle fit volte-face d'un bond pour faire face au propriétaire de la voix qui bientôt, irait rejoindre Rustik dans la fosse commune.

Harold.

Un sanglier vivant et gigotant sur l'épaule, saucissonné aux pattes et au museau, plusieurs oreilles de lapin dans la main et le doux fumet du poisson qui s'échappait d'une besace à son autre main. Un arc était négligemment posé sur son autre épaule dont le carquois pendait simplement sur sa hanche.

Astrid papillonna des yeux avant de difficilement fixer le jeune homme qui regardait dubitatif l'attroupement du Grand Hall.

« Harold… ? Finit-elle par demander.

- Présent ?

- Mais où-est ce que tu étais passé ?! S'emporta-t-elle.

- Dans la forêt ? Mais où veux-tu que je sois allé avec cet attirail ? »

La jeune femme se retient de justesse de lui lancer son poing à la figure en se rappelant qu'il était aussi désagréable à cause des membres du village présent.

Mais ça ne l'empêcherait pas lui faire passer l'envie de lui répondre de la sorte.

« Pourquoi tu n'as pas dit que tu partais ?

- Mais je l'ai fait… J'ai emprunté l'arc aux jumeaux… »

La totalité des regards du village se tourna vers les deux blonds qui ouvrirent lentement des yeux écarquillés en se regardant mutuellement. Leurs bouches s'ouvrirent en un ''O'' significatif et Astrid sentit sa patience fondre comme neige au soleil.

« Ah la boulette… »

La seconde d'après, le plat de la hache d'Astrid percutait avec force les casques respectifs des deux idiots qui allèrent s'échouer au sol dans un bruit sourds sous les yeux désabusés d'Harold qui soupira.

« Mais à quoi je m'attendais… Murmura-t-il.

- Mais à quoi tu pensais oui ! S'insurgea la blonde. Prévenir les jumeaux équivaut à demander une addition à deux chiffres à Rustik !

- Eh !

- J'ai pas réfléchi sur le coup je l'admets, dit Harold. Mais j'ai vu un sanglier s'échapper de l'enclos et j'ai pas beaucoup eu le temps de le faire. »

Il déposa son chargement ambulant sur une table avant de s'étirer l'épaule dans une grimace. C'est que c'était lourd ces machins…

« Tu as passé la journée à le récupérer ? Demanda une Astrid dubitative.

- Ouaip. J'en ai profité pour chasser un peu, histoire de payer ma dette à Gothi. »

Il secoua les lapins morts dans sa main et après un coup d'œil aux deux blonds sur le sol, il prit le chemin de la porte, ignorant royalement à la fois Astrid, mais surtout les villageois qui avaient suivis la conversation dans le silence le plus total. Jusqu'à ce Stoick prenne la parole.

« Harold ! »

La salle se figea. Tous savaient les sentiments du fils vis-à-vis du père et tous pressentaient une confrontation plus ou moins sportive, encouragée par Mildew qui se délectait d'avance de la scène.

Mais Harold fit fis de la voix de l'homme qui l'avait élevé et continua simplement sa route.

Mais Stoick ne se démonta pas pour autant. Il s'y attendait de toute façon.

Enfin il s'attendait surtout à un poing bien senti et plus si affinité.

« Je te demanderais de ne plus entrer dans la forêt dorénavant, déclara-t-il d'une voix qui se voulait posée. On y a trouvé des traces de dragons.

- De dragons ? »

Cette fois, Harold se retourna pour trouver la confirmation dans les yeux d'Astrid qui hocha la tête.

« Ils sont de retour, dit-elle simplement.

- Je ne suis pas un spécialiste mais j'ai rien vu là où j'étais…

- Par où es-tu passé ?

- Je suis passé par l'enclos de Sven pour rejoindre la forêt derrière, commença-t-il en comptant sur ses doigts, j'ai traversé la Rivière de Gorth, le Bois aux Mille Feuilles, le Gouffres des Corbeaux, la Forêt des Sacrifices et j'ai atterri sur la plage. Et j'ai rien vu.

- Bon ben ça nous fait ça d'moins à regarder, déclara Gueulfor en clopinant jusqu'à son Chef.

- Parce que vous lui faites confiance ?! S'insurgea Mildew en brandissant sa canne.

- Il n'a aucune pratique des dragons et il a réussi à chasser sans le moindre problème donc oui, je lui fais confiance. »

Si les paroles de Stoick la Brute affectèrent Harold, Astrid ne put le savoir. Le garçon s'était déjà retourné et sortait de la salle sans attendre que quelqu'un ne le rappelle à l'ordre.

Il ne pouvait donc plus entrer dans la forêt…

Problème à l'horizon.


Et voilà pour ce chapitre !

N'oubliez pas la maigre pitance des auteurs, le petit bouton avec marqué Review en dessous !

Bonne journée/soirée/nuit/matinée !

Pourquoi je finis qu'avec des points d'exclamations !

J'ai l'air d'une imbécile !

Youhou !

Voilà voilà..