Bonjour à tous !
Et oui le chapitre arrive un peu plus tard que prévu, un petit contre-temps hier mais mieux vaut tard que jamais, n'est-ce pas ?
Beaucoup ont spéculé sur ce qu'Harold allait faire, quelles sont les raisons de ses blessures etc... ... J'adore ça *.* Je ne vais pas dire si certains se rapprochent ou non, ça irait à l'encontre de mon sadisme chronique mais je peux vous dire que dès la semaine prochaine, vous aurez un bon aperçu ;)
Enfin, ça c'est si j'arrive à me dépatouiller avec mon foutu chapitre 12, il me manque encore la fin. Sauf que là... je suis en VACAAAAAAAAAANCES ! \o/ (bah oui, à la fac on a qu'une semaine bande de feignasses .)
Donc à partir de maintenant je vais avoir plus de temps (bon, pendant une semaine mais ça devrait suffire) pour m'y remettre complètement (entre une séance de biochimie et une autre d'ADN...) et peut-être commencer le chapitre 13 qui commence à devenir urgent ^^'
Bref, j'espère que j'y arriverais, plus de détail sur son profil mercredi.
On remercie très fort Naemos pour son travail ! (et j'ai pété mon record ! Il a vu que huit fautes !)
Bon, c'est pas tout ça mais vous avez un chapitre à savourer ;) Au programme : Dagur et sa folie, j'ai besoin d'en rajouter ?
Enjoy !
Beurk la Honteuse
Chapitre 11 :
La défense s'était rapidement organisée. Les plus jeunes et plus vieux avaient été emmenés en lieu sûr sous les hurlements de Mildew qui avait entendu parler d'Harold et de son soi-disant plan. Et à la surprise d'Astrid, personne d'autre que le vieux berger ne fit de réclamation. Gustave rassurait même sa petite sœur en disant que le jeune homme les sauverait tous.
La guerrière elle, ne réalisa qu'à cet instant ce qu'elle n'avait osé croire.
Harold avait fait sa place dans le village.
Les visages qu'elle voyait s'armer de lames en tout genre et ceux qui partaient se mettre à l'abri n'étaient pas furieux, apeurés ou même outrés. Non. Ils étaient confiants.
Beurk avait confiance en Harold.
« Astrid ! J'ai besoin d'un coup de main à la forge ! »
D'un hochement de tête, la jeune femme suivit le forgeron boiteux et s'engouffra dans la boutique pour s'emparer avec force des tonneaux qui peuplaient le sol. Elle s'empressa de les déposer sur le promontoire et tous les guerriers vinrent s'approvisionner comme si c'était des dragons qui les attaquaient. Les armes n'en finissaient pas de disparaître avant qu'elle ne les réapprovisionne à la hâte. Après plusieurs allers et retour, Astrid grimaça.
« On a toujours eu autant d'armes ? Demanda-t-elle au vieux Viking estropié qui préparait les armes de gros calibres. On ne sait jamais.
- Oui, mais jamais autant en aussi bon état au même moment. Harold s'est démené pour les finir le plus vite possible.
- … Pourquoi ? »
Le forgeron s'arrêta pour regarder Astrid qui mirait les armes d'un œil étrange.
« Je croyais que tu serais la dernière à avoir des doutes à son sujet.
- J'ai confiance en Harold, répliqua-t-elle d'une voix froide.
- Mais tu te demandes pourquoi nous avons autant d'armes, juste quand il faut.
- Il s'y attendait Gueul'. Il a reconnu Dagur trop vite. Il savait. Il savait qu'il allait se passer quelque chose comme ça.
- Alors pourquoi ne rien dire ?
- Il ne dit jamais rien. A force de le connaître, on se rend compte qu'on ne sait rien de lui…
- Raison de plus. »
La jeune femme releva des yeux surpris vers le forgeron qui sourit.
« S'il n'a pas confiance en nous, c'est qu'il a peur. Ce n'est pas une question de mériter ou non sa confiance. Il a simplement peur, tu le sais aussi bien que moi. On ne sait pas encore le poids de ses secrets mais je pense qu'on va avoir un bon aperçu tout à l'heure. Montrons-lui Astrid. Que nous, nous avons confiance en lui. »
Astrid répondit lentement à son sourire. Il avait raison. Si Harold n'avait pas encore confiance en eux après toutes ces semaines, c'est qu'il avait une raison. Elle savait qu'il avait peur.
Peur du village. Peur de sa réaction.
Astrid se demanda si elle comprendrait après ce soir la signification des tatouages du garçon.
Qui il était enfin.
oOo
Entouré des guerriers de l'île, certains restés cachés dans le village, d'autres à la garde des enfants et des vieillards, Stoick observa le cœur battant le bateau de Dagur le Dérangé amarrer sur son port. La plus grande partie de la flotte était restée au large – pour le plus grand soulagement des siens – mais restait à une portée menaçante du petit village.
Stoick n'avait jamais aimé ce garçon, Dagur. Il était fourbe. Vicieux. Cynique. Méprisant. Tout autant d'adjectifs que le Chef de Beurk détestait. Tous réunis en un seul corps.
« Hellooooooooo… ! »
Ah oui. Il avait presque oublié le côté complètement cinglé de ce taré qui faisait de lui l'adversaire le plus compliqué de la planète. Autant en combat singulier qu'en stratégie ou diplomatie.
Surtout en diplomatie.
Le visage pourvu d'un large sourire jusqu'aux oreilles du dérangé de service apparut par-dessus la coque du navire. Il semblait particulièrement ravi de l'accueil et s'empressa de sauter par-dessus le bateau pour atterrir devant les Beurkiens qui se figèrent pour la grande majorité.
« Hello la compagnie ! Salua-t-il en écartant les bras. Je suis tellement heureux de revoir ce petit bout de caillou perdu sur l'océan… »
Son sourire ne fana pas devant le manque flagrant d'enthousiasme des Hooligans présent sur le port. Il se contenta d'offrir une petite moue amusée et avança vers le Chef des lieux, suivit de très près par sa garde, un bon nombre déjà de soldats Berserks.
« Et bien et bien ! Ça c'est de l'accueil ou je ne m'y connais pas !
- Pardonne la froideur de mes soldats Dagur, mais avoue que le nombre de tes hommes sur nos côtes n'est pas vraiment la garantie d'une bonne soirée.
- C'est vrai c'est vrai ! Je plaide coupable ! Mais je te rassure, mes hommes sont seulement là au cas extrêmement improbable où vous ne faites pas ce que je veux… »
Le regard de Stoick se durcit, pour le plus grand bonheur du Dérangé selon Astrid. Cet homme était complètement dingue.
A espérer qu'Harold le soit plus encore.
« Nous pourrions prendre ça comme une menace, gronda la voix du Haddock.
- Mais non mais non ! Je me suis mal exprimé il n'arrivera rien au village si j'ai ce que je veux, selon le contrat que nous avons signé, blablabla… »
Le fameux signé de traité de paix avait l'air de tenir très à cœur à Dagur. Enormément même.
« Et que peux-tu vouloir que nous possédons ? »
La demande de Stoick étira les lèvres du Chef des Berserks d'un sourire effrayant. Astrid sentit un frisson parcourir son échine lorsqu'un rire retentit derrière ses dents jointes.
Un sourire de fou.
« Oh mais tu dois savoir ce que je veux… Murmura-t-il. C'est obligé, tu dois le savoir…
- Je ne sais pas ce que tu veux.
- Oh que si… Ricana Dagur. Tu vois, je suis… énervé dernièrement. »
Astrid déglutit. Dagur était flippant en temps normal alors énervé, elle ne voulait pas voir ce que ce taré était capable de faire.
« Je dirige un petit commerce, un truc sans prétention avec quelques personnes, on s'échange des trucs, des gens tout ça… »
La mâchoire de plusieurs guerriers de Beurk se vissa.
De l'esclavage.
Dagur avait repris le commerce d'Alvin. L'une des plus mauvaises combinaisons possibles.
« Mais tu vois… Il arrive un truc depuis quelques temps, un truc… qui m'énerve… »
Astrid serra le manche de sa hache.
« Les bateaux… que j'envoyais vers mes clients… ne sont jamais arrivés. »
Dagur avait perdu son sourire et fixait maintenant Stoick qui soutient son regard accusateur.
« Si tu penses qu'on a quelque chose à voir avec ça tu te trompes, déclara le Chef des Hooligans haut et fort.
- Oh pas vous. Enfin j'ose espérer pour vous. Mais je sais qui est le responsable et si vous me le livrez, aucun mal de sera fait à ton petit village. »
Stoick fronça les sourcils. C'était impossible pour Beurk d'aider Dagur dans sa recherche, aucun de son village ne pouvait avoir de lien avec le trafic de ce fou, seuls les bateaux de pêche pouvait partir de l'île !
Mais il n'avait pas d'autre choix que de jouer son jeu.
« C'est… avec un grand plaisir que nous t'aiderons Dagur mais… de qui pourrait-il s'agir ? »
Dagur sourit. Ce genre de sourire de fou qui foutait les jetons selon Varek qui semblait sur le point de s'évanouir.
« Je veux… la tête d'Harold Haddock. »
Astrid, comme tous les guerriers de Beurk sursautèrent. Ils échangèrent de rapides coups d'œil entre eux, une lueur d'incompréhension générale dans les yeux qui n'échappa à Dagur qui étira davantage son sourire.
« Oh… Je vois que vous savez de qui je veux parler… »
Stoick réfléchit en quelques secondes. Cet homme voulait la tête de son fils qui ne pouvait pas avoir le moindre lien avec ce dont il était accusé. Il ne pouvait pas avoir quitté le village c'était impossible !
Mais le visage d'Harold devant les voiles des Berserks s'inscrivit dans ses pensées.
Il le savait.
Il savait que Dagur venait pour lui.
Comment était-ce possible ?
Il était l'heure de commencer à jouer différemment. Chaque chose en son temps.
« Nous n'avons plus personne qui répond à ce nom depuis des années, répondit enfin Stoick.
- Ouais ouais je sais, répliqua Dagur, visiblement ennuyé. Je suis au courant, tu as banni ton fils, patin couffin, mais je sais aussi que depuis quelques semaines… vous avez accueilli quelqu'un qui répond au nom… d'Harold… »
Son regard s'arrêta brusquement sur celui d'Astrid qui plissa les yeux en voyant que Dagur sourit à nouveau.
« Et je suis certain… que cette très charmante demoiselle n'y est pas pour rien… Astrid n'est-ce pas ? »
La Viking sursauta en entendant son prénom que Dagur ne pouvait pas connaître. Ses amis resserrèrent les rangs autour d'elle mais le Chef des Berserk lui, ne bougea pas d'un pouce, se contentant de fixer Astrid.
« Comment ? » Gronda Stoick.
Comme ses guerriers, il se plaça devant la blonde et surplomba le jeune homme de toute sa hauteur. Dagur ne sembla pas le moins du monde impressionné par la montagne qu'il avait devant lui et prit un malin plaisir à s'expliquer.
« Et mon cher collègue…J'ai avec moi une certaine personne qui m'a raconté une certaine histoire que j'ai trouvé trèèèèèès intéressante… »
Derrière lui, l'un de ses soldats les plus proches s'avança à ses côtés et ôta son casque pour montrer son visage. Astrid ne put réprimer un sursaut et une acclamation de surprise.
« Savage ! »
L'homme demain d'Alvin bomba le torse et ancra son regard dans celui de la blonde qui serra les dents en même temps que sa hache. Stoick lui, se tourna vers la guerrière, une lueur interrogative dans les yeux.
« Qui est-ce ? Murmura-t-il.
- Le second d'Alvin, fit-elle sur le même ton, les dents serrées. Je ne l'ai pas vu le jour de l'attaque, ce lâche a dû s'enfuir.
- J'étais en transaction ce jour là, corrigea Savage. Je n'ai pu que constater les dégâts commis par la faute d'Harold.
- Il a fait ce qui était juste ! Cria la jeune femme. Il a sauvé des innocents que vous revendiez sans aucun état d'âme !
- Dîtes, s'énerva Dagur en se plaçant entre les deux, une grimace d'ennui sur le visage et le ton théâtral. Je m'en contrefous de ce qui attrait à l'esprit, d'accord ? Je veux juste la tête de ce crevard d'Harold… »
Stoick sentit derrière lui ses guerriers s'agiter. Le Berserk était sérieux. Très sérieux.
« Je vous passe les détails de cette jolie histoire de conte de fée entre la jolie blonde et le banni ténébreux… Fit-il en frissonnant. Moi ce qui m'importe, c'est que elle soit là… et lui… là aussi, forcément. »
Astrid déglutit à nouveau. Savage avait dû avancer cette hypothèse devant l'obsession d'Harold à la protéger et avait mis dans le mille.
Elle aurait dû le tuer la première fois dans cette foutue cellule lorsqu'il avait voulu resserrer ses chaines.
« Alors… Je le redemande une dernière fois… Où. Est. Harold ? »
Dagur était devenu mortellement sérieux et fit trembler d'effroi des Berserks eux-mêmes. S'il ne faisait pas quelque chose rapidement, Beurk était fichue.
« Dagur, commença Stoick sous le ton de la diplomatie. Tout ceci n'a aucun sens, il n'aurait jamais pu quitter l'île sans que nous le re- !
- Je le savais ! »
Stoick pâlit. Sans le vouloir, il venait de donner à Dagur ce qu'il voulait. Et maintenant, le Berserk sautait sur place de joie en poussant de petites exclamations de victoire.
« Oui oui oui ! Je le savais, je le savais ! Il est là, il a toujours été là, je vais l'avoir, enfin, enfin… »
Ses yeux étaient devenus complètement fous au fur à mesure qu'il répétait ces mots comme une litanie. Astrid, comme tous les Beurkiens présents, déglutirent devant la folie qui se dégageait de cet homme. Même les jumeaux, c'est pour dire.
Merde. Il voulait vraiment la peau d'Harold.
« Alors ?! Il est où ? Hein ? Hein ? Je veux savoir où il est, alors donnez le moi, je veux sa tête sur le devant de ma proue…
- Calme-toi Dagur ! S'exclama Stoick. Il n'y pas de raison de s'exciter, Harold était effectivement ici ces derniers mois mais il n'a jamais pu quitter l'île, il était surveillé tous les jours et n'aurait jamais pu prendre un bateau sans que nous remarquions son absence ! Tu sais combien de temps il faut pour faire le trajet entre nos deux îles Dagur !
- Je sais ! JE SAIS ! Hurla le Berserk. Mais je sais pas comment il fait ! D'un coup il est là, ensuite il est pas là, après il est autre part et pouf ! Encore à un autre endroit ! »
Dagur haletait sous démence et nombreux étaient ses hommes qui reculèrent derrière lui. Savage n'était pas le dernier.
« Mais il le fait. Il a détruit mes navires, j'ignore comment. Il a libéré des esclaves dans la même nuit à des lieux de distances…
- Tu voix bien que c'est impossible Dagur ! Tenta de calmer le Chef des Hooligans.
- JE SAIS QUE C'EST VRAI ! C'était lui ! Et j'ai même un témoin… »
Astrid fronça les sourcils. Tout ce que disait cet homme n'avait aucun sens. Harold ne pouvait pas avoir été là, c'était tout simplement impossible.
Alors c'était quoi cette histoire de témoin ?
« … De quoi parles-tu Dagur ? » Demanda Stoick, méfiant.
Le susnommé étira lentement un sourire dément sur son visage.
« … Moi. »
Stoick sursauta. Savage aux côtés de son nouveau Chef, releva le menton.
« Nous avons tenu une embuscade à ce qui ennuyait mon commerce il y a quelques nuits. Tout ce que nous avons pu voir, c'est un homme avec un masque de bois, trempé de la tête au pied. Lorsqu'il a compris le piège, il a tenté de s'enfuir mais j'ai eu le temps de le blesser. Au bras. »
Astrid sentit son sang se glacer et raffermie sa prise sur sa hache.
C'était impossible. Impossible. Inconcevable.
Harold ne pouvait pas être à tant de lieux de Beurk en une nuit et revenir le lendemain.
De tous les mensonges d'Harold, ça n'aurait pas pu passer inaperçu !
« Et lorsqu'il a fait littéralement EXPLOSER mon bateau… A la lumière des flammes, j'ai vu ce que les bandes qui entouraient ses bras nous cachaient… »
Non. Non non non non non non…
Rien ne collait…
« Des tatouages, sourtit-il. Ça ne vous dit rien ? »
Gueulfor aurait pu taper le crâne de chaque Viking présent avec son marteau, le résultat aurait été le même. Un silence de plomb et une confirmation de toutes les craintes grandissantes ces dernières minutes.
Ce ne pouvait qu'être une personne.
Et grâce à Gustave, Astrid en était maintenant persuadée.
Mais elle n'avait toujours aucune idée sur une quelconque explication.
Comment Harold s'en était pris pour faire ça ?
« Tu sais comme moi que de nombreuses personnes pourraient correspondre à cette description, entendit-elle de la voix de son Chef. Rien n'est moins sûr qu'il s'agisse du Harold que nous connaissons.
- C'EST LUI ! JE SAIS QUE C'EST LUI ! »
Dagur était devenu complètement hystérique. On pouvait clairement voir derrière ses yeux, la folie se dégager et grandir, la tête d'un certain Banni sur un plateau avec un petit verre de lait de yack à côté.
Et la Viking allait tout faire pour garder la belle gueule d'ange de ce menteur d'Harold sur ses épaules. Pas que le programme du Berserk la dérangeait tant que ça mais le résultat n'allait pas faire propre et elle avait une folle envie de marquer la joue du tatoué de son poing.
La voix de Dagur fit sortir Astrid de ses songes, tout en lui rappelant bien que pour le moment, elle allait devoir se battre pour sa survie et celle du village. Comme elle connaissait Harold, il allait très bien s'en sortir tout seul.
« Alors… Fit-il un peu plus calme mais toujours fou. Vous allez me faire le plaisir… de me le donner…
- Il est parti. »
Nombreux furent les guerriers de Beurk – et Astrid n'en fut pas en reste – qui sursautèrent à ces mots, non pas à leurs significations que beaucoup connaissait de toute façon, mais bien leur propriétaire.
Rustik.
Son père lui renvoya un regard d'avertissement mais son fils le défia d'un plissement des yeux de dire quoi que ce soit avant de se retourner vers Dagur dont il avait capté l'attention.
« Il est parti, répéta-t-il. Il est resté de nombreuses semaines ici, mais ça fait déjà quelques jours que nous n'avons plus de nouvelles de lui. Nos recherches sur l'île n'ont rien donné. Il est parti. »
Jamais, de mémoire de Viking, un Jorgenson n'avait menti avec autant d'aplomb que le fit Rustik à cet instant. Si Astrid n'avait pas vu Harold ces derniers jours, elle aurait pensé qu'il disait la vérité.
Sauf que c'était faux. Parce que Rustik, qui avait vu la Mort Rouge en face dans l'Arène, protégeait Harold.
C'était à se demander ce que les jumeaux avaient pu mettre dans son verre le matin.
Dagur lui, n'était pas ravi de la nouvelle. Pas du tout.
« Excuse… moi ?
- C'est comme je l'ai dit, confirma le brun. Il a toujours été comme ça, s'évaporant sans crier gare, partant chasser… les trolls dans la forêt ! »
Rustik émit un faible sourire, comme s'il était désolé pour ce garçon d'avoir l'esprit aussi naïf. D'accord Harold partait chasser les esprits lorsqu'il était enfant, mais lui aussi et Astrid était bien placée pour le savoir, il lui priait de venir chaque jour avec elle. Mais là encore, impossible de démêler le vrai du faux avec son visage.
A croire qu'Harold lui avait personnellement donné des cours.
Dagur lui, resta un instant pensif, les yeux dans le vide. Sa moue se fit déçue et il se pinça les lèvres avant de recommencer à parler. D'une voix trop claire et trop posée pour Astrid.
« Oh… Fit-il. C'est… dommage, vraiment très dommage. C'est bête. Bête bête bête bête bête bête… »
Il répéta encore quelques fois le mot avant d'en être ennuyé et fixa le Chef des Beurkiens qui sentit son cœur se serrer. Quelque chose n'allait pas. Dagur était un fou certes, mais était aussi – et malheureusement – trop intelligent sur certains points.
Comme les stratégies.
« C'est bien dommage pour vous. Vous auriez coopéré, il ne serait rien arrivé à votre village mais là… C'est très bête. »
Stoick allait envoyer Dagur au diable lorsque les guerriers entendirent un cri venant du haut. Ils levèrent les yeux pour ensuite étouffer des exclamations d'horreur. Du haut de la falaise, un Berserk tenait du col d'un tout jeune Viking qui balançait ses pieds dans le vide dans de grands cris.
« Gustave ! Dagur qu'est-ce que ça signifie ?! Hurla Stoick.
- Je vous avez prévenus, se défendit le Berserk avec un sourire. C'est vous qui ne m'avez pas écouté. »
Cet homme était définitivement trop intelligent pour leur bien.
oOo
Les guerriers de Beurk avaient dû déposer les armes lorsqu'ils comprirent que toutes les personnes qu'ils pensaient avoir envoyé en sécurité avaient été faites prisonnières des Berserks presque tout de suite. Ils avaient profité du brouillard pour envoyer de plus petits navires sur des côtes éloignées du village et s'étaient postés de sorte que personne ne les remarque.
Personne ne les avait remarqués effectivement.
Dagur connaissait les mesures d'urgence des Beurkiens et s'en était servies contre eux. Et maintenant, tous les enfants et vieillards du village étaient entre leurs mains.
Avec effroi, Stoick et ses hommes virent la totalité des autres villageois agenouillés prêt du puits, entouré par un nombre conséquent de Berserks qui expliqua rapidement comment ils s'étaient fait avoir. Il n'y avait rien eu à faire.
Seul Gustave avait été mis à part et était maintenant retenu, toujours par le col près de la falaise qui menait directement au grand plongeon. Les remous en bas étaient trop importants. La chute et c'était la mort assurée.
Et Stoick ne doutait pas un seul instant que c'était plus ou moins l'idée de ce taré de Dagur.
Ce dernier, après avoir fait aligner tous les villageois devant lui, s'avança doucement de Gustave qui tremblait de tous ses membres.
« Et bien et bien… Susurra le Chef Berserks avec un sourire. Qu'avons-nous là ?
- Il a blessé l'un de nos hommes lorsqu'on a voulu attraper l'une des gamines, répondit l'un des soldats. C'est sa sœur apparemment.
- Oh… »
Dagur commença à tourner autour de Gustave qui ferma les yeux dans une grimace. Astrid sentit Rustik serrer les poings à ses côtés et elle comprenait pourquoi.
Le jeune garçon était ce qui s'apparentait le plus à un frère pour le Jorgensen.
« Moi aussi j'ai une sœur… Fit Dagur en continuant ses tours. Moi je n'aurais pas fait ça pour elle, en même temps, c'est plutôt d'elle qui faut avoir peur ! »
Plusieurs hommes du taré rirent mais le regard que leur lança leur Chef les éteints bien vite.
« Bref. C'était téméraire… mais idiot de ta part. Bon ! Maintenant que vous avez pu faire toutes les bêtises possibles contre votre village… Où est Harold ? »
Gustave, comme une bonne partie du village, sursauta à l'entente du prénom du jeune homme qu'il avait accueilli ces derniers mois. Astrid elle, serra les dents.
Décidemment, il n'en démordait pas.
« Je le savais… Entendit-elle dans son dos. Ce gamin nous aura menés à notre per- ! »
Comme beaucoup, la blonde se retourna pour voir le vieux berger acariâtre tomber dans les bras des deux jumeaux qui lancèrent à un sourire d'excuses commun à Dagur.
« Désolés, firent-il d'une même voix. Notre grand-père est très malade… »
Le Berserk les ignora.
« Alors désormais… Reprit-il posément. A chaque fois que je demanderais où se trouve Harold… et que personne ne me donne de réponse satisfaisante… Quelqu'un fera le grand plongeon. »
Il posa avec une joie non-feinte sa main sur le casque de Gustave qui sursauta et plissa les yeux de peur. Dagur descendit son regard sur sa main et fit une moue qui ne plut pas à Astrid.
Mais alors pas du tout.
« Comme ça ! »
Il prit le casque de Gustave et s'en alla vers le précipice où il l'abandonna, un sourire jusqu'aux oreilles. Incapable de voir la fin du précipice, Astrid entendit néanmoins très clairement la chute du casque de métal dans l'eau.
La prochaine fois ce serait au tour du garçon.
Il fallait qu'ils fassent quelque chose.
Il fallait qu'Harold revienne.
Maintenant.
« AH ! S'exclama Dagur. J'adore ce son ! Ce petit plouf ! Vous savez, à cause du brouillard en plus on ne voit même pas le bout, c'est dommage mais… moi j'aime bien ! »
Il se rapprocha ensuite du pauvre Gustave qui cherchait du mieux qu'il pouvait à réprimer la peur qui lui vrillait les trippes.
« Ça suffit Dagur ! Hurla Stoick en s'avançant. Nous ne savons pas où est Harold ! Gustave n'est qu'un enfant, laisse-le en dehors de tout ça !
- Oh c'est étrange… Murmura le Dérangé. J'ai le souvenir d'un petit garçon, pas plus âgé que celui-ci que tu as toi-même envoyé se perdre sur les eaux… »
Astrid vit son Chef blanchir, figé par les mots de son homologue des Berserks. Il balbutia quelques mots mais rien d'assez compréhensible pour ôter le sourire de Dagur à cet instant.
Il savait.
Il savait la honte que Stoick avait de lui-même.
Parce qu'il avait raison. Gustave n'était pas plus âgé qu'Harold le jour où ce dernier fut banni et envoyé sur les eaux. Ça avait été une mise à mort. C'était la même chose que le balancer du haut de la falaise.
Sauf que Gustave lui ne survivrait pas à une chute pareille.
« Tu ne devrais pas faire ça. »
Dagur arrêta ses tours près du jeune garçon pour se tourner lentement vers le propriétaire de la voix. Il étira un petit sourire en coin lorsque son regard tomba sur des yeux froids et déterminés.
Astrid.
« Oh ? Susurra-t-il. Et pourquoi donc ?
- Tu ne sais même pas qui tu veux affronter, continua-t-elle.
- Oh non… Tu ne vas quand même pas tomber dans le cliché du genre ''Attention Dagur ! Tu vas réveiller le monstre qui est en lui'' ! JE SAIS QUI IL EST !
- Tu ne sais rien.
- Si si je sais ! Savage m'a tout raconté, la Mort Rouge ! Et tu sais quoi ? C'est pour ça que je le veux sur ma proue !
- La Mort Rouge ? Sourit-elle. Alors tu n'as vraiment aucune idée de ce que tu es en train de faire. »
Les traits du Berserk se firent plus durs. Il se rapprocha encore un peu plus de Gustave qui réprima un cri de peur.
« Tu penses me faire peur avec ça ? Siffla-t-il.
- Je ne dis que la vérité.
- On ne fait que me répéter qu'il est presque possédé lorsqu'il combat, qu'il est plus effrayant que tout ce qu'ils ont pu voir jusqu'ici… Plus effrayant que moi !
- La Mort Rouge n'est là que pour tuer. Lui permettre de survivre. Ce dont je te parle est bien plus fort que la Mors Rubrum.
- De quoi tu parles… ?
- Tu t'attaques au village de Beurk Dagur. Ce qui va venir pour te détruire ce n'est pas la Mort Rouge.
- MAIS DE QUOI TU PARLES ?!
- Harold Haddock. Voilà de qui je parle. »
Les têtes des villageois se redressèrent pour une bonne partie – minus Mildew qui conversait avec les vers – et mirèrent Astrid, les yeux hagards. Ses amis eux, se permirent les plus beaux des sourires.
« Harold a passé toutes ces années loin du village pour ensuite revenir et le protéger, renchérit Varek.
- Après tout ce qu'on lui a fait, il n'a jamais dévié de son devoir, continua Astrid.
- Parce qu'il a le sang des Haddocks, fit Rustik en bombant le torse. Il a le sang des chefs dans les veines.
- Tu vas t'en prendre plein la tronche ! » Rirent les jumeaux.
Malgré le brouillard qui s'épaississait encore, la Hofferson vit très clairement Dagur voir rouge.
Merde. Ils avaient permis de gagner un peu de temps mais ils étaient allés trop loin. Le Dérangé était énervé.
« Tiens donc ? Je devais affronter un monstre et je me retrouve confronté… à un Chef ? »
Il le plaça derrière Gustave. Les villageois se redressèrent. Astrid pria.
« Quel dommage. »
Dagur attrapa le garçon par le col et le lança dans le vide, sous les hurlements des Hooligans. Gustave avait serré les dents. Ils n'entendirent pas un cri.
Pas un hurlement.
Ni rien d'autre d'ailleurs.
Les yeux fermés dans une délectation sans fin, le visage du Chef des Berseks devint progressivement attentif, puis impatient, et enfin… septique.
Dagur regarda en bas, toujours masqué par le brouillard visiblement et la releva, une myriade d'interrogations dans les yeux.
« Pourquoi qu'il a pas plouf ? »
Certains de ses soldats se rapprochèrent et Dagur se tourna vers eux.
« Pourquoi qu'il a pas plouf ?
- Bah… lui répondit l'un de ses soldats. J'sais pas Chef… »
Une petite moue d'incrédulité sur le visage, le Berserk posa simplement sa main sur le dos de son subordonné et le poussa dans le vide.
Le soldat chuta dans un grand cri avant qu'enfin, un ''plouf'' sonore retentisse.
Dagur redressa la tête et se tourna vers les autres soldats qui reculèrent d'instinct.
« Pourquoi que lui il a plouf et l'aut' pas ?
- … Sais pas Chef… »
La mine soudainement grave, Dagur se tourna lentement vers les Beurkiens dont nombreux étaient-ceux qui priaient pour que leurs vœux précédents aient été exaucés. Astrid elle, en était certaine.
Harold était là.
Il s'était fait attendre le bougre.
« Je t'avais prévenu Dagur, sourit-elle de toutes ses dents. Tu n'aurais jamais dû t'attaquer au village. »
Le Dérangé jeta des coups d'œil autour de lui, sur le qui-vive. Il n'appréciait pas le silence qui s'était installé et l'attention amusée que ce village de bons à rien sur lui. Il s'apprêtait à hurler le sort d'une nouvelle victime lorsqu'il le sentit.
Le brusque courant d'air qui lui glaça l'échine.
Dagur releva la tête, il tenta de percer à travers le brouillard qui ne pouvait pas être plus dense qu'il ne l'était à cet instant. Il pensait pouvoir prendre avantage du temps contre Beurk mais sa stratégie se retournait contre lui il ne pouvait appeler ses hommes sur le large.
Un bruit se fit entendre au dessus de leurs têtes et les Berserks plièrent les genoux.
Astrid le vit, l'inquiétude qui pouvait se lire dans les yeux du Dérangé et de ses hommes. Ils ne comprenaient rien à ce qu'il se passait.
L'inconvénient c'était que les Beurkiens aussi.
Un nouveau bruit et les Hooligans réprimèrent un cri en se baissant.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda la voix blanche de Varek.
- Je crois qu'on est plus seuls ici, répondit Astrid, peu assurée elle aussi.
- Tu crois que c'est Harold ? S'approcha Rustik.
- Qu'est-ce que j'en sais ?!
- Les torchères ! Hurla Dagur à ses hommes. Allumez-moi ces foutues torchères ! »
Astrid suivit du regard le Berserk qui s'éloigna du groupe dont seul la torche parvenait à le faire se distinguer dans le brouillard. Quelques pas plus loin, la torchère se dessina sous la lumière du feu et le soldat y déposa le flambeau qu'il tenait. La guerrière vit le feu se répandre rapidement sur l'enceinte de paille et de bois. Il enflamma toute la surface avant de s'élever vers le ciel.
Mais les flammes ne formèrent pas le feu habituel qui illuminait d'ordinaire les sombres nuits de Beurk non. Il était encore plus intense et se mouvait comme s'il était vivant.
En vérité, la jeune femme le comprit, il était vivant.
Et lorsque le feu se tourna vers le soldat pour y déverser des flammes brûlantes, tout les Berserks et Hooligans réunis comprirent.
« DRAGONS ! »
Bon d'accord, pas "trop" de dragon encore aujourd'hui... Et pas d'Harold... Mais Dagur remonte le niveau hein ? Hein ? ... Pourquoi vous me faites ce regard ?
Comme d'habitude, le speech habituel sur les reviews, blablabla, mais n'oubliez pas de cliquer ! :)
A la semaine prochaine ! (j'espère...)
Geek-naval
