Chapitre 12 update ! On est juste samedi après-midi ! Youhou !

Et bien, heureusement que les vacances étaient là mes amis, j'ai fait la moitié du chapitre (7 pages hein...) jeudi, j'ai fini à 22h30 et j'ai fignolé vendredi, ce qui explique le petit retard (pas frapper...)

On y arrive ! On y est ! Bientôt le dénouement final ! Plus que trois chapitres ! (je crois)


Comme d'habitude, quelques petites choses à dire :

Nomya : Ne t'inquiète pas, en deux lignes, j'avais la voix de Jessie, James et Miaouss qui me chantait leur refrain, j'ai bien rigolé d'ailleurs ça faisait longtemps XD

Donc pour merci pour le petit fou rire que j'ai eu en lisant ton commentaire et à la prochaine alors ;) (et paix à l'âme de ton ordinateur u.u)

Remus J. Potter-Lupin : Ne me demande pas pourquoi j'écris ta réponse là et non pas par mp, j'ai juste complètement oublié de te répondre avant -.-'' Trop de chose cette semaine moi...

Bref, au sujet du plongeon de Gustave : absolument pas. Ce n'est pas du tout une référence à Peter Pan, je n'y ai absolument pas pensé. Et pour l'anecdote, j'ai effectivement regardé Peter Pan il n'y a pas longtemps avec des amies mais j'avais le plongeon en tête depuis l'été x) Donc non, mais ça aurait pu ! ^^

Paquerette-san : Ne me demande pas non plus pourquoi je te réponds sur le chapitre, j'ai pas de réponse...

Je corrige la faute tout de suite merci ! ^^


Et on remercie encore Naemos pour sa correction !


On y est ! Chapitre 12, Dagur encore plus Dérangé, une Astrid dans la panade et... vous allez voir ;)

Enjoy !


Beurk la Honteuse

Chapitre 12

Astrid ne sut jamais si c'était à cause du stress, de son attention pour le Dérangé ou l'habitude oubliée, mais l'attaque la surprit comme jamais. Elle pouvait le sentir. Le nombre de dragons n'était pas important mais masqués par le brouillard, ils étaient plus dangereux que jamais.

Ils voyaient bien plus que les humains ne pouvaient le faire.

Il fallait qu'elle trouve une arme. Il fallait qu'elle se défende, qu'elle défende son village.

Une arme. Vite.

Tranchante.

Trouver les dragons. Les éliminer. Capturer les moins dangereux.

Trouver Harold.

La réalité frappa Astrid en plein visage. Le village était l'otage des Berserks, Harold manquait à l'appel, Gustave disparaissait du grand plongeon et les dragons attaquaient.

Ce ne pouvait pas être une coïncidence. Si ?

« Un truc de dingue. »

Ça pour être dingue, ça l'était.

Une forme passa à côté de l'une des habitations et les soldats de Dagur se tournèrent comme un homme vers elle. Les Beurkiens eux, resserrèrent les rangs, les genoux toujours pliés. Du coin de l'œil, Astrid vit Dagur se munir d'une arbalète et faire plusieurs volte-face nerveuses sur lui-même, la flèche tournée vers le haut. Le Cauchemar Monstrueux qui s'était enflammé sur la torchère avait disparu loin dans le brouillard mais avait été remplacé par de nombreux autres que tous pouvaient sentir au dessus de leur tête et tout autour d'eux.

Astrid baissa encore la tête lorsqu'elle entendit le battement d'ailes près du toit.

« Il faut qu'on en profite, entendit-elle.

- T'es malade ! S'écria le frère de la voix. On va se faire bouffer !

- Elle a raison imbécile, répliqua Rustik. Ça ne peut pas être une coïncidence !

- Ce sont des dragons les petits gars… Avança Gueulfor. Et on n'est pas armé !

- Ils ne sont pas comme d'habitude, déclara Astrid en se rapprochant. Ils nous auraient déjà attaqués autrement.

- Ce sont des dragons ! Rugit la voix de Spitelout.

- On attend. »

Tous sursautèrent à l'entente de la sentence de Stoick. Le Chef des Hooligans s'étaient accroupi comme ses guerriers mais se tenaient le dos droit entre eux et Dagur, dont la flèche semblait prête à partir n'importe quand.

« Stoick t'es pas bien ?! S'emporta le père Jorgenson. On va tous se faire bouffer !

- Non. Il y a quelque chose de différent.

- T'es tombé sur ton casque ? Demanda le forgeron. Tu t'es pas fait trop mal au moins ?

- C'est Harold. »

Les Beurkiens échangèrent des coups d'œil nerveux entre eux. Beaucoup en était déjà persuadé mais ce n'était pas pour les rassurer. Astrid la première.

« OU ES-TU ? »

La voix de Dagur fit sursauter la blonde qui en oublia les dragons pour se focaliser sur le Berserk qui s'approchait de l'état d'hystérie total.

« JE SAIS QUE C'EST TOI ! MONTRE-TOI ! »

Elle vit les formes des dragons masqués par le brouillard qui commençait enfin à se disperser voleter près de lui sans qu'il ne puisse les atteindre ou encore les viser correctement. Le Berserk continuait de hurler contre la brume avant de s'arrêter finalement, les yeux complètements fous, sur les silhouettes accroupies, le Chef en avant. Astrid le vit avec horreur lever son arme vers Stoick qui ne broncha pas, malgré les hurlements des ses guerriers dans son dos qui bondissait sur leurs pieds pour courir à ses côtés.

Dagur lâcha la flèche. Droit vers son cœur.

A la seconde qui suivit, une explosion indigo frappa le sol à quelques mètres seulement du Chef Haddock. La flèche brisée s'envola de part et d'autre et fini de se faire consumer par la chaleur du feu qui la rongeait. Le silence s'abattit dans le village. Les Beurkiens et les Berserks se retinrent de respirer sans s'en apercevoir. Les dragons eux, avaient arrêté de gronder.

« La prochaine fois Dagur, ce sera ta tête ! »

Astrid et le village réprimèrent une acclamation de joie.

Harold. Il était de retour.

Et il n'était apparemment pas étranger à l'apparition des dragons dans le village.

« Harold… »

Dagur lui, semblait à la fois ravi – il allait enfin pouvoir mettre la tête du Banni sur le mat de son navire fétiche sans doute – et légèrement plus sur les nerfs que tout à l'heure, si c'était vraiment possible. La Hofferson le vit déglutir un moment avant de se reprendre, se redresser, l'arme toujours au poing et reprendre avec toute l'assurance qui lui restait.

« Alors c'était ça… Murmura-t-il. C'est comme ça que tu as coulé mes bateaux !

- Bien deviné, répliqua la voix d'Harold, toujours masqué par le brouillard. Maintenant Dagur… Quitte cette île. »

Le Berserk sourit. Astrid elle, pâlit.

Il gagnait du temps. Le brouillard disparaissait petit à petit et désormais, les silhouettes des dragons se faisaient plus visibles et nombreux étaient ceux qui reculaient pour demeurer cachés. Dagur le cherchait.

Il cherchait Harold et il allait le trouver. Parce que pour le moment, aucun ne pouvait faire quoi que ce soit.

Les Beurkiens étaient toujours aux mains des Berserks et les Berserks eux, étaient incapables de déborder les dragons qui les encerclaient, tout comme appeler leurs vaisseaux aux larges.

Sauf que bientôt, les flèches enflammées seraient vus des bateaux ennemis et Astrid doutait qu'Harold ait ramené assez de dragons pour tous les Berserks.

Il allait falloir qu'il fasse quelque chose. Très vite.

Un regard en arrière, une estimation rapide de la vision du brouillard, et Dagur se permit un sourire. Le fond de la falaise était visible, tout comme le serait bientôt le toit des maisons où Harold devait avoir élu domicile.

Bientôt il l'aurait. Bientôt.

Bientôt il lui ferait regretter la perte de son commerce, de ses bateaux et son humiliation devant ses clients et ses hommes. Il repeindrait son drapeau avec son sang. Il ferait de ses os des petits instruments que ses descendants feraient jouer par le vent sur les bateaux des Berserks et qu-…

Soudain, le hurlement sourd d'un dragon se fit entendre et la seconde d'après, tous les reptiles descendirent en piquet à travers le brouillard pour déverser des brasiers incandescents dans le village. Parmi les hurlements des Berserks et des Beurkiens, un se fit entendre plus que les autres.

« SAUVEZ-VOUS ! »

Harold.

D'un bond, Astrid et les autres guerriers se redressèrent sur leurs pieds et commencèrent à courir parmi les habitations. Les Berserks ne purent rien faire pour les en empêcher, les flammes des dragons entre eux et leurs prisonniers.

Les années de guerre contre les reptiles qui aujourd'hui les protégeaient – en tout cas de ce qu'elle pouvait constater – avaient forgé sont instinct de guerrière à un point qu'elle ne se connaissait pas. Et même s'il s'était émoussé par la surprise précédente, Astrid sentait maintenant tous ses sens décuplés et son esprit tournait à plein régime.

Il fallait se battre ou se sauver. Mais se sauver n'était pas une option pour une chasseuse de dragon.

Restait se battre. Se défendre au moins.

Un bouclier.

Mais les Berserks avaient fouillé toutes les habitations et les avaient dépouillées des boucliers et des armes qu'elles contenaient.

Pas de bouclier.

Et aucune d'arme.

Les boucliers du Grand Hall sur lesquels étaient représentés les portraits des anciens Chefs de Beurk ?

Trop loin. Et elle serait à vue.

Une arme. Quelque chose. La moindre petite lame…

Et Astrid vit sa maison.

Il restait des armes que personne n'aurait idée d'aller chercher.

La voilà sa chance.

La guerrière courut plus vite qu'elle ne le fit jamais. Elle vit du coin de l'œil des Berserks qui tentaient d'arrêter certains Beurkiens mais à chaque fois qu'ils s'en approchaient, des gerbes de flammes les faisaient reculer.

Les dragons étaient du côté d'Harold. De leurs côtés. Elle en était certaine.

La blonde put enfin ouvrir à la volée la porte de sa maison et sans prendre le temps de refermer, elle grimpa quatre à quatre les marches de l'escalier pour s'engouffrer dans sa chambre. Sans reprendre son souffle mais la respiration brûlante, elle plongea sur le côté du lit et fouilla d'une main effrénée sous le matelas de bois, les yeux sur le côté. Elle réprima une exclamation de joie lorsque ses doigts trouvèrent ce qu'ils cherchaient. Elle joua de ses ongles contre les accroches et accueillie dans un soupir de soulagement le poids familier d'une lame contre sa paume.

Le poignard d'Harold.

Les armes du Banni lui avaient été confiée mais elles ne l'avaient sortie qu'une seule fois depuis son arrivé sur Beurk. Cachées là où personne n'aurait l'idée qu'Astrid pourrait les dissimuler.

Qui d'autre que des enfants pouvaient cacher des choses sous leurs lits ?

Rassurée, elle replongea sa main sous le lit et chercha à tâtons l'épée d'Harold dont l'utilité serait beaucoup plus appréciable que la petite longueur du poignard.

« On a trouvé un nouveau joujou… ? »

Astrid sentit son sang se glacer à l'entente de la voix.

De toutes les personnes qui marchaient actuellement sur le sol de Beurk, le pire était pour elle.

Dagur.

La guerrière bondit sur ses pieds et brandit le poignard devant elle. A l'embrasure de la porte, se tenait la silhouette du Chef Berserk qui souriait comme le dément qu'il était. Un fou qui cachait un esprit qui équivalait au génie d'Harold malheureusement.

« Oh… Fit-il dans une moue déçue. Seulement ça ? Tout ce chemin pour seulement un petit couteau ? J'en attendais plus de la copine de ce salopard d'Harold.

- Tu ne sais pas de quoi tu parles, siffla Astrid.

- Et toi à qui tu parles. »

La main gauche du Berserk se releva et la flèche qui ornait l'arbalète que brandissait Dagur visa Astrid. Dans un glapissement d'horreur, la jeune femme s'élança sur la fenêtre de sa chambre et plongea à l'extérieur. Elle envisagea naturellement de descendre le long du toit mais des Berserks qui passaient par là – campaient plus précisément – l'empêchèrent de rejoindre le sol et elle dut se résoudre à grimper comme elle put sur le haut du toit.

Un coup d'œil en arrière lui sauva la vie et elle plongea en avant pour éviter le coup d'épée mortel de Dagur. En quelques secondes, les deux guerriers se firent face sur le toit, un glaive de longueur appréciable d'un côté et un poignard qui semblait ridiculement petit dans les mains d'Astrid.

Ce poignard avait ôté la vie d'un nombre incalculable de personne mais s'il n'était pas dans les mains de son propriétaire légitime, la peur qu'il infligeait était bien amoindrie.

Dans un sourire Dagur fit un petit bond en avant. En réponse, Astrid bondit en arrière et brandit son poignard les mains tremblantes.

Où était Harold lorsqu'on avait besoin de lui ?

Dagur fit à nouveau un bond mais Astrid fendit l'air de sa lame cette fois. Le Chef Berserk sourit et brandit la sienne.

Il l'abattit sur le côté mais la guerrière parvient à prendre le coup sur la petite lame de son poignard, les deux mains sur le manche. Le coup fut rude malgré tout. Trop d'ailleurs et Astrid se sentit basculer dans le vide, le long du toit de sa maison.

Dans un cri étouffé, elle dévala les tuiles de sa demeure avant de s'écrouler lourdement sur le sol, le goût du sang dans la bouche mais la dague d'Harold toujours en main. L'esprit légèrement embrumé par la chute, elle sentit néanmoins les hommes de Dagur se précipiter sur elle mais la voix de leur Chef les retient.

« Laissez-la ! Elle est pour moi… »

Difficilement, Astrid parvient à se redresser et recula pour voir avec un soupçon de désespoir le garçon dévaler agilement son toit. Il atterrit les deux pieds sur le sol, son glaive bien en main et ce stupide sourire toujours braqué sur son visage.

Astrid recula de quelques pas, une main douloureuse sur son épaule.

Elle ne ferait pas le poids. Avec un simple couteau entre les mains.

Et sa fierté de Viking l'empêchait d'appeler à l'aide.

« Alors, on a perdu de vu son petit ami ?

- Oh tu sais, les garçons de cet âge, c'est dur à retenir près du foyer ! »

L'excès d'humour, même parqué d'un sourire difficile de la jeune femme ne plut pas à Dagur. Il aimait contrôler. Il aimait faire peur.

Il n'aimait pas qu'on fasse de l'humour alors que son glaive était pointé sur la poitrine d'un paysan.

« Tu vois… Commença-t-il en avançant doucement. Je n'ai jamais aimé Harold. Il était frêle, faible et incapable de lever une arme correctement mais il arrivait toujours à parler Malgré toutes les situations, malgré tous les poignards que je lui lançais… il arrivait toujours… à parler.

- Ouais, on appelle ça le sarcasme, répliqua Astrid. Il fait souvent ça.

- Et ben j'ai toujours eu HORREUR de ça ! Hurla-t-il. Et en plus, les gens autourent de lui finissent toujours par le suivre après.

- C'est l'effet « Chef », confirma Astrid. Il fait ça aussi.

- Je ne t'aime pas.

- Je te rassure c'est réciproque. »

Dans un cri de rage, Dagur abattit son épée sur Astrid qui l'esquiva comme elle put d'une roulade sur le côté. A peine eut-elle le temps de se retourner que le Berserk était déjà sur elle et la jeune femme dut se résoudre à parer du maigre poignard qu'elle avait récupéré dans sa chambre. Les deux guerriers affrontèrent leurs forces pendant de courtes secondes avant qu'Astrid ne frappe le jeune homme dans l'abdomen du pied et ne fasse volte-face pour s'enfuir. Mais rien n'y fit, une flèche se planta à quelques centimètres de son pied et la Viking refit face à son ennemi de nouveau.

Il fallait qu'elle sorte de là. Très vite.

Parce que là ça devenait un tantinet dangereux.

« Pied au mur chérie ?

- Tu aimerais bien hein ? »

Astrid brandit le poignard et s'élança contre Dagur qui se contenta de fendre l'air de sa lame pour faire reculer la jeune femme. Sa portée était bien trop courte. Jamais elle n'allait réussir à s'en sortir de cette manière.

Le Chef Berserk tendit le bras pour la frapper de son épée mais avant qu'il ne puisse l'abaisser, Dagur ne put que plonger au sol pour éviter un tonneau qui volait droit sur son casque.

Astrid mit un certain temps avant de se reprendre.

Est-ce qu'un tonneau volant venait de lui sauver la vie ?

« Astrid ! »

Non apparemment, mais bien un autre Chef Viking.

Stoick Haddock.

« Chef ! »

Astrid vit Stoick courir vers les deux hommes de main de Dagur et en frapper un de son poing. L'homme s'envola littéralement et ne bougea plus une fois sur le sol tandis que le Beurkien s'élançait sur le deuxième qui tenta de lui asséner un coup d'épée que le Chef esquiva avant de le frapper à l'estomac. Lui aussi s'arrêta de bouger.

Stoick se retourna pour faire face à Dagur mais ne put que crier de surprise et plonger sur le côté pour esquiver une lame à hauteur de son visage. Il ne réussit pas à s'en dérober totalement et l'épée vint méchamment entailler son bras. Stoick se retint de hurler de douleur et couvrit la blessure de sa large paume avant d'à nouveau faire face au Berserk. Pour finalement se figer.

Le Dérangé avait désormais sa lame au milieu de la barbe de son aîné, un sourire plus dément encore que d'habitude sur les lèvres.

Astrid grogna de rage.

« Raté… » Murmura Dagur.

Son seul poignard dans la main, Astrid bondit pour secourir son Chef avant que le Berserk ne pose son regard dans le sien.

« Hein hein hein… La dissuada-t-il. Si tu veux que ton Chef puisse encore parler avant la fin de la journée, je te suggère de ne plus faire un geste.

- Relâche-le Dagur ! Hurla-t-elle.

- Laisse-la partir Dagur ! Cria le Chef.

- Eh oh, il va falloir vous mettre d'accord là… Fit-il en levant les yeux au ciel. Oh… Mais je crois que j'ai le meilleur appât possible maintenant… »

Le Dérangé apprécia un moment les deux Vikings qu'il tenait. Et Astrid savait exactement ce à quoi il pensait.

La petite amie et le père de sa future figure de proue. Les dieux les avaient abandonnés.

Astrid serra les dents lorsqu'elle aperçut le Berserk s'approcher de son Chef.

« Où. Est. Il… Ordonna Dagur d'une voix sombre à l'oreille de Stoick.

- J'y vois autant que toi dans ce brouillard Dagur, répliqua son vis-à-vis. Comment le saurais-je ?

- Ne joue pas au plus fin avec moi Stoick, vous deviez le savoir ! Son complot avec les dragons ?

- Tu crois qu'il avait assez confiance en nous pour nous parler d'une telle chose ?

- Oh je vois… Tu l'aurais banni une seconde fois je suppose ?

- … J'aurais préféré mourir que de faire souffrir une deuxième fois mon fils, cracha presque au visage Stoick.

- Comme s'il te considérait encore comme son père, sourit le brun. A dire vrai… Je sais qu'il viendra la sauver… mais toi… Penses-tu qu'il lèvera le petit doigt pour son si tendre Papa qui l'a envoyé sur le chemin de l'esclavage ?

- … Il n'est pas comme toi. Il préfèrerait me tuer en face plutôt que d'assister à ma mort sans rien faire.

- Tu veux dire qu'il te trancherait la gorge avant de venir me régler mon compte ?

- Je prie les dieux pour ça.

- C'est pas dans mes plans ! »

Dagur et Stoick levèrent un même regard incrédule vers le ciel opaque. A travers le brouillard, une forme apparut de nulle part, un immense bâton dans les mains et sépara les deux hommes de son corps lorsque le Chef Berserk sauta en arrière pour éviter un mauvais coup.

Astrid se sentit en un instant revivre.

Harold était de retour.

Il avait l'air on ne peut plus sérieux, menaçant Dagur de son arme. Un simple bâton de ce qu'en pouvait en voir Astrid, en forme de crosse à chaque bout bordé de piques. Son habituel haut trop large avait été remplacé par un plastron de cuir et ses tatouages semblaient danser sur ses muscles comme ils le faisaient sur l'Île d'Alvin le Traître. Même le bandage sur son bras n'arrivait pas à démentir la dangerosité du Banni de Beurk.

Mais Dagur lui, était loin d'en être effrayé. Il semblait même excité. Astrid n'en était même pas étonnée.

« Harold… Murmura-t-il. Cela faisait un moment que je voulais te revoir…

- Pourquoi ? Répliqua Harold d'un ton ennuyé. Le temps où tu me balançais tes couteaux au visage te manquait ?

- Non, là tu étais ennuyant et faible, aucun intérêt…

- J'apprécie ta franchise.

- Mais là, ignora Dagur. Tu es fort, tu es sans pitié, tu fais parler de toi… Tu fais peur… Tu fais… PLUS PEUR QUE MOI ! »

Harold raffermit sa prise sur son arme – ou ce qu'il s'en rapprochait parce que lorsqu'il n'y avait pas de métal, Astrid ne pouvait pas concevoir ça comme une arme – et baissa les genoux. Il était facile de comprendre pourquoi.

Dagur le Dérangé était énervé. Et personne ne voulait être là lorsqu'il était énervé.

Le sourire du Berserk était complètement dément. Il dansait presque sur ses pieds, le regard fixé sur Harold qui grimaça.

Juste quelques minutes.

« Astrid, protège mon père, ordonna-t-il.

- Si tu crois que je vais te laisser seul face à ce taré, siffla-t-elle alors qu'elle se ruait à ses côtés, tu me connais mal !

- Astrid je suis sérieux, répliqua-t-il alors qu'elle levait son propre poignard devant ses yeux. Et c'est pas à moi ça ?

- Tu veux vraiment qu'on discute de ça maintenant ?

- Tu ne pouvais pas prendre le grand modèle à la place ?!

- J'ai été retenu ! J'ai fait avec les moyens du bord !

- Dîtes, retentit la voix ennuyé de Dagur. Vous pouvez vous occuper de moi avant de régler vos problèmes maritaux ?

-J'ai une dernière petite chose à régler d'abord si tu veux bien. » Répondit Harold.

Sans qu'Astrid ne puisse réagir, le Banni attrapa l'arrière du genou de la blonde par l'un des deux bouts de son arme et la souleva comme un rien. Dans un cri, la Viking s'envola avant de lourdement retomber sur le sol, les jambes presque au dessus de la tête. Harold n'attendit pas plus et se rua sur le Berserk qui sourit.

« SALE TROLL PURULANT ! » Entendit-il dans son dos.

Astrid pestiférait encore lorsqu'elle se redressa et se posta malgré elle devant son Chef, le poignard devant elle. Maigre défense mais c'était mieux que rien.

Mais Harold allait entendre parler d'elle.

Elle savait bien qu'elle ne pouvait rien faire contre Dagur et que sa présence serait plus un handicape qu'autre chose mais…

C'était une Viking. Elle n'aimait pas regarder les autres se battre sans pouvoir faire quoi que ce soit.

Et Harold était blessé.

L'auburn ne maniait son arme que d'une seule main la plupart du temps, se contentant de la faire passer quelque fois de l'autre pour faire reculer son adversaire. Adversaire qui souriait à n'en plus finir en chargeant de sa lame dans des cris de joie.

Harold parait, fendait l'air et esquivait comme elle ne l'avait jamais vu. Elle connaissait ses capacités avec une épée, elle avait été aux premières loges pour les craindre et les apprécier à leur juste valeur. Mais ça, n'avait absolument rien à voir avec la danse froide et macabre qui le faisait devenir ce monstre qu'il redoutait tant. Les mouvements ici étaient plus amples bien que toujours aussi dangereux. C'était comme si Harold s'envolait quelques secondes avant de frapper lourdement le sol de sa crosse et que l'autre bout suive le précédent d'un même mouvement.

C'était étrange.

Elle aurait presque pu voir un dragon.

Les deux armes se confrontèrent férocement alors que les deux adversaires usaient de tout leur talent pour faire s'envoler celle de l'autre. Harold avait une portée plus longue certes, mais l'épée de Dagur faisait bien plus de dégâts que sa crosse en bois. Même maniée par le plus dangereux des hommes.

« Sérieusement Harold ? Bougonna Dagur pendant un bref répit du combat. T'aurais pas pu te trouver une meilleure arme que ça ? Où au moins y rajouter un bout un peu plus pointu ?

- Tu ne vas pas faire le difficile Dagur, soupira le Banni. Je sais que ce ce n'est pas le top pour battre quelqu'un mais tu serais surpris de voir ce que je suis capable de faire avec.

- Très certainement mais tant que tu ne peux pas tuer ça ne m'intéresse pas.

- … D'accord, c'est pour ça que tu es venu… »

Harold serra les dents alors que l'intérêt du Berserk semblait être remonté à bloc.

« Bien sûr ! Comment aurais-je pu réagir autrement lorsque j'ai entendu parler de toi ? … De ce que tu pouvais faire… Tant de personne te craignait… Cette peur que tu infligeais… »

Dagur semblait en transe, littéralement.

Et ça, ça devait être sa tête la plus flippante que lui connaissait Harold.

« Et lorsque je peux enfin le rencontrer… Je me retrouve… face à un stupide Chef qui veut simplement défendre son village. Avec un bâton. »

Deuxième tête la plus horrible : Dagur déçu.

« J'ai ramené des dragons, répliqua Harold pour sa défense.

- Oh oui ça, ça à l'air cool aussi mais je m'en contre balance.

- J'apprécie toujours autant ta franchise.

- Ce que je voulais affronter, c'était un monstre. Alors, pourquoi tu n'irais pas piquer une épée à l'un de mes gars et tu reviens après ?

- Je ne sais pas trop Dagur… Tu vois, j'ai vraiment un problème avec les épées…

- Tu tues et c'est ça que je veux.

- C'est un peu là que se situe le problème en fait. Je ne tue plus.

- … Pardon ? »

Astrid vit Harold étirer un petit sourire avant de tendre ses muscles et assurer – à nouveau – sa prise sur son arme.

« J'ai atteins le point de non-retour. Je ne peux plus tuer qu'une personne. Et ce ne sera pas toi. »

Visiblement on peut plus mécontent de la nouvelle, Dagur hurla de rage et se rua sur l'auburn qui para des deux bras malgré la douleur. Le Berserk le vit bien et enchaina les coups alors qu'Harold n'avait pas d'autres choix que de parer et grimacer à cause de sa blessure.

Astrid entendit Stoick crier le nom de son fils. Elle le comprenait.

Harold ne pouvait pas gagner dans cet état.

Ironiquement, il pouvait gagner n'importe quel de ses combats à une main avec une épée. Cette crosse qui avait aujourd'hui nécessitait deux bras alors qu'il n'en avait plus qu'un.

Les dieux et leur foutu sens de l'humour.

Et ce qu'elle redoutait arriva. Dagur parvint à bloquer l'arme d'Harold sous son pied et asséna un violent coup de manche droit sur la blessure du forgeron qui ne put retenir un hurlement de douleur avant de s'effondrer quelques pas plus loin, sa main sur sa blessure rougeoyante.

« Alors Harold… Murmura Dagur en frappant du pied la double crosse qui alla s'échouer plus loin. Seulement ça ? Sérieusement ? T'avais pas plus impressionnant à montrer ? Tu nous as fait tout un spectacle avec des dragons dans le brouillard et t'as pas pensé à un ramener un pour te défendre ? Ou alors ce n'était que du bluff ?

- … Je t'ai fait l'honneur de t'affronter sans aide, sourit difficilement Harold. Tu devrais être content…

- Je suis déçu.

- J'en suis vraiment navré.

- Tu ne t'arrêtes jamais de parler ?

- Ce serait ennuyeux si je ne parlais pas.

- Moi ça m'agace.

- Raison de plus. »

Avant que la colère de Dagur ne raccourcissent Harold d'une jambe ou deux, les deux hommes et les spectateurs du combat sursautèrent comme un. Plus loin à travers le brouillard, un immense feu bleu s'était envolé dans le ciel et explosa à travers l'épais nuage gris qui recouvrait Beurk et ses eaux.

Tout le monde reconnut ces flammes.

Mais personne, Astrid la première, n'y crut vraiment.

« Mais qu'est-ce qu-humpf ! »

Harold venait de frapper du pied l'estomac de Dagur qui recula de quelques pas, une main autour de son abdomen. Le forgeron bondit sur ses pieds et sauta sur son arme délaissée avant de refaire face à nouveau au Chef Berserk, la crosse devant lui.

« C'est pas trop tôt… Grinça-t-il.

- Qu'est-ce que c'était que ça ?! Hurla Dagur alors qu'il s'élançait sur lui.

- Oh ça ? Rien, rien du tout ! Juste un petit signal… »

Les deux armes s'entrechoquèrent et le fils d'Oswald le Bienveillant serra les dents en poussant sur son arme, au plus près qu'il était possible d'Harold.

« Pour. Quoi ? Siffla-t-il.

- … Mes amis ont terminé ce qu'ils avaient à faire.

- … Tes… amis ?

- Ouais ! Ils viennent de m'informer que tu avais perdu.

- … Pardon ?

- Je t'ai dit que j'allais me battre contre toi Dagur. Pas que j'allais être celui qui te battrait.

- Quoi… ? »

Harold porta sa main à sa bouche et la surprise générale, hurla. Pas un hurlement ordinaire, non. Un cri. Un cri que les deux Beurkiens n'osèrent reconnaitre. Dagur lui, semblait encore plus perdu.

« Qu'est-ce que…?! »

Le son qui parvint alors aux oreilles d'Astrid lui glaça plus encore le sang que le combat presque perdu d'Harold.

Elle connaissait ce son. Elle l'avait entendu maintes et maintes fois étant plus jeune. Il avait disparu de l'île depuis quelques années mais jamais le souvenir de ce son ne l'avait quitté. Ni le reflexe qui suivait à chaque fois.

« Couchez-vous… » Murmura-t-elle en faisait plier ses genoux.

Puis tout à coup, le brouillard se fendit à nouveau. Une imposante masse noire fondit sur le sol dans un bruit mat, dans le dos de Dagur, à quelque pas seulement du Berserk.

Incrédule, le Chef ennemi se tourna lentement alors que dans son dos, la forme grandit, s'éleva de toute sa hauteur. Bientôt, Dagur dut lever la tête pour contempler horrifier ce qu'il le toisait férocement.

Puis la forme s'abattit sur lui, le déposséda en un coup de patte de son épée et s'effondra sur ses bras, le maintenant au sol de tout son poids.

Et le dragon hurla.

Alors qu'enfin le cri cessa, Astrid vit du coin de l'œil – elle ne sut jamais comment elle avait pu se détacher même un instant de la vision du dragon sur le Chef Berserk, ni quand s'était-elle effondrer au sol – le jeune Banni de Beurk se redresser. Il marcha nonchalamment vers le dragon noir, sa crosse désormais sur l'épaule avant d'appuyer son poids sur la tête du reptile grondant contre sa proie, une main entre les deux grands yeux verts qui brillaient dangereusement.

« Devrais-je faire les présentations ? Sourit-il. Dagur, je te présente mon meilleur ami : Krokmou. Krokmou, dit bonjour à Dagur. »

En réponse, le dragon hurla à nouveau, moins longtemps cette fois mais tout aussi fort.

« Je te l'avais dit Dagur, continua Harold. Tu as perdu. »

Toujours choqué, le Berserk n'arriva pas à aligner deux mots. Astrid ne put l'en blâmer. Elle aussi les mots lui manquaient.

Elle avait plus ou moins compris qu'Harold avait créé quelque chose entre lui et les dragons.

Il avait lui-même déclaré les dragons comme étant ses amis.

Mais elle n'aurait jamais pu s'attendre à ça.

Le meilleur ami d'Harold… était un Furie Nocturne.


Fin du chapitre ! OUI ! KROKMOU EST DE RETOUR !

Ca va vous êtes contents ? Assez pour supporter ce que je vais vous dire ? Même si c'est que je n'ai écris que le quart du prochain chapitre ?

Ah. Peut-être pas assez alors.

Donc ! Il y a certainement une pause la semaine prochaine, normalement il ne devrait pas y en avoir d'autres parce que les autres sont déjà bien avancés, même l'épilogue.

Voilà voilà ^^ J'espère que ce chapitre vous aura quand même plu, que vous êtes content du retour d'Harold et de notre si cher Krokmou qui aura juste mis 12 chapitres à arriver (comment ça c'était trop long ? C'est moi qui ait tout tapé à l'ordi je vous signale, moi aussi j'ai dû attendre avant de pouvoir le décrire d'abord !)

Comme d'habitude, le petit bouton de review serait ravi si vous cliquiez dessus :) (et moi aussi)

A la revoyure !

Geek-naval