Oups.
Deux amants de longue date, et au caractère bien trempé, et capables de défourailler chacun une puissance de feu à faire pigner de jalousie d'importe quel général soviétique de la guerre froide. Et entre les deux : lui.
Pas besoin d'être un génie pour en déduire qu'il s'était fourré dans de sales draps. Et comme les draps en question, au sens propre du terme, ne l'étaient plus vraiment, il se voyait mal invoquant la plus vieille et éculée excuse au monde : " ce n'est pas ce que vous croyez ". les apparences étaient clairement contre lui ... et la vérité aussi.
Là, il avait merdé. Coucher avec Dohko, l'amant passé, présent et de moins en moins plausiblement futur de Shion n'avait pas été la meilleure idée qu'il avait eue de sa vie. Par contre, ça risquait fort d'être la dernière.
Et que Shion continue de le fixer d'un calme imperturbable n'était pas un signe de bon augure. Bien au contraire. Saga se souvint atterré que, hormis la très étoffée ( et équivoque ) collection de recueils érotiques de la bibliothèque du Palais, Shion semblait avoir eu comme livre de prédilection un certain Prince, de Machiavel. Un chef-d'oeuvre de la Renaissance, qui mettait en avant comme méthode de gouvernance le sang-froid, l'intrigue et la dissimulation. Et comme de la théorie à la pratique il n'y avait qu'un pas, si Shion suivait à la lettre ces lignes, il y avait de fortes chances que quand le soleil se coucherait ce soir, sa tête se trouve à quelque distance de son corps. Enfin, à supposer qu'il en reste seulement quelque chose.
Bref, c'était mal parti. Surtout que ce n'était pas parti du tout, et Saga aurait encore préféré une crise de fureur – avec sans doute les enfers à la clé – à cette attitude de Statue du Commandeur qu'arborait le feu et depuis lors ressuscité grand Pope.
Il brisa enfin le silence au bout de ce qui parut à Saga une éternité.
- Ecarte les cuisses.
Saga demeura figé, autant par la terreur que par la surprise que lui causait cet ordre, tombé des lèvres sensuelles de l'Atlante avec toute la douceur du monde.
- J'ai dit " écarte les cuisses "!
Et sans attendre que le Gémeau obtempère, il arracha le drap qui le recouvrait d'un mouvement sec et sans plus de cérémonie glissa sa main entre ses jambes et força deux doigts au plus profond de son intimité.
Saga glapit. Pas de douleur, car après les assauts qu'il avait subis toute la nuit de la part de Dohko son orifice demeurait réceptif à la pénétration, mais d'humiliation. Mais ce n'était pas le moment de se plaindre. Le pire ne pouvait être qu'à venir.
Shion retira ses doigts luisants d'une substance crémeuse, et les brandit sous le nez de Dohko.
- Tu as joui en lui ?, demanda-t-il avec un calme olympien plus qu'inquiétant.
Mais il en fallait plus pour troubler Dohko qui, calé sur un coude, ne semblait pas plus troublé que cela.
- Hmm, acquiesça-t-il.
- Combien de fois ?
- Sais plus. Saga, tu as compté ? Six, sept .. ?
Le Gémeau ouvrit des yeux horrifiés. A quoi jouait-il ? Pourquoi s'amusait-il à jeter de l'huile sur le feu ? Avait-il perdu la tête, ou bien, conscient au contraire de la situation, assumait-il sa faute en jouant la carte du panache ? Dans un cas comme dans l'autre, c'était du suicide pur et simple.
- Je vois, susurra le Grand Pope.
Et il fit une chose qui finit de persuader Saga que sa dernière heure était arrivée : il sourit.
- Tu en as un toupet. Tu me prends ma vie pour commencer, mon trône, mes vêtements, mon lit et pour finir mon amant.
- Tu oublies tes jouets.
- Mes jouets ?
- Ceux que tu oublies sous ton oreiller avant de te faire assassiner.
Saga déglutit, la gorge sèche. Comme si c'était le moment d'évoquer ce malencontreux épisode qui datait de 15 ans à présent ! Dohko voulait sa peau ou quoi ?
- Oh, fit Shion, les yeux brillants. C'est lui qui l'a ?
- Non !, s'écria Saga.
- Il dit la vérité. Il n'a fait que s'amuser avec. Je peux en témoigner, quand Athéna s'est repointée au Sanctuaire et a détrôné ...
- ...zigouillé..., corrigea Shion
- Soit, zigouillé Saga, donc ...
- ... ce sale imposteur qui m'avait tué...
- ... tu veux dire "zigouillé" ?, rit Dohko.
- Non, lâchement assassiné.
- ... je disais donc que ton petit joujou préféré n'était plus là. Je m'en suis assuré personnellement.
- Mais il est bien quelque part !, glapit Shion. Il va falloir qu'il se retrouve, j'ai une sainte horreur qu'on joue avec mes affaires, surtout quand il s'agit de cadeaux.
- C'était donc à pur titre sentimental qu'il était sous ton oreiller ?
- Tout à fait.
- Achètes-en un autre ?
- Ca ne sera pas le même !
- Bah, tu n'as qu'à passer une petite annonce dans la gazette du Sanctuaire si tu y tiens tant. Quelqu'un l'aura bien vu passer. Cela dit, si c'est Aphro qui l'a, tu es mal, jamais il ne consentira à le lâcher.
L'image du vénérable Grand Pope et du chevalier des Poissons s'écharpant sur la place publique pour la possession d'un godemiché fut la chose de trop pour les nerfs à vif de Saga, qui explosa de rire malgré lui.
- Tu trouves ça drôle ?, lui demanda Shion.
Le rire est le propre de l'Homme, avait écrit Rabelais. Pas de l'Atltante, aurait-il pu ajouter s'il en avait eu parmi ses connaissances. Mais une chose était claire : Shion était plus porté sur Machiavel que sur Rabelais. Mais vu les circonstances, difficile de lui en vouloir.
- Mais revenons à ce qui nous amène à discuter tous les trois. Je peux avoir un embryon d'explication ?
Saga se sentait tout petit et misérable sous le poids de ce regard rose, digne mais impérieux. Il tritura nerveusement le drap dans lequel il s'était enveloppé. Le pire dans tout ça, c'était qu'il était en tort, sans aucune excuse. Quelle mansuétude pouvait-il espérer ? Et surtout quelle excuse donner ? Il n'en voyait pas l'ombre d'une qui puisse tenir la route.
- Il m'a juste demandé de lui prendre sa virginité, expliqua soudain Dohko.
Vraiment le genre de déclarations dont Saga se serait bien passé. Il s'attendait qu'après cela Shion explose de colère, mais non.
- Oh, si c'est pour la bonne cause alors je m'incline !, dit-il simplement. Quelque chose à dire pour ta défense, toi ?
Saga se contenta de secouer la tête en guise de soumission. Contrairement à Dohko qui avait l'air de privilégier la provocation, il lui semblait plus sain – et plus digne – de reconnaître ses fautes. Entre d'autres termes plaider coupable et ...
- Je vous demande pardon, murmura-t-il, le rouge de la honte sur les joues.
- Ah, quand même !, lâcha Shion en battant des bras.
- Pas si vite !, s'exclama Dohko. Tu as des torts toi aussi, continua-t-il en pointant le Grand Pope du doigt.
- Moi ?
- Oui, tu n'avais qu'à pas semer tes vibrations et tes affaires partout, pour commencer. Sans ton côté bordélique, on n'en serait pas là ! Bien fait, ça te servira de leçon !
C'était tellement outré, comme défense, que Saga commença à avoir des doutes sur Dohko. Soit c'était un inconcient de tout premier ordre – et quand on a survécu à une guerre sainte et éventé un complot pourtant superbement ficelé on n'appartient a priori pas à cette catégorie – soit c'était un égocentro-narcissique de la plus belle eau, soit ... il avait peur d'avoir compris.
Et Shion, qui aurait dû bondir devant cette sortie outrageante de son amant, le conforta dans cette hypothèse en ne levant même pas un sourcil ( qu'il n'avait pas ). Imperturbable, il reporta son attention sur le malheureux Saga qui ne savait plus que faire ou que dire.
- Demander pardon, c'est bien beau mais ça n'efface pas tes torts, tu en conviendras ? Comment comptes-tu réparer les dégâts , d'ailleurs ? J'ai récupéré ma vie, mes vêtements, mon lit et mon trône, soit. Pour ce que tu sais, il est porté disparu jusqu'à ce que je me penche sur le sujet. En attendant tu proposes quoi comme indemnisation ?
- Je peux parler ?, demanda Dohko.
- Pourquoi, tu t'en es privé jusqu'ici ?
- Non, mais je suis poli, vois-tu. Je voudrais juste porter un détail à ton attention : j'ai pris la virginité de Saga en le pénétrant ...
- Merci, je sais, ça a laissé des traces !
- ... et uniquement en le pénétrant.
- Tiens donc ! Comme c'est intéressant ... il reste donc quelque chose à cueillir ?
Soulevant délicatement un pan de sa longue tenue tibétaine, Shion se laissa glisser sur le lit et s'approcha de Saga, si près qu'il put sentir la chaleur de son souffle sur sa joue.
- Tu permets ?, murmura-t-il de sa voix sensuelle.
Une main indiscrète se faufila sous le drap, en direction de son entrejambe. Il sentit des doigts s'enrouler autour de son membre et le palper avec délices, tandis qu'une lueur d'intérêt s'allumait dans les prunelles roses de Shion, et qu'un petit sourire coquin fleurissait sur ses lèvres.
- Ainsi c'est vrai, tu es encore vierge de ce côté ?
Malgré son grand âge, Shion était resté d'une époustouflante beauté et ses gestes experts sur sa verge ne tardèrent pas à produire l'effet escompté. Saga se mordit les lèvres pour ne pas gémir.
- Huuum, fit-il, j'ai quelque chose qui me vient à l'esprit et où nous trouverions chacun notre compte. Puisque tu ne peux pas remplacer mon "cadeau", peut-être pourrais-tu ... le remplacer ?
La nuance était subtile et Saga, déjà troublé par ses caresses, eut besoin de quelques instants pour comprendre où Shion voulait en venir.
- Vous voulez que ... ?
- Hmm-hmm. Si tu es tenté bien sûr.
- Comment pouvait-il en douter, alors que son érection était déjà si dure dans sa paume ?
- Je ...
Cette absence de refus était un consentement en soi, et Shion la prit pour ce qu'elle était. Saisissant la petite fiole de baume qui gisait abandonnée dans le désordre des draps, il la lança à Dohko.
- Rends-toi utile, veux-tu ?
Et, se mettant à quatre pattes, il lui présenta sa superbe croupe.
Dohko ne se formalisa aucunement du rôle de spectateur que Shion prétendait lui faire jouer. Bien au contraire. Dans un froissement d'étoffe, il retroussa la tenue tibétaine de Shion sur ses hanches, lui laissant ainsi libre accès à son intimité, puis, après avoir versé quelques gouttes ambrées sur ses doigts, les introduisit délicatement dans l'intimité du bel Atlante.
Shion gémit d'aise et cambra les reins.
- C'est bon ?, l'interrogea Dohko.
- Tu sais si bien faire ça ...
- C'est le fruit d'un long travail, souligna la Balance.
- Ne mets pas plus de deux doigts, et ne va pas trop profond. Je veux bien le sentir à l'intérieur, et plus je suis étroit, plus il aura de plaisir.
Sans protester, Dohko fit aller et venir ses doigts à l'intérieur avec application jusqu' à ce que Shion lui dise d'arrêter.
- Ca suffira. Occupe-toi de Saga maintenant.
Dohko se remit à genoux, et s'approcha de Saga qui les observait la gorge sèche. Faisant couler quelques gouttes sur le gland du jeune homme, il les étala du creux de la main sur toute la virilité gonflée, et Saga tressaillit sous la caresse. Il ne tiendrait pas longtemps, c'était clair, et il n'insista pas davantage.
Shion gisait au milieu des draps, sa magnifique chevelure soyeuse se répandant en une multitude de vagues rebelles sur ses épaules et autour de son visage d'ange. Il avait dénoué les pans de sa tenue, et le rouge sang de la soie rendait plus lumineuse sa peau d'albâtre. Une vision enchanteresse.
- Viens, supplia Shion d'une voix sensuelle.
Et en guise d'invitation, il releva ses longues cuisses, dévoilant sa petite fleur luisante.
- Laisse-moi te guider , proposa Dohko à Saga.
Et, sans lui donner le temps de répondre, il se plaça derrière lui et prit son érection en main. A plusieurs reprises, il lui fit effleurer du bout du gland le périnée du bel Atlante, des testicules à son anus. Shion manifesta son approbation d'un soupir languissant, yeux clos et tête renversée en arrière. Son érection suintait de désir, tendue sur son ventre lisse d'une blancheur de marbre, y semant çà et là des perles liquides.
- Vas-y maintenant. Doucement, jusqu'au fond.
L'anneau de muscle offrit une légère résistance qui ne dura que quelques courts instants, et Saga, les reins en feu, s'enfonça centimètre après centimètre, le souffle coupé par le plaisir. Le passage, brûlant et étroit, enserrait sa verge, le mettant au supplice, et c'est à peine s'il sentit Dohko qui lui écartait les fesses et, la seconde d'après, s'introduire en lui.
- Oh, par Athéna, murmura-t-il.
- Laisse Athéna où elle est !, lui lança Shion. Quoique ça pourrait être intéressant ..., balbutia-t-il.
Saga n'était plus en mesure de se demander à quoi il pouvait bien faire allusion tant son esprit était enfiévré. Sans y réfléchir, il commença à onduler des reins, se retirant de Shion pour mieux être pénétré par Dohko. Il ne contrôlait plus rien, ni son corps ni son esprit ni ses sens, et c'était parfait ainsi.
Tout le reste ne fut plus qu'une escalade effrénée vers la jouissance. Vers les jouissances pour être exact. A peine se fut-il répandu en longs spasmes libérateurs dans les profondeurs moites et brûlantes de Shion qu'il sentit le chevalier de la Balance, stimulé par son orgasme, jaillir en lui à son tour. Exténué et étourdi par le plaisir, il se laissa retomber sur le torse en sueur de Shion, qui l'enlaça de ses bras.
- C'est fini, maintenant, l'entendit-il murmurer doucement dans son oreille. Nous t'avons tout pardonné il y a longtemps, j'espère que cette nuit aurait fini de t'en convaincre ... Bienvenue au Sanctuaire.
Sa main se posa sur ses cheveux et les caressa en un geste d'apaisement et de pardon.
Et Saga se mit à pleurer.
- Il est mignon, non ?
Dohko regardait Saga, étendu à côté d'eux, plongé dans un sommeil réparateur.
- Hum, concéda Shion, absorbé dans la contemplation du plafond.
- " Hum " seulement ? Pas plus ?
- Hum hum.
- Ah, je préfère ça. Il me semblait bien d'avoir entendu t'égosiller de plaisir tout à l'heure.
- Disons que la dernière fois qu'il m'a enfoncé quelque chose dans le corps, c'était bien moins plaisant.
Dohko éclata de rire.
- Idiot, va...
Il l'attira à lui. Dieux, que ça avait pu lui manquer de le tenir ainsi contre lui.
- Merci d'avoir accepté mon plan. Tu n'y étais pas obligé après tout. j'aurais compris que tu dises non.
- Je ferais n'importe quoi pour toi, répondit Shion gravement. Tu ne l'as pas encore compris ? N'importe quoi, n'importe quand. Mais plus jamais je ne veux qu'on soit séparés.
Ni le temps, ni la distance n'avaient pu détruire ce qui les avait unis, et ils n'avaient pas eu besoin d'être fidèles l'un à l'autre pour autant. Les circonstances exceptionnelles avaient fait d'eux des célibataires forcés, pas des ascètes. Pendant deux siècles de séparation dictée par des circonstances exceptionnelles et des enjeux qui dépassaient de loin leurs personnes, ils avaient continué à s'aimer, à distance, couchant sur le papier leur vie, leurs joies,leurs pensées, leurs douleurs ... et leurs fantasmes. Ni l'un ni l'autre n'avait été assez fou ou irréaliste pour exiger de l'autre une fidélité qui ne pouvait être qu'une chimère, alors même qu'ils n'avaient aucune certitude de se revoir seulement un jour. Chacun avait donc eu une vie de son côté, sinon sentimentale du moins sexuelle.
- Je t'aime, dit Dohko, un trémolo dans la voix. Je n'ai jamais aimé que toi.
- Je sais. Je n'ai jamais aimé aucun de ceux qui ont partagé mon lit.
- Aucun ? Pourtant il y en a eu beaucoup il me semble !
- Bon sang Atlante ne saurait mentir, que veux-tu.
- Oui mais tout de même ... une certaine anecdote au sujet de ta garde privée m'a troublé !
- Ah, elle court encore dans Rodorio, celle-là ?, lança négligemment Shion. Il y a pourtant prescription depuis le temps.
- Elle est donc vraie ?
- Disons que certaines choses ont été déformées par le temps.
- Lesquelles ?
- Certaines, répondit Shion d'un ton volontairement évasif.
Il savait fort bien que cela allait attiser le principal défaut de Dohko : la curiosité.
- Mais dis-moi, continua-t-il, il me semble me souvenir d'un étranger venu te rendre visite aux Cinq Pics, un homme venu du nord ...
- Comment es-tu au courant ? Tu me faisais espionner ?
- Bien sûr.
- Et pour quel motif ?
- M'assurer que tu n'étais pas en danger ou approché par les sbires d'Hadès, pardi !
- Vraiment ?
- Vraiment.
Dohko rit. Shion avait de tout temps eu la carrure d'un Grand Pope, même s'il en avait douté. C'était pour cela qu'il s'était effacé, après la Guerre Sainte, et encore à présent, avec le recul des siècles, il restait ébahi devant la tâche qu'il avait accomplie.
- Tu ne me dis pas ce que tu as pensé de lui, au fait.
- De Saga ?
- Oui.
Shion réfléchit un instant, une petite moue sur ses lèvres boudeuses.
- il est exactement comme j'aime mon café du matin.
- C'est-à-dire ?
- Fort et chaud, répondit l'Atlante d'un ton suave.
- Oh !, lâcha un Dohko faussement scandalisé.
- Il lui reste encore des choses à apprendre, mais il est très prometteur.
- Tu comptes l'autoriser à nous tenir compagnie ?
- Hum, pourquoi pas ? Mais pendant quelque temps seulement. Je ne veux pas qu'il se sente prisonnier. Le pauvre, il l'a déjà été assez comme ça.
- Tu ne lui en veux plus pour le Mont Etoilé ?
- Je ne lui en ai jamais voulu. Je me souviens de mes derniers instants là-bas, quand j'ai compris que j'allais mourir. Il n'y avait pas de haine en moi...
Sa voix s'étrangla soudain.
- ... juste une immense douleur de savoir que je ne te reverrais plus jamais.
- Mais je suis là maintenant, et toi aussi.
- Mais comment as-tu compris que ce n'était plus moi qui t'écrivais ? L'écriture ? Ou alors Saga fait des fautes d'orthographe tous les trois mots ?
- Non, ni l'un ni l'autre. Il imitait d'ailleurs fort bien tes pattes de mouche.
- Mes quoi ... ?
- Parfaitement, tes pattes de mouche !
- Alors ?
- Il a fait une erreur d'interprétation ..., avoua Dohko d'un ton empreint de mystère.
- Quoi donc ?
- Il a lu la lettre qui était dans le coffret sous ton oreiller. Tu vois de quoi je parle, je suppose ?
Shion affichait en effet une mine où se conjugaient malice, nostalgie et ... un certain embarras.
- Je crois, oui.
La signature était illisible. Pas du grec en tout cas. Il en a logiquement déduit que c'était du chinois, et donc que c'était moi qui t'avais offert cette jolie chose.
- Ah oui ?, fit Shion avec une délicieuse innocence.
Dohko se pencha sur Shion et se mit à lui mordiller l'oreille.
- Ah oui. Le problème c'est que toi et moi savons que ce n'est pas le cas ...
- Oh.
- Alors ?
- Alors quoi ?
- Comment, "alors quoi" ? Tu ne penses pas avoir quelque chose à me dire ?
- Non. Sauf si j'en ai envie.
- Et pourquoi n'en aurais-tu pas envie ?
- Parce que j'aime avoir mes petites zones d'ombre.
- Tes petites affaires pour commencer, qui traînent partout.
- Oui, justement à ce propos, elles traînent un peu trop partout ... je vais devoir mettre bon ordre à tout ça !
- Oh, tu vas faire du vide dans tes placards ?
- Non, je vais enquêter pour savoir qui est le petit salopard m'a piqué ce que tu sais ! Et celui-là va regretter d'être né et/ou ressuscité, crois-moi !
- Tu es d'un rancunier !
- Quand je tiens à quelque chose, oui !
- Tu y tiens tant que ça ?
- C'est un cadeau.
- Hmm, je vois. Un cadeau ça fait toujours chaud au coeur ... et pas qu'au coeur dans ce cas précis !
- Ne sois pas vulgaire, veux-tu ?
- Oh, si peu !
- Et celui qui te l'a offert, il l'était, vulgaire ?
- Non, il était ... unique.
- Unique ? Autant que moi ?
- Oui. Et dans tous les sens du terme.
- Je vais devenir jaloux.
- Tu n'as pas à l'être.
- Dis-moi son nom quand même ? Je le connais ?
- Tu veux vraiment le savoir, alors ?
- Bien sûr. Promis, je ne lui botterai pas l'arrière-train si je le croise.
- ... ce qui ne risque pas d'arriver !
Shion souffla un nom dans le creux de l'oreiller de son amant, et celui-ci eut un moment de stupeur.
- Nooooooooon ?
- Ca t'étonne ?
- Un peu, oui ! Je lui aurais donné la déesse Athéna sans confession, à celui-là ! Ah l'enflure ... !, ne put-il s'empêcher de siffler, admiratif. Mais alors tu veux dire que Saga a confondu le chinois et ... ?
- Eh oui ...
Et tous deux finirent cette nuit mouvementée en se lamentant sur l'inculture de la jeunesse.
Et voilà ... encore une fic terminée. J'espère que vous avez pris autant de plaisir à la lire que moi à l'écrire.
Vous aurez remarqué que comme je suis une auteure sadique assumée, je n'ai pas révélé le nom de celui qui a offert le cadeau à l'origine de toute cette histoire ... mais c'est pour la bonne cause puisque je compte en faire le sujet d'une autre fic. Alors vous n'allez pas râler, si ?
Quant à cette anecdote qui court sur Shion et la garde ... eh ben demandez à Shion ce dont il retourne ! Il sera ravi de tout vous dire !
Autre question sous le coude : où est-il passé, d'ailleurs, ce fichu cadeau ? ( c'est pas moi qui l'ai !). et le type avec lequel Dohko a eu une liaison en Chine, qui c'est, hein ?
Ben ça en fait des choses à écrire ... et tels que vous êtes, vous allez tout vouloir !? Je vais faire du chantage alors : pas de reviews, pas de suite. NA. ( sort, en se marrant comme une bête ... )
