Hum hum. Tout le monde m'entend ? Tout le monde… voit son écran ?

Hum… Je suis désolée du retard ? *plonge*

On arrête les tomates et autres produits issus de l'agriculture (ou autre) s'il vous plait !

Oui je suis en retard. Oui j'ai terminé l'écriture du chapitre qu'hier à 15h. Il a fallu les finitions, la correction et le chapitre n'est arrivé qu'aujourd'hui. Oui j'ai une vie ! Et des examens qui arrivent d'ailleurs… Il va falloir que je bosse un peu T.T

Bref ! Après un – long – break, nous revoilà pour ce chapitre 13 que vous avez assez attendu !


Réponse aux reviews dont-beaucoup-auxquels-j'aurais-dû-répondre-par-mp :

Remus J Potter-Lupin : Oui. J'ai encore oublié de te répondre par mp (j'ai oublié hein ? parce que je sais déjà plus ce que j'ai mangé hier soir...). OUI JE SAIS ! Je suis une méchante et je vais me rattraper. Promis !

Je n'ai normalement rien dit à propos du dressage avant le bannissement. Même s'il n'y en a pas eu. J'ai simplement dit que le Furie avait disparu il y a cinq ans. Mais ne t'inquiète pas, la réponse est dans ce chapitre ^^

Sogna : Qui veut-il tuer ? Réponse dans ce chapitre ^^

Et pour le bâton : c'est le même qu'utilise Valka. Il y a plusieurs hommages au film 2 même si aucun des personnages n'y est présent. Il utilise cette arme parce que c'est une alternative à l'épée et qu'elle permet plus de chose qu'une arme classique. J'aime beaucoup l'arme de Valka et je voulais qu'Harold l'utilise au moins dans mon imagination :p

Rimen 14 : Il est là ! Il s'est fait attendre mais il est là !

Pour ta question : … N'ais-je pas signaler que cette fiction était un happy end il y a de ça 3 mois ? J il y a certes des morts, mais je reste dans le happy end alors promis, pas de larme !

Juju : Tu as éclaté mon quota de reviews pour le chapitre… Sérieusement x) Désolée pour cette attente, vraiment. Mais il est là maintenant !


Chapitre corrigé par Naemos comme toujours ! :)


Ce que Geek-naval vous propose aujourd'hui : vous ais-je dit que j'étais dans ma période super-héros ? Ce doit être pour ça qu'Harold est... ça. Baston baston baston ?


Beurk la Honteuse

Chapitre 13 :

Les jambes d'Astrid avaient encore du mal à se remettre des dernières émotions qui l'avaient traversée ces dernières minutes.

L'attaque des Berserks sur son village, elle pouvait gérer.

La prise d'otage, un peu plus dur mais elle était une Viking.

Le sauvetage par des dragons, déjà, son seuil de tolérance commençait doucement à demander grâce.

Harold au milieu des dragons, grattant le menton d'une Vipère Mortelle qui passait par là, c'était loin, très loin de ce qu'elle pouvait endurer.

Alors Astrid regarda simplement Harold faire son chemin à travers le village jusqu'à son centre où tous les Beurkiens et Berserks étaient rassemblés, mais toutefois séparé en deux par les bons soins des dragons.

Des dragons.

Les dragons d'Harold.

Les Hooligans de Beurk semblaient choqués, mais pas aussi effrayés que l'escomptait Astrid. Certains même chevauchaient les bêtes. Mais c'était loin d'être les plus assurés du lot.

Les Berserks eux, étaient parqués entre eux, entourés par des dragons menaçant, délestés de toutes leurs armes. Un Cauchemar Monstrueux était même accroché au toit de la maison près de laquelle ils étaient piégés et les menaçaient de sa gueule brûlante.

Soudain, un Cauchemar magenta se posa lourdement devant Harold qui retint visiblement un rire.

« Gustave, héla-t-il. Tout s'est bien passé ? »

Astrid sursauta. Elle avait oublié le Larson dans toute cette histoire.

Pourtant il était bien là. Sur le dragon. Accroché à son cou comme si sa vie en dépendait.

Le jeune Viking tenta de se redresser mais glissa sur le côté et le garçon eut toute les peines du monde à se remettre… « en selle ».

Un seul dragon avait une selle. Le Furie Nocturne. Une selle entière faite de cuir et de métal. Tout à coup les heures passées d'Harold dans la forge prenaient tout leur sens.

« J'ai fait comme tu m'as dit ! Parvient enfin à répondre le pauvre Gustave. J'ai séparé les Berserks des Beurkiens que ramenaient les dragons. C'est incroyable ! Comment t'as fait pour en dresser autant ?!

- Du poisson, rit Harold. Beaucoup de poisson. »

Astrid vit le Furie Nocturne – Krokmou, il avait un nom et c'était Krokmou – suivre le garçon comme son ombre. A chaque pas que faisait Harold, le dragon faisait de même. A chaque fois qu'il s'arrêtait, le dragon s'arrêtait à ses côtés et l'entourait de sa queue.

Protecteur.

Possessif ?

Et à chaque fois que Dagur passait près du forgeron, il grognait. Harold n'avait même pas l'air d'en avoir conscience.

Astrid parvient à s'arracher de cette vision étrange – Harold interrogeait du regard le dragon comme s'il lui répondait, ce qui était au-delà de ce qu'elle comptait comme « faits étranges » – pour observer Dagur qui était visiblement remis du choc.

Harold l'avait confié à un Braguettaure, un bras dans chacune des gueules, un bâillon épais dans la bouche. Le vocabulaire du Berserk s'était semble-t-il fleurit durant les dernières minutes et Stoick avait perdu patience. Depuis, divin silence.

« Mec ! Ton plan… C'est d'la balle !

- Toi t'es fêlé. J'adore ça… »

Ah non, il y avait eux aussi.

Le petit groupe d'amis – humains – d'Harold se pressa autour de lui, à une distance néanmoins raisonnable de la bête noire qui semblait prête à gronder sur n'importe quoi s'il s'approchait de son protéger. Mais le jeune homme n'eut qu'à mettre une main apaisante sur son museau et la bête se mit à ronronner.

Oui. Le Furie Nocturne ronronnait. Astrid y aurait mis sa main à couper.

Harold faisait ronronner les dragons. Après tout, elle n'arrivait même plus à voir ce qui la choquait. Tout venait de prendre une tournure banale.

C'était ça. C'était banal.

Ou elle était simplement désabusée par la situation.

« Mais comment t'as fait ça bon sang ?! S'écriait Varek en tremblant. Tu… Tu contrôles les dragons ?!

- Pas exactement, rit Harold. Simplement… Je leur demande de faire les choses et s'ils sont d'accord ils le font.

- « S'ils sont d'accord » ? Répéta Kranedur.

- Si ça c'est pas la chose la plus folle qu'j'ai jamais vu, que les dieux m'emportent ! »

Le forgeron sourit à son ancien mentor qui admirait les dragons qui encerclaient les Berserks. Sa main-et-demi sur les hanches, le Viking gloussa.

« Mon garçon, y'a pas certaines chose que tu aurais oubliées de nous dire ?

- … Je sais dresser les dragons ? Sourit Harold en s'appuyant sur Krokmou.

- C'est pour cela que nous ne nous sommes pas fait attaquer pendant ces derniers mois, déclara Stoick en s'avançant. Tu les gardais hors de nos terres.

- C'est pas tout à fait ça, répondit son fils. Mes dragons savaient que j'étais là et ont empêché les autres d'attaquer le village en m'attendant.

- Attends attends… Coupa Rustik. Tu veux dire… que t'avais déjà fait ami-ami avec les dragons… avant ?! »

Harold ne répondit pas tout de suite, se contentant de fixer un temps son cousin avant de passer son regard sur les dragons à ses côtés, ses doigts tapant sur sa crosse.

« Désolé, mais ça devra attendre. Il faut d'abord que je m'occupe d'eux. »

Son regard devenu soudainement grave se posa sur le groupe de Berserk qui tremblait sous la menace des dragons. Puis il regarda à l'horizon.

Astrid les avait presque oublié ceux-là.

« Il reste encore une bonne partie de son armée là-bas, siffla-t-elle.

- Oui… Répondit-il simplement. Il va falloir s'en débarrasser.

- Et comment comptes-tu t'y prendre ? Demanda son père. Ils sont nombreux. Et armés !

- … Nous sommes nombreux aussi.

- Sans vouloir t'offenser mon grand, répliqua Gueulfor, j'suis pas sûr qu'on soit assez pour les contenir.

- Je ne parlais pas de vous. Mais d'eux. »

Le dragon noir à ses côtés gronda et bientôt, tous les dragons qui se tenaient près des Vikings lui répondirent. Harold sourit. Stoick sursauta.

« Tu… Tu veux les affronter ?!

- Tu vois une autre solution ?

- Tout seul c'est de la folie !

- Je ne suis pas seul. Je ne l'ai jamais été. »

Le sourire du jeune homme prit un tout autre aspect. Mauvais. Dangereux. Amusé. Tout à la fois sans qu'Astrid ne puisse le décrire correctement. Elle le vit s'approcha à pas lents du Chef Berserk toujours muet et avança sa tête tandis que les deux têtes du dragon abaissaient celle de Dagur. Il lui enleva son bâillon.

« Tu pensais vraiment pouvoir attaquer ce village aussi simplement que ça ?

- Et toi tu penses t'en sortir avec tes petits animaux de compagnie ? Cracha Dagur dans un sourire tout aussi mauvais. Mes hommes arracheront une par une les écailles de tes dragons chéris…

- Et si j'arrache la tête de tes hommes avant ?

- Tu n'oseras pas ! Répliqua Dagur dans un rire. Tu ne peux plus tuer qui que ce soit, tu l'as dit toi-même.

- Tu as raison. »

Harold porta deux doigts à sa bouche et un long sifflement s'en suivit, ses yeux toujours plongés dans le regard de Dagur qui fronça les sourcils. Mais avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, Harold le devança.

« Je sais comment tu maîtrises tes hommes Dagur. C'était la même chose qui maintenait loin de moi les hommes du Sud. »

L'atmosphère commençait à devenir pesante. Les souffles de tout les Vikings étaient retenus et même les dragons semblaient avoir arrêté de respirer.

C'était la même atmosphère avant que les dragons n'attaquent le village.

Soudain, un petit Terreur Terrible traversa le brouillard au dessus de la tête d'Harold et lui lança quelque chose que le garçon attrapa d'une main. Il sourit encore davantage.

« On verra de qui tes hommes ont le plus peur Dagur. De toi ? Ou de moi. »

Le forgeron porta à son visage la chose que lui avait apporté le petit dragon vert. Un masque de bois, peint de rouge et vert pâle dont des extrémités pointues s'échappaient vers le haut et les côtés.

Harold baissa alors les genoux et leva son bâton qu'il fit tournoyer au dessus de sa tête dans un long cri rauque. Les dragons se redressèrent sur leurs pattes en grondant, battirent des ailes avant de s'envoler dans le brouillard. Le Furie Nocturne galopa jusqu'à son ami qui sauta sur son dos et s'envola dans un cri aigu. Ne restèrent que les Beurkiens, les Berserks et leurs geôliers.

Soudain, le brouillard se dissipa. Non pas comme il le faisait généralement, en douceur et trop lent généralement pour les gens qui comme Astrid, préféraient pouvoir scruter le ciel correctement. Non. Là le brouillard s'envola avec Harold et ses dragons. Beurk apparut comme elle était censée l'être d'un coup, sans préavis. Et avec elle, les incalculables bateaux de Dagur le Dérangé qui peuplaient les eaux de Beurk.

Ce qui allait leur tomber dessus n'était pas seulement des dragons et leur Maître. Mais aussi un épais et important brouillard qui les suivait à la trace.

« Mais c'est quoi ce délire… ? Entendit-elle chuchoter derrière elle.

- Des Souffles Fulmimortels… »

Des dragons qui à la différence des cracheurs de feu qui représentaient une bonne partie des reptiles volants, produisaient un épais brouillard.

Harold s'était servi du brouillard de départ pour masquer l'arrivée des dragons et l'avait prolongé sans que personne ne soupçonne quoi que ce soit.

Comment elle était supposée anticiper ça ?

Comment qui que ce soit était supposé anticiper ça alors que d'un côté les Berserks s'apprêtaient à conquérir l'une des plus puissantes îles du Nord et que les Beurkiens devaient défendre les leurs ?

Bien sûr le brouillard n'avait plus l'air naturel. Mais Astrid l'attribuait à l'œuvre des dieux. Pas à Harold. Pas à un homme capable de murmurer à l'oreille des créatures les plus effroyables que les terres, les eaux et le ciel portaient. Harold faisait de ces bêtes, des chiots.

Et Astrid se surprit à penser que c'était normal.

Harold était l'ami des dragons. Ce n'était pas plus compliqué que ça.

« Par les dieux… »

Le murmure de Gueulfor valait pour toutes les voix perdues de Beurk à cet instant.

Presque à hauteur des navires des Berserks, le brouillard mouvant se dissipa dans les hurlements stridents des Souffles Fulmimortels qui se détachèrent du groupe. Tous les dragons d'Harold apparurent alors, les gueules grandes ouvertes à hurler contre les Vikings ennemis et… lui.

Harold.

Debout sur le Furie Nocturne, il faisait tournoyer son bâton au dessus de sa tête. Soudain, il s'arrêta et brandit la crosse devant lui alors que deux Cauchemars Monstrueux attrapèrent entre leurs crocs les deux bouts avant de les relâcher. Il ne fallu plus qu'une petite étincelle d'un Terrible Terreur qui passait par là, et l'arme s'enflamma.

Tout ce qu'Harold avait pu faire auparavant se tentait dans le cercle très restreint du « dingue ».

Ce qu'il était à cet instant précis, était irréel.

Le masque peint sur le visage, les tatouages dansant sur ses bras, la crosse enflammée dans les mains, les pieds sur le dos d'un Furie Nocturne, au milieu d'une horde de dragons hurlant à ses côtés.

Elle ne pensait plus qu'il pouvait encore la surprendre.

Harold figea sa crosse dans ses mains, l'un des bouts enflammés pointant les bateaux des Berserks.

Tout s'enchaina très vite.

Les dragons fondirent sur les navires. Des flammes vinrent éclairer leurs mâchoires acérées et des gerbes brûlantes s'abattirent sur les navires à flots. Les cris des Berserks résonnèrent jusqu'à Beurk et les Hooligans pouvaient voir des corps tenter d'échapper au brasier en sautant à l'eau. Le bois craquait, les fumées s'élevaient et les dragons grondaient. Comme à chaque attaque. Mais c'était différent. Parce que les dragons étaient là pour les protéger.

Après tout ce que Beurk leur avait fait. Après tout ce que les dragons avaient fait à Beurk. Et après tout ce que les Beurkiens avaient fait à Harold.

Est-ce que la rancune était un concept connu chez les dragons ?

Enfin, le cri du Furie Nocturne retentit comme une sentence pour les hommes de Dagur.

Debout sur son dragon, Harold brandissait sa crosse enflammée et découpait d'un simple mouvement les voiles des Berserks qui s'enflammaient sur les ponts.

Il hurlait aux dragons.

Il hurlait comme les dragons.

Et les dragons lui répondaient.

Les Berserks semblèrent se reprendre plus tôt que le Dragonnier – Astrid n'avait pas encore trouvé d'autre terme que celui là ou « Ami des Dragons » ou « l'Homme qui murmurait à l'oreille des Dragons » mais l'un n'était pas classe et l'autre trop long – ne l'avait escompté. Il se fit presque surprendre par les boulets qui arrivèrent à sa hauteur et le jeune homme dut se plaquer contre la selle de son dragon pour éviter une pierre ennemie. Ses dragons aussi durent changer leur trajectoire de manière drastique s'ils ne voulaient pas finir au fond de la baie. Mais loin de les décourager, Harold et les siens – parce qu'Harold faisait partie de ce groupe de dragons – hurlèrent à nouveau et s'attaquèrent aux drakkars plus loin dans les eaux de Beurk mais cette fois, les choses se compliquèrent.

Les projectiles se multiplièrent. Beaucoup.

« Si les bateaux en avant-garde ont souffert, ceux de l'arrière garde ont réussi à se préparer, siffla Stoick.

- Et leur formation est serrée, ajouta Gueulfor. Aucun des dragons d'Harold ne passera à travers ce mur.

- Mes hommes vont abattre un à un les dragons de ce sale pet-

- La ferme, firent d'une même voix le groupe d'Astrid et les deux adultes.

- Il va trouver une solution, assura le Chef de Beurk.

- J'en doute ! Répliqua Dagur en souriant.

- Comment il arrivait à vous surprendre ? »

La question de Varek prit Astrid au même titre que le Chef ennemi qui serra les dents. La guerrière sourit en coin.

« Tu n'en as aucune idée… Il apparaissait sur tes bateaux comme par magie mais personne n'a su te dire comment…

- Tu ne sais rien, cracha Dagur. Il faisait nuit à chaque fois, son petit toutou noir le déposait en haut du mat, fin de l'histoire. »

Astrid ne put s'empêcher de rire.

« C'est trop simple. »

C'était comme ça avec Harold. Tout était compliqué.

Une coupure à la main ? Un simple faux mouvement à la forge.

Non, plus un mauvais atterrissage dans les arbres à dos de dragons.

Une brûlure ? La forge.

Non, souffle de dragon.

Fatigué ? Un peu de surmenage à la forge.

Non. Forge, dressage, selle, sauvetage en pleine nuit de parfaits inconnus sur les bateaux des hommes considérés comme les plus dangereux du Nord.

Harold était comme ça. Compliqué. Tout prenait une tournure… dingue.

Pas qu'elle s'en plaignait. Il lui fallait seulement un petit temps d'adaptation.

C'est pas tout les jours qu'on apprend que son petit ami est un espèce de justicier fou dingue de dragon.

Comme s'il l'avait entendu, Harold plongea encore plus loin dans les méandres du « dingue ».

La crosse enflammée dans le dos, le jeune homme et son dragon entamèrent une immense courbe dans le ciel avant de longer la surface de l'eau, droit vers les drakkars ennemis. Harold replaça le bâton devant lui et s'accroupit sur le dos de Krokmou – décidemment, elle ne lui donnerait plus l'occasion de nommer quoi que ce soit. Il glissa sur la tête du reptile noir avant que le dragon n'attrape l'arme de ses deux pattes.

Harold, accroché par les deux mains au bâton, se contenta de siffler.

En quelques secondes, une tête émeraude sortie de l'eau sous les pieds du Dragonnier, expulsant l'air de ses narines dans un grondement. Un Ebouillantueur. L'un des plus importants dragons des eaux du Nord. Et l'un des plus dangereux.

Harold plongea dans sa gueule.

Aussi étrange que cela puisse paraître, Astrid arrivait encore à être surprise. Mais tout ça commençait à devenir redondant. Elle était surprise. Mais seulement parce que passer sous les Berserks ne lui étaient pas du tout venu à l'idée.

Les dragons volaient et crachaient des flammes. Harold contrôlait le ciel. Fait établi et certifié.

Mais les dragons pouvaient aussi nager et cracher de l'eau. Harold contrôlait les mers.

C'en était lassant.

Alors Astrid regarda sans trop d'émotions le forgeron lâcher son arme pour plonger dans la gueule du dragon qui se referma sur lui avant de lentement plonger sous l'eau. Et bientôt, il ne resta plus que Krokmou sur les eaux et – Astrid en était certaine – son petit air satisfait – elle était presque sûre de l'avoir vu faire lorsqu'Harold se promenait dans le village entouré de ses amis écailleurs plus tôt – sur le visage.

Un Terrible Terreur – ce devait être le même que plus tôt… Harold avait ses préférés ? – passa entre ses pattes et récupéra la crosse et fonça à travers les bateaux malgré les projectiles que les Berserks assénaient aux dragons. Mais le Furie Nocturne s'assura de son bon voyage d'un simple tir qui fit s'écarter les drakkars et tomber quelques hommes dans l'eau. Le petit dragon disparut dans l'explosion et Krokmou s'envola.

« Hors de question que je loupe ça. » Déclara Astrid.

Son point de vue était mauvais. Bien trop mauvais pour louper le spectacle d'Harold.

Elle n'avait absolument aucune idée de qui blâmer pour ce sens inné du spectacle. Sans doute sa mère. Son père lui semblait encore avoir du mal à le digérer. Mais il était fier.

Jamais la guerrière n'avait pu voir dans ses yeux un éclat aussi brillant et un sourire si étiré. Il était béat. Mais incroyablement fier et heureux. Tout comme l'ancien mentor de son fils. Qui ne pu s'empêcher de jurer lorsqu'Astrid lui vola sa longue vue des mains.

« Astrid ! Beugla-t-il. Rends moi ça tu veux ? Mes yeux ne sont pas aussi bons que les tiens !

- T'as vue est toujours aussi bonne Gueul' ! Sourit-elle en se retournant. Mais ça il faut que je le voie ! »

La Hofferson courut aussi vite qu'elle put vers l'une des rares torchères laissées éteintes et coupa la corde qui la retenait avec le poignard d'Harold qu'elle détenait toujours avant de s'agripper à l'armature en fer qui s'éleva comme il le faisait contre les dragons. Elle ne le ferait plus jamais à présent.

« Tu comptes profiter du spectacle toute seule ?!

- Même pas en rêve Hofferson !

- Oh j'avais tant espéré. »

Astrid s'accroupit sur la torchère et ajusta la longue vue à son œil, ignorant les quatre idiots qui la rejoignirent et la forcer à se faire toute petite.

Comment ce truc avait fait pour monter avec toute cette charge exactement ?

« File la longue vue ! Ordonna Rustik.

- Trouve-toi en une autre, répliqua la blonde. Je cherche Harold.

- Non sans blague ? Je croyais que tu matais un Berserk ?

- Kogne…

- Quoi ? »

Astrid leva les yeux au ciel avant de revenir à l'arrière garde ennemie qui semblait sur le point de faire une crise de nerfs. Elle sourit. Evidement. Personne ne pouvait deviner où Harold se cachait où se qu'il allait encore bien pouvoir faire.

Et puis elle vit le petit dragon. Le Terreur qui portait l'arme d'Harold. Lui suivait une destination bien précise. Et elle savait quoi.

Elle n'eut pas à attendre. L'Ebouillantueur sortit de l'eau à cet instant précis. Sa tête et son cou émergèrent avant qu'il ne crache de l'eau en hauteur dans une immense gerbe.

Gerbe qui au même moment recracha Harold dont le corps trempé alla s'échouer sur le pont d'un navire Berserk, au milieu des hommes de Dagur. Il eut à peine le temps de se relever que son arme toujours enflammée lui atterrie dans les mains et d'un simple geste, vit s'envoler le guerrier le plus proche d'un geste un peu trop familier pour Astrid.

Oh. Elle devait aussi lui faire payer ça. Elle avait presque oublié.

Les hommes sur le pont furent trop surpris pour faire qu'une entaille au jeune homme qui en mit en sol bien trop avant qu'ils ne se reprennent. Mais les flammes les gardèrent à distance néanmoins et Harold s'en servit à bon escient. Puis Harold n'eut qu'à sauter du pont pour retomber sur une tête émeraude et le dragon marin le fit aborder un autre bateau pendant que lui s'écrouler de ton son long – et les dieux savaient si un Ebouillantueur prenait de la place sur un bateau – sur les navires ennemis qu'Astrid pouvait presque entendre crisser sous le poids. Son manège dura très peu de temps, mais bien assez de temps pour détruire à nouveau la formation des Berserks dont elle en voyait une bonne partie commençait à reculer.

« Une dernière scène Harold ? » Sourit Astrid de toutes ses dents.

Elle ne sut jamais s'il avait entendu ses paroles, mais Harold les appliqua.

Après un court combat et que presque tous les hommes aient fui à son arrivée, Harold commença à grimper le filet qui entourait le mat et monta jusqu'à la vigie où il n'eut même pas à craindre les flèches de ses ennemis, si peu nombreux il en restait.

Et il hurla.

Comme un dragon.

Son bâton enflammé tournoyant au dessus de sa tête.

En quelques secondes, des dragons par dizaine apparurent des profondeurs de l'océan pour détruire consciencieusement tous les navires Berserks. Ébouillantueurs. Mille Tonnerres. Même des Électrochoks ! Pas qu'elle se souvenait particulièrement de ces noms mais Varek n'arrêtait pas de parler et la guerrière l'entendait balbutier malgré elle.

Cette dernière attaqua signa la défaite de Dagur et la victoire d'Harold. Le peu de drakkars Berserks qui restaient firent demi-tour sans même chercher à se battre, toute voile dehors, le plus loin possible de ce désastre qui avait frappé les leurs. Les hommes restés à flots furent récupérés par les dragons hurlants et parqués sur des bateaux désertés. Ils prirent rapidement le même trajet que leurs prédécesseurs lorsqu'ils comprirent que même le métal de leur boucle de ceinture avait disparu après l'apparition brève mais remarquée d'un brouillard dense sur le navire.

La bataille se finit comme ça. Des Berserks en fuites, traumatisés à jamais par un homme au masque de bois rouge et des dragons enflammés.

La plus grande défaite Viking vue à ce jour face à des dragons. Et compter sur les Hooligans pour que cette bataille reste à jamais gravée dans les murs de Beurk.

Astrid vit Harold regarder les navires s'enfuirent un moment avant qu'un certain dragon noir ne lui crie son arrivée. Le jeune homme sauta de la vigie et Krokmou le récupéra sur son dos avant de se diriger à nouveau vers île dans le sifflement de ses ailes, son si honni des Beurkiens auparavant. Er qu'Astrid adorait aujourd'hui.

Elle vit les deux amis passer au-dessus de sa tête et sans attendre, la jeune femme et ses complices sautèrent de la torchère pour courir jusqu'au centre du village où résidaient encore Dagur et les hommes qui avaient accostés sur Beurk. Ils virent Harold s'envoler puis sauter de son dragon pour mieux retomber sur le dos d'un autre reptile qui venait en sens inverse puis sur un dernier dragon.

Le Cauchemar Monstrueux qui gardait sa gueule brûlante au-dessus des têtes des Berserks restés sur l'île.

Il glissa lentement sur le long du cou de la bête, son bâton enflammé toujours dans les mains et atterrit – trop – lentement sur la tête du dragon qui ne broncha pas. Si on omettait ce qu'Astrid prenait pour un sourire.

Accroupi, un pied sur le front écailleux, une main accrochée à l'une des deux cornes du dragon, Harold avança son masque trempé et son arme de feu au-dessus des hommes apeurés.

La voix qu'il prit était tout sauf humaine. Un savant mélange de dragon, de dieux et de peur personnifiée.

« Si jamais… Je vous revois une nouvelle fois sur ces terres… L'océan ne sera jamais assez grand pour vous cachez soyez-en certains… »

Le dragon avant sa tête encore un peu plus près des hommes qui se terraient sur le sol en gémissant de peur.

« Et maintenant… FOUTEZ-LE CAMP DE MON ÎLE ! »

Les dragons qui gardaient les Berserks s'envolèrent un à uns, emportant avec eux les guerriers qui hurlèrent de peur pour la grande majorité. Les autres s'étaient déjà évanouis depuis longtemps.

Astrid les vit tomber à l'eau loin à l'horizon, avec un peu de chance recueillis par les leurs. Les autres finiraient au fond de la baie. Mais ce n'était plus leur problème. Ce n'était plus le problème de Beurk.

Il ne restait qu'un seul problème maintenant. Et il était dans les gueules d'un Braguettaure. Muet – miracle – depuis que ces hommes avaient fui.

Harold, du haut de la tête du dragon, avait son masque tourné vers les navires Berserks qui commençaient enfin à disparaître. Astrid aurait presque pu le voir soupirer à travers son masque.

Il lança son bâton en l'air, bien vite récupérer par un Terreur Terrible – elle le jurait, ce devait être le même – puis poser son pied sur la tête d'un autre dragon au sol qui le mena gentiment sur la terre ferme. Krokmou se posa dans un bruit mat derrière lui et le suivit silencieusement alors qu'Harold s'approchait de Dagur.

Lorsqu'il s'aperçut de sa présence, le Chef Berserk lui jeta un regard mauvais et lui cracha au visage :

« Je parie que tu es très fier de toi pour ce spectacle !

- Pour te dire la vérité, plutôt oui, lui répondit le Dragonnier.

- Et tu crois que tu vas réussir à me faire peur ? TU PENSES QUE TU PEUX ME FAIRE PEUR ?

- Non. Parce que ces méthodes ne peuvent pas marcher sur toi vu que tu les utilises.

- Alors quoi ?!

- Mais tes hommes ont peur maintenant. De moi. Des dragons. De Beurk. Cette île leur rappellera à jamais leur défaite. Ta défaite.

- Ce. N'était. Pas. Une. Bataille, siffla Dagur.

- Non. C'était un massacre. Hais-moi. Hais les dragons. Autant que tu veux. Mais aucun de tes hommes n'aura le cran de venir nous affronter. Les rumeurs vont se propager et tu ne pourras rien n'y faire. »

Lentement, Harold retira son masque. Ses cheveux plaqués sur son visage par l'eau de mer dégoulinaient sur ses joues mais il n'eut même pas l'air de s'en rendre compte.

« Tu. As. Perdu. »

Il leva la main. Le Bragettaur s'envola aussitôt, Dagur toujours dans ses gueules.

« TU POURRAS PAS TE DEBARASSER DE MOI HAROLD ! J'AURAIS TA PEAU UN JOUR ! TU POURRAS PAS TE CACHER ETERNELLEMENT DERRIERE TES PETITS DRAGONS !

- Ils disent tous ça. »

Le – les ? – dragon emmena Dagur jusqu'aux bateaux avant de le lâcher au-dessus de l'eau. Les Holligans virent un navire se précipiter à sa rescousse et l'embarquer. De sa longue vue, Astrid put constater que les retrouvailles ne se passèrent pas aussi bien que l'avaient escompté les Berserks. Plusieurs hommes passèrent par-dessus le pont et cette fois, personne ne vint les récupérer.

C'était fini.

Astrid prit une grande inspiration. Et expira de tout son souffle sans vraiment y songer.

C'était fini.

Ils avaient gagné.

Elle entendit Harold soupirer. Du coin de l'œil, elle le vit s'effondrer sur le plat de la tête de son dragon et observer le ciel en silence avant de murmurer :

« Reste comme ça Krok', j'suis bien là. »

Elle entendit le dragon ronronner avant de le redresser d'un coup de tête ce à quoi Harold répondit en bougonnant.

« Pas cool…

- La prochaine fois il m'faudra une autre paire de c'lotte pour supporter un tel spectacle !

- Gueulfor les détails ! » Grimaça l'auburn.

Le forgeron éclata de rire avant de prendre le jeune homme dans ses bras – et le soulever de quelques centimètres du sol – et le reposa en lui prenant le visage mouillé d'eau de mer de sa main valide.

« Ça mon garçon, était la plus belle chose que j'ai jamais vu.

- Ravi que ça t'ait plu mais j'essayais de sauver le village.

- Un détail !

- Ce détail je pense peut être évoqué !

- Ça rajoute à peine un peu de peps !

- De peps ?! J'ai failli y laisser ma peau !

- On est des Vikings ! Ça a toujours été une occupation à risque !

- Gueul', tu m'épuises. »

L'infirme éclata à nouveau de rire et fut bientôt suivit par une bonne partie du village dont les nerfs lâchèrent pour certains.

Trop de pression. Même pour des Vikings.

Harold sourit. Avant de retenir une exclamation de douleur suite à un coup bien placé sur son bras blessé.

« Mais pourquoi t'as fait ça ?! Jura-t-il en posant une main tremblante sur son bras rougeoyant.

- T'as pas une petite idée ?

- Peut-être… Répondit-il. Tu vas m'en vouloir pendant longtemps ?

- Oh oui.

- J'ai sauvé le village. Ça compte ?

- SAUVER ? VOUS PENSEZ QUE CE GAMIN NOUS A SAUVÉS ? ILS NOUS A TOUS CONDAMNÉS !

- Oh je l'avais oublié celui là… » Siffla Harold en passant sa main dans ses cheveux.

Mildew. Revenu depuis l'antre des vers et plus remonté que jamais. Il marchait en claudiquant sur sa canne, son fidèle mouton dans les bras et vociféra contre le Dragonnier.

Harold était bien trop fatigué pour supporter le vieux berger là tout de suite.

« Fous-lui la paix vieil homme, répliqua Kranedur.

- Il a sauvé le village, renchérit sa sœur.

- Sauvé ?! Il vient de faire de Beurk l'ennemi numéro un des Berserks ?! Vous pensez qu'on survivra lorsque Dagur ira raconter que ce gamin a fait ami-ami avec les dragons et que tous les autres Chefs s'allieront pour découvrir comment ?!

- Je suis bien placé pour savoir que ça ne risque pas d'arriver Mildew, répliqua Stoick, sa patience bientôt à bout.

- Tu es juste aveuglé par le remord Stoick ! Ce gamin s'est allié avec ces… bêtes pour te faire tomber !

- C'est bon. J'en ai marre. »

Auparavant appuyé sur la tête de son Furie, Harold bondit sur ses pieds et marcha de grandes enjambées vers le vieux berger qui se ratatina sur lui-même devant la fureur du jeune homme.

Ah. Il n'avait pas aimé le ton qu'avait employé Milidew lorsqu'il avait parlé des dragons.

Harold approcha son visage de celui du vieil homme, comme il l'avait fait quelques jours auparavant. Mais bien plus énervé.

« Depuis que je suis arrivé, tu fais de ma vie un enfer. Tu envoyais certains villageois me suivre d'accord. Quand ils ont plus voulu tu l'as fait, okay. Lorsque tes genoux ont demandé grâce, tu m'as envoyé Fingus. Là, pas d'accord. Fingus ?! Sérieusement ? Ton mouton ?! Tu sais toutes les saloperies qu'il ramenait dans la forge à chaque fois ?!

- C'était lui ce foutoir ?!

- Ferme-la Gueul'. Tu m'accuses devant tout le village, tu m'insultes dans mon dos, d'accord. Tout ce que tu veux tant que n'intervenais pas dans mes affaires. Mais là, tu insultes mes dragons. Ce sont mes amis Mildew. Et je n'apprécie pas… que tu insultes mes amis.

- … Ces reptiles mangeurs d'hommes sont tes amis ? Ton père avait raison de te bannir il y a cinq ans. Tu n'es pas l'un des nôtres.

- Mildew ! Hurla Stoick en s'avançant.

- D'accord ! Le coupa Harold en souriant. T'as gagné. Je t'avais dit que je te flanquerai dans la gueule d'un dragon. »

Sous les protestations du vieil homme – que personne ne chercha à secourir – Harold l'attrapa par le col et le souleva pour le porter jusqu'à la falaise.

« Qu'est-ce ! Qu'est-ce que tu fais ?!

- A ton avis ?

- Tu n'as pas le droit !

- Je ne fais pas partie de ce village apparemment. Krok' ! Appelle-le ! »

Le Furie Nocturne gronda à l'ordre de son ami. Harold continua à s'approcher – dangereusement selon Astrid – de la falaise, le col du berger dans une main. Berger qui avait depuis longtemps maintenant lâcher sa canne pour agripper les doigts du forgeron.

« Un peu d'isolement ne te fera pas de mal Mildew. A plus tard ! »

Et il le balança. Du haut de la falaise. Sans même une hésitation.

Les Beurkiens virent Mildew hurler de peur, balançant les bras comme s'il voulait imiter les dragons avant qu'un immense Ébouillantueur – toujours le même aussi apparemment – ne transperce la surface de l'eau dans un hurlement.

Et n'avale tout rond le vieux Viking.

L'Ébouillantueur sembla se stopper dans les airs avant de lourdement retomber dans l'eau dans un grand bruit d'éclaboussure.

Visiblement fier du travail accompli, Harold soupira d'un air ravi.

« Tu as… donné Mildew comme encas ? Demanda d'une petite voix Varek.

- Quoi ? Non ! Répondit Harold en se retournant. J'aurais trop peur qu'il attrape quelque chose ! Il va juste rester dans sa gueule un moment. Calme et tranquillité.

- Je l'kiffe ton plan, sourit Rustik.

- Je suis d'accord c'est très bien, assura Astrid. Mais il n'avait pas tout à faite tord.

- C'est vrai, renchérit Stoick. Beurk est l'ennemi des Berserks maintenant.

- Et malgré tes dragons, continua Gueulfor. J'suis pas sûr qu'on survive à une autre armée. Dagur t'en veut. Il trouvera une solution. »

A la surprise de tous, Harold se permit un sourire en coin en levant les yeux au ciel. Astrid baissa les épaules.

Non. C'était possible.

« Harold… ? Héla-t-elle anxieuse. Qu'est-ce que tu as encore fait ?

- Moi ? Sourit-il. Mais rien !

- Harold.

- D'accord !... C'est juste… que Dagur risque d'avoir quelques problèmes à son arrivée sur son île…

- Par les dieux qu'est-ce que t'as fait ? Demanda Guelfor.

- … J'ai… comme qui dirait fomenté un coup d'Etat sur son île pour mettre sa sœur à sa place.

- Sa frangine ?! Explosa Kranedur. Elle n'est pas pire que Kognedur ? Aïe !

- Dans un sens, accorda Harold.

- Comment t'as réussi à mettre une femme en place ? Demanda Spitelout, dubitatif.

- Elle est plus masculine que son frère. Et elle le déteste.

- Tu n'as pas peur qu'elle veuille nous attaquer ? Demanda Stoick.

- Elle ne risque pas de faire quelque chose qui plairait à son frère.

- Alors ça… Et moi qui croyais que les dragons c'était dingue… »

Gueulfor alla s'assoir sur un tonneau qui traînait non loin, incapable de soutenir son poids davantage.

Kranedur alla s'accouder à son épaule et sourit.

« D'accord alors on va peut-être revenir à la question initiale.

- Comment tu fais ça avec les dragons ? Continua sa sœur en s'accoudant à lui.

- Avec du poisson, répondit Rustik à la place de l'auburn. On a déjà répondu à ça, ce qui est intéressant c'est : depuis combien de temps ?! »

Harold inspira profondément avant de lentement s'appuyer contre le dragon noir qui le regarda silencieusement de ses deux immenses yeux vert.

Par où commencer ?

« Ils t'ont recueilli. »

Il sursauta à la voix d'Astrid avant de plonger ses yeux dans les siens. Il fronça les sourcils.

« … Comment ?

- Varek a découvert un vide de quatre mois dans ta vie. Il y a cinq ans, juste après avoir été…

- Banni ?

- Oui. Je suppose… que ça à voir avec les dragons. »

Harold rit doucement avant de regarder Varek.

« Johann hein ?

- Des détails.

- Ouais… Soupira-t-il. C'est vrai. J'ai menti lorsque j'ai dit que je m'étais fait attraper tout de suite par Alvin. J'étais pas assez fort pour arriver à l'île que j'espérais et je me suis pris une tempête. J'ai échoué sur une île plusieurs heures plus tard. Une île de dragons. »

Il savait que le village dans sa totalité écoutait. Mais plus rien n'avait d'importance.

Les dragons étaient à ses côtés maintenant. Il n'avait plus peur de rien.

« Je pensais que j'allais me faire dévorer, continua-t-il en grattant sans y penser le menton du dragon noir. Comme n'importe qui l'aurait cru. Mais tu devais avoir raison Gueulfor, ils devaient penser que j'étais malade ou quelque chose comme ça. Parce qu'il n'y en a pas un seul qui a tenté de me manger. Moi j'étais épuisé. Alors je me suis laissé mourir de faim. »

Astrid sentit Stoick fléchir à ses côtés et elle lui renvoya un regard inquiet. Le Chef serrait la mâchoire les poings serrés.

Evidemment. Il pensait que c'était de sa faute.

C'était sa faute. Mais il ne pouvait plus rien d'y faire.

« Après avoir passé des heures à m'observer, certains sont devenus curieux et m'ont approché. Et puis il est arrivé. »

Harold tourna la tête vers le Furie Nocturne qui lui renvoya son regard et alla plonger sa tête dans son ventre en grondant gentiment.

Ronronnant.

Le Banni sourit encore davantage et attrapa la mâchoire du dragon pour la faire bouger et sa hauteur et lui ouvrir la gueule dans un petit rire.

« Tu voulais pas me lâcher hein ! Non, tu ne pouvais pas me laisser tranquille… »

Il continua un peu avant d'enlever ses doigts et de les essuyer dans une moue discrète pendant que son dragon passait sa langue sur ses dents.

Qui n'étaient pas là deux minutes auparavant.

« C'est celui qui s'est le plus approché de moi. Chemin faisant il a tenté de me faire manger, m'a protégé de la pluie, du froid. Et il m'a fait voler. Il m'a ramené. »

La voix d'Harold n'était plus qu'un murmure, un regard tendre pour Krokmou qui se frottait la mâchoire de la patte.

« Il m'a montré les dragons. J'ai appris à les connaître. C'est tout simple, finit-il par dire en reportant son attention sur les Beurkiens.

- Mais comment tu as fait pour te retrouver sur un bateau d'esclave alors ? Demanda Rustik.

- Un accident… Soupira Harold. J'avais besoin de cuir alors j'ai tenté de m'en procurer dans un port marchant que j'ai découvert lors d'une sortie avec les dragons. J'ai caché Krokmou de l'autre côté de l'île et suis allé chercher ce qu'il me fallait. Une demi-heure plus tard, le navire à quai attaquait le village et embarquait toutes les personnes qui pouvaient tenir le voyage. Dont moi. »

Comme s'il savait de quoi parlait son maître – ami, c'était son ami – le dragon noir frottant doucement son museau contre la joue d'Harold qui ferma les yeux.

« T'as pas à t'en vouloir Krok', lui murmura-t-il. Tu serais venu si j'avais crié et je ne pouvais pas te faire courir ce risque. »

Le Furie ronronna sous la caresse et s'approcha encore un peu plus du jeune homme qui entoura sa tête de ses bras.

« Les dragons m'ont sauvé.

- Et toi tu sauves tout le monde. » Sourit Astrid.

Le doux sourire d'Harold se fana doucement. Il baissa la tête avant de plonger son regard dans celui de son ami. Ils se comprenaient sans se parler. C'était tellement évident.

« Pas tous. »

Harold venait de remettre son masque de dureté auquel les villageois de Beurk avaient tant été confrontés quelques semaines auparavant.

« … Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda Stoick.

- Beurk est hors de danger maintenant, déclara son fils en le regardant. Alors il est tant que j'honore une promesse. »

Les dragons s'agitèrent autour d'Harold. Certain criaient, d'autres battaient des ailes nerveusement. Seul le Furie était calme.

« Quelle… promesse ? » Hésita Astrid.

Elle savait qu'elle n'avait pas à avoir peur pour le village. C'était pour lui qu'elle avait peur.

Elle connaissait ce visage. Elle l'avait vu sur l'Île d'Alvin et elle le détestait.

Le visage qui voulait dire : « Je ferais n'importe quoi. N'importe quoi. »

Avant qu'elle ne puisse ouvrir la bouche, les dragons se turent comme un et tournèrent tous la tête dans la même direction. Certains gémirent et allèrent se cacher sous les jambes des Vikings pour les plus petits.

« Qu'est-ce qu'ils ont ? Demanda Rustik en caressant doucement la tête d'un Cauchemar.

- Je parie qu'elle n'est pas contente du peu de festin qu'elle a eu… hein Krok' ?

Le dos du dragon noir se courba et il montra les dents à l'océan.

« Harold ? Héla nerveusement son père. Qu'est-ce que ça veut dire ?

- Que la Reine n'a pas l'air ravie que ses petits ouvriers n'aient pas ramené suffisamment pour se mettre sous la dent.

- La… Reine ? Répéta son ancien mentor.

- … Je leur ai promis de les en débarrasser. J'ai cinq ans de retard. Elle s'impatiente.

- D'accord alors… Commença Varek. On va abattre un dernier dragon ?

- On ? Répéta Harold en souriant. Non. Je.

- … Ton dernier ? »

Harold déglutit avant de lentement regarder Astrid dans les yeux. Doucement, il hocha la tête.

« Tu es blessé ! S'insurgea-t-elle. Tu ne peux pas combattre comme ça !

- Je ne peux pas attendre.

- Alors on vient avec toi !

- Les dragons sont effrayés et vous n'avez même pas de selle.

- On peut bien faire quelque chose ! Ce n'est… qu'un dragon !

- … Tu n'as aucune idée de la taille de ce dragon. Le village serait détruit s'il s'asseyait dessus.

- Par la culotte d'Odin…

- Mais…

- Non Astrid. Je ne peux demander à personne. C'est juste moi. Et lui. »

Harold se posta droit devant le Furie qui redressa sa tête à sa hauteur. Les deux se regardèrent dans le blanc de l'œil un moment, sans un mot avant que le jeune homme brise le silence.

« Qu'est-ce que t'en dis mon grand ? Toi et moi. Une dernière fois. Comme un. »

Le dragon noir ronronna doucement. Les deux amis posèrent leur front l'une contre l'autre dans un sourire commun – parce que c'était un sourire.

« C'est parti mon grand ! »

Le Furie bondit sur place en battant des ailes sous le rire d'Harold. Ce dernier fit volte-face pour regarda Astrid, ses cheveux enfin secs balayer par les ailes de son dragon.

« Un dernier baiser pour le héros ?

- Compte-là-dessus pour ton retour, Dragon boy. »

Harold éclata de rire avant de porter deux doigts à ses lèvres et siffler. Le Terrible Terreur réapparut de nulle part – toujours le même bon sang – et l'arme de l'auburn lui tomba dans les mains.

« Tu es sûr que tu n'as besoin de rien ? Demanda anxieux son père.

- Si ! Que vous gardiez les dragons. Que vous appreniez à les connaître. C'est la seule chose que je vous demande ! Dit-il en écartant les bras.

- Compte sur nous gamin. » Répondit Gueulfor.

Harold sourit. Puis il se mit à courir vers la falaise en jouant avec Krokmou. Et tout les deux, ils sautèrent par-dessus, comme Mildew l'avait fait plus tôt.

Lorsqu'ils réapparurent, Harold était sur le dos du Furie et tous les deux s'envolèrent en piquet vers le ciel. Et ils disparurent.

Vers une destination que seuls les dieux et les dragons connaissaient.


Des amies se sont plaintes de la petitesse des derniers chapitres. Est-ce que c'est mieux ?!

J'ai l'impression que j'en fait trop dans ce chapitre. Et vous savez quoi ? Parfois, ça fait du bien d'exorciser ses fantasmes de classe absolue. Sérieusement. Je me sens bien là tout de suite... :)

Le prochain chapitre est déjà écrit, il n'y a plus qu'à retravailler des détails et il sera poster la semaine prochaine sans faute. J'ai une semaine un peu chargée mais ça restera vendredi soir ou samedi matin. Histoire de faire passer la pilule de cette semaine.

Je sais que je n'ai pas trop le droit aux reviews pour cette attente, mais pour ceux qui m'ont pardonné grâce à ce chapitre, n'hésiter pas !

A la prochaine,

Geek-naval