Bonjour à tous !
Chapitre là, corrigé comme il se doit par notre très cher Naemos !
Nous y voici... le dernier chapitre ! OUI ! (avant une épilogue hein, on va tenir encore un petit bout de temps vous et moi).
Réponse aux reviews :
Rimen 14 : Tu as bien deviné x) Effectivement je joue à l'Envol de Beurk, je passe cinq minutes tous les matins à récupérer tout ce que mes dragons sont allés cherché durant la nuit et j'ai des tas de dragons uniques *.* Bref, jeu facile et idiot mais tant que c'est sur Dragons moi, je ne suis pas difficile ^^
Voyons voir si tes pronostiques se sont averrés vrais ;)
Pasy : ce n'est pas une question mais je vais quand même mettre une petit commentaire : il n'y aura pas Valka. En grande partie parce que j'ai imaginé et écrit cette fiction avant le film 2, je ne la connaissais donc pas trop. Seconde raison parce que je veux pas rejoindre le film 2. Même s'il y a des références, je ne mettrais aucun personnage. Pour ce qui est de la Reine, je m'en tiens au réalisme. Comment Harold aurait pu battre ce dragon sans selle sur Krokmou ? Krok' a besoin de lui pour lui dire ce qu'il doit faire mais si son cavalier de tiens pas sur son dos, même pas la peine d'imaginer une quelconque victoire x)
Et surtout, ça ne m'aidait pas à finir l'histoire si elle était déjà morte ^^
Little Sayuri : malheureusement tu fais partie des personnes à qui j'oublie de répondre par mp donc je le fais ici .
Comme tu peux le voir, c'est le dernier chapitre avant l'épilogue alors oui, il ne reste plus beaucoup de chapitre x)
Troisième partie ?... Non. Il n'y aura pas de suite à cette histoire. Par contre, je compte faire le prequel, c'est à dire le spin-off de cette série, l'histoire d'Harold juste après son bannissement, la vie des gladiateurs, celle de Titus etc. Donc pas de suite, mais le début ^^
Sogna : je n'ai pas oublié la petite particularité des Ebouillantueurs ne t'inquiète pas ^^ Mais je considère que vu que les dragons peuvent contrôler leurs flammes, ces dragons peuvent contrôler la température qu'il y a dans leur gueule. Outre le fait que ce soit classe, je trouvais ça intéressant :p
Nous y voilà ! Fin avant l'épilogue ! J'espère que vous apprécierez ;)
Enjoy !
Beurk la Honteuse
Chapitre 14 :
Astrid s'approcha doucement du dragon bleu qui regardait l'horizon comme beaucoup d'autres le long de la falaise. Elle ne savait pas vraiment ce qu'il regardait. Si c'était des voiles qu'un certain dérangé aurait la stupide idée de regrouper à nouveau pour les attaquer ou simplement Harold.
Harold qu'ils avaient sauvé. Les dragons.
Les dragons qui venaient de sauver Beurk de la destruction, avaient recueilli Harold lorsque le village lui avait tourné le dos.
Eux qui l'avaient aimé alors qu'il avait tout perdu.
Le dragon tourna la tête à son arrivée. Sa tête se courba, comme les Vipères le faisaient à cause de leur angle mort. Autrefois Astrid trouvait ça assez effrayant, leur manière de chercher à les voir.
Maintenant elle trouvait presque ça mignon.
Le dragon la sonda de haut en bas, par petits à coups, comme le faisait cette race. Mais estimant sûrement que la Viking n'était pas – plus – une menace, il se détourna pour retourner mirer l'horizon. La blonde elle, se posta lentement à ses côtés.
Ils restèrent ainsi un certain temps, chacun apprenant à connaître la présence de l'autre dans un silence absolu. Seuls de petits grondements se faisaient entendre de la gorge du dragon. Astrid se demanda si ces gazouillis manifestaient sa crainte pour le garçon.
Astrid se mit à contempler le dragon. Il n'était pas excessivement grand. Sa queue n'arborait pas aujourd'hui les habituelles épines qui la bordaient d'ordinaire lors des combats. Ses écailles bleues-vertes semblaient se mouvoir le long de son corps lorsqu'il respirait.
Astrid n'avait jamais remarqué à quel point ces épines étaient belles.
Lorsqu'elle arriva à sa tête, la Viking se fit surprendre par un grand œil jaune qui la fixa, sa tête se mouvant toujours comme le faisait les Vipères.
Cet œil. Astrid sursauta lorsqu'elle comprit.
« C'était toi… » Murmura-t-elle.
Le dragon continua de la regarder et avança un peu la tête, comme pour lui confirmer ce qu'Astrid pensait.
« Tu étais ce Vipère, continua Astrid. C'était toi qui nous as poursuivis dans le tunnel. Je pensais que tu voulais nous tuer mais non… Tu le cherchais… »
La résignation de l'évidence lui noua la gorge.
« Tu cherchais Harold… »
Astrid sentit les larmes qu'elle se refusait de livrer monter en elle.
« Tout ce temps… Tout ce temps vous avez continué à le chercher… Pendant cinq ans, vous n'avez pas abandonné… Pendant que nous, nous nous forcions à l'oublier… »
Une larme traitresse s'invita sur son visage pour dévaler sa joue avant de l'essuyer rapidement.
« Le Cauchemar dans la forge… »
Elle tourna la tête. Plus loin, Rustik faisait la connaissance brutale d'un rocher après s'être approché d'un peu trop près la queue d'un Cauchemar Monstrueux d'un orangé crépusculaire. Le dragon trottina jusqu'au Viking assommé qu'il poussa du museau, comme pour s'assurer qu'il ne lui avait pas trop fait mal.
« Il le savait. Vous n'aviez pas été attiré par la chaleur de la forge. Vous cherchiez Harold. »
Le dragon à ses côtés se détourna d'elle et fixa à nouveau l'horizon, la tête toujours penchée sur le côté. La jeune femme posa une main sur son visage, les traits déformés par une grimace de dégoût.
Voilà pourquoi il ne pouvait rien dire. Harold n'avait jamais compté rester. Il avait une famille, une vraie qui l'avait attendu pendant des années et l'avait cherché sans pouvoir le retrouver.
Alors qu'eux, Beurk, l'avaient cantonné au rang de souvenir gênant de leur histoire.
Ils ne méritaient pas Harold ici. Ils ne méritaient pas la confiance qu'Harold leur accordait en laissant sa famille ici. Les dragons.
Astrid sentit un souffle chaud sur sa main. Entre ses doigts, elle vit le museau du dragon qui avait étendu son cou pour l'effleurer, puis son œil qui contempla son visage ravagé par les larmes qui s'étaient mises à tomber drues le long de ses joues. Un œil bienveillant. Compréhensif.
Aimant.
Comme si le dragon cherchait à éponger sa peine en lui montrant son soutien.
Astrid ravala ses larmes et offrit un petit sourire de remerciement au dragon. Elle aurait presque pu lire un sourire sur son visage à lui aussi.
« Eh Astrid ! Entendit-elle. Regarde ce qu'on arrive à faire ! »
A quelques mètres d'elle, les jumeaux tenaient maladroitement – mais visiblement pour leur plus grand plaisir – sur les deux têtes d'un Braguettaur qui bataillaient entre elles comme le faisaient les deux Thortsons. La viking se permit un petit rire et Rustik en profita pour vanter les mérites de son tout nouveau dragon qui s'enflamma juste assez pour lui brûler l'arrière train.
Ça c'était drôle.
« Il a fallu quelques petites heures pour qu'on détruise sept générations de tradition. Tout ça grâce à Harold. »
Astrid se retourna pour voir arriver Varek, accompagné d'un Gronck particulièrement affectif avec qui il s'était lié une certaine complicité assez touchante.
« C'était bien rapide tu ne trouves pas ? Continua-t-il.
- Peut-être est-ce ce que le village attendait depuis toujours, répondit-elle. Ou peut-être qu'accepter les dragons est une façon de demander pardon à Harold.
- J'espère seulement qu'il sera là pour voir ça.
- Ne dis pas ça. »
Astrid reporta son regard vers l'horizon que nombre de dragons observaient en silence. Cela faisait maintenant presque deux heures qu'il était parti et pas la moindre trace de lui et de son petit dragon noir.
« C'est une belle dragonne que tu as là… » Entendit-elle.
Masquant sa surprise, Astrid jeta un coup d'œil discret sous le dragon et toussota en revenant à sa contemplation d'origine.
« Très. »
Hum. Dragonne. Effectivement.
« Tu imagines ce qu'Harold aurait à nous apprendre sur eux ?
- Tu t'es trouvé une nouvelle passion Varek ?
- Je crois oui, rit-il doucement. Ce qu'Harold était capable de faire avec eux était simplement… magique. »
Oui. C'était le mot. Les dragons grondaient et d'un geste du garçon, ils se taisaient et reculaient. Ce n'était pas de la peur, mais un respect sans fin.
De l'amour.
Si personne ne l'avait respecté dans le village, les dragons eux, se pliaient avec reconnaissance devant lui. Et il ne faisait que leur sourire et les caresser avec des mots doux.
La Mort Rouge était un assassin, sans moral ni jugement.
Harold le Banni était un garçon froid, cynique et distant. Brisé.
Harold Haddock lui, était une personne douce et aimante qui pouvait se dresser entre ceux qu'il aimait et les autres. Une personne qui malgré les peurs et les peines, pardonnait sans rien demander en retour.
Astrid sourit lorsqu'elle se souvient de ce que Rustik avait dit de lui alors qu'ils l'attendaient encore, Gustave près à tomber de la falaise.
« Parce qu'il a le sang des chefs dans les veines. »
Elle ne savait pas vraiment si c'était le sang de toutes ces générations de Chefs qui avait ressurgi mais ce qui était sûr, c'est que malgré tout, Harold était un Chef.
Que ce soit pour les Beurkiens, ou les dragons.
Soudain, la dragonne à ses côtés sur redressa d'un bond. Elle haleta d'un grondement sourd qu'Astrid reconnu comme de l'anxiété – un bruit qu'elle avait entendu si souvent pendant les batailles et qu'elle ne comprenait que maintenant – et sa tête bougea dans tous les sens.
« Qu'est-ce qu'il se passe ?! S'écria la Viking vers le dragon qui commençait à battre des ailes par nervosité.
- Astrid ! Les dragons ! »
La voix de Varek la fit tourner la tête vers tous les autres cracheurs de feu qui résidaient près de la falaise. Tous étaient nerveux et bon nombre commençait à grogner, hurler. Certains même, laissait échapper des gerbes de flammes orangées. Le cœur d'Astrid se serra.
« C'est Harold… »
Elle s'approcha de la Vipère qui piaffait à côté d'elle et avança une main timide, le visage ravagé par l'inquiétude croissante.
« C'est Harold n'est-ce pas ? »
La dragonne s'arrêta un instant pour la regarder. Elle mira un temps la main avant de regarder l'horizon, puis revenir enfin à la jeune femme.
« … Amène-moi à lui. »
Comme si elle avait compris, la Vipère bleue claqua la mâchoire. Sous un cri de surprise de la Viking et son ami, elle l'attrapa par la capuche pour la déposer sans vraiment de douceur sur son dos avant de commencer à battre furieusement des ailes.
« At- ! Attends ! »
Elle n'attendit pas. La Vipère s'envola d'un bond vers le ciel, une Astrid hurlante sur son dos qui s'agrippa comme elle put à son large cou et serra les jambes du mieux qu'elle put.
Une petite pensée fugace lui expliqua très clairement pour quelles raisons Harold avait doté son dragon d'une selle.
Des cris dans son dos lui firent comprendre que ses amis aussi avaient été pris en otage par les dragons qui filaient maintenant à vive allure vers une destination qu'eux seuls connaissaient.
Et avec un peu d'espoir, Harold aussi.
oOo
Ils avaient traversé la mer sur le dos des dragons jusqu'à ce que ces derniers ne les emmènent sur des eaux masquées par un brouillard permanent qu'Astrid reconnu comme étant le Cimetière des Damnés que les Vikings de Beurk avaient considéré comme étant le refuge des dragons. Et ça l'était.
La guerrière comprit rapidement pourquoi ils n'avaient jamais réussi à passer cette fichue mer dont les récifs éventraient les bateaux comme des fétus de bois.
Seul un dragon pouvait y accéder. A leur île.
Comme si le brouillard qui les avait autrefois empêchés d'atteindre ce sanctuaire pour les dragons ne se trouvait que tout autour, si tôt que les jeunes Vikings et leurs dragons virent l'île apparaître devant eux, l'épaisse purée de pois disparut. Enfin, s'étala devant leurs yeux, ce secret si jalousement gardé par les dragons que les Vikings cherchaient désespérément à découvrir depuis des siècles. Mais Astrid et les siens n'eurent pas le temps de comprendre l'importance de ce qu'ils découvraient.
Plus loin, une importante fumée noire s'élevait haut dans le ciel, bravant le domaine des dieux et des dragons.
« Harold… » Murmura Astrid.
Comme si la Vipère partageait l'inquiétude de la blonde, elle se mit à battre frénétiquement battre des ailes, suivie de près par les dragons de ses amis.
Une montagne se dressait au milieu du Nid des Dragons, haute et solitaire, éventrée sur son flanc par un énorme cratère. Et plus loin, sur la plage qui bordait l'île, la silhouette du plus grand dragon qu'il était donné de voir de mémoire de Viking.
Ce dragon pouvait facilement écraser le village de toute sa longueur simplement en s'y couchant, des griffes aussi grosses que des drakkars à ses pattes, une mâchoire sûrement assez puissante pour les broyer d'une simple pression… Ce n'était pas un dragon.
C'était un monstre.
Mais un monstre mort.
Il était étalé le long de la plage, la gueule brisée et les chairs à vif par moment, un véritable brasier se consumant sur la bête. La carcasse était enfoncée de plusieurs mètres sur le sable, comme si le monstre s'y était effondré de tout son poids.
Est-ce qu'Harold était vraiment responsable de ça ?
Est-ce qu'Harold avait vraiment tué ça ?
Et où, par les dieux, était Harold ?
Astrid regarda de droite à gauche, aussi nerveusement que son dragon qui planait maintenant au milieu de ses amis qui faisaient de même. Elle laissa plusieurs fois échapper son prénom dans un murmure, ses ongles s'enfonçant dans les écailles de la Vipère dans l'attente insupportable de voir des cheveux auburn dans ce carnage.
« LÀ ! »
La voix de Rustik la fit sursauter avant de devoir se plaquer contre le corps de la dragonne qui fila droit sur l'emplacement indiqué par le Viking. Lorsqu'Astrid réussit à rouvrir les yeux, ce fut pour apercevoir enfin, le garçon qu'elle recherchait tant.
Les jambes étalées sur le sol, avachi sur un petit dragon noir, un bras passé par-dessus la selle partiellement détruite.
Aucun des deux n'ouvrait les yeux.
« Harold ! »
La guerrière sauta à terre et courut jusqu'au jeune homme en hurlant son nom. Ce dernier ne perdit pas plus de temps pour rouvrir des yeux fatigués, tout comme son dragon qui grogna à ses côtés, et d'apercevoir la blonde qui vers lui.
Il sourit simplement et Astrid ralentit.
Ce sourire… était vrai. Il n'était pas comme les sourires qu'offraient Harold au village, en coin, cynique et moqueur. Mais bien doux et simple. Heureux.
« .. Ha-… rold ?
- Vous n'avez pas pu vous en empêchez hein ? Rit-il doucement.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda-t-elle en ignorant la question. Qu'est-ce… que c'est ?
- La Reine. Elle forçait les dragons à voler pour elle. Je le leur avais promis. La promesse de les libérer. J'ai juste mis cinq ans ! »
Il rit alors que son dragon frotta doucement son museau sur sa cuisse. Le garçon adoucit plus encore son sourire si c'était possible et caressa les écailles noires de gestes doux.
« C'est toi qui… ?
- Yep. Pas facile d'ailleurs, maugréa-t-il. Ce dragon était impossible à dresser, j'ai essayé et ça nous a presque coûté la vie. Heureusement que Krok' a de sacrés réflexes hein ? »
Pour toute réponse, le dragon lui frappa la tête de la queue et Harold partit dans une tirade de protestations à l'encontre du Furie qui détourna la tête.
Astrid elle, ne pouvait que contempler le garçon qui peinait à se mouvoir essayer d'attraper la mâchoire du dragon pour le tourner vers lui.
Quelque chose avait changé. Quelque chose d'important.
C'était ça.
Le masque. Le masque qu'Harold portait depuis ces dernières années, la personne qu'il disait être… n'était plus.
Le jeune homme en face d'elle était Harold. Le vrai.
Harold Haddock.
Ce n'était déjà plus le même qu'il y a quelques heures sur Beurk, à rire devant les dragons sur l'île de Beurk. Non. C'était encore plus que ça.
C'était comme si les cinq années qu'il avait passé en Enfer à cause du village n'avaient jamais existées.
Comme si le dragon dans son dos avait réussi à essuyer toutes les larmes qu'Harold avait pu laisser couler sur ses écailles. Recoller son cœur brisé.
Etrangement, Astrid ne sentait pas envieuse ou jalouse – si l'on pouvait l'être d'un dragon – du petit reptile noir qui avait su trouver le garçon derrière les remparts qui le protégeaient.
C'était lui qui l'avait recueilli sur cette plage alors que le garçon pleurait la trahison de son village. Elle le savait.
Le jeune homme se tourna enfin vers elle et sourit à nouveau.
« Je dois vous avoir inquiété, désolé ! Rit-il doucement.
- Oh c'est rien, on a l'habitude. Tu pendras juste la plus grosse beigne de ta vie.
- Héhé… J'en doute pas… »
Il continua de rire nerveusement avant de se stopper et de regarder derrière la blonde. Il sourit doucement.
« Tout va bien, dit-il simplement. C'est fini. »
Astrid se retourna. Derrière, la montagne se dressait silencieusement, les surplombant eux et la carcasse brûlante dont les effluves commençaient d'ores et déjà à faire leurs œuvres dans les narines des Vikings et certainement celles des dragons.
La jeune femme ne vit rien qui aurait pu attirer l'attention du garçon avant qu'une petite forme rouge n'apparaisse de derrière un rocher. Puis une autre. Et une verte. Une bleue. Mauve, indigo, orangée…
Les dragons cachés ou qui s'étaient enfuis pendant la bataille revenaient enfin.
La Viking entendit des gémissements derrière elle et avant que la blonde ne puisse accourir, Harold s'était déjà – difficilement – redressé, une main sur la tête du Furie Nocturne qui l'aidait silencieusement. Enfin debout, un bras autour de la taille, il sourit aux formes qui se multipliaient sur les rebords de la montagne.
« Tout va bien… » Répéta-t-il.
Comme si les dragons l'avaient entendu – et compris –, certains prirent leurs envols timidement vers le jeune homme. Le Furie dans son dos se redressa en position assise mais ne fit pas un geste lorsque des Terribles Terreurs s'accrochèrent à son ami pour lui laper le visage dans de petits couinements pour ensuite repartir en tourbillonnant au dessus de sa tête. Astrid se recula lorsque les dragons se multiplièrent, les plus gros prenant leurs places autour du jeune homme.
Un ballet.
Un ballet de couleur.
Les dragons tournaient autour du jeune homme, Astrid ne parvenait presque plus à voir ce dernier dans la myriade d'écailles qui dansaient autour de lui. Les dragons longeaient le sol à sa hauteur pour ensuite piquer vers le haut en tournoyant, hurlant et grondant.
Un rire retentit.
Harold riait aux éclats dans cette tempête dont il était le cœur et l'instigateur. Il riait, les bras lourds de petits dragons qui se posaient un temps sur lui avant de s'envoler rejoindre les autres dont les premiers, en hauteur maintenant dans le ciel, s'éparpillaient vers de nouvelles directions.
Enfin, les dragons finirent de danser autour du jeune homme qui se tut lentement lui aussi. Il regarda, le plus beau des sourires aux lèvres, les derniers dragons disparaître par delà les nuages avant de fermer les yeux.
Il ne lui fallut pas plus de cinq secondes pour s'écrouler sur le dos de son Furie qui le réceptionna maladroitement, ses grands yeux verts soudainement inquiets. Astrid n'attendit pas plus pour sauter à ses côtés dans un cri.
Et il ne lui fallut pas plus de dix secondes à elle pour soupirer de soulagement. La Viking se tourna vers le dragon qui reniflait nerveusement le visage de son ami et sourit doucement.
« Il est simplement épuisé. »
Décidemment, c'était vraiment un truc de dingue.
oOo
Ce fut sans doute la douce chaleur sur son visage qui le réveilla.
Ainsi qu'une haleine des plus déplorables.
Encore ensommeillé, le jeune homme papillonna doucement des yeux pour contempler une face complètement noire, surmontée de deux grandes émeraude brillantes tournées vers lui.
Krokmou.
Son dragon.
Son ami.
Difficilement, un doux sourire aux lèvres, Harold leva une main fatiguée sur le museau du Furie Nocturne qu'il caressa lentement.
« Hey… mon grand. »
En réponse, il vit le dragon ouvrir la bouche et la refermer plusieurs fois dans de petits grognements qu'avec le temps, Harold avait appris à comprendre comme s'il parlait sa langue.
Dont celle du dit dragon lapait maintenant joyeusement le visage du jeune homme qui s'empressa de protester.
« Humpf ! Non ! Krok' non ! Pas ça ! »
Définitivement nettoyé – au moins d'un point de vue dragonesque – le garçon parvint à s'extirper de la prise de son ami et le repoussa dans un cri.
« Sérieux Krok' ?! Tu sais que ça part pas au lavage ! »
Le reptile devant lui gloussa – c'était un gloussement, oui, ça l'était – mais le bruit d'un petit rire à sa droite lui fit rapidement oublier cette petite fantaisie de son dragon.
Harold tourna la tête pour constater la présence d'une certaine jeune femme, le visage négligemment posée sur sa main qui contemplait d'un œil amusé la petite scène du matin.
« Astrid… ?
- Bonjour Harold. »
Le jeune homme mit plusieurs secondes à aligner les pensées et les souvenirs qui ressurgirent en lui d'un seul coup. Il papillonna de nouveau des yeux avant d'enfoncer sa tête sur l'oreiller, les yeux perdus dans le plafond.
« … Qu'est-ce… qui s'est passé ?
- Tu ne te souviens pas ?
- J'ai l'impression que ce sont les souvenirs d'une autre personne…
- Il faut que je reprenne depuis quand ?
- Euh… Je… sais plus…
- On reprend depuis l'île d'Alvin ?
- Hum… ça, ça va…
- Alors : on t'a ramené au village aux portes de la mort. On t'a soigné, nourri, logé…
- Pourquoi tu dis ça comme si j'étais un parasite ?
- Tu as commencé à fuguer, continua Astrid en l'ignorant. Tu t'es pris la tête avec à peu près toute la communauté de l'île, tu as failli tuer Rustik, tu as commencé à disparaître dans la forêt…
- Pourquoi c'est moi qui suis le méchant dans l'histoire ?!
- Et m'est avis que c'est à partir de là qu'après avoir menti par omission, tu as commencé à mentir tout court.
- … J'suis vraiment le méchant en fait.
- Tu as repris ton activité à la forge, sans doute pour construire une selle à ton dragon en toute discrétion. Les écorchures devaient venir de tests ratés n'est-ce pas ?
- … Affirmatif.
- Tu as sauvé Hilda de la rivière et là j'ai comme un doute aussi… J'ai vérifié l'endroit où tu as atterri. Avec un bras et une fillette, impossible de remonter. Harold ?
- … C'est Krokmou qui m'a attrapé par le bras et m'a remonté sur la rive.
- Ce qui explique beaucoup de chose. Au suivant.
- Astrid…
- Le jour où tu as disparu maintenant. Un petit tour avec Krokmou ?
- … Je savais que mes dragons feraient des traces. Il fallait que j'éloigne le village d'eux.
- Pas mal… Tu as indiqué les endroits où étaient les dragons sans que personne ne s'en aperçoive…
- Tu vois j'ai pas fait que mentir.
- On n'en reparlera plus tard. Johann. Qu'est-ce que tu peux me dire ?
- … Il m'a prévenu pour Dagur et ses trafics. Il voulait protéger les siens qui avaient déjà été pris pour cible.
- Les fameux messages qui arrivaient avant les bateaux ? Ah je sais ! Les dragons…
- Flamma s'occupe des rescapés qu'il parvient à récupérer des trafics. Il est venu avec moi du Sud et je leur ai montré, à lui et Titus, comment on dresse des dragons. J'en ai dressé plusieurs qui vont directement chez lui et lui font parvenir mes instructions avant que les bateaux n'arrivent au port.
- Comment tu as fait ça chez Alvin ?
- Un Ébouillantueur. Celui là… était devenu très affectif avec Titus. Pour son plus grand malheur. Malgré sa disparition, il est resté avec moi.
- Et donc, pendant que Flamma s'occupait du service après vente, toi, avec Krok', vous amusiez à faire disparaître les navires de Dagur la nuit après avoir récupéré toutes les personnes qui avaient été capturé.
- Précisément.
- Comment tu faisais ?
- J'ai dressé l'Ébouillantueur de Titus pour qu'il ne me fasse pas bouillir lorsque je rentrais dans sa gueule. Je passais par-dessous les bateaux.
- Ni vu ni connu. Quand est-ce que ça a foiré ?
- Quand Dagur m'a pris au dépourvu et que j'ai dû me battre contre lui alors que je devais garder les dragons cachés.
- Incroyable que personne ne les ait remarqués.
- Personne ne regarde sous l'eau généralement. Et un dragon noir dans la nuit c'est pratique.
- Donc tu savais que Dagur venait pour toi lorsqu'il est arrivé sur Beurk. Mais il t'a fallu un peu de temps pour t'organiser.
- Je suis arrivé juste à temps pour attraper Gustave au vol. Et j'ai profité sur brouillard pour surprendre Dagur comme il l'avait fait quelques nuits plus tôt.
- Et ensuite, après un nombre incalculable de nuits blanches à batailler contre les hommes de Dagur, te confronter directement à lui, il t'est apparu la brillante idée de tuer le dragon colossal qui asservissait tous les autres dragons.
- Ça m'a paru une bonne idée sur le coup, je me sentais en veine. »
Astrid sourit. Le jeune homme lui, renvoyait un sourire forcé, le genre qui servait à détendre l'atmosphère mais dont personne n'était dupe. La jeune femme se redressa et vit avec satisfaction que le garçon pâlissait en la voyant s'approcher d'un peu trop près.
En la voyant le surplomber de presque toute la longueur du lit sur lequel il était toujours allongé, Harold ne sut pas s'il devait se réjouir ou appeler de toutes ses forces le dragon qui les regardait amusé sur le côté.
Traître.
Astrid se rapprocha de son oreille et murmura.
« La prochaine fois qu'il te vient une idée aussi stupide… »
Harold dut retenir de toutes ses forces le cri qui tenta de passer ses lèvres lorsque le poing de la jeune femme lui broya littéralement ce qui lui restait d'entrailles.
« Je te tue.
- … Message reçu m'dame… »
Il toussota plusieurs fois, les mains sur son ventre, incapable de se redresser pour atténuer la douleur à cause de la blonde toujours au dessus de lui qui souriait innocemment.
Peu à peu, la douleur s'estompa mais resta présente comme en attestait la grimace qui persistait sur son visage.
C'est qu'elle tapait dur la Hofferson et qu'il était pas au meilleur de sa forme lui…
Et puis… Oh et puis mince. Il était plus à ça près.
« Et sinon, commença-t-il. Au sujet du baiser auquel je n'avais pas le droit avant de partir, tu te souviens ? »
Les deux Vikings sourirent de concert avant que la blonde ne descende son visage vers celui de l'auburn. Le baiser était doux, un simple contact, comme pour se rassurer qu'ils étaient vivants tous les deux. Après quelques secondes, la guerrière se redressa un peu.
Pour mieux grimacer et s'essuyer la bouche d'un revers de main dans un rire.
« Arf, la prochaine fois, rappelle-moi de ne pas t'embrasser après Krokmou hein ?
- J'en prends note… »
Lui aussi s'était redressé et essuyer rageusement ses lèvres avec son haut – qui décidemment était trois fois trop grand pour lui – et mira son dragon d'un regard noir.
« Merci, reptile inutile. »
Pour toute réponse, le dragon lui tira la langue.
« C'est bon ? » Demanda une Astrid au regard suspicieux sur ses lèvres.
Harold essuya encore un peu sa bouche dans une grimace avant de relever la tête.
« Viens par là toi. » Dit-il en lui faisant signe.
Dans un sourire, la jeune femme s'approcha et les deux Vikings s'embrassèrent simplement sous le regard amusé du Furie Nocturne. Lorsqu'enfin ils se séparèrent, les sourires n'avaient pas disparu.
« Mieux, fit Astrid.
- Définitivement. »
Ils rirent doucement et le dragon en profita pour faire un retour stratégique pour quelques caresses que les deux jeunes gens voudraient bien lui donner. Caresses qu'Astrid se fit une joie de lui apporter lorsqu'il cala sa tête sur ses genoux. Elle entendit le garçon sur le lit rire doucement avant de se poser sur la tête de lit pour les observer silencieusement.
Sans doute appréciait-il la complicité flagrante qui s'était installée entre la Viking et le dragon durant son sommeil.
« Je les vois tu sais. »
Harold renvoya un regard interrogatif à la blonde qui étira les lèvres, la main toujours sur les écailles du petit reptile noir.
« Tes tatouages. Je les vois. »
L'auburn descendit ses yeux vers les arabesques noires sur ses bras et les leva à hauteur de son visage.
« Vraiment ? Demanda-t-il doucement.
- C'était pourtant sous mes yeux depuis le début. C'était simplement la dernière chose qu'on pourrait imaginer. Tout ce que tu es était là. Il suffisait de savoir quoi chercher. »
Harold glissa une main sur les tatouages, main qui fut bientôt accompagnée par les doigts de la blonde qui parcoururent lentement le grain de peau noirci par l'encre.
« Des dragons. »
Le jeune homme sourit.
Elle voyait. Enfin.
« Là une Vipère. Là… un Gronck. Une autre Vipère et là un Cauchemar… »
Astrid continua d'énumérer les noms des dragons qui tapissaient les bras du garçon qui souriait en la voyait découvrir le travail de Titus.
C'était lui qui avait demandé au jeune latin de les lui faire. Comme un appel à l'aide.
Son cœur étalé là où tout le monde pouvait le voir, mais que personne ne pouvait comprendre.
Aujourd'hui c'était possible. Maintenant, il n'avait plus peur.
Astrid le voyait. Et bientôt certainement, le village pourrait lui aussi lire son être sur les tatouages.
« Et… il est là, pointa-t-elle doucement en caressant son épaule.
- Qui ? Demanda-t-il en souriant.
- Idiot. Le Furie. Krokmou. Toujours là. Près de toi. A te protéger. A veiller sur toi. »
Harold tourna la tête pour regarder le petit dragon noir qui se grattait le museau du bout de la patte.
« Titus a adoré le faire. Les dragons l'effrayaient mais en le dessinant, il m'a dit qu'il adorerait le voir.
- Il n'a jamais pu, c'est ça ?
- Non.
- … Comment… Comment vous vous y êtes pris pour faire tous les tatouages ? Ça a du vous prendre des semaines. Des mois.
- C'est moi qui les ai dessinés la première fois, sur les murs de ma chambre d'Arène. »
Astrid se tut. Solennelle au souvenir encore difficile des cinq années passées.
« Titus était l'un des rares à venir me rendre visite. Il a vu les dragons et a cru à une fantaisie. Il m'a montré ses tatouages à lui, qu'il cachait à ses chevilles. Il m'a dit que c'est ce qu'il était. Je lui ai montré les murs et dit que c'était pareil. Il a rit. Et il m'a dit qu'il me tatouerait ce que je voulais. Il l'a fait. Et lorsque nous sommes venus dans le Nord et que je lui montré les dragons… Il a fini par comprendre ce qu'il m'avait tatoué. Ça lui a fait un sacré choc ! »
Harold rit au souvenir de la tête du pauvre latin lorsque le gladiateur était sorti de l'eau sur un Ébouillantueur. L'ancien esclave avait presque tourné de l'œil.
Ou l'avait-il fait ?
« Ah au fait, commença Astrid. Merci pour le mode d'emploi des Ébouillantueurs.
- … Oh. Mildew.
- Je ne te ferais pas la liste des noms d'oiseaux qu'il a proféré contre toi, ce serait contre ma politique.
- Je n'en doute pas.
- Mais Rustik l'a remis en quarantaine dans la gueule d'un Mille Tonnerre. Il disait qu'il vouait voir combien de temps il pourrait tenir.
- Pauvre vieux.
- Comme si tu en avais quelque chose à faire.
- Comme si le village en avait quelque chose à faire.
- Je t'accorde celle là.
- En parlant de ça. Le village ? Demanda doucement le jeune homme en reposant ses bras. Au sujet des dragons ?
- … Pourquoi ne pas venir voir par toi-même ? »
Astrid se redressa sous le regard curieux du garçon. Elle lui tendit la main qu'il attrapa avec joie, encore assez fatigué de son combat contre la Reine. Krokmou vint se placer de l'autre côté, prêt à intervenir en cas de chute malgré la présence de la blonde. Cette dernière le devança à la porte et la main sur la poignée, regarda Harold avec un petit sourire en coin.
« Alors, prêt ?
- … Prêt pour quoi ? »
Elle ouvrit la porte.
Et Harold sentit son cœur battre furieusement dans sa poitrine malgré lui.
Dehors, sur le pas de la petite bâtisse qui l'abritait depuis son retour, la totalité du village était présente, des dragons parmi eux et sur les toits des habitassions aux alentours. Tous se turent à son arrivée, pour ensuite éclater de joie, hurlant et sautant sur leurs pieds pour lui souhaiter un bon retour.
« C'est bon… chuis mort.
- Non, mais c'est pas faute d'avoir essayé. »
Harold aurait reculé s'il n'avait pas senti dans son dos le museau de son ami qui le poussait. A sa droite, son père s'avançait respectueusement vers le garçon qui garda la tête baissée. Stoick n'approcha pas beaucoup plus de son fils, sous l'œil vigilent d'Astrid et Krokmou.
La tête haute, le Chef de Beurk déclara avec douceur :
« Harold. Toutes ses années que nous – que je – t'ai fait perdre, personne ne pourra te les rendre. Ni le village, ni moi, et les dieux savent à quel point je regrette ce que j'ai fait. Nous comprendrions que tu ne nous pardonnes jamais, mais je veux que tu le saches Harold. Encore une fois, tu nous as sauvés. Et pour cela, et tout le reste, nous t'en serons éternellement reconnaissant. »
Sous les yeux ahuris d'Harold qui avait légèrement tourné la tête à l'entente des paroles de cet homme qui avait autrefois été son père, Stoick s'agenouilla là où il était. Bientôt suivit par l'ensemble du village qui baissa la tête devant le jeune homme qui failli s'étouffer sous le coup de la surprise.
Les Vikings ne courbaient pas la tête.
Les Vikings ne s'agenouillaient pas.
Les Vikings ne remerciaient personne.
Dans un appel au secours évident, Harold tourna la tête vers la blonde, ses yeux la suppliant de le faire sortir de cette situation hautement gênante et disproportionnée.
Astrid éclata de rire et leva les bras.
« Bon ça suffit, je crois que vous êtes en train de le choquer à vie ! »
Harold rougit et détourna les yeux vers son ami dragon qui gloussa – oui, il savait que c'était un gloussement ! – et se frotta à sa jambe pour le soutenir.
« On a un autre cadeau pour toi, continua la blonde.
- Si c'est un autre truc du genre, je m'enfuis, t'en as conscience ? Siffla Harold dans un murmure désespéré.
- Oh celui-là va te plaire.
- Y'a intérêt, vu comment on a bossé d'ssus ! »
Clopinant comme d'ordinaire, Gueulfor le forgeron boitilla jusqu'au trio pour brutalement déposer dans les bras du jeune homme qui vacilla un peu sur ses jambes, un harnachement complet qu'Harold reconnu comme étant celui de son dragon.
« C'est… Commença-t-il.
- Ouaip, ta selle. Il a fallu faire quelques recherches dans ton atelier – t'es un gros parano par ailleurs – et on a fini par retrouver les plans. J'espère que c'est à ton goût.
- Deux-trois motifs et ça ira, fit Harold en inspectant le travail de son maître.
- Alors ? Demanda la blonde en avançant. En selle ? »
Krokmou répondit pour elle en tournant autour de son ami en sautillant et grognant dans ce qui s'apparentait à un sourire. Harold rit et flatta la face du petit dragon.
« Oui mon grand. On va voler sous le soleil cette fois. »
Il ne lui fallu pas plus de quelques minutes pour accrocher la selle au dos du dragon qui trépignait d'impatience. Harold aurait bien volé sans le harnachement mais pour avoir autrefois testé, un Furie Nocturne ne se chevauchait pas sans équipement.
A moins de trouver quelque chose à quoi se retenir, ce dont le dragon n'était pas très fourni. Testé et désapprouvé.
Du coin de l'œil, Harold vit avec une joie non feinte ses autres dragons accourir vers les jeunes Vikings qui riaient en les caressant.
Il avait réussi.
Ses deux mondes n'en faisaient plus qu'un désormais.
Beurk qu'il n'avait jamais su faire disparaître de son cœur.
Et les dragons qui lui avaient montré tant d'horizons possibles lorsqu'ils l'avaient sauvé.
Il avait eu peur. Tellement peur de ne pas être capable de le faire.
Peur d'être rejeté une nouvelle fois par les Vikings pour son amour pour les dragons.
Peur d'être rejeté par les dragons lorsqu'il était revenu pour être devenu… ça. Un monstre sans cœur et sans scrupule qui tuait comme il respirait. Et il n'avait pas su tenir sa promesse.
Mais tout ça était loin. Krokmou l'avait attendu. Ses dragons l'avaient attendu.
Astrid aussi avait attendu. Patiemment qu'il lui ouvre son cœur. Il aurait voulu le lui montrer différemment mais elle n'en semblait pas vexée.
Cette fois il lui montrerait. Tout ce qu'il avait appris des dragons. Il partagerait cet amour et ses connaissances avec le village tout entier s'ils le désiraient.
« Eh Harold !
- Varek ? Répondit le garçon en pied dans l'étrier – pour le plus grand malheur de Krokmou.
- C'était quoi ce dragon ? C'est un spécimen juste plus gros ou c'est une espèce particulière ? Tu sais s'il a un nom ? On peut lui en donner un ? T'as une idée ? Il était incroyablement grand ! »
Harold resta un instant ébahi face au babillement intempestif du corpulent jeune homme perché sur son Gronck et finit par éclater de rire devant les yeux curieux de Varek.
« Pardonne-moi, s'excusa-t-il en essuyant une larme au coin de ses yeux. Je n'en ai jamais vu de pareil ou de ressemblant. Mais si je devais lui donner un nom… »
Il sauta sur sa selle, un Furie sur le point d'exploser d'excitation pour la selle.
« La Mort Rouge ? »
Krokmou bondit. Ses ailes noires battirent furieusement dans le village, si pressé de retrouver l'étendu du ciel et le vent glacial.
Tout comme Harold.
Restée sur le planché des yaks malgré l'impatience de sa monture, Astrid sourit en regardant le jeune homme enchainer les figures les plus incroyables qu'elle n'avait jamais vu.
C'était un bon nom.
Mort Rouge.
Qui voulait tellement dire pour lui.
Il était parti. Ce morceau de lui dont il avait eu si honte.
Mors Rubrum était tombé au même instant que ce dragon qui asservissait les autres.
Harold l'avait tué.
Il était libéré.
Enfin.
Un grognement à ses côtés la fit sourire et elle se tourna vers la Vipère qui ne la lâchait plus désormais.
« Oui ma belle. On y va nous aussi. »
En quelques battements d'ailes, sa dragonne se retrouva à hauteur du Furie Nocturne et son ami qui souriait de toutes ses dents. Un simple regard, et les dragons furent poussés à leur maximum vers le ciel.
Vers le domaine des dieux.
Le domaine des dragons.
Leur domaine désormais.
FIN
Fin... Avant l'épilogue, je le répète.
Alors OUI : il ne perd pas sa jambe. OUI, j'ai fait l'entorse la plus grave possible à Dragons. OUI, je l'assume.
Pourquoi donc : dans cette histoire, Harold n'a jamais tiré sur n'a donc jamais perdu son aileron. D'accord, c'était pour le bien de la fiction mais ça restait plus intéressant pour moi d'en faire un dragon complètement libre. Mais jamais je ne renierai le lien qu'il y a entre les deux. Si Krok' est libre, Harold se devait de l'être aussi. J'ai voulu faire d'Harold un personnage encore plus proche des dragons qu'il ne l'est dans les films à cause de cette histoire plus sombre et plus difficile à vivre. Ce n'est pas simplement qu'il les aime comme le vrai Harold, il leur doit la vie, sa santé mentale, tout ce que vous voulez. Je ne pouvais pas le retenir sur la terre ferme à cause d'autre chose que sa volonté.
Bref, j'ai personnifié mon Harold à mort. Et ouais. Fuck la police.
J'espère que ça vous a plu quand même ^^
Voili voilou, on se retrouve plus tard (je m'occupe de l'épilogue le plus vite possible et j'espère pouvoir le mettre à l'heure la semaine prochaine, croisons les doigts) pour la suite !
Portez vous bien et à la prochaine !
Geek-naval
