Un petit message pour Tiphaine : Je te remercie d'avoir compris que les reviews me tenaient à cœur, je pensais vraiment être condamnée à la solitude Je suis contente que ça t'ai plu, j'espère ne pas te décevoir par la suite (j'essaierai d'être encore inattendue, au moins en ce qui concerne le coupable !) Bisous, bonne continuation sur ce fabuleux site !
Pour les autres, bonne lecture!
"31 décembre 1999 :
Nous sommes sortis. J'ai peine à y croire … Depuis seulement quelques heures et malgré toute la fatigue, je ne veux pas dormir. J'ai peur de revoir en rêve tout ce que nous avons vécu. J'ai peur de voir de nouveau Drago hurler comme un possédé, Blaise pleurer et Narcissa tuer sans remord. Oui, moi, Hermione Granger, réputée pour mon si grand courage, j'ai peur. Alors, pour passer le temps, je vais vous raconter ce qui s'est passé après le jeu. Quelques minutes après être atterris sur l'Allée des Embrumes, des aurors sont venus nous chercher. Ils nous ont tous conduit à Sainte Mangouste, sans un mot, rapidement, comme des ombres. Je ne voyais plus que par taches colorées. Le monde était un arc-en-ciel. Cette constatation m'a frappé. Dans le jeu, il n'existait que deux couleurs : le rouge sang et le noir désespoir. Ici, tout était trop beau. J'avais mal. Mais j'étais debout. Il fallait qu'au moins un d'entre nous soit fort ou nous allions tomber. Il fallait que quelqu'un reste pour relever les autres.
Arrivés à l'hôpital, des médicomages se sont occupés de Drago, Blaise et Narcissa mais j'ai refusé qu'ils m'emmènent. Je voulais témoigner. Il fallait qu'on trouve le malade qui nous avait fait cela. C'est comme ça que je me suis retrouvée en face d'Harry. Il était beau. Le même air torturé qu'avant la bataille finale. La même douceur dans les yeux. J'en avais presque oublié qu'il ne me connaissait pas.
Il m'a posé des questions. Une multitude de questions. J'avais la tête ailleurs. Ses mains. Son sourire encourageant. Ses cheveux indomptables. La cicatrice qu'il ne cherchait plus à dissimuler. Il me manquait. Je répondais, presque automatiquement, sans cesser de le contempler comme s'il était un dieu vivant. Je n'ai jamais été amoureuse d'Harry. Mais il était comme un frère pour moi et son absence est une souffrance. J'ai répondu à toutes les questions. J'ai tout dit. A part que j'avais lancé un sortilège d'oubliettes à une cinquantaine de sorciers. Et à lui en l'occurrence. Un détail mineur après tout. Il souriait, m'invitant d'un geste de la main à continuer mon récit. On aurait dit que rien n'avait changé. Si son regard n'était pas aussi inquiet, on aurait presque pu croire que je n'avais rien vécu d'horrible ces dernières heures. Il était beau.
Quand il a épuisé tout son stock de questions, il m'a dit d'aller voir un médicomage, juste au cas où. Il avait l'air de vraiment s'inquiéter pour moi. Cette idée m'a fait sourire un instant. C'était un rayon de soleil dans ma vie de ténèbres. Il m'a aussi demandé de bien m'occuper des autres. Douce préoccupation … Je suis partie. J'ai quitté Harry en me demandant si nous serions de nouveau amis un jour. Je ne pouvais pas lui rendre la mémoire. Il ne m'aurait pas regardé avec la même douceur …
Les couloirs étaient blancs. Pour un peu, on se serait cru au paradis. Etrange comme idée, non ? L'hôpital et le paradis, rien de plus dissociable en réalité. Le vertige me malmenait mais je voulais avancer malgré tout. Ce n'était pas le moment de flancher. Le médicomage m'a prescrit du sommeil et m'a assuré que je n'avais pas subi de troubles psychiques. S'il savait … Je suis partie. Encore dans ces couloirs si blancs. Je ne voyais personne. Et sans savoir trop par quel miracle, je me suis retrouvée dans leur chambre. C'était blanc aussi. Drago dormait, sûrement grâce à une potion sans rêve, et on aurait dit un ange. Et ce n'était pas une simple métaphore, tout ce blanc ajouté à la blondeur de sa chevelure et à la douceur de ses traits le rendait véritablement angélique. Il avait trop souffert. Il était temps qu'il trouve son petit coin de paradis, même s'il s'agissait en réalité d'un coin d'hôpital. Blaise était prostré dans son lit. En position fœtale, le dos tourné à Narcissa, il pleurait. Il avait perdu cette douce innocence qui le caractérisait auparavant. Il était un martyr mais il s'en remettrait. C'était Blaise. Narcissa hurlait. Je me suis approchée. Le médicomage près d'elle voulait qu'elle passe le restant de ces jours dans cette prison blanche. Elle refusait. Ce n'était pas le bon moment pour lui annoncer cela. Elle ne pourrait pas rester ici. Elle allait mourir de folie et de chagrin. Elle avait besoin de nous. Elle aussi avait perdu un peu d'elle-même dans la bataille. Elle n'avait plus cette tendresse de mère marquée sur son visage. A la place, il y avait de la colère et une profonde incompréhension. Ils voulaient sa mort, c'est sûr.
Je suis sortie. Couloirs blancs à nouveau. Je suis retournée voir le médicomage qui m'avait auscultée. C'était une femme. Du genre doux et rassurant et c'est sûrement pour ça que j'ai osé lui demander. Je voulais ramener Narcissa avec nous. Et étrangement, elle a accepté. Peut-être parce que mes compétences en médicomagie ont été ratifiées par le ministère à la fin de la guerre. Trop de blanc. J'en avais mal aux yeux. Il était temps que cela s'arrête. Je me suis allongée. Le blanc m'envahissait. Trop d'ondes positives après la douleur. C'était trop rapide, ma tête tournait. Mais je ne veux pas m'endormir. La magie doit être mêlée à ce journal. Au moment où j'en ai eu besoin, il est apparu. Blanc, le blanc m'envahit. Mes yeux se ferment. Non ! Je dois veiller sur eux, sinon, qui le fera ?
Trop fatiguée pour écrire encore, Hermione referma son journal et malgré sa lutte insensée contre le sommeil, elle s'endormit presque instantanément. A son réveil, Blaise était près d'elle et la regardait tendrement.
- On va partir. Drago et Narcissa ont déjà été transférés à la maison. Viens.
Hermione se redressa vivement. Des points colorés s'agitaient sous ses yeux. Trop de couleurs, ce n'était pas normal. Elle cligna des yeux plusieurs fois puis sortit de son lit, cette fois avec douceur. Elle toucha du pied le sol froid. On lui avait retiré ses chaussures. Etait-elle endormie depuis longtemps ? Comme s'il avait entendu sa question, Blaise lui répondit.
- Tu as dormi moins d'une heure.
- Et toi ?
- Pas du tout, dit-il en détournant le regard.
La gêne s'installa. Ils se sentaient mal. Sans réellement savoir pourquoi, ils n'osaient pas se regarder. Le silence s'installa à son tour.
- Viens.
- …
- Il est temps.
Hermione attrapa ses chaussures qu'elle mit en toute hâte et suivit Blaise dans le labyrinthe hospitalier. Elle titubait encore un peu. Le sol l'appelait de toutes ses forces mais elle résistait. Voyant son malaise, Blaise ralentit et plaça son bras sous ses aisselles pour la soutenir. Elle le repoussa doucement. Elle était forte, elle y parviendrait seule.
Au milieu du couloir, une vieille bouilloire sifflotait. Le son était doux et mélancolique. Il rappelait à Hermione son enfance. Quand ses parents l'aimaient encore. Quand son père était vivant. Tout cela lui semblait si lointain … Elle tourna la tête vers Blaise qui s'était arrêté et lui sourit tendrement.
Blaise se saisit de la bouilloire et de la main d'Hermione. Le vortex coloré. Ils étaient aspirés. Ils partaient enfin de cet endroit trop blanc, trop peu humain.
- Drago, parle-moi !
Les larmes de Narcissa faisaient peine à voir. La pauvre mère observait avec tristesse son enfant unique muré dans un silence buté. La douleur de son fils lui brisait le cœur.
Drago refusait de la regarder. Il ne voulait plus voir. Il ne voulait plus parler. Il ne voulait plus entendre. Il en avait trop vu, trop entendu.
- Drago !
Les cris de Narcissa déchiraient le silence de l'appartement. La douleur se lisait sur chacun de ses traits. Pour elle, il était là l'enfer : dans le rejet de son fils. Elle ne pouvait pas vivre sans lui. Elle l'aimait trop pour cela.
Lorsque Blaise pénétra dans l'appartement, les supplications de Narcissa le firent sursauter. Que se passait-il ? Le jeu était-il en train de recommencer ? Quelqu'un était-il mort ?
Il courut vers les cris, oubliant toute sa rancune à l'égard de la pauvre femme. Il était bien décidé à la secourir. Hermione sur ses talons, il entra avec précipitation dans la chambre de Drago.
Non, il n'y avait rien. Juste Drago, prostré sur son matelas, secoué de tremblements, le dos tourné à sa mère, celle-ci se trouvant à genoux au pied du lit, en pleurs. Il s'accroupit près d'elle et la serra dans ses bras le plus fort qu'il put. Il mettait dans cette étreinte tout l'amour qu'il pouvait. Il fallait qu'elle comprenne qu'elle n'était pas seule. Ils étaient à quatre et ils resteraient à quatre.
- Narcissa murmura-t-il doucement
Elle s'agrippa à lui comme à une bouée de sauvetage. Le Chat se joignit à eux, se frottant tendrement contre le dos de Narcissa. Hermione, quant à elle, s'approcha de Drago. Elle avait bien compris qu'il ne voulait pas les voir. Alors elle se posta juste derrière lui et se contenta de caresser doucement ses cheveux. Les tremblements se calmèrent peu à peu et la scène apocalyptique se transforma en une scène de tendresse et de réconfort. Silence.
- Vous savez quel jour on est aujourd'hui ? demanda Hermione.
Personne ne lui répondit. Le silence régnait en maitre. Mais ils se tournèrent tous vers elle, même Drago. Quelle importance pouvait bien avoir la date ?
- C'est la Saint Sylvestre.
Elle marqua une pause et les regarda un instant, comme si elle attendait qu'ils réagissent. Ils ne le firent pas.
- Nous devrions fêter la nouvelle année.
Ils ne disaient toujours rien. Pas un geste, pas un murmure. Le silence et l'incompréhension.
- Nous sommes toujours en vie. Alors il faut vivre. Si la vie nous donne une centaine de raisons de pleurer, il faut montrer à la vie que nous avons un milliers de raisons de sourire. Vous êtes avec moi?
Blaise sourit. Cette fille était fabuleuse. Ça, c'était indéniable. En deux minutes top chrono, elle leur avait donné envie de vivre de nouveau. Il était temps pour eux d'avancer. Ensemble.
Bon, je sais, il ne se passe pas grand chose dans ce chapitre mais je ne voulais pas repartir directement après le jeu :)
Bonne semaine à tous!
