Coucou me revoilà ! Non, un miracle ne s'est pas produit. J'ai perdu tout espoir de récupérer la suite de cette fic que j'avais écrite et qui a été mangée par un vilain virus, malgré tous les efforts de Doc Cousin, mon informaticien préféré. Enfin, bon, c'est la vie. Mais quand même, c'est duuuur !

Alors j'ai pris mon courage à deux mains, et réécrit ce chapitre. J'espère qu'il vous plaira ! Concernant la fic que je vous avais postée en attendant, elle sera achevée dès que j'aurai bouclé celle-ci ...


Ces quelques semaines qui précédèrent la visite d'Apollon furent parmi les plus belles de ma vie. Les dieux me sont témoins que ni Anthéa ni moi ne manquames de travail. De l'aube au coucher du soleil, parfois même jusqu'à une heure très avancée de la nuit, nous oeuvrions pour que tout soit parfait jusque dans les moindres détails.

Beaucoup, je le sais, avaient spéculé sur un émoussement de l'enthousiasme d'Anthéa. Tout nouveau, tout beau, disaient-ils dans l'ombre, persuadés que ce zèle ne serait que passager, et que bien vite elle se lasserait. Ceux-là en furent pour leur frais. Avec une application qui frisait l'obsession – je me surpris à penser plus d'une fois qu'elle eût fait un fantastique Grand Pope – elle abattit une montagne de travail qui en eût découragé plus d'un, et fierté masculine oblige, je ne pouvais faire moins qu'elle.

C'est un crève-coeur de penser, a posteriori, que tous ces efforts furent déployés en vain puisque, pour des raisons qui n'avaient de censé et tout de ce que la politique a de plus mesquin et de plus retors, Apollon ne vient à aucun moment à notre secours bien des années plus tard lors de la guerre que déclencha Hadès. Mais ce qu'Anthéa, Apollon et moi avions construit dans la lumière de cette belle journée fut soigneusement, fil après fil, détruit dans l'ombre par des mains industrieuses et couvertes de sang.

Pour l'heure, les esprits étaient ailleurs. Cela faisait quatre jours qu'Apollon et sa suite nous faisaient l'insigne honneur de leur visite, et jusqu'à présent tout s'était passé on ne pouvait mieux. Ce soir était leur dernière soirée au Sanctuaire et une grande fête serait donnée en leur honneur, avant leur départ le lendemain matin.

Anthéa et moi avions convenu de nous retrouver dans l'antichambre de ses appartements afin de nous rendre ensemble à la grande salle du Palais où la fête aurait lieu. En me rendant ici, j'avais croisé Saga, impeccable comme toujours mais un peu tendu. Il était le doyen des chevaliers et ne l'oubliait pas. Aiolos, lui, semblait davantage préoccupé par les belles dames qui accompagnaient Apollon que par les mille et une petites tracasseries du protocole. Il n'y aurait qu'eux deux pour représenter leur ordre à cette réception. Les chevaliers d'or en devenir, trop jeunes et éparpillés dans leurs centres d'entraînement à droite et à gauche de la planète, n'avaient pas été conviés.

D'ordinaire, la dame d'atours d'Anthéa venait s'assurer de quelle couleur serait ma tenue du jour, afin d'harmoniser la sienne. Tous les jours, sauf celui-là : la veille j'avais fait savoir que je laissais à Anthéa l'initiative. C'était sa journée à elle, celle de son triomphe.

En réalité, ce fut notre dernier jour de bonheur.

Tout se déroula magnifiquement bien, pourtant. Les réceptions de l'Olympe n'étaient pas plus parfaites, et Anthéa alliait la sagesse d'Athéna, le charme d'Aphrodite et la dignité d'Héra. Apollon et sa suite nous quittèrent comblés, nous assurant de leur indéfectible soutien au cas où Hadès nous chercherait noise. Belles promesses parties dans le vent, car si le coeur des hommes est peu constant, celui des dieux l'est encore moins.

Après l'effervescence des derniers jours, le silence de mes appartements me parut étrange. Anthéa avait regagné les siens pour se changer et, resté seul, assis sur mon lit, je tentais de remettre un peu d'ordre dans mon esprit. La vie allait reprendre son cours, comme avant, aussi bizarre que cela puisse paraître. Mais par quoi commencer ? Un conseil restreint, avec Saga et Aiolos, afin de décanter les derniers événements, échanger nos impressions et nos points de vue ? Oui, bonne idée.

Avec un soupir, je fermai les yeux et me laissai tomber en arrière, dans le moelleux des oreillers. Un bien-être que je n'avais pas ressenti depuis des années m'envahit.

Anthéa. Toutes mes pensées allaient vers elle, que je le veuille ou non. Ma chère, ma belle, ma précieuse Anthéa.

Pourquoi elle ? Des femmes, j'en avais rencontré des dizaines, des centaines même au cours de ma très longue vie. Je les avais appréciées, à divers degrés il est vrai, mais chacune d'entre elles avait laissé son empreinte en moi. Pourtant aucune ne l'avait fait à ce point. Etait-ce cela, être amoureux ?

Amoureux ? J'étais donc amoureux ? Grands dieux, à mon âge !

J'avais envie d'éclater de rire tant j'étais heureux. Pouvais-je être plus heureux, d'ailleurs ?

- Epouse-moi, Anthéa.

Je m'entendis murmurer cela, dans le silence de ma chambre, et j'en fus presque choqué. Jamais je n'y avais songé auparavant, et cela était venu sur mes lèvres, comme ça, soudain. Et le plus étrange, c'est que je compris dans la seconde que c'était écrit depuis le premier jour de notre relation.

- Ah, on en est là ?, fit une voix sourde au-dessus de moi.

Comme mu par un ressort invisible, je me redressai d'un bond. Kanon se tenait devant moi, visage fermé.

- Que fais-tu ici ?, l'apostrophai-je tant j'étais sur la défensive.

- Vous n'êtes pas content de me voir, on dirait ?

Je serrai les dents. Je détestais toute intrusion dans ma vie privée, mais à sa décharge il fallait bien avouer que Kanon faisait partie de ce que ma vie comptait de plus privé ...

- Quelqu'un pourrait entrer, dis-je d'un ton que je voulais le plus neutre possible. Et personne ne doit te voir ici.

- On me prendrait pour Saga, relativisa Kanon. Mais est-ce pour moi que vous vous inquiétez ? Ou pour vous ? Auriez-vous peur que cela se sache que vous vous envoyez en l'air avec l'un de vos chevaliers ?

- Ne sois pas vulgaire, j'ai horreur de cela !, intimai-je d'une voix cassante.

Je ne m'attendais pas à une telle agressivité de la part de Kanon. Ces derniers temps, nos rencontres s'étaient espacées, nous ne nous voyions plus si souvent au Mont Etoilé et les rares fois où nous nous y retrouvions pour faire l'amour n'avaient plus la fraîcheur des premiers ébats et la sexualité pure avait pris le pas sur la sensualité. J'en avais déduit qu'il se lassait de moi, et cette pensée n'avait pas été pour me déplaire, coincé que j'étais entre ma maîtresse et mon amant.

- Vous avez peur qu'elle me voie, alors ?, ricana-t-il.

- Ne sois pas stupide !, m'écriai-je.

Je regrettai aussitôt mes paroles qui ne faisaient que jeter de l'huile sur le feu, mais il est trop tard.

- Elle est mince comme une plume, mais elle en prend, de la place, fit Kanon d'un ton sombre. Vous l'aimez ?

- Non, répondis-je avec véhémence.

Cette affirmation trop forcée pour être crédible amena un sourire terrible sur les lèvres de Kanon.

- Vous ne l'aimez pas, mais vous voulez l'épouser ...

Que dire après cela ? Il avait raison. Je l'aimais. C'était aussi idiot de ma part de tenter de le cacher à un esprit aussi perspicace que celui de Kanon que d'affirmer qu'il faisait jour en pleine nuit.

- Et moi dans tout ça ?

Une sensation de malaise fondit sur moi. J'avais tout fait pour éviter cette situation et cru, en me soumettant à ses désirs, n'être que la seule victime. Mais c'était éluder que je l'avais trompé, pour ne pas lui faire de mal. Car si je ne l'aimais pas comme j'aimais Anthéa, je ne le détestais pas non plus, et refusais de le voir souffrir plus encore que cette situation cruelle que le destin lui avait assignée ne l'exigeait. Pourtant, ce faisant, nous en étions arrivés au même point : je l'avais blessé.

- Tu comptes pour moi, Kanon.

- Vraiment ?

Il avait l'air d'un petit garçon au bord des larmes, malgré son aspect viril presque agressif.

- Oui.

Je ne mentais pas. Je n'avais jamais eu l'intention de lui mentir, juste de lui dissimuler une vérité qui ne pouvait que le blesser.

- Mais pas comme elle.

Cette fois, j'étais au pied du mur. Je ne pouvais plus avancer dans cette aventure périlleuse qui ne pouvait faire que des victimes. Le moment était venu de clarifier les choses, ce que j'aurais dû faire depuis longtemps si j'en avais eu l'intelligence et surtout le courage. Ce qui m'en donnait, c'est que Kanon avait prononcé cette dernière phrase non comme une question, mais comme une constatation. la moitié du travail était donc faite.

- Non, pas comme elle.

Je m'attendais à tout : une explosion de colère du bouillant Gémeau, du mépris, une capitulation peut-être. Mais pas à ce qui suivit.

Avant que j'aie pu comprendre ce qui se passait, Kanon avait fondu sur moi et m'avait plaqué sur le lit.

Et quand Anthéa revint une heure plus tard, elle trouva porte close.

A suivre

Bon, nous revoilà dans le bain. Je ne pensais pas avoir autant de mal à réécrire cette scène, car j'ai fait des changements par rapport à mon premier jet ( peut-être Est-ce mieux ainsi ? ) et j'ai eu peur de m'embrouiller pour le coup !

Pitié, envoyez-moi des reviews, sinon je vais douter ! et y'a rien de pire que le doute !