Disclamer : les persos ne sont pas à moi, hormis le petit bout de chou mi-homme mi-fennec…(faudra d'ailleurs que je lui trouve un nom…)

Genre : yaoi !!

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Chapitre : Un retour difficile

La voiture arriva en trombe à la planque qu'ils occupaient tous deux pour leur mission et Wufei descendit rapidement pour sortir Quatre.

L'enfant dans ses bras lui lança un regard noir et fit semblant de lui montrer les crocs quand le chinois s'avança pour récupérer l'arabe.

- Mais arrête imbécile, je veux juste l'aider ! s'exclama furieusement le chinois.

Il avait autre chose à faire que de gérer la crise d'un enfant qui à première vue avait tout d'un animal sauvage. Il tendit la main et l'enfant gronda sourdement.

Wufei jeta un coup d'œil à l'arabe : il était vraiment dans un sale état, ce n'était pas le moment de s'attarder.

Il avança alors sans peur et prit son coéquipier dans ses bras. L'enfant bondit aussitôt sur lui et mordit son avant-bras, ce qui arracha un petit cri au pilote.

- Espèce de taré, je veux l'aider ! L'aider !!

Il secoua son bras, ce qui fit lâcher prise à l'enfant, et sortit enfin Quatre de la voiture. Il ouvrit avec difficulté la porte de la planque, maudissant le gamin au passage et s'engouffra à l'intérieur sans refermer complètement la porte.

L'enfant l'avait regardé emmener son nouvel ami, impuissant, la peur au fond du regard. La seule fois où l'on avait emmené son ami loin de lui, il lui était revenu en piteux état, aussi avait-il raison de craindre ce nouvel enlèvement.

Lorsque l'homme aux yeux bridés eut disparu derrière la porte, le gamin sauta hors de la voiture et le suivit le plus silencieusement possible, en marchant sur la pointe des pieds. Il poussa doucement la porte, reniflant toutes les odeurs qui se dégageaient de l'intérieur, s'assurant qu'il n'y avait aucun danger malgré la nouveauté de l'endroit. Il sentit l'odeur très forte de son ami blond, celle du sang frais, et celle de l'homme aux yeux bridés qui venaient de passer. Derrière ces odeurs fortes car nouvelles, l'enfant pu sentir plusieurs autres odeurs qui venaient s'y coller, des odeurs anciennes qui se dégageaient de toute la maison. Cela sentait la nourriture, les produits ménagers, la poussière… C'était étrange mais pas agressif aussi se permit-il d'entrer doucement à l'intérieur, poussé par la curiosité et par l'envie de savoir où était passé son ami blond. Il se faisait beaucoup de souci pour lui mais bizarrement, même si l'homme aux yeux bridés criait fort, il ne semblait pas méchant, aussi y avait-il un petit espoir qu'il n'arrive rien de fâcheux à son nouvel ami.

L'endroit semblait attrayant, beaucoup de choses nouvelles et inconnues lui sautèrent aux yeux, mais sans doute un peu effrayé par toute cette nouveauté, l'enfant se précipita vers les escaliers le plus silencieusement possible et grimpa à l'étage. Il suivait l'odeur du sang, très forte. C'était métallique, désagréable, mais il savait qu'au bout il trouverait son ami.

Il s'arrêta devant une porte entrouverte : le blond était derrière, il en était sûr. Seulement, l'homme aux yeux bridés était avec lui et il préféra guetter avant d'entrer.

Ce dernier jurait : il avait déposé Quatre sur le lit, enlever son dessus et essayait de canaliser l'hémorragie tout en lui donnant les premiers soins. La blessure était sérieuse et lui faisait peur, d'autant plus qu'un début d'infection l'avait gagné. Ce n'était pas très beau à voir, et Wufei s'inquiétait énormément, peu sûr de réussir à guérir son ami seul.

Il nettoya avec un soin extrême la blessure de Quatre, veillant à ne pas le faire souffrir davantage, le força à avaler des calmants qu'il avait trouvé dans la pharmacie de secours, et il banda très doucement la plaie, tout en récitant, la voix tremblante :

- Ça va aller Quatre… Il faut tenir…

Quelque temps plus tard, une fois Quatre soigneusement bandé, Wufei s'empara de son portable et composa le numéro de ses amis restés dans une autre planque.

Il tomba rapidement sur Duo :

- Allô ?… Wufei, Maxwell, je m'appelle Wufei !!! Ecoute, c'est pas le moment de blaguer, je… Non, justement, Quatre ne va pas bien du tout ! Passe-moi Heero s'il te plaît.

Quand il eut enfin le japonais à l'autre bout du fil, Wufei lui expliqua brièvement la situation.

- Il faut que je ramène Quatre très vite, sa blessure m'inquiète… Sans parler de la torture qu'il a subi…

- Je crois que ça va être très difficile, expliqua le japonais, très gêné. OZ est partout en ce moment, et heureusement que j'ai protégé cette ligne, sans quoi ils seraient à votre porte d'ici quelques minutes… Trowa n'a pas pu sortir hier tellement la situation est tendue…

- Mais Heero, je ne peux pas laisser Quatre mourir ici !!

- Mais si vous sortez, c'est la mort assurée pour vous deux. Un jeune garçon avec un blessé sur les bras, ça ne passe pas inaperçu ! Il faut que tu t'occupes de Quatre, le temps que la situation se calme et que je vous donne le feu vert pour rentrer… Je suis désolé Wufei…

- Pas autant que moi ! gronda le chinois en raccrochant rapidement.

Il lança un regard inquiet à Quatre, qui dormait à présent, la respiration toujours aussi laborieuse.

- Comment je vais faire…. ?

Il avait fait les premiers soins, et espérait que Quatre n'aurait pas besoin de plus, auquel cas il ne pourrait guère l'aider.

Il s'assit à ses côtés sur les draps et le regarda, les yeux soudain perdus dans de sombres pensées…

- Je suis désolé Quatre…

Il prit doucement sa main dans la sienne, appréciant le contact doux de sa peau.

- Si tu savais comme je m'en veux… Tu es la dernière personne au monde que j'aurai voulu voir dans cette cellule…

De son côté, l'enfant n'avait rien perdu de la scène et ses petites oreilles se levèrent devant le changement de ton du chinois. L'homme semblait plus calme, moins agité par cette colère qui l'avait effrayé au début et timidement, il se risqua à entrer dans la pièce.

A pas de velours, il se glissa jusqu'au lit, prenant garde toutefois à ne pas trop se faire voir du chinois, et il contourna le matelas pour venir s'asseoir sur ses fesses, au pied même du lit où reposait Quatre.

Ses oreilles étaient dressées, guettant le moindre bruit. Elles bougèrent en entendant le chinois soupirer et se lever.

Aussitôt que l'homme fut sorti de la pièce, l'enfant grimpa comme il le pu dans le lit, s'accrochant de ses petites mains aux draps que le corps du blond retenait, se démenant comme un beau diable et il réussit enfin à monter aux côtés de son ami.

Il pencha légèrement la tête de côté, observant le blond qui dormait, abruti par la fièvre et les calmants, sa peau trop pâle et ses traits trop tirés.

Quelque chose n'allait pas, l'enfant le sentait bien. Son instinct lui criait que son ami n'allait pas bien.

Doucement il posa sa petite main sur l'épaule du jeune homme et le secoua, cherchant à le faire revenir à lui, mais il n'y eut aucune réaction de la part du blond. Terriblement inquiet de l'immobilité de son nouvel ami, l'enfant émit un petit couinement plaintif avant de prendre la main de Quatre dans les siennes, la serrant doucement en lui lançant un regard inquiet.

Il ne voulait pas perdre son ami. Il ne le connaissait pas beaucoup mais il était le seul à ne pas l'avoir frappé en le voyant, le seul à ne pas lui crier dessus. Il s'était montré gentil et aux yeux de l'enfant, il avait tous les droits de porter le titre d'ami.

C'est à ce moment-là que Wufei revint, une petite bassine remplie d'eau dans les mains et une autre trousse de soin pendue à son bras.

- Toi !! s'exclama-t-il en apercevant le gosse.

L'enfant sursauta et il tenta de nouveau de montrer les crocs à cet homme qui ne cessait de hurler sur lui, ses petites mains tremblant sur celle de Quatre. Il voulait protéger son ami mais l'homme aux yeux bridés l'effrayait et quand Wufei se rapprocha du lit, l'enfant apeuré sauta hors du lit et courut se réfugier contre l'armoire de la chambre, dans un petit coin où il se recroquevilla en tremblant.

Le chinois haussa les sourcils, étonné de ses réactions dignes d'un enfant sauvage et il le scruta, vraiment intrigué par cet enfant qui ne réagissait pas du tout comme il l'espérait.

Il soupira en levant les yeux au ciel et finit par déclarer plus calmement :

- Allez, je vais pas te faire de mal… Tu peux venir…

Mais le petit corps tremblant refusa de bouger, si bien que le chinois finit par hausser les épaules en maugréant.

Puis il se détourna de l'enfant et reporta toute son attention sur Quatre. Lentement, avec une douceur surprenante, il prit plusieurs serviettes et les trempa dans l'eau, avant de les éponger pour ensuite nettoyer les plaies moins importantes de Quatre.

Pour certaines blessures trop importantes, il prit un peu d'alcool et s'appliqua à les désinfecter avec une délicatesse extrême, essayant de ne pas trop faire souffrir le blondinet qui de toute façon était beaucoup trop abruti par son état pour remarquer quoi que ce soit.

- Ca va aller Quatre, je te le jure. Il faut juste que tu tiennes un peu d'accord ?

Rarement le chinois se montrait aussi prévenant envers quelqu'un, mais voilà, Quatre n'était pas n'importe qui… C'était un de ses coéquipiers, c'était un ami… C'était une personne auquel il tenait beaucoup. La seule peut-être pour laquelle il aurait donné sa vie pour que cela n'arrive pas… Le seul qu'il arrivait à regarder depuis Meiran.

Il n'avait jamais osé avouer ce qu'il ressentait pour Quatre, pas même à lui-même. C'était trop dur, trop difficile de faire plier cet orgueil incommensurable qu'il avait dans le cœur.

Mais maintenant, il en venait presque à le regretter. Parce que Quatre avait frôlé de si prés la mort durant ces deux jours qu'il avait passé dans les geôles d'Oz. Wufei en frissonna : s'il avait trop attendu, il n'aurait retrouvé qu'un cadavre.

Et c'est souvent dans ces moments-là qu'on se rend compte qu'il faut parfois dire certaines choses avant qu'il n'y ait plus personne pour les entendre. Avant que l'unique personne qui soit réellement concerné ne puisse plus ouvrir les yeux et le regarder en face pendant qu'il lui avouait ce qui lui pesait sur le cœur…

Le chinois soupira et continua sa tâche, lavant ainsi soigneusement le corps torturé du blond. Il serra souvent les dents, furieux de voir avec quel acharnement Oz traitait ses prisonniers. Quatre avait dû passer de très mauvais quart d'heure entre leurs mains…

Wufei se maudit de n'avoir fait exploser qu'une partie de la base : il aurait dû faire sauter la base entière, avec tous ces salauds qui avaient osé toucher Quatre !

La nuit s'écoula lentement, très lentement, alors que dans son coin, la petite forme recroquevillée s'était doucement assoupie, vaincue par la fatigue et la peur…

A suivre…