Disclamer : les persos ne sont pas à moi, hormis le petit bout de chou mi-homme mi-fennec…
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Genre : yaoi !!
Merci pour toutes vos reviews, cela me fait chaud au cœur !
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Apprivoise-moi
Chapitre : Petit-déjeuner
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Wufei finit de bander les dernières plaies, trop importantes pour être laissées à l'air libre et passa son bras sur son front dans un geste de lassitude. Le pauvre Quatre n'avait plus une parcelle de peau qui ne soit pas blessée ou griffée, même si Wufei avait fait son possible pour lui épargner toute souffrance.
Il jeta un œil inquiet sur son ami et soupira avant de se relever pour aller ranger la trousse de soin un peu plus loin.
C'est en se levant qu'il aperçut la petite forme recroquevillée dans son coin, tremblant toujours un peu, mais cette fois-ci de froid. Le gamin s'était endormi, roulé en boule dos à l'armoire, et le bruit très doux de sa respiration régulière arracha un soupir au chinois.
Ce dernier s'empara d'une petite couverture et s'approcha avant de la laisser tomber doucement sur le petit corps allongé par terre, le recouvrant et lui apportant un peu de chaleur. Probablement épuisé, l'enfant ne se réveilla même pas et continua à dormir paisiblement, ses tremblements se calmant doucement.
Wufei eut malgré lui un petit sourire attendri, même s'il ne cessait de se demander pourquoi Winner avait tellement tenu à ramener ce gamin ici. Certes le laisser chez Oz n'aurait pas été sympa de leur part, mais maintenant, qu'allaient-ils en faire ?
Parce qu'à première vue, le gamin ne serait jamais accepté dans un quelconque orphelinat : sans parler de Oz qui le retrouverait aussitôt, il y avait trois petits éléments gênants dans l'histoire… Une queue et deux oreilles. Certes adorables, mais quand même gênantes.
D'ailleurs le chinois avait été impressionné la première fois qu'il avait aperçu le gamin mais maintenant il ne lui faisait aucun doute qu'il s'agissait sans doute d'une expérience d'Oz qui n'avait peut-être pas donné de résultats satisfaisants et qu'ils avaient oublié dans une cellule en attendant probablement de voir combien de temps le gamin tiendrait sans mourir de faim…
Pitoyable et rien que l'idée fit frémit le chinois qui rapporta la trousse de soin jusque dans la salle de bain, en espérant ne pas avoir à la ressortir de sitôt.
Il retourna ensuite s'asseoir aux côtés de Quatre et finit bientôt par s'endormir, vaincu par la fatigue…
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Lorsque le chinois se réveilla, il s'étira énergiquement sur son fauteuil et ouvrit doucement les yeux, un par un, avec une paresse étonnante de sa part. Il posa aussitôt un regard inquiet sur Quatre, dont le teint pâle et les traits fatigués reflétaient la nuit agitée qu'il avait dû passer. Il posa sa main sur son front légèrement humide et soupira : la fièvre avait un peu diminué… Il semblait se rétablir tout doucement…
Un léger bruit attira son attention et Wufei tourna son regard vers l'armoire. Une petite bouille curieuse le regardait attentivement, suivant le moindre de ses gestes comme si le chinois était un dieu. Ses oreilles étaient fièrement dressées sur sa petite tête, immobiles, attentives elles aussi au moindre bruit dans la pièce.
Le petit air sérieux du gamin fit secouer la tête à Wufei qui se releva aussitôt et sortit de la pièce, toujours sous le regard curieux de l'enfant.
Il n'eut pas longtemps à attendre, et pendant ce temps, le gamin ne bougea pas : il s'était réveillé dans un endroit qu'il ne connaissait pas vraiment, très différente de sa cellule habituelle et dont les odeurs l'avaient pendant un court instant déstabilisé. Mais celle de son ami avait survolé le reste et le gamin s'était un peu calmé en se souvenant de la veille.
C'était la première fois qu'il quittait sa cellule et ce réveil un peu troublant l'avait laissé perplexe. Il n'avait pas osé aller rejoindre son ami car l'homme aux yeux bridés était toujours là et même s'il se montrait gentil avec le blond, il n'avait pas l'air d'apprécier sa présence à lui, aussi le gamin préféra-t-il ne pas bouger et rester à sa place, dans cette étrange petite chose qui lui apportait tant de chaleur.
Il avait un peu bougé sous la couverture, s'était roulé à l'intérieur, s'amusant comme un petit fou avec ce bout carré de douceur et de chaleur, jusqu'au moment où le chinois s'était réveillé. Inquiet, il avait suivi le moindre de ses mouvements et maintenant qu'il était sorti, le gamin préféra attendre, devinant qu'il ne tarderait pas à revenir.
Mais Wufei ne revint pas seul. Une étrange odeur l'accompagnait, agréablement distillée dans l'atmosphère par les croissants qu'il avait ramené sur un petit plateau, accompagnés d'une grande tasse de thé fumante et d'un verre d'eau.
Le petit, attiré par l'odeur très alléchante, surtout pour lui qui n'avait rien mangé depuis plusieurs jours, releva ses oreilles et fixa Wufei sans bouger, soudain encore plus curieux et attentif.
Le chinois posa le plateau sur la table de chevet et fit d'abord boire un peu Quatre en lui soulevant la tête doucement. L'arabe avala difficilement quelques gorgées et replongea aussitôt dans l'inconscience sous le regard inquiet de son ami.
Puis Wufei attrapa un croissant et le mit bien en évidence pour le môme, devinant que l'enfant devait avoir faim et cherchant à l'attirer prés de lui. Il lui montra la pâtisserie, se faisant tentant :
- Allez viens, je ne vais pas te faire de mal, je te le promet ! Tu n'as pas faim ?
Il secoua le croissant et quand il vit que les yeux intéressés du gamin suivaient le mouvement, il eu un petit sourire et se pencha vers le sol, amenant le croissant à la hauteur du petit.
C'était vraiment étrange de réagir ainsi, mais depuis le début, le gamin lui donnait l'impression d'être un animal sauvage et il réagissait en tant que tel. Et visiblement la méthode fonctionnait car il vit la petite bouille s'animer et l'enfant sortit finalement de son petit nid douillet pour s'avancer à pas très prudents jusqu'à Wufei, gardant toutefois une distance de sécurité, prêt à courir jusqu'à la couverture au moindre mouvement suspect.
Il s'arrêta à quelques pas que le chinois aurait pu franchir facilement, mais il préféra rester sagement assis, attendant que l'enfant fasse de lui-même le premier pas.
Le gamin leva les oreilles, guettant avec une crainte discrète les réactions du chinois et comme ce dernier ne bougeait pas, il s'avança en tendant sa petite main vers le croissant qui dégageait une odeur irrésistible, baissant les oreilles au fur et à mesure qu'il se rapprochait, s'aplatissant comme un fauve à la chasse.
Mais dés que sa petite main se posa sur le croissant, il le tira d'un geste vif et trottina allégrement jusqu'à sa petite couverture avant de s'y réfugier comme derrière une barricade et il jeta un coup d'œil au chinois qui secouait la tête, se demandant décidément quelle étrange créature ils avaient bien pu ramener, mais malgré tout un peu amusé par la situation.
Puis il but tranquillement sa tasse de thé, veillant sur Quatre, alors que le gamin se mettait à mordre énergiquement dans son croissant, écarquillant les yeux devant tant de délice ! Lui qui ne connaissait que le pain rassis que les soldats lui jetaient parfois était aux anges ! Jamais il n'avait rien goûté d'aussi bon…
Il mordit dedans à pleines dent, poussant parfois des petits grognements quand le croissant opposait un peu de résistance mais il finit par en venir à bout, remplissant de miettes sa petite couvertures et se roulant dedans alors qu'il achevait le croissant par un dernier coup de croc.
Il se redressa soudain dans sa couverture, ce petit nid adapté à sa taille et regarda avec attention le chinois, ses oreilles bougeant au gré d'un rythme connu de lui seul.
Wufei finit par se rendre compte de cette observation et tourna un visage contrarié vers le gamin.
- Quoi ?
Les oreilles bougèrent légèrement alors que les yeux du gamin étaient concentrés sur le petit sac blanc qui contenait les autres croissants et le chinois comprit aussitôt l'intérêt du gosse.
Il prit un croissant dans sa main et aussitôt le regard de l'enfant se fit plus acéré.
- Tu aimes ?
Evidemment il n'eut aucune réponse, et plus le temps passait plus il lui paraissant évident que l'enfant ne savait pas parler, ou bien n'en était pas capable, mais il se contenta de lever le croissant à sa hauteur, se repérant sur les mouvements des petites oreilles blanches, particulièrement nerveuses.
Il secoua un peu le croissant, faisant saliver le môme qui finalement, au bout de plusieurs minutes de confrontation, sortit de sa couverture et reprit son chemin vers le chinois, à pas de loup. Il s'arrêta au pied du lit, observant Wufei avec toujours un peu de crainte.
Quelques minutes passèrent, durant lesquelles tous deux restèrent immobiles, Wufei testant l'enfant et ce dernier attendant un quelconque signe pour agir. D'autant plus que le croissant, à hauteur du visage du chinois, était beaucoup trop haut pour lui : il ne pourrait jamais l'attraper comme ça… Et l'homme aux yeux bridés ne semblait pas décidé à l'abaisser comme la première fois.
Alors, prenant sur lui pour avoir cette proie si appétissante, il fit un nouveau pas et tendit naïvement sa main vers Wufei, ou plus exactement le croissant, ses petits yeux fermement décidés et un peu suppliants.
Le chinois observa la petite main tendue avec courage vers lui et sourit : le petit n'avait pas peur ou du moins il apprenait à la combattre et cela lui plaisait. Et puis il était également un incroyable gourmand au ventre affamé. Cependant, à voir son extrême maigreur, il en avait bien le droit et vaincu par les petits yeux suppliants et la main tendue, paume face au ciel comme si elle exigeait un dû, le chinois se baissa lentement et vint déposer le croissant dans la petite paume quémandeuse.
Les yeux du gamin s'écarquillèrent, se remplissant de joie et il attrapa le croissant à deux mains avant de retourner rapidement jusqu'à sa couverture, tournant aussitôt le dos à l'homme aux yeux bridés.
Wufei venait sans le savoir de gagner un titre honorable aux yeux de l'enfant : non seulement il soignait son ami blond mais en plus, il lui donnait sans rien demander en retour ces choses délicieuses… Certes il criait un peu trop fort et semblait toujours en colère, mais la nourriture qu'il dispensait était bien trop bonne pour que l'enfant ne passe pas au-dessus de ces choses-là.
Il mordit dans son croissant avec plaisir et le chinois ne pu retenir un petit sourire en le voyant aussi dégourdi. L'enfant lui rappelait un peu Duo dans ses manières, et un peu Heero dans sa sauvagerie naturelle. Et son silence lui faisait penser à Trowa…
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A suivre…
