Si Trowa avait littéralement craqué sur le couple adorable que formaient Wufei et Gahou, il n'était pas le seul à être tombé sous le charme

Disclamer : les personnages ne sont pas à moi, hormis le petit bout de chou.

Note : j'espère que ce chapitre vous plaira, en tout cas j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire !

Bonne lecture !

Apprivoise-moi

Chapitre 12 : Apprivoiser Heero.

Si Trowa avait littéralement craqué sur le couple adorable que formaient Wufei et Gahou, il n'était pas le seul à être tombé sous le charme. A en juger les yeux envieux que lançait Duo en direction des deux garçons, on devinait qu'il mourrait d'envie de participer à leurs éclats de rire… sans oser le faire. Depuis le début, Gahou éprouvait une telle crainte vis-à-vis de lui qu'il n'avait aucunement l'intention de le faire fuir en tentant quoi que ce soit. Même si cela le démangeait !!

Après avoir avalé goulument trois croissants à lui tout seul, Gahou, debout sur les jambes de Wufei, s'était fait un plaisir de jouer avec lui. Le petit chinois n'était pas facile à apprivoiser, et nul doute qu'avec n'importe qui d'autre, il aurait purement refusé de se donner en spectacle ainsi devant les autres… Mais face à Gahou…

L'adorable gamin avait désormais le coup pour faire fondre l'asiatique : un petit regard de chiot éploré, des lèvres tremblantes et des petites mains qui s'agrippaient à sa chemise dans l'espoir fou qu'il cède enfin… et le chinois était fait comme un rat ! Incapable de dire non, de s'opposer à ce petit être pas plus haut que trois pommes mais déjà sûr de lui et de ce qu'il voulait, il avait fini par craquer et devant l'enthousiasme du gamin, il s'était mis en tête de lui apprendre le jeu du ciseau-papier-pierre. Mais Gahou avait visiblement quelques difficulté à comprendre toutes les règles et comme il s'obstinait à proposer toujours papier, le chinois prenait un malin plaisir à le faire hurler de rire dés que ses propres doigts en forme de ciseau découpaient la petite main de Gahou. L'enfant s'amusait comme un petit fou et le chinois avait fini par être gagné à son tour par son hilarité, si bien qu'ils offraient un spectacle comme on en voyait peu. Même Heero avait eu du mal à reconnaître leur Wufei habituel sous les traits de ce garçon souriant, lorsqu'il était venu prendre son petit déjeuner. Il avait lancé un regard curieux vers Trowa qui les regardait en souriant, et était venu s'asseoir à ses côtés. Sa main s'était faufilé sous la table pour s'emparer de celle du brun et depuis ils n'avaient pas bougé, savourant tranquillement leur petit déjeuner.

Même Duo avait été surpris et même s'il n'était pas vraiment réveillé, il avait failli lancer une de ses piques habituelles au chinois, prêt à courir dés le matin. Mais alors qu'il ouvrait la bouche, deux regards chargés à mort l'avaient littéralement fusillé, et devant les menaces plus qu'explicites d'Heero et de Trowa, qui ne tenaient absolument pas à ce que l'on dérange leur petit spectacle privé, le natté avait sagement refermé la bouche et était venu s'asseoir sans rien dire, attrapant un bol en ronchonnant tout de même pour marquer son opposition à ce traitement de faveur si soudain.

Mais quand il avait entendu le rire de Gahou s'élever dans la cuisine, il avait aussitôt compris leur manège et s'était intéressé au jeu. Plusieurs sourires lui avaient échappé par la suite et il coulait des regards envieux au chinois.

Si on leur avait dit un jour que Wufei se lâcherait ainsi devant eux, jouant avec un gosse aussi librement et sans préjugés, ils n'auraient jamais voulu le croire. Connaissant leur petit dragon d'habitude si sage et si réservé, c'était vraiment étonnant de sa part.

Mais sans doute Wufei avait-il besoin de cela pour décompresser lui aussi. Gahou lui offrait ce que personne n'aurait pu lui donner : un petit peu d'innocence libre, sans remords et sans idées préconçues. Ils redevenaient tous deux des enfants jouant librement, loin de cette guerre atroce qui ne les avait pas épargné. Et cela leur faisait un bien fou.

Leur petit jeu aurait pu durer longtemps si une petite voix faible ne s'était pas faite entendre tout d'un coup, cessant aussitôt tout rire et tout geste joueur :

- Je vois qu'on s'amuse bien ici…

Wufei se retourna aussitôt et ses yeux s'écarquillèrent quand ils virent Quatre qui tentait de rester debout dans l'embrasure de la porte. Son visage pâle et ses traits fatigués trahissaient son état et le chinois réagit promptement. Déposant Gahou à terre avec délicatesse, il se releva aussitôt pour aller aider Quatre, posant sur lui un regard sévère.

- Tu n'aurais pas dû te lever Quatre !! gronda-t-il sans méchanceté, mais avec l'autorité qu'ont tous les gens un peu trop protecteurs.

Les trois g-boy remarquèrent vite que le chinois avait utilisé le prénom du blondinet, et au regard qu'ils se lancèrent, n'importe qui aurait compris qu'ils savaient depuis longtemps les sentiments que Wufei avait mis tant de temps à découvrir. Et à la joie qu'on lisait dans leurs yeux, c'était visiblement une bonne nouvelle, si bien qu'elle dérida enfin Duo, qui s'empressa de s'exclamer :

- Ma parole, t'es devenue une vraie mère-poule Wuwu !!

Le chinois, qui aidait Quatre à s'asseoir, releva un regard noir vers le natté et grinça :

- C'est Wufei Maxwell ! A croire que tu es trop bête pour t'en rappeler !

- Et toi, tu deviens trop gâteux Fei pour oublier que j'adoooore te taquiner !!

Les joues du chinois s'empourprèrent et il faillit se jeter sur le natté si le blond n'avait pas soudain demandé de boire quelque chose. Toute sa colère retomba aussitôt et il attrapa la théière ainsi qu'une tasse qu'il rempli pratiquement à ras-bord avant de la déposer devant Quatre. Il s'assit à ses côtés et resta sagement assis ainsi, tout en fusillant allègrement Duo du regard, et lui promettant mille tortures…

Le natté se contenta de lui tirer la langue et attrapa un bout de pain qu'il tartina de nutella, avant de se tourner vers le gamin qui était resté à terre et qui levait un regard heureux vers Quatre, apparemment joyeux de le voir être réveillé et en meilleure forme.

- Tiens Gahou, je suis sûr que tu n'as jamais rien mangé d'aussi bon ! dit-il avec un grand sourire.

Cependant, le gamin tourna à peine la tête vers lui et observa d'un air morgue le bout de pain qu'il lui tendait. Il eut une petite moue et finalement trottina de l'autre côté de la chaise de Quatre, comme pour s'éloigner le plus possible de Duo qui prit un air mortifié.

Devant la réaction craintive de Gahou, Wufei ne pu s'empêcher de s'esclaffer, prenant enfin sa revanche après des mois à entendre son prénom être écorché par le natté :

- Tiens donc Maxwell, on fait peur aux enfants ?

Duo se reprit aussitôt et eut une petite moue dédaigneuse avant de rétorquer, comme s'il ne s'était rien passé :

- Que veux-tu Feifei, tout le monde n'a pas ton savoir-faire !

S'il n'en avait tenu qu'à lui, Wufei lui aurait déjà fait rabattre son caquet, mais la main de Quatre qui se posa sur la sienne l'en dissuada et il resta sagement à sa place, fulminant de loin contre le natté qui s'éclipsa aussitôt dans une pirouette toute maxwellienne.

- Bon allez, je vous laisse roucouler ensemble !

Si le chinois rougit brusquement, Quatre lui adressa un sourire ravi et se tourna ensuite vers son chinois préféré, prenant la place de Gahou dans l'attention de Wufei et réclamant alors son petit-déjeuner. Le chinois craqua rapidement et se dépêcha de le servir, sous les regards plus qu'amusés et étonnés de Trowa et Heero.

Qui leur avait changé leur chinois durant cette mission ? Parce que Wufei… n'était tout simplement plus Wufei !!

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Quatre avait fini par remonter, accompagné de Wufei, de plus en plus surprotecteur vis-à-vis de lui : et vu les récriminations du chinois, le blondinet avait intérêt à rester au lit pour les cent prochaines années !

Il est vrai qu'il était fatigué et qu'il prenait dans ses maigres forces pour rester un peu avec eux, et le chinois avait décidé de remédier à cela. Il savait que rester en bas fatiguerait Quatre, aussi s'était-il (gentiment) proposé pour rester à ses côtés dans sa chambre.

Personne n'avait rien objecté : vu les regards amoureux qu'il coulait vers le blond, il ne faisait aucun doute que Quatre ne pourrait trouver meilleure infirmière, et même Duo s'était fait une joie de le clamer haut et fort, ce qui avait considérablement fait rougir Wufei… A son plus grand dam !

Et dans ce mouvement qui s'opéra, on oublia un peu Gahou qui était parti se réfugier sur le canapé. Sa principale occupation résidant dans le fait de 'faire la peau' au coussin imprudent qui avait élu domicile là, on avait jugé qu'on ne risquait rien à le laisser là quelques instants, le temps que Wufei aille recoucher Quatre et prenne soin de lui.

Trowa avait quelques réparations à faire sur son gundam et s'était éclipsé rapidement, et Duo, le seul qui avait envie de jouer au baby-sitter, et malheureusement le seul que Gahou ne semblait pas encore accepter, s'était fait une raison et était remonté dans sa chambre, avec un soupir à fendre l'âme.

Il n'était bientôt resté qu'Heero, tranquillement assis à table, son laptop devant lui. Gahou était vraiment silencieux, il avait jugé qu'il ne serait pas un obstacle ni une gêne pour son travail, aussi 'cohabitaient-ils' en toute sérénité pour l'instant, chacun restant sagement à sa place, le japonais se permettant de jeter de temps en temps des coups d'œil pour juger de la défaite future du coussin… Coups d'œil qui s'espacèrent de plus en plus jusqu'à devenir nuls.

Ils écrivait tranquillement son rapport, quand son laptop glissa soudain sur la table, et le japonais s'en saisit avec force avant de froncer les sourcils et de baisser les yeux vers… l'impudent qui osait toucher à son laptop chéri… Deuxième dans son cœur après Trowa évidemment.

Gahou levait des yeux innocents vers lui, un petit sourire sur les lèvres et le fil du laptop dans sa main. Sans doute trouvait-il cette pêche 'miraculeuse' très amusante car il tira de nouveau sur le fil électrique, au grand dam d'Heero qui contrecarra rapidement l'offensive en se saisissant du jeune fou sous les aisselles, pour le ramener sur le canapé d'où il n'aurait jamais dû partir.

Gahou en lâcha le fil et amusé par ce soudain déplacement, il éclata de rire et se cramponna à Heero, qui eut tout le mal du monde à le faire lâcher prise quand il le redéposa sur le canapé.

- Tu restes ici Gahou, et tu ne bouges pas.

Puis, sur un signe de tête satisfait, toute menace étant temporairement écartée, le soldat parfait retourna à son laptop chéri… Oubliant toutes les bases élémentaires d'une bonne éducation enfantine. Pensant à tort qu'il pourrait se contenter de cela.

Aussi cela ne fut-il absolument pas étonnant de voir une seconde fois le laptop glisser sur la table, alors que le rire amusé de Gahou résonnait prés de lui. Le japonais rattrapa son engin adoré de justesse cette fois-ci et baissa vers le garnement un regard lourd de sous-entendus féroces, auxquels visiblement Gahou n'était absolument pas sensible vu l'acharnement qu'il mettait à tirer sur le fil, souriant de plus belle alors qu'il avait désormais toute l'attention du soldat parfait.

Heero souleva une nouvelle fois le gamin et le ramena sur le canapé, avant de le sermonner un peu plus rudement, espérant lui faire entrer les rudiments du respect militaire dans sa petite tête.

- Tu restes ICI Gahou !! On obéit aux ordres !

Le gamin rentra un peu sa tête dans ses épaules et eut une petite moue réprobatrice, qu'Heero prit une nouvelle fois à tort comme un bon signe.

Il retourna sur son laptop… pour quelques minutes supplémentaires, avant que l'appareil ne glisse de nouveau sur la table.

Cette fois-ci, le japonais réagit plus rudement encore et il attrapa vigoureusement le gamin pour le ramener sur le canapé en le grondant sérieusement :

- GAHOU CA SUFFIT !!

L'enfant roula des yeux terrifiés et resta sous le choc quelques instants, durant lesquelles le japonais revint à sa place et se mit à pianoter furieusement sur son clavier. C'était bien la première fois que quelqu'un, à part Duo dans ses grands jours, arrivait à lui faire son sang-froid. Et il espérait être quitte quand un petit reniflement se fit bientôt entendre du côté du canapé, suivi par ces chouinements de gamin et des pleurs à peine audibles.

Le japonais mit quelques minutes avant de s'arrêter de pianoter et il ferma les yeux. Ce n'était pas vrai ça !

Les pleurs redoublèrent et sentant sa colère s'évanouir progressivement, Heero releva ses yeux vers la petite forme recroquevillée dans le canapé. Il voyait ses épaules être secouées par les sanglots, et bizarrement, l'image du chinois découvrant Gahou dans cet état… fit froid dans le dos au soldat parfait. Il allait en prendre plein son matricule, il le sentait… Aussi gros qu'une maison !

Si bien qu'il se leva en soupirant et se rapprocha de Gahou, pour venir s'asseoir sur la petite table en face de lui.

- Gahou… ?

Il n'eut pour seule réponse qu'un sanglot de plus qui le crispa légèrement.

- Ecoute Gahou, je… Un bon soldat ne pleure pas.

Mais cela ne calma absolument pas l'enfant qui leva un regard effrayé vers lui, et rempli de larmes de crocodiles.

Bon sang, maintenant il comprenait mieux pourquoi Wufei ne pouvait pas résister… !

Le japonais déglutit et reprit, un peu plus mal à l'aise :

- Calme-toi d'accord. Je ne voulais pas être… méchant. C'est juste que j'ai un rapport à rendre et que nos supérieurs n'attendent pas.

Mais visiblement, Gahou se moquait complètement de leurs supérieurs, et Heero comprit la bêtise de sa phrase seulement après l'avoir prononcée. Il soupira alors que le gamin ne semblait pas vouloir se calmer, et ne sachant plus quoi faire… Il tendit soudain sa main et prit celle de Gahou, qu'il fit mine de couper avec ses doigts en forme de ciseau.

L'enfant parut surpris, et le soldat parfait guetta chacune de ses réactions, attendant avec impatience un quelconque signe positif… Signe qui ne tarda pas quand l'enfant, baissant ses yeux vers leurs mains, renifla et chassa ses larmes d'un revers de manche, avant de retirer sa main pour imiter à son tour le ciseau, et il fit mine de couper les doigts d'Heero.

Les ombres de son visage disparurent et doucement, son sourire revint, sourire qui s'agrandit encore plus quand il aperçut celui du japonais.

Ce dernier passa affectueusement sa main dans ses cheveux et ajouta, plus serein :

- Tu vois, il ne fallait pas pleurer pour cela…

Il souleva Gahou dans ses bras et décida… de concilier le travail et le baby-sitting à sa manière…

Si bien que lorsque Trowa revint, il trouva Gahou assis sur les genoux d'Heero, qui regardait avec émerveillement les lettres apparaître sur le document qu'avait ouvert Heero, fasciné par l'écran et aussi sage qu'un ange. Il ouvrait la bouche en grand parfois, surpris de voir certains symboles ou formes originales, et tendait son doigt vers l'écran, comme envoûté.

Le méché n'en revint pas et un pouffement lui échappa alors qu'il s'exclamait, juste pour taquiner son amant :

- Tu laisses Gahou écrire des documents top-secret avec toi Heero ?

Le japonais releva un regard satisfait vers Trowa et avec un petit sourire, répondit :

- Je lui fais comprendre l'utilité de la technologie moderne !

A suivre….