Disclamer : à part Gahou, ces perso ne sont pas à moi.
Bonne lecture et merci infiniment pour vos reviews !
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Apprivoise-moi
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Chapitre 13 : Que choisir ?
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Durant les jours qui suivirent, l'état de santé de Quatre s'améliora considérablement. Le traitement que Sally leur avait laissé faisait des merveilles et le petit blondinet commença à retrouver ses forces. Il restait plus longtemps éveillé, pouvait même se lever seul et rester debout quelques heures sans avoir besoin d'aide au bout de quelques jours. Ses repas étaient plus conséquents et ses blessures cicatrisaient bien mieux, au grand soulagement de Wufei qui comprit que le cauchemar était bien finit cette fois-ci.
Certes, il n'arrêta pas pour autant de couver Quatre et de rester à ses côtés. Il avait apprécié que l'état de santé du jeune arabe lui donne toutes les excuses pour pouvoir rester à ses côtés de la sorte, mais maintenant que Quatre semblait guérir et aller mieux, il craignait de plus en plus de devoir reprendre de la distance, d'arrêter son petit manège et de revenir à la situation d'avant, où il se contentait d'observer Quatre de loin et de rêver au moment où il pourrait le toucher.
Le jeune chinois avait toujours été très à cheval sur les principes, même si certains d'entre eux étaient bizarrement tombé au contact de Gahou, petit diablotin qui avait apporté de la vie au sein du groupe des jeunes garçons. Mais dés qu'il était question d'amour et de ses sentiments concernant un certain petit blond, Wufei était resté dans la même optique saugrenue : il ne devait même pas y penser et devait cesser d'y croire. Il n'était pas homme à aimer ou à être aimé, c'était ainsi. Certes c'était une façon de penser un peu étrange mais après son aventure avec Meiran, il ne se considérait pas comme un homme capable d'amour. Il avait perdu sa première femme parce qu'il n'avait pas su l'apprécier à sa juste valeur, la comprendre quand il était encore temps et il tenait pas à reproduire les mêmes erreurs avec Quatre, aussi voyait-il sa guérison d'un œil un peu embarrassé.
Quant au blond, fort de son empathie, il avait senti que quelque chose bloquait chez le chinois et il n'osait pas lui en parler ouvertement. Il avait peur de la réponse qui suivrait, et bien souvent, l'un comme l'autre s'arrangeait pour que Gahou fasse tampon entre eux et leur évite d'avoir à parler concrètement. C'était fuir sans se l'avouer, et cette situation ne risquait pas de durer longtemps…
De son côté, le petit garçon s'était considérablement épanoui parmi les cinq garçons. Aussi bizarre que cela puisse être, il semblait avoir parfaitement trouvé ses marques dans ce nouvel univers où personne ne le battait et où il pouvait manger à sa faim. Il passait la plupart de son temps avec Quatre et Wufei, mais il avait pris certaines habitudes, comme venir quémander son croissant le matin à Trowa, ou encore ennuyer Heero quand ce dernier tapait à l'ordinateur. Et à la plus grande joie du français, son petit-ami avait commencé à délaisser légèrement son laptop, sans doute agacé par Gahou, pour s'occuper davantage de lui, ce qui le réjouissait au plus haut point ! Pour un peu, il en aurait même remercié Gahou et ses taquineries.
Par contre, le 'problème' Duo subsistait toujours, au grand dam de ce dernier. Gahou semblait s'en méfier comme de la peste et l'évitait soigneusement en toute occasion. Et pourtant l'américain faisait véritablement son possible pour être accepté : plusieurs fois il avait tenté de le soudoyer avec une tartine de nutella, ou encore de s'approcher de lui lorsqu'il était devant la télé (petit bijou technologique qui captivait littéralement le garçonnet), mais à chaque fois, Duo rencontrait un mur. Soir le garçonnet s'enfuyait ventre à terre dans les bras de Wufei, soit il s'écartait prudemment et lui jetait un regard partagé entre perplexité et méfiance. L'américain faisait peur à Gahou, alors que de tous les garçons il était sans doute celui qui avait le plus gardé une âme d'enfant, et même les autres ne comprenaient pas vraiment l'attitude de Gahou. Et ce petit manège entre deux continuait invariablement : Duo s'obstinait, vraiment envieux de la relation que le gamin avait développé avec les autres, et Gahou fuyait sans cesse, toujours aussi terrifié par celui qui l'avait accueilli par de véritables cris de harpie.
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Ce matin-là, Wufei se réveilla comme tous les matins et se rendit en premier lieu dans la chambre de Quatre. Il en avait fait une habitude sacrée : veiller sur l'état de santé du blond était devenu sa priorité. Il avait vu Gahou filer au rez-de-chaussée et savait qu'il serait entre de bonnes mains avec Trowa, aussi ne s'inquiétait-il pas autant qu'il avait pu le faire autrefois et il ouvrit la porte de la chambre du blond avec douceur pour ne pas le réveiller soudainement.
Mais Quatre ne dormait pas, et quand Wufei aperçut son visage crispé et le pli qui barrait son front, il s'inquiéta et accourut vers lui.
« Mon dieu Quatre, ça va ? Tu as de nouveau mal ? Qu'est-ce qui se passe ? »
Il semblait complètement paniqué et le blond se mordit la lèvre avant de couiner, comme si la douleur était intenable :
« Ca me lance dans le ventre, c'est… c'est intolérable. »
« Je vais te chercher tes médicaments, je reviens tout de suite ! »
Et en un rien de temps, le chinois fila à l'extérieur, laissant Quatre seul avec sa douleur… Ou plutôt, seul avec sa comédie, car dés qu'il fut sorti de la pièce, son visage se détendit brusquement et il parut soudainement bien serein.
Heero, qui passait dans le couloir et avait entendu les paroles échangées, se permit d'entrer pour voir si Quatre avait besoin de quoi que ce soit, et quelle ne fut pas sa stupeur de voir le blondinet se porter comme un charme !
Quatre sursauta en l'apercevant et ne sut pas comment réagir, pris sur le fait, ce qui intrigua encore plus Heero et finit de le persuader de ce dont il se doutait depuis un moment.
Il s'avança, un léger sourire sur le visage et vint s'asseoir à côté de Quatre sur le lit, avant de se pencher légèrement vers lui, comme s'il voulait pouvoir lire en lui. Et ses paroles firent rougir le jeune arabe :
« Pourquoi compliquer les choses de la sorte Quatre ? Tu devrais lui parler au lieu de jouer au malade. Je te croyais plus fin que cela. »
Le blondinet baissa la tête, vaincu et soupira :
« Je sais mais… Je ne sais jamais comment faire avec lui, j'ai l'impression de me retrouver sur des sables mouvants et d'agir n'importe comment… »
« Laisse parler ton cœur et tout ira bien. C'est ce que j'ai fais avec Trowa et regarde-nous. »
Quatre releva la tête et esquissa un petit sourire :
« Merci Heero. Je… Je vais essayer. »
Wufei arriva au même instant et quand il aperçut les deux jeunes hommes aussi prés l'un de l'autre, il se raidit brutalement et resta quelques secondes dans l'entrée, les yeux fixés sur l'étrange couple. Heero remarqua aussitôt son attitude et se releva prudemment avant de saluer Quatre d'un coup de tête et de s'éclipser de la chambre, parfaitement conscient que s'il avait surpris Wufei et Trowa dans la même position, il aurait eu du mal à le digérer. Aussi valait-il mieux partir avant que le chinois n'en vienne à des conclusions hâtives.
D'ailleurs ce dernier referma la porte juste derrière lui et s'approcha de Quatre pour lui tendre une gélule et un verre d'eau :
« Prends ça, ça te fera du bien. »
Son ton était un peu froid et cette attitude bien solennelle fit doucement rire le blond :
« Heero était juste venu parler un peu avec moi, c'est tout Wufei. »
Le chinois le regarda étrangement sans dire un mot, avant de déposer le verre d'eau sur la table de chevet un peu brusquement :
« Et alors ? Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ? Je te laisse le verre d'eau là et… »
Quatre attrapa sa main et lui lança un regard suppliant. Doucement il l'obligea à revenir vers lui, l'empêchant de s'enfuir hors de la chambre comme le chinois semblait l'avoir prévu.
« Arrête s'il te plaît Wufei. S'il te plaît… »
Son regard était tel que le chinois craqua rapidement et lâcha un soupir désolé, se sentant soudain stupide de réagir aussi violemment pour aussi peu de choses.
« Pardon. Je ne sais pas ce qui m'a pris… Allez prend ton médicament avant que je ne cause davantage de soucis. »
Mais le jeune arabe secoua la tête et repoussa même la main de Wufei qui lui tendait la gélule, refusant ses médicaments gentiment avec un petit sourire un peu triste.
« Je n'en ai pas besoin Wufei. En fait, je n'ai pas vraiment mal… »
« Hein ? Mais tu disais tout à l'heure que… »
« Je mentais Wufei. »
« Mais pourquoi ? »
« Peut-être que… dans le fond… je veux rester encore un peu malade. »
Le chinois fronça les sourcils, perplexe devant une telle réponse. Il voulait rester malade ? Mais qu'est-ce que cela signifiait donc ? Que lui chantait-il ?
Quatre se rendit vite compte de son incompréhension et baissant la tête, il commença à triturer les draps de ses doigts comme il le faisait toujours lorsqu'il était embarrassé. Il fallait bien avouer, maintenant qu'il s'était lancé et c'est d'une toute petite voix qu'il murmura :
« Parce que tant que je suis malade, je peux te garder à mes côtés. Encore un peu… Juste pour moi. »
Une telle révélation toucha profondément le chinois qui sentit son cœur se serrer avec émotion. Que répondre à une si touchante déclaration ? Devait-il lui avouer ses propres doutes, ses propres angoisses ou bien… devait-il cesser juste pendant un moment de réfléchir comme il le faisait depuis des jours et ouvrir enfin les yeux sur ses sentiments… ?
Lentement sa main vint prendre celle du blond et n'osant pas à son tour relever les yeux vers lui, il demanda :
« Tu crois que je peux t'aimer Quatre ? Tu crois vraiment que c'est possible ? Nous sommes en guerre, nous ne savons même quel sera notre destin, nous… nous sommes deux hommes. »
Il releva enfin ses yeux vers le visage pâle du blond et tendrement, il osa venir effleurer du bout des doigts la joue de son compagnon. Mon dieu, il en rêvait depuis tellement longtemps…
Devait-il suivre ses principes… ou bien son cœur ? Il y avait bien des arguments dans les deux cas, mais quand Quatre lui renvoya ce sourire dont il avait le secret, rempli de délicatesse et de sincérité, quand il le regarda avec ces yeux-là et se contenta d'avouer simplement :
« Moi je t'aime Wufei. »
Alors le chinois se dit qu'il n'y aurait jamais meilleur argument que celui-ci. Il n'était plus Wufei, le veuf aux principes et à la morale intransigeante, il ne serait plus cet homme solitaire qui ne voyait dans la vie qu'un grand trou vide…
Désormais il était un homme, qui en aimait un autre, et qui semblait trouver sa voie dans ces quelques mots-là.
Il se pencha et délicatement vint cueillir les lèvres de Quatre, comme il l'avait fait dans leur planque d'avant, quand il avait cédé aux mouvements de son cœur.
« Je t'aime aussi… »
…
Ce jour-là, personne ne vit ni Quatre, ni Wufei. La porte de leur chambre resta mystérieusement verrouillée et ne s'ouvrit pas, même quand Gahou vint gratter pour demander l'autorisation d'entrer.
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…
A suivre….
