Disclamer : à part Gahou, ces perso ne sont pas à moi.
Bonne lecture et merci infiniment pour vos reviews !
..
..
Apprivoise-moi
..
Chapitre 14 : Ordre et désordre
…
…
Duo observait le couple assis sur le canapé, crevant littéralement de jalousie sur sa chaise.
Pourtant, l'américain était rarement en proie à des émotions de ce genre, mais cette fois-ci… C'en était trop !
Pourquoi devait-il être le mal-aimé dans l'histoire hein ? Pourquoi lui bon sang ?
Un peu plus loin, personne ne faisait attention au regard aussi foudroyant qu'une mitraillette chargée à bloc que leur lançait l'américain. A vrai dire, ils avaient un autre centre d'intérêt, bien trop mignon et attendrissant en cet instant pour s'occuper de Duo.
Et même si Heero faisait semblant de se passionner pour ce qui était écrit sur son laptop, même si Trowa était plongé dans un livre dont il n'avait pas tourné les pages depuis un bon quart d'heure, et si Quatre tournait depuis dix bonnes minutes sa cuillère dans sa tasse de thé sans en avoir bu une seule gorgée, le couple continuait son petit manège, s'amusant comme jamais.
Wufei tenait Gahou assis sur ses genoux, lui-même confortablement installé dans le canapé, et avait ouvert devant lui, posé sur les genoux même de Gahou, un grand livre à images qu'il avait dégotté au supermarché en faisant les courses. Certes, il s'était appliqué à faire comprendre à Quatre qu'il valait mieux éduquer les enfants très jeunes pour qu'ils aient plus tard un avenir brillant, mais en cet instant, on se demandait s'il cherchait véritablement à 'éduquer' Gahou ou à s'amuser avec lui. Leurs rires étaient tellement agréables à entendre, et surtout surprenants vis-à-vis du chinois qui restait d'habitude de marbre devant ses camarades, que les quatre autres n'en loupaient pas une miette, captivés par le spectacle qu'ils donnaient tous les deux.
Gahou montrait du doigt les images qu'il apercevait et Wufei lui lisait à voix haute le mot écrit en-dessous : en soi, ce n'était pas vraiment amusant, mais avec ces deux-là, ce qui aurait dû être un exercice 'd'éducation à la Wufei' se transformait en véritable jeu. Gahou s'amusait à faire des grimaces suivant le nom cité, ou cherchait dans la pièce les objets représentés sur les feuilles, les désignant de son doigt sous l'œil attentif du chinois qui semblait ravi devant l'intelligence du gamin. Et à chaque fois que Gahou désignait le bon objet, Wufei le félicitait avec joie, ou bien se lançait dans une série de chatouilles quand l'enfant lui faisait une petite grimace, ce qui poussait Gahou à en faire davantage.
Bref, ils étaient le centre d'attention de tous les G-boy, surtout quand ils arrivèrent à des lettres de l'alphabet particulièrement évocatrices, telles que le M ou encore le O.
Sous le M était écrit en gros 'MAMAN' et l'image représentait une jolie blonde qui câlinait un enfant dans ses bras. Gahou fit les gros yeux devant la représentation, avant que son esprit n'intègre l'information à sa manière. Il tendit aussitôt son doigt vers Quatre en souriant, éclatant même de rire et Wufei dû se retenir lui-même pour ne pas céder au fou-rire.
L'arabe, qui n'avait rien perdu de la scène, secoua la tête en soupirant, bien trop heureux au fond de lui de voir son amant et Gahou s'amuser autant, mais un tantinet vexé d'être considéré comme une femme par l'enfant.
« Je ne suis pas sûr que Quatre soit ravi d'être ta maman, Gahou… » finit par pouffer Wufei, qui tourna rapidement la page.
Le N n'offrait pas un grand intérêt, par contre la lettre O représentait le mot ONCLE, et un arbre généalogique s'affichait modestement, mettant un homme juste à côté de la même femme blonde désignée précédemment comme Maman, en le présentant comme son frère. Ce n'était pas vraiment évident à expliquer, mais une fois encore, l'esprit de Gahou fut rapide à la détente et il pointa son doigt vers Trowa et Heero, qui pour le coup arrêta de faire semblant et releva son nez de son laptop. Les deux jeunes hommes affichaient une surprise sans égale qui amusa terriblement Wufei dont le fou rire ne semblait plus devoir s'arrêter.
« Tonton Barton et Tonton Yuy ! Ca c'est la meilleure ! »
Et tout à son rire, il ne remarqua pas que Gahou avait tourné la page et semblait concentré sur ce qu'elle représentait. Un homme enlaçait avec tendresse et amour la jeune femme blonde, alors qu'entre eux-deux siégeait comme un petit prince un petit garçon apparemment ravi de sa situation. Gahou fronça les sourcils et s'agita soudain sur les genoux du chinois toujours hilare pour se tourner vers lui et poser son doigt sur sa poitrine, le désignant d'emblée.
Souriant toujours, Wufei descendit pourtant son regard sur le livre… et cessa tout sourire immédiatement lorsqu'il aperçut le mot 'PAPA' qui le narguait.
Gahou le désignait comme son Papa… Le chinois en avait le souffle coupé et il déglutit, soudainement complètement paniqué, alors que ses trois camarades s'amusaient grandement de ce retournement de situation. Quatre ne résista d'ailleurs pas à l'envie de demander :
« P comme Papa, n'est-ce pas Gahou ? Papa Wufei, ça sonne bien non ? »
Et cette fois-ci, même Duo esquissa un petit sourire alors que Trowa et Heero pouffaient de rire, ravi que le piégeur soit pris à son propre piège.
Piégeur qui soit dit en passant n'en menait toujours pas large, bégayant plus que de raison en secouant la tête :
« Non, non Gahou, je… Mais… Je suis pas… »
Mais devant le regard souriant du petit garçon, devant ce minois réjoui à l'idée d'avoir trouvé la bonne réponse et de faire lui aussi partie de cette petite famille qu'il voyait représentée sur le papier, le chinois ne résista pas longtemps. Ces derniers temps, il semblait faiblir de manière considérable dés que cela concernait un blond de sa connaissance ou Gahou lui-même.
Alors soupirant, cédant même s'il offrait le meilleur spectacle de l'année à ses camarades, il murmura avec désappointement :
« Moui… T'as raison Gahou… »
Il n'en fallut pas plus que l'enfant saute au cou du chinois et se serre contre lui, sous l'œil attendri de Quatre qui sentit son coeur s'emballer un peu plus pour son dragon préféré. Wufei avait beau faire la tête, il savait pertinemment, son empathie s'en mêlant, qu'il était intérieurement fou de joie d'avoir ce titre aux yeux de Gahou. Le petit garçon ne s'était pas seulement contenté de se laisser apprivoisé par les G-boys et de vivre avec eux, il était en train de les souder d'une manière incroyable et solide. Parce que de leur côté, Trowa et Heero étaient eux aussi particulièrement fiers d'être devenus 'tonton', malgré toute l'ironie que le chinois avait lancé quand Gahou les avait désigné du doigt.
Il n'y avait que Duo qui restait dans son coin et qui semblait rejeté par l'enfant, sans que Quatre arrive à en cerner la cause. Il est vrai qu'il ressentait la peur et la méfiance de Gahou dés que Duo approchait, et il se demandait comment de tels sentiments avaient pu se réveiller chez l'enfant. Peut-être que la nature énergique et emportée de l'américain, à l'exact opposé des caractères plutôt calmes et réservés des quatre autres, avait peut-être effrayé Gahou un premiers temps, et lui avait laissé cette mauvaise impression qui ne partait pas. Et le jeune arabe compatissait, sachant pertinemment que Duo devait souffrir de cette situation.
D'ailleurs ce dernier se leva subitement de sa chaise et se dirigea d'un pas rapide vers la cuisine, tournant le dos à ses amis. Quatre devina sans mal qu'il allait sûrement sortir un pot de nutella de sa cachette pour s'en empiffrer jusqu'à ce que sa jalousie soit calmée…
Pauvre Duo…
…
o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o
…
Gahou était littéralement collé à la jambe de Wufei et ne semblait vraiment pas décidé à la lâcher. Depuis qu'il avait aidé Quatre à monter dans la voiture, il regardait le couple avec appréhension, devinant sans peine qu'ils étaient en train de partir et qu'ils ne semblaient pas vouloir l'emmener avec eux. L'enfant paniquait et quand le chinois le souleva dans ses bras, il se mit à chouiner, ayant un mal fou à retenir ses larmes.
Ses yeux mouillés faillirent attendrir le pauvre Wufei qui déglutit et tenta de lui sourire, même si son sourire ressemblait davantage à une grimace en cet instant :
« On ne part pas longtemps Gahou. J'emmène juste Quatre passer quelques examens et nous revenons après. C'est juste l'affaire d'une nuit ou deux. Allez, ne pleure pas. Il faut être un grand garçon et sourire… »
Cependant en cet instant, le fier et orgueilleux chinois sentait lui aussi l'émotion le gagner et avait du mal à rester de marbre face à la petite mine tristounette de l'enfant qui ne comprenait pas ce brusque départ ni cette séparation.
Trowa s'approcha alors et prit tendrement Gahou dans ses bras : l'enfant se débattit et voulut rejoindre ceux de Wufei, mais ce dernier, après avoir remercié muettement le français, se précipita dans la voiture pour la faire démarrer et s'éloigner de là au plus vite.
Le voyant sous le choc, Quatre eut la sagesse d'attendre quelques kilomètres avant de faire un petit sourire et de poser tendrement sa main sur le bras du chinois :
« Ne t'inquiéte pas, il sera fou de joie de te revoir dans quelques jours… »
« Mais je ne m'inquiéte pas ! » trancha un peu trop vivement le chinois, se refusant à montrer cette brèche que Gahou semblait avoir ouvert dans son cœur.
« Trowa et Heero sauront s'en occuper, je suis sûr qu'il va même être chouchouté comme un prince. »
« Hn. »
Ohoh, voilà que Yuy déteignait sur Wufei…
« Nous ne pouvions pas l'emmener, ils auraient posé des questions. Ils auraient peut-être voulu le garder, le placer dans un foyer, ou… l'envoyer dans un laboratoire. »
« Je sais tout ça ! C'est bon Quatre ! »
Le chinois avait légèrement élevé la voix et l'arabe n'insista pas, comprenant qu'il s'agissait là d'un sujet sensible. Et intérieurement, il fut tout sourire durant le trajet, ravi de voir à quel point son amant s'était attaché à l'enfant.
Gahou avait raison… Wufei était bel et bien devenu son papa.
…
o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o
…
Si Trowa et Heero avaient été conquis par la petite bouille adorable de Gahou, ils déchantèrent un peu durant cette première journée seuls à seuls avec lui, sans Wufei ou Quatre pour gérer l'enfant.
Quand il souriait, Gahou faisait chavirer tous les cœurs, mais quand il pleurait… sans s'arrêter… en faisant cette petite moue qui consistait à faire trembler son menton, ainsi que le cœur de tous ceux qui étaient présents dans la pièce… il devenait soudainement un problème considérable, et ingérable !
Il s'était débattu dans les bras de Trowa au départ de la voiture qui ne l'avait lâché que lorsque cette dernière s'était suffisamment éloignée. Et encore, il avait dû courir après l'enfant qui s'élançait déjà à sa poursuite !
Gahou ne semblait pas avoir compris qu'il ne s'agissait d'une absence que pour quelques jours : il avait versé toutes les larmes de son corps, atterré à l'idée que son 'papa' et sa 'maman' d'adoption soient partis sans lui. Sans doute que les quelques mois solitaires qu'il avait passé dans les geôles d'Oz l'avaient suffisamment marqué pour qu'il craigne un nouvel abandon.
Ce que Trowa avait parfaitement compris d'ailleurs, et il s'était appliqué à essayer de calmer l'enfant, le distrayant de toutes les manières possibles, essayant de l'entraîner dans des jeux, de lui offrir des dizaines de croissants, à le mettre devant la télé… Mais rien n'y fit : l'enfant continua de pleurer.
Jusqu'à ce que Heero craque et sorte, son laptop sous le bras, prétextant qu'il devait faire quelques réparations sur son gundam.
« Lâcheur… » soupira Trowa.
Le pauvre jeune homme continua son petit manège, essayant de calmer les pleurs de Gahou, qui semblait malheureusement intarissable, jusqu'à ce qu'un nouvel élément entre en scène…
Un élément ronchonneur et mal luné, qui ne semblait vraiment pas apprécier qu'on lui gâche sa sacro-sainte grasse matinée par les pleurs vociférants d'un gamin pleurnichard.
Ah Duo adorait Gahou… De loin, parce que l'enfant le craignait toujours. Mais il y avait des limites à l'adoration tout de même, surtout quand l'enfant en question se mettait en tête de perturber votre sommeil ! Et chez Duo, le sommeil était sacré…
Il débarqua donc dans la cuisine vêtu d'un simple short et d'un t-shirt froissés, la natte en pagaille et la marque de l'oreiller encore présente sur la joue. Il ouvrait à demi ses yeux et poussa un soupir à fendre l'âme devant un Trowa embarrassé.
« Qu'est-ce qui se passe… ici ? » demanda-t-il d'une voix pâteuse.
« Wufei a emmené Quatre passé des examens et il n'a pas pu emmené Gahou. Je n'arrive pas à le calmer, je crois qu'il pense qu'ils l'ont abandonné. Pourtant j'ai tout essayé… »
A côté de lui, Gahou continuait de pleurer sur une des chaises de la cuisine. L'américain le toisa d'un regard noir avant de ronchonner :
« Bon ben quitte à lui faire peur, autant que cela serve à quelque chose ! »
Et sans attendre, il se dirigea vers Gahou, le souleva soudain par les aisselles et le porta jusqu'au salon, avant de le déposer un peu rudement sur le canapé et de le regarder droit dans les yeux en grondant presque aussi fort que la première fois qu'il l'avait vu :
« Maintenant ça suffit !!! »
Gahou s'arrêta net de pleurer et écarquilla les yeux, sidéré par le natté. Il resta pétrifié alors que Duo continuait de sa grosse voix, jouant au méchant pour être sûr d'obtenir la paix définitivement :
« Wufei et Quatre vont revenir alors pas la peine de faire un cinéma pareil ! Je ne veux plus t'entendre, c'est compris ? »
Et comme Gahou resta pétrifié, l'américain se calma un peu et se redressa, satisfait et en même temps légèrement ennuyé :
« Bon… C'est bien. Je te branche un dessin animé et tu restes sage. »
Ce qu'il fit sans tarder, mettant en route un vieux Walt Disney et venant s'asseoir prés de Gahou, sans trop le coller, afin d'être sûr qu'il cesserait de pleurer. L'enfant le regardait avec stupeur, et ne tourna les yeux vers l'écran que lorsque Duo le lui désigna du doigt en grognant :
« C'est par là que ça se passe ! »
Gahou eut encore un tout petit hoquet puis tout cessa. Son attention fut tout autant captivée par le dessin animé que par la présence toute proche de Duo qui, pour sa part, choisit de finir sa grasse matinée dans le canapé confortable du salon, enfin tranquille…
Quand Trowa se rendit compte qu'il n'entendait plus pleurer, il vint voir le couple au salon… Pour les découvrir tous deux profondément endormis, Duo prolongeant sa grasse matinée et Gahou ayant cédé à la fatigue. Le spectacle lui arracha un sourire et il se dirigea vers le hangar des gundams pour signifier à Heero qu'il pouvait rentrer maintenant, tout danger sonore étant écarté…
Mais il n'eut pas le temps d'y accéder.
Le hangar se situant un peu plus loin à l'extérieur, il avait dû sortir de la maison. A peine la porte poussée, il reçut un violent coup sur la tête qui le propulsa sur le sol. Le coup ne l'avait pas totalement assommé et il eut à peine le temps de relever les yeux pour distinguer plusieurs ozzies qui se précipitaient sur lui, avant que ces derniers ne se dépêchent de le faire taire à la force de leurs poings et matraques…
….
…
A suivre….
