Dsiclamer : à part Gahou, ces personnages ne sont pas à moi.
Notes : merci beaucoup pour vos reviews, c'est toujours agréable de se savoir lue, et de savoir que les aventures qu'on imagine peuvent intéresser. J'espère que ce chapitre vous plaira, même si le calme est loin de revenir. J'espère également que vous comprendrez la réaction d'Heero : certes, cela me plaît de les secouer, mais j'aime le faire en respectant une certaine logique. Si notre soldat parfait se comporte ainsi avec Trowa, ce n'est pas uniquement par sadisme de l'auteur… Enfin, pas totalement ^^
Ensuite, je me suis rendue compte à mon grand désarroi que j'avais fait une faute énorme dans le chapitre précédent : Duo ne fait pas boire de médicaments à Gahou, mais bel et bien de l'alcool ! Voilà ce que ça fait d'écrire par phases séparées, on oublie ensuite des détails importants. Toutes mes excuses en espérant que cela ne vous ai pas trop déstabilisé dans votre lecture.
Bonne lecture !
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Chapitre 19 : Se protéger de la douleur… à tout prix.
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Wufei paniqua dés qu'il aperçut le visage inondé de larmes de Quatre, et se précipita vers lui dans l'intention d'en savoir plus. Le blondinet était normalement en meilleure forme, ses résultats devaient être bons et… A moins que non ? Qu'il ait appris quelque chose sur son état de santé qu'il ne soupçonnait pas ?
Il s'assit à côté de lui, tentant de comprendre ce qui se passait, mais tout ce que Quatre pu lui dire fut un souffle à peine esquissé :
« C'est Trowa… »
Le chinois pâlit brusquement alors que la peur s'emparait à nouveau de lui. Que s'était-il passé ? Son état était stationnaire, il… Mon dieu, était-il possible que sa faiblesse de ses derniers jours ait eu un impact sur sa santé, au point de… ?
« Il souffre… tellement…. » murmura Quatre avant de se plier en deux de douleur.
A la fois inquiet pour son amant mais également pour son ami, Wufei se redressa aussitôt et courut hors de la chambre. Il n'y avait qu'un seul moyen d'apaiser le blond : arrêter le mal à la source. Le français avait-il fait une rechute ? Peut-être était-il tombé de son lit, ou s'était blessé avec un objet ? Que s'était-il donc passé ?
Sa course le mena jusqu'à la chambre de Trowa, quelques couloirs plus loin, et il ne frappa pas, enfonçant davantage la porte qu'il ne l'ouvrit pour se précipiter à l'intérieur. Redoutant ce qu'il allait y trouver, retenant son souffle….
Mais le français était couché sur son lit, son oreiller en position relevée ce qui lui permettait de se tenir assis, et le regard perdu dans le vague. Il ne semblait pas souffrir, ou se vider de son sang d'une quelconque manière.
Par acquis de conscience, Wufei vérifia la couleur des draps, mais il n'aperçut aucune tâche rouge… Rien ne traînait pas terre, aucun morceau de verre coupant, aucun bip irrégulier sur le moniteur, rien d'alarmant en fait. Tout était impeccable.
A part peut-être le regard de Trowa, un peu trop vitreux pour être sincère.
« Trowa ? » se hasarda Wufei en s'approchant de lui, un peu essoufflé.
On avait dû le prendre pour un fou à courir ainsi dans les couloirs mais… Son instinct lui hurlait soudain que quelque chose n'allait pas. Le français ne répondait même pas, continuant de fixer le mur sans vraiment le voir. Plongé dans ses réflexions.
« Trowa ? »
Les yeux du brun papillonnèrent et il sembla reprendre contact avec la réalité. Mais il ne tourna pas pour autant son regard vers le chinois, restant de marbre alors que son ami se rapprochait de son lit.
« Trowa ? Tout va bien ? »
« … quitté…. » laissa échapper le français dans un souffle presque inaudible.
« Pardon ? »
« Il m'a quitté… »
Ayant du mal à croire ce qu'il entendait, ou plutôt, d'une certaine manière, refusant de toutes ses forces de le croire, le chinois ne pu que répéter bêtement, pris à dépourvu :
« Pardon ? »
En lui-même, il supplia tous les dieux de se tromper, d'avoir mal interprété ce qu'il venait d'entendre, que Trowa n'avait pas dit cela, ou du moins ne parlait pas de ce à quoi il pensait. C'était forcément un quiproquo !
« Heero m'a quitté. C'est fini. Entre… nous. »
Et la voix de Trowa se fit monocorde, platonique, alors qu'il enchaînait comme si cela ne le touchait pas personnellement :
« Il a dit… que c'était une question d'hormones. Rien de plus. Qu'il n'y avait rien de sérieux, qu'il voulait juste essayer. Jouer… Oui, il a dit jouer. Et que… que je devais cesser de le harceler, que… quitté… Il m'a quitté… »
Wufei serra les poings, presque aussi fou de rage envers Heero que désespéré de voir le français dans cet état. Trowa ne parlait pas beaucoup, vous lançait des regards compréhensifs quoique bien souvent difficile à décrypter, et se contentait parfois de sourire gentiment ou de hausser les épaules d'un air léger, comme si finalement il était loin de tout cela. Trowa était un chic type, avec un sens de la loyauté et de l'amitié peut-être encore plus solides que Quatre, si c'était possible. Trowa était toujours là quand on avait besoin de lui, et il savait trouver les mots justes. Il n'y avait pas besoin de grands discours avec lui : sa seule présence suffisait à vous mettre du baume au cœur quand vous vous sentiez mal, ou tout simplement à vous encourager quand vous exécutiez une mission difficile.
En fait, Trowa était un véritable ami, et un partenaire sérieux et efficace. C'était un homme que Wufei avait appris à respecter et à considérer.
Mais surtout, et le chinois s'en était rendu compte après tout ce temps passé à ses côtés, Trowa était un homme solitaire. Discret, réservé, il ne demandait jamais de l'aide ou n'exigeait pas qu'on l'écoute quand il en avait gros sur le cœur. Il gardait ses problèmes pour lui et les assumait.
Il était amoureux de Heero depuis longtemps, à en juger par ce que Quatre lui avait dit, et le chinois avait réellement été surpris de l'entendre. Cela ne se voyait pas. Parce que Trowa savait rester discret et impassible. Parce qu'il avait préféré attendre que le japonais s'ouvre à lui plutôt que de le brusquer avec ses sentiments.
Personne plus que lui ne méritait le bonheur. Et voilà que ce salopard de Heero venait de le briser en mille morceaux, tout cela parce… parce qu'il avait voulu 'jouer' ? Parce que maintenant que son partenaire 'de jeu' avait réellement besoin de lui, il préférait s'enfuir en courant plutôt que de prendre ses responsabilités ?
Wufei ne l'avait jamais détesté, mais en cet instant, il haït Heero plus que tout au monde ! Et ce sentiment s'amplifia quand il vit Trowa reprendre cet air hagard et murmurer :
« Il m'a quitté… »
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Il avait enveloppé l'enfant dans la couverture qu'ils avaient et ne l'avait plus touché depuis, encore rongé par la culpabilité. En descendant de voiture pour faire le plein, il avait clairement vu la couverture sursauter, mais il avait préféré attendre, espérant juste que Gahou ne lui en voudrait pas trop.
Ce qui était sous-estimé des mois passés dans les geôles d'Oz, et la terrible leçon de la douleur qu'il y avait appris. Dans l'esprit de Gahou, la chose était simple : il y avait ceux qui frappaient, qui faisaient du mal, et les autres.
La première catégorie était bien remplie, et malheureusement semblait grossir à chaque jour. La deuxième, en revanche, se composait de 4 êtres seulement, avec qui il avait passé les plus merveilleux jours de toute sa petite vie. Deux d'entre eux l'avaient abandonné, partant ensemble, et les deux autres avaient mystérieusement disparu, le laissant seul avec cet homme qui lui inspirait plus de méfiance que de bonnes intentions. Il avait d'abord baissé sa garde, pensant que l'individu était peut-être comme les 4 autres… Il semblait si gentil, si doux… Peut-être un peu bruyant, mais parfois, même Papa Wufei pouvait monter très haut dans les gammes.
Alors, peut-être…
Mais sa confiance avait été trahie et il avait mal désormais. Cet homme était finalement à placer dans la première catégorie et tout son être se révoltait à l'idée qu'il soit désormais entre ses mains. Il sentait quelque chose en lui pulser douloureusement, quelque chose qui le rendait à moitié fou de colère et de peur. Sans parler de ses maux de ventre et de sa cheville qui le brûlait avec férocité.
Où était Quatre ? Où était Wufei ? Pourquoi l'avaient-ils abandonné ainsi ? Qu'avait-il fait de mal ? Encore une fois, il se retrouvait avec les mauvaises personnes…
Une image de son passé traversa soudain son esprit et il sursauta violemment. Il se revit dans cette cage, incapable de s'échapper, et cet homme tout en blanc qui le frappait à travers les carreaux en lui criant des mots hargneux qu'il ne comprenait pas. Il revit son regard fou… Cette bouche qui se tordait alors qu'il continuait de hurler…
Alors quand Duo tendit la main pour tenter de l'apaiser, ayant sûrement remarqué ses tremblements, il grogna de frayeur et se débattit vivement en poussant des cris presque… animaux.
Le natté retira prestement sa main et se figea :
« Gahou ? Gahou ce n'est que moi… »
Mais l'enfant ne semblait pas l'écouter, et l'américain sentit la tension monter d'un cran en lui. Prudemment, il ouvrit sa portière et descendit de voiture : après des heures de route, il était enfin arrivé à l'une de leur planque en pleine nature. Aucune chance ici d'être dérangé, ni par Oz, ni par un voisin trop curieux. Il l'avait justement choisi parce qu'il savait qu'ici, Gahou serait à l'abri des regards un peu trop insistants.
Il fit le tour de la voiture et ouvrit prudemment la portière passager… et avant qu'il ait le temps de faire quoi que ce soit, l'enfant bondit hors du véhicule avec une énergie dont il ne l'aurait pas cru capable !
« Merde ! » jura Duo alors que Gahou se sauvait prestement.
Il tenta de l'attraper mais le gamin était vif, et courait comme un lapin malgré sa blessure à la cheville. Et voyant qu'il prenait un peu d'avance, Duo tenta le tout pour le tout… et lui sauta littéralement dessus, attrapant ses petites jambes pour le retenir.
L'enfant tomba au sol sans rien pour se retenir mais sa réaction fut beaucoup plus vive que ne l'espérait Duo, surtout dans son état : dans un grognement presque inquiétant, quoique fugace à l'oreille du natté, Gahou se retourna et balança ses petits poings sur son assaillant.
« Aïe ! »
La douleur le prit tellement au dépourvu qu'il en lâcha Gahou et ce dernier, plus vif que l'éclair, se redressa et fila. Sidéré, Duo resta à terre, le regard un peu perdu et encore sous le choc.
Sur son bras gauche, sa manche pendouillait à terre, lacérée en 5 endroits bien distincts… et 5 estafilades plus ou moins grandes et profondes décoraient son avant-bras. Comme si un animal sauvage l'avait griffé en utilisant des griffes plus acérées que l'acier !
Ses yeux tombèrent sur ses plaies… et il lâcha un juron bien senti.
C'était Gahou qui lui avait fait cela !
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A suivre…
