Léger changement : le passage en gras (pas celui-là, celui du texte) doit être lu comme un texte en majuscules.
Merci à la lectrice qui a pensé à améliorer ce détail.
Molly, Fabian et Gideon
Trois frères et sœur étaient étendus dans l'herbe, par une belle journée d'été. Ils se chamaillaient gentiment quand un hibou brun déposa une lettre sur les genoux de la jeune fille.
« - Gid, c'est toi qui l'ouvre ! » s'écria-t-elle en tentant de lui fourrer dans la main.
« -Tu es dingue ! » protesta le garçon en secouant la tête.
« -C'est moi qui l'ai fait la dernière fois, c'est ton tour ! »
« -Vous savez, pour ne pas en recevoir, c'est simple. »
« -On fait boire une potion à Mona pour qu'elle soit malade ? »
Le hibou poussa un cri de protestation avant de se percher sur la main du plus jeune des garçons.
« -Du calme, Mona, ses deux idiots ne te feront rien. La solution simple consisterait à cesser vos jeux débiles. »
« - Ce ne sont pas... » commencèrent ses ainés d'une même voix, tandis que la lettre explosait.
« - Molly ! Gideon ! Vous nous faites honte ! Ne pourriez-vous pas prendre exemple sur votre frère ou votre cousine Ginevra pour une fois ? Je viens de recevoir-encore- une lettre du Directeur ! Si vous continuez comme ça vous allez être expulsés ! C'est ce que vous voulez ? Votre père et moi commençons à nous poser sérieusement la question ! Qu'est-ce qui ne va pas dans vos têtes ? Qu'est-ce que nous avons raté dans votre éducation ? Votre père s'arrache les cheveux ! Quatre convocations avec votre directrice de maison depuis le mois dernier ! Vous ne pouvez pas vous tenir tranquilles, pour une fois ? Quel besoin avez-vous eu d'empoisonner la nourriture des Serpentards pour qu'ils aillent faire des déclarations enflammées aux Gryffondors qu'ils croisaient ? Vous trouvez ça amusant, jeunes gens ? Déjà, la dernière fois, vous avez transformé leurs chaussettes en serpents multicolores ! Ne pouvez-vous pas les laissez vivre en paix ? Qu'est-ce-que ce sera la prochaine fois ? Vous leur teindraient leurs vêtements en rose ? Que vous ont-ils fait, dites-moi ? Non, taisez-vous, je m'en moque. Quoi que ce soit, vous leur avez rendu au centuple ! Veuillez donc grandir un peu ! Tu as dix-sept ans, Molly, dix-sept ans ! Et toi, Gideon, seize ! C'est scandaleux ! Quand Mrs. Bones va me demander ce que vous devenez et si tout va bien à l'école, qu'est-ce que je vais lui répondre ? Je connais tellement bien leur directrice de maison maintenant que nous nous appelons par nos prénoms et que j'envisage de l'inviter à prendre un thé à la maison ? Molly et Gideon ont failli faire sauter Poudlard tellement de fois qu'on y a renforcé la sécurité ? Et moi qui croyais, Molly, qu'Arthur pourrait te raisonner un peu ! Le pauvre garçon, il n'est pas au bout de ses peines ! Et toi qui m'a dit que c'était sérieux avec lui ! Oh, si tu savais comme je le plains ! Arrive-t-il encore à te supporter ? Et toi, Gideon, il serait temps de te trouver une copine. Une vraie, je veux dire. Pas une anonyme que tu refuses de nous présenter et avec qui tu t'amuses mais ne prends pas d'engagements.
Le téléphone sonne, j'espère pour vous que ce n'est pas le directeur !
Pourquoi êtes-vous incapables de vous faire oublier ne serait-ce qu'un jour ou deux ? Introduire un lion chez les Serpentards ! Je ne sais pas comment vous avez fait, mais vous n'avez pas à en être fier ! Qui vous a doté d'une imagination pareille ? J'aimerais pouvoir un jour mourir en paix en étant heureuse de vous avoir fourni une éducation convenable. Est-ce trop vous demander de vous conduire correctement ? Merlin, qu'ai-je donc fait pour mériter aussi peu de reconnaissance ?
Vous avez intérêt à filler droit jusqu'à la fin du mois. Oui, demain sera le 31, mais je ne pense pas pouvoir vous demander de tenir plus. Je vous embrasse, Fabian aussi. Surtout, ne les suis pas dans leurs bêtises ! Au revoir, Maman.
P.S : Ecrivez-moi. »
« - Eh ben. »
« - Comme tu dis. Si elle pouvait éviter de hurler ma vie privée au beau milieu de Poudlard... Heureusement que nous ne sommes pas dans la Grande-Salle et qu'Arthur doit rattraper un devoir avec Binns. »
« - Et faut qu'elle arrête avec ses délires de me trouver une copine. J'ai déjà quelqu'un, merci. »
« - Alors tu pourras un jour assurer la descendance des Prewett et rendre fière ta mère. Elle nous pardonnera peut-être nos conneries. »
« - Non. » répondit abruptement Gideon.
« - Oh, tu ne veux pas d'enfants ? Je pense qu'on en aura beaucoup avec Arthur. Au moins cinq. Ça fait bizarre, de s'imaginer. Surtout qu'avec la guerre... »
Elle haussa les épaules. Ils savaient tous ce qui pouvait arriver pendant une guerre.
« - Je n'ai rien contre l'adoption. » la contredisit son frère en poussant un soupir.
« - Mais ? » dit-elle avec un sourire.
« - Je suis gay, Molly. Je pense que tu peux comprendre. Et Fabian a presque seize ans, il ne devrait pas être très choqué.» murmura Gideon en regardant ses baskets.
« - Eh bah enfin. Il serait tant que tu assumes. Fabian, où sont mes trois mornilles ? »
« - Vous avez parié sur le fait que je sois gay ? » manqua s'étrangler l'ainé des garçons.
« - Ça, on le savait déjà. J'avais dit que tu ne nous le dirais pas avant la fin de l'année. » expliqua Fabian en tendant trois pièces à Molly.
« - J'y crois pas. Et comment vous avez su ? » demanda Gideon.
« - Hum. Laisse-moi réfléchir. A la façon dont ton 'meilleur ami' et toi vous vous regardez ? » proposa Molly, un sourire féroce sur les lèvres.
« - Vous savez pour Ray ? » s'étonna Gideon.
Molly leva les yeux au ciel et son petit frère rit.
« - Oh, je t'en prie. Mon dernier meilleur ami que j'ai regardé comme ça, c'était Arthur. » fit Molly en secouant ses cheveux roux –une manie, chez elle-.
« - Il ne reste plus que Fabian. Tu es avec quelqu'un, en ce moment ? »
« - Non. Et si c'était le cas, je ne vous parlerez pas d'elle. » répondit celui-ci en serrant les poings.
« - Pourquoi ? » demanda Gideon.
« - Tu te rappelles ce que tu as fait à ma précédente petite amie ? Une Serpentarde ? »
« - Non, dis toujours. » répondit son grand frère.
« - Tu l'as jetée dans le Lac avec moi avec en me disant que j'étais un sale petit con et elle une foutue traîtresse de Sang-Pure grâce à l'aide de tes potes. Cinq cinquième année contre deux quatrième année, ça te revient ? Etrangement, je suis sûr que elle, elle s'en souvient. D'ailleurs elle m'avait plaqué dans l'heure qui avait suivi. »
« - Ah oui, Reynolds ! J'ai sa sœur en cours avec moi. Elle m'avait fait un sermon en me citant tous les morts par noyade depuis 1913 après votre petit plongeon sans gravité, je m'en souviens maintenant. Tu vois, je t'ai évité le pire : Reynolds en belle-sœur, ça doit être horrible. »
« - Un petit plongeon sans gravité ? J'ai choppé une pneumonie, cette année-là ! » s'exclama Fabian.
« - Mais tu n'es pas mort ! Et ta copine n'a rien eu. » fit Gideon en levant les yeux au ciel.
« - Elle ne savait pas nager ! » s'indigna le benjamin.
« - Mais toi si. Tu vois ? J'avais pensé à tout. »
« - Esp... »
« - Reste poli ! Tu viens, Molly ? Maman m'a donné une petite idée. »
« - De quoi tu parles ? » demanda celle-ci, méfiante.
« - Du linge des Serpentards qui doit sécher aux cuisines en ce moment-même. Et qui sera bientôt d'un joli rose fluo. Ça te tente ? »
« - Et comment ! » répliqua sa sœur alors qu'un sourire rayonnant lui montait aux lèvres, avant de se lever rapidement.
« - Maman va vous tuer. » marmonna Fabian quand ils furent partis, avant de fermer les yeux pour savourer le silence.
« - Fabian ? »
Le garçon releva la tête et ouvrit les yeux. C'était une voix de fille qu'il connaissait, mais pas celle de Molly. Trop timide.
« - Reynolds ? » dit-il, surpris.
« - Carolina. Ou Cara, si tu veux. » dit-elle en lui tendant une main pour l'aider à se relever.
Comme avant, pensa-t-il, avec un brin de mélancolie. Elle lui sourit. Son sourire lui avait manqué. Fabian dût se retenir de passer une main dans ses boucles caramel.
« - On peut parler, tous les deux ? » demanda-t-elle en se rapprochant de lui.
Avant qu'elle ne dise un mot de plus, il l'embrassait.
Douze ans plus tard, des attaques sur les Prewett furent conjointement menées par des Mangemorts. Ray et Gideon, qui vivaient ensemble depuis plusieurs années, se protégèrent l'un l'autre jusqu'à la fin. Cara et Fabian, au même moment, laissait leur petite fille, Katie, chez sa tante, Emma, mariée à Mark Bell. Quand ils transplanèrent chez eux, ils se retrouvèrent dans une embuscade. Le combat dura des heures. Ce n'est que quand Cara tomba devant lui, morte, que Fabian se sentit faiblir. Les Mangemorts en profitèrent pour l'achever. Ginevra, leur cousine, se trouvait avec Molly quand cela arriva. Molly, qui était enceinte de Ron, et n'avait pas sa baguette avec elle. Sa cousine la défendit bec-et-ongles. Quand Arthur, prévenu par Molly, arriva, celle-ci tenait son corps contre elle, et ils ne restaient que deux Mangemorts à combattre, bien décidés à en découdre. Arthur se débarassa d'eux rapidement avant de rejoindre le domicile des parents de Molly, Ronald et Georgina, qu'il retrouva morts dans les bras l'un de l'autre. Les tantes, oncles, cousins et cousines de Gideon, Fabian et Molly connurent le même sort. Seule Molly survécut. Molly et la petite Katie, sur qui elle garda un œil attentif.
