Excusez-moi du retard, je n'ai pas eu le temps d'écrire samedi, je viens à peine de finir le chapitre. D'ailleurs je posterai sûrement le prochain le lundi suivant, puis ce sera de nouveau le samedi... Désolée, mais manque de temps...
Colin et Dennis
« - Colin, Colin ! » cria un garçon aux cheveux ternes en se plantant devant un autre.
Il devait avoir douze ou treize ans, et il souriait de toutes ses dents.
« - Oui, Dennis ? » demanda Colin en lui faisant signe de s'asseoir à côté de lui.
« - Tu peux me passer ton appareil photo ? S'il-te-plaît ! » supplia Dennis en joignant ses deux mains.
« - Pourquoi ? » demanda son frère en fronçant les sourcils.
« - J'écris à Selina, elle veut une photo de nous. Tu crois que ce sera une sorcière, elle aussi ? »
C'était peu probable, deux sorciers nés de mêmes parents moldus étant déjà une rareté. Mais pas impossible, et Colin avait toujours été un optimiste.
« - Peut-être, Dennis, peut-être. » dit-il.
« - S'il n'y avait pas la guerre, ici, j'aimerais qu'elle soit là. » soupira ce dernier.
« - Moi aussi. Mais tu verras, Harry tuera Tu-Sais-Qui à la fin. » affirma l'aîné avec force.
« - Voldemort ? » questionna le plus jeune, intéressé.
« - Dennis ! Son nom est dangereux, surtout pour les Nés-moldus. » lui reprocha Colin.
« - Oh, ça va. Je n'ai pas fait exprès. » râla son frère.
Colin sourit.
« - Bon, on la prend, cette photo ? »
« - Je peux la faire ? S'il-te-plaît ? »
Colin lui passa l'appareil photo autour du cou.
« - Tu fais bien attention, hein ? »
Dennis hocha fièrement la tête.
« - Tu peux monter sur l'arbre ? Sur cette branche. Non, elle n'est pas assez éclairée... Celle au-dessus, peut-être ? Pas celle-là, celle sur ta gauche. Non, moins haut. Oui, celle-ci. Avance juste un peu plus près... Attention, tu vas tomber, recule... Voilà, ne bouge pas ! » exigeait-il, ravi.
Colin essaya de s'installer confortablement en écoutant les instructions maladroites de son frère.
« - Tu pourrais sourire ! Un peu moins, quand même... J'appuie où ? »
« - Tu vois la molette ? Il faut que tu la tournes, jusqu'à ce que la luminosité convienne. La petite, hein. La grande, il ne faut pas la toucher. Le bouton jaune, c'est pour l'option « photo-sorcière », il faut que tu appuies dessus, il se bloquera tout seul. J'ai eu un mal fou à l'installer. La petite manivelle, je l'ai rajoutée, et le frère de Kelly –tu sais, mon amie aux cheveux très noirs- m'a aidé pour le sort qui permet de faire sortir les photos directement de l'appareil. Il faudra que tu l'actionnes dès que tu auras pris la photo. Pour le cadrage, tu vois le bouton vert ? Tu le pousse. Oui, comme ça. Je crois que c'est bon. Quand tu es prêt, tu cliques sur le gros bouton noir pour prendre la photo. Ça ira ? » expliqua Colin avec le plus de détails possibles.
Dennis se concentrait, histoire de ne pas décevoir Colin. Il ne se jugeait pas spécialement vaniteux, mais les compliments de Colin le rendaient toujours fier. Son frère, c'était un grand sorcier, quand même. Le cadet des Colin, après avoir appliqué les consignes à la lettre, prit une grande inspiration et pressa le bouton noir.
« - C'est bon, tu peux descendre ! Viens voir, je la fais apparaître ! » s'écria-t-il, tout joyeux, en tournant la manivelle.
« - Pas de ce côté, tu vas la casser ! » lui fit remarquer Colin.
Après quelques tours dans le sens inverse, la photo tomba à leurs pieds. Colin la ramassa, et manqua s'étouffer de rire, alors que son petit frère, l'ayant regardé par-dessus l'épaule du garçon, baissa les yeux, penaud.
« - Ne fais pas cette tête, Dennis. Ce n'est pas si grave... C'est très drôle, même. Je l'adore, moi, cette photo. Tiens, je vais même la garder. Ça te dit que je prenne celle pour Selina ? Elle va vouloir que tu sois dessus aussi, et sur celle-là, il est un peu difficile de me reconnaître... Oh, ne boude pas. La luminosité est vraiment parfaitement maîtrisée, tu sais, et tu n'as pas bougé du tout, sinon ce serait vu. Les « photos-sorcières » deviennent très facilement floues, beaucoup plus que les autres... Mais non, tu n'es pas nul. Arrête de bouger et fais-moi un beau sourire, Selina sera contente. Prêt ? Cheeeeeeese ! » fit Colin en prenant son frère par l'épaule, son appareil photo tendu devant lui.*
Douze ans après la bataille, Sainte-Mangouste.
Un médecin se dirigeait vers lui.
« - Comment va-t-elle ? Comment va ma femme ? » demanda celui-ci, incroyablement inquiet.
Cela faisait six heures qu'il arpentait la salle d'attente des urgences. Six heures que ce foutu accident avait bouleversé sa vie. Et les paroles du médecin la bouleverseraient encore plus.
« - Monsieur, je dois vous annoncer que votre femme est décédée lors de l'opération. Nos sincères condoléances. Mais nous avons pu sauver votre fille. » déclara celui-ci.
Il ne put retenir ses larmes, il murmura plusieurs fois son nom, avant de comprendre le reste des paroles du médecin.
« - Ma fille ? » demanda-t-il, abasourdi au bout de quelques temps.
« - Le bébé de Mme Crivey. C'est une fille. Elle a à peine six mois et devra rester sous soins intensifs... »
« - Gabrielle était enceinte ? »
« - Vous n'étiez pas au courant ? »
« - Non. Je suis parti pour mon travail, il y a cinq mois. Je n'avais pas le droit de la joindre, je suis Auror et la mission était secrète. Je devais la revoir aujourd'hui. Elle a eu un grave accident de voiture en venant me chercher à l'aéroport moldu. Sa sœur m'a prévenue. Est-ce-que je peux la voir ? Le bébé. Ma fille. » dit-il, ne sachant plus trop ce qu'il disait.
Il voulait juste la voir. Son cœur battait aussi vite que lors de sa rencontre avec Gabrielle, après la bataille de Poudlard. Il était aussitôt tombé amoureux d'elle. Un vrai coup de foudre, et Gabrielle n'était pas en reste. Ils s'étaient fiancés à peine un mois plus tard, et s'étaient mariés presque trois ans après. Au départ, ils ne voulaient pas d'enfants, après ils n'avaient pas réussis à en avoir. Jusqu'à aujourd'hui. Et maintenant, de Gabrielle il ne lui restait que cet enfant. Cette petite fille qu'ils avaient tant voulue. On le conduisit jusqu'à elle. C'était une toute petite chose, toute rose et sans cheveux. Il put la prendre dans ses bras, avec beaucoup de précautions et sous la surveillance d'une infirmière.
« - A nous deux**, Emma. » murmura-t-il, mitigé entre la tristesse et la joie
*Eh oui, Colin a inventé les selfies.
**Petite référence au Père Goriot de Balzac. Je n'aurais jamais cru faire ça un jour, mais bon, tout arrive.
Gabrielle est Gabrielle Delacour, la sœur de Fleur.
Review or not review ? That is the question.
