Toutes mes excuses. J'avais déjà du retard sur le chapitre -j'avais prévu de le finir puis de le poster pour lundi-, puis je suis tombée malade (rien de grave) et je n'ai pas pu finir. Du coup, je n'ai qu'un chapitre pour cette semaine et la précédente, mais il fait le double des plus gros chapitres que j'ai posté, donc j'espère que vous me pardonnerez. La prochaine fois, à la demande d'un Guest (d'ailleurs, merci de lire et d'avoir commenté), ce sera Dorcas/Regulus. Si vous avez des suggestions pour la suite, vous pouvez proposer, mais je ne ferais sans doute pas plus de vingt chapitres à cette fanfic.


Remus et Nymphadora

Il faisait presque nuit, maintenant. Cela faisait bien deux jours que Dumbledore était mort. Les funérailles auraient lieu d'ici peu. Il pleuvait un petit peu, mais le gros de la pluie était déjà passé.

Elle pleurait, appuyée contre le vieil arbre. Remus s'approcha après quelques secondes d'hésitation.

« - Tonks, ça va aller ? » demanda-t-il en se penchant sur elle.

« - A ton avis ? Eliza et Jeremy sont morts, Amelia est morte, Sirius est mort et maintenant Dumbledore ! J'en ai marre que les gens meurent. Je te jure que si je mets la main sur ce putain de mage noir il passera un sale quart d'heure ! » sanglota-t-elle.

Remus fit apparaitre deux petits verres rempli d'un liquide ocre.

« - Bois. » dit-il en en tendant un à la jeune femme, avant de tremper les lèvres dans le sien.

« - Un philtre d'amour, Remus ? Je savais que tu craquerais. Ah non, c'est vrai, l'homme de ma vie ne m'aime pas ! » marmonna-t-elle à travers ces larmes, puis elle versa le liquide dans sa gorge.

« - Pas tout d'un coup ! C'est un puissant mélange de Vodka-Tord-Boyaux et de Whisky-pur-feu. »

« - Je préférerais qu'on ne soit pas ivres si on... » commença-t-elle après avoir fini son verre, ces sanglots incessants se couplant d'un léger sourire.

Elle ne tenait visiblement pas aussi bien l'alcool que Remus l'avait cru.

« - Tonks, on en a déjà parlé. C'est non. » grogna-t-il en levant les yeux au ciel.

« - Oui je sais : tu es trop vieux, trop dangereux et trop pauvre. Trop con, oui. Que je sache, je ne suis pas spécialement riche, j'ai choisi Auror comme métier, pas baby-sitter et on n'a que treize ans de différence. » dit-elle en s'asseyant dans l'herbe mouillée sans y faire attention.

Même ce que lui avait servi Remus n'était pas assez fort pour qu'elle puisse être soutenue par ses jambes.

« - C'est énorme. » fit Remus en s'asseyant à côté d'elle, tout en s'évertuant à ne pas songer au visage de la jeune femme.

Merlin, ce qu'elle pouvait être belle, les cheveux trempés par la pluie collés entre eux et retombant sur son visage à demi-ombragé, les yeux brillants et les larmes ravageant celui-ci. Il dût se faire violence pour ne pas tendre la main et les essuyer.

« - Tu sais que Sirius m'a donné son aval ? » demanda-t-elle en effaçant les larmes avec la manche de son pull moldu maladroitement, tandis que d'autres continuaient de tomber sur ses joues.

« - Je te demande pardon ? » répondit le loup-garou, croyant avoir mal saisi les propos de la fille d'Andromeda.

Il était trop occupé à s'empêcher de la serrer dans ses bras pour la consoler pour avoir prêté attention à ses paroles.

« - Eh ben ça ne le gênait pas, lui, que l'on se mette ensemble. » dit-elle en ravalant un soupir, éloignant d'une main tremblante une mèche qui lui tombait dans les yeux sans regarder Remus.

« - Il a dit ça pour ne pas te blesser. » répondit ce dernier, fixant le lac.

« - Non, il a dit ça parce qu'il regrettait. » murmura l'Auror, la voix hachée.

C'était trop. Tous ses amis qui mourraient un à un, cette impression d'être la survivante d'une catastrophe sans nom, cet amour fou dont elle se demandait s'il était véritablement partagé... Son don de Métamorphomage n'était pas près de revenir... Quand vous serez plus détendue, plus sereine peut-être, avait dit tous les psychomages qu'elle avait vus. Autrement dit quand vous aurez les deux pieds dans la tombe. Pas tout de suite, si possible.

« - Regrettait quoi ? » demanda Remus au bout d'un long moment.

Penser à Sirius le faisait souffrir. Ça lui rappelait ses aboiements rauques pendant les nuits de pleine lune, le rire insouciant de James pendant leur adolescence, le sourire heureux de Lily à son mariage, les grimaces de Peter au petit Harry... Et le fait qu'il avait pensé que c'était lui, le traître, toutes ses années. Alors qu'il avait même pleuré à « l'enterrement » de ce si cher Peter. C'était douloureux.

Et si Sirius ne lui paraissait avoir regretté qu'une chose dans sa vie, c'était bien de ne pas avoir étranglé Peter à sa naissance.

« - De ne rien avoir pu faire pour elle. » finit par répondre Tonks, en appuyant sa tête contre l'arbre qui soutenait son dos, les yeux mi-clos.

« - Lily ? » soupira Remus.

Sirius aurait tout sacrifié pour James. Jusqu'où cette phrase avait un sens, là était réellement la question.

« - La mère d'Harry ? » interrogea Tonks en plissant du nez, tirant sur une mèche de cheveux trempés pour en regarder la couleur.

Toujours le même brun terne. Ça lui donnait envie de pleurer. Encore. Pleurer, pleurer... N'y avait-il que ça dans la vie ?

« - Je me suis toujours demandé s'il ne l'aimait pas plus que son amitié pour James ne le laissait supposer. » expliqua l'homme qui avait été tant apprécié comme Professeur de DCFM en fronçant les sourcils, réfléchissant à cette éventualité, comme une vingtaine d'années plus tôt.

« - Pas elle, non. Bellatrix. » lâcha la jeune femme à ses côtés, croisant ses bras autour de sa poitrine pour se réchauffer.

« - Je ne saisis pas très bien le rapport. » répondit le Maraudeur, en soufflant dans ses mains, et il ôta sa cape pour la passer à Tonks, qui la refusa d'un geste de la tête.

Sans trop comprendre pourquoi, il se sentit blessé et se renfrogna. Les larmes courraient toujours sur le visage en cœur de Tonks, mais ses lèvres tressaillirent, dans la triste parodie d'un sourire. Ainsi, elle pouvait toujours le faire réagir. Elle avait les cartes en main, il n'y avait plus qu'à bien jouer. Elle prit une profonde inspiration avant d'entreprendre son récit, jeta un œil à la lune (à demi-pleine), et se lança.

« - Je me suis confiée à lui, un soir, dans la cuisine au 12, square Grimmaurd. Je lui ai dit que c'était sans espoir parce que tu étais borné. Il m'a dit que non et qu'il te parlerait. C'était la veille de... de ce qui s'est passé au Ministère. J'imagine qu'il n'a pas pu te dire... Peu importe. On a parlé jusque tard dans la nuit, et je lui ai demandé s'il avait des regrets, dans sa vie. Il a hésité, mais après j'ai parlé de toi, et il a fini par évoquer Bellatrix. Il m'a avoué être tombé amoureux d'elle, il y a des années et avoir pensé qu'il pourrait la faire sortir de l'emprise de Voldemort. C'était vers la mort de Regulus. Il ne le lui a jamais révélé, et il n'a pas pu la sauver. Il se disait que peut-être, s'il lui avait dit à temps... Il n'avait pas eu peur qu'elle ne l'aime pas en retour, non, il lui semblait que leurs sentiments étaient réciproques. Il avait eu peur qu'elle pense comme toi : qu'il était trop jeune –ils avaient neuf ans de différence-, irresponsable et que sa vie d'apprenti Auror auprès d'une Mangemort en herbe serait trop dangereuse. De plus, ils étaient cousins. Chez des Black, ça n'aurait surpris personne mais dans l'entourage de Sirius, ça aurait paru assez étrange. Alors il a attendu. Finalement, le temps passant, Bellatrix s'est follement éprise du mage noir qui a assassiné la moitié de cette planète. Il ne se l'est jamais pardonné. C'est tragique, hein ? Elle aurait pu vivre heureuse, avec lui. Mais elle a choisi la Marque (sans doute pour qu'il la remarque) parce qu'il l'évitait pour ne pas souffrir. Je ne ferai jamais une idiotie pareille, bien sûr, quoique... Il se peut que Bellatrix ait dit la même chose un jour. »

Elle n'avait pas réfléchi à tout ça. Elle n'y avait mis aucune forme, c'était comme une tirade banale, improvisée, où l'on se contentait d'énumérer les faits et ses pensées. Mais avait-elle seulement su toucher Remus ? Elle n'en savait rien. En tout cas, elle ne pleurait plus. Son cœur se serrait en pensant à Sirius, à Sirius malheureux de surcroit, et même à Sirius mort, mais elle espérait que maintenant il était en paix avec lui-même, et pas hanté comme lorsqu'elle l'avait connu.

« - Ce n'est pas du tout la même histoire. D'abord, toi et moi, on... » entreprit Remus.

« - Ose dire que tu ne m'aimes pas dans les yeux. Brise-moi le cœur en face, ne sois pas lâche. » lui cracha-t-elle au visage, ces yeux lançant des avada.

Il y eut un long silence. Remus ne pouvait pas lui dire ça, si ? Elle n'en était pas si sûre.

« - Peu importe. Je suis un loup-garou, Tonks. » dit-il doucement, comme si il parlait en petite fille.

A ces mots, une colère noire envahit la jeune femme et un rictus se traça sur son visage. Il ne lui faisait pas confiance. Il pensait à elle comme à une enfant maladroite incapable de savoir ce qui était bon pour elle. Et elle n'était plus une enfant depuis trop longtemps. La guerre faisait grandir vite. Voldemort avait peut-être était absent pendant une grande partie de sa scolarité, il lui avait quand même pourri la vie. Ses Mangemorts étaient toujours vivants –dont sa charmante tante Bella, quelques compagnons du défunt Regulus et quelques autres qui avaient mille raisons de s'en prendre aux Black reniés -, et Tonks n'avait jamais douté de son retour. Les cauchemars reviennent toujours, n'est-ce pas ? A quatorze ans, elle agissait déjà en adulte, redoublant les protections sur sa porte de dortoir, participant et aidant aux cours supplémentaires de Sortilèges que Flitwick donnait sous le prétexte d'améliorer le niveau de ses classes, et qui servait surtout à préparer les élèves à se défendre, et, si nécessaire, à se battre, ses heures supplémentaires empiétant à s'y méprendre sur la DCFM. Alors non, se faire traiter comme une gamine, elle n'apprécierait certainement pas. Des larmes de rage coulèrent sur son visage, laissant derrière elles des sillons brûlants.

« - J'avais compris, je n'ai plus cinq ans. Est-ce que l'un des symptômes de la lycanthropie est l'autodépréciation ? » répliqua-t-elle amèrement.

N'était-ce pas lui qui agissait comme un enfant ?

« - Mais c'est la vérité ! » s'écria Remus en détournant le regard.

Lâche. Et à Gryffondor, en plus.

« - Bien sûr... » fit-elle en se crispant, serrant les poings.

« - Tu es une fille bien, Tonks. Très bien. Mais je ne t'aime pas. » dit-il en croisant son regard.

Le sien était devenu dur comme la pierre. Tonks essuya rageusement les larmes de son visage et se leva avec brusquerie, trébuchant.

« - Cache-toi la vérité comme Sirius et Bellatrix ont si bien pu le faire : ça leur a tellement bien réussi après tout ! » souffla-t-elle, avant de laisser sa tête reposer contre le tronc du noyer.

« - Je suis désolé mais... » reprit le loup-garou.

« - Tu ne trouves pas qu'il y a eu assez d'histoires tragiques pendant toutes ces guerres pour ne pas y rajouter la nôtre ? Les Potter, Sirius et Bellatrix, les Prewett et leur famille, Eliza et Jeremy, Dumbledore et Grindelwald, Salazar et Helga, La Dame Grise et le Baron Sanglant, et tous les autres ? » fit la jeune femme en se retournant, les yeux et le nez rouges.

Lui avait-elle déjà parue aussi belle ?

« - Il n'y a pas d'histoire entre nous, Tonks. » répondit simplement Remus.

La jeune femme se laissa une nouvelle fois glisser contre le tronc de l'arbre.

« - Va dire ça à Sirius. Qu'il n'y avait pas d'histoire entre lui et Bellatrix. Pourquoi crois-tu qu'elle voulait à tout prix le tuer alors qu'elle ne s'est jamais acharnée comme ça sur ma mère, sa sœur qui l'avait trahie ? Il connaissait ses faiblesses. Pourquoi crois-tu qu'il n'a pas voulu être le gardien de James ? Elle connaissait les siennes. Tu sais ce qu'il m'a dit, avant que je ne reparte ? » dit-elle d'une voix brisée par l'émotion.

Sirius lui manquait. Il lui aurait dit de ne pas perdre espoir, que ça s'arrangerait. Mais comment ? Elle était à bout de nerfs, presque hystérique. Elle n'avait pas vingt-cinq ans, et elle était déjà fatiguée de vivre. Fatiguée de pleurer, fatiguée de voir les gens mourir, fatiguée d'aimer en vain.

« - ''Tout le monde mérite d'être aimé, Dora. Lunard n'en a pas conscience, mais c'est peut-être la personne que je connais qui le mérite le plus. Sa vie n'a pas été facile, tu sais. J'aurais dû être là. James et Lily auraient dû être là. Malheureusement, la vie c'est compliqué, et il a été seul, toutes ses années. Ne crois pas qu'il est incapable d'aimer. Mais c'est difficile, pour lui. Laisse-lui le temps. J'aimerai que quelqu'un puisse le rendre heureux. Et que ce quelqu'un, ce soit toi. Lunard n'a jamais été un grand bavard, mais je sais qu'il t'estime beaucoup. Si tu n'arrives pas à t'en faire aimer, je mourrais de la main de Bellatrix avant demain soir.'' Il avait ri. Et moi aussi. Il passait tout son temps enfermé chez lui, en ce temps. Comment aurait-on pu seulement imaginer que cela arriverait ? C'était le plus en sécurité de nous tous. Je me rassure en me disant qu'au moins il a pu la revoir. La première partie du discours était très Dumbledoresque, n'est-ce pas ? Et la seconde me fait penser que Sirius aurait pu faire un bon Poufsouffle aussi. »

Remus demeura interdit. Tonks se recroquevilla sur elle-même, vide. Elle ne pleurait plus, c'était comme si on lui avait arraché le cœur. Elle secoua la tête, essayant d'oublier. Ce n'était pas la première fois que Remus la repoussait, mais cette fois elle lui avait livré ses sentiments et le fond de sa pensée entièrement, et elle estimait que c'était le pire râteau de toute sa vie. Enfin, peut-être pas. Celui qu'elle s'était pris devant tout le stade de Quidditch par Elias Dickens après le match –elle avait stupidement oublié que le micro de commentatrice était toujours branché sur elle- était plus humiliant encore. Remarque, les deux se valaient, pensa-t-elle. Heureusement que McGonagall avait coupé le son à temps, les autres n'avaient pas pu entendre le 'non' horrifié du Capitaine de Quidditch des Poufsouffles, même s'ils avaient tous ou presque tourné le regard vers eux, et Eliza avait passé des heures à la consoler autour de Chocogrenouilles. Mais maintenant, elle était morte, et il n'y avait pas de paquet de Chocogrenouilles où piocher. Tonks était à ce stade de réflexion quand Remus sortit quelque chose de sa poche et lui en proposa. Du chocolat. La jeune femme laissa échapper un rire étrangler –Remus et son chocolat, quelle histoire !- avant de se dire qu'elle aimerait bien qu'il l'aime autant que cet aliment. Elle posa sa tête sur ses genoux, ses jambes étant ramenées contre elle. Et elle se remit à pleurer. Sauf qu'elle ne pleurait pas à cause de tous ces morts injustes, de l'impuissance qu'elle ressentait, de sa fatigue de vivre ou de sa colère. Elle pleurait sur son amour sans espoir, sur son cœur si faible. ''La faiblesse d'un cœur est la force de celui auquel il appartient'', aurait dit Dumbledore, mais il était mort, et ça ne comptait plus. Plus rien d'autre ne comptait que le fait qu'elle se fasse rejeter encore et toujours par Remus, et que son cœur, malade, saignait. Elle pleurait pour elle-même, et ça lui faisait du bien. Elle pleurait en silence, la tête contre les genoux, ces bras les encerclant pour conserver de la chaleur. C'est à peine si elle sentit un bras entourer ses épaules et quelqu'un la serrer contre elle. Impulsivement, elle se blottit contre le corps chaud qui l'entourait et cala sa tête dans l'épaule qu'on lui présentait. Elle se laissa emporter par sa douleur, s'agrippa avec force aux robes de la personne contre laquelle elle respirait, et laissa son visage se déformer sous les flots qui coulaient de ses yeux. Puis elle se calma, voulut remercier celui qui l'avait appuyé dans son chagrin, releva la tête et comprit qu'elle était dans les bras de Remus en croisant des yeux bruns légèrement ocrés –sûrement à cause de la lycanthropie. Elle renifla, balbutia quelque chose d'incohérent auquel il répondit par un hochement de tête. Elle ne se dégagea pas et il ne chercha pas à l'éloigner de lui. Ils restèrent un moment, comme ça, puis :

« - Vous n'avez pas honte ? Tous les élèves ont été sommés de se rendre à l'intérieur avant le couvre-feu. Sans gêne, vraiment. Et vous ne cherchez même pas à vous cacher, où avez-vous donc la tête ? Si c'est encore vous, Miss Bell et Mr Brown...» entendirent-ils derrière eux.

Tonks sursauta, mais pas Remus, qui se contenta de rougir sévèrement. Ils cherchèrent à se séparer, mais Tonks s'empêtra dans les pieds de Remus dans une tentative pour se relever et retomba contre le torse de Remus, qui l'attrapa par la taille pour l'aider à retrouver une position correcte. Trop tard. C'est comme ça que MacGonagall les surpris : Remus les mains sur les hanches de Tonks, rouge de confusion parce que le décolleté de cette dernière arrivait au niveau de ses yeux, et la jeune demme se mordant la lèvre inférieure, mortifiée, mais son regard ne quittant pas celui de Remus, qui la regardait aussi parce que la vue qu'il avait en face était plutôt embarrassante.

« - Professeur MacGonagall... » salua-t-il tout de même d'un ton digne, en enlevant aussitôt ses mains du corps de la jeune femme.

Ce qui fit que celle-ci se retrouva par terre, la tête contre le buste du lycanthrope.

Tonks se racla la gorge avant de réussir à s'asseoir avec l'aide de Remus –sur la cheville de celui-ci va sans dire- et essaya elle aussi de prendre une apparence digne. En toute discrétion.

« - Mr Lupin et... Miss Tonks ? » s'étonna le Professeur.

« - Belle nuit, n'est-ce pas ? » demanda innocemment la jeune femme avec un sourire.

Le loup-garou lui jeta un regard assassin. Ce qui ne fit que confirmer à la nouvelle Directrice de Poudlard sa première impression.

« - Oui... Oui, très certainement. » fit-elle.

Au bout de quelques secondes, elle ajouta :

« - Je ne voulais pas vous déranger, je pensais qu'il s'agissait d'élèves qui... »

Remus balaya ses excuses de la main.

« - Oh, bien sûr. Mais vous ne nous gênez pas, nous étions simplement en train de discuter. » fit-il d'un ton négligeant.

« - Absolument, d'ailleurs, Professeur, pensez-vous que les lycanthropes sont aptes à aimer et à être aimés ? L'opinion de Mr Lupin et la mienne diffèrent sur ce sujet. » dit Tonks en levant les yeux vers elle.

Elle ne voulait pas voir le regard de Remus quand il l'assassinerait.

« - J'ai une grande estime pour votre opinion, Miss. Vous avez un grand cœur, et j'aimerai que le monde soit rempli de gens comme vous. Les lycanthropes aussi, j'en suis convaincue. – Remus parut mal à l'aise- N'oubliez jamais que ce sont des êtres humains 353 jours par an, et que, comme vous, ils peuvent connaître la souffrance, la joie, la peur, la tristesse, ou la pitié. Il n'y aucune raison qui les empêche d'aimer ou d'être aimés, que ce soit amicalement ou plus... intensément. Vous confirmez mes dires, j'imagine, Mr Lupin ? »

Remus grogna. Tonks se retint avec peine de sauter au cou de son ancien Professeur de Métamorphose.

« - Merci... –Croisant les yeux de Remus-. De ahem... soutenir mon opinion, Professeur. » dit-elle, émue.

« - Vous aurez toujours ma bénédiction pour penser de cette façon, Miss. » répondit la Directrice avant de lui serrer la main chaleureusement, puis celle de Remus.

« - Les personnes comme Miss Tonks sont précieuses, Mr Lupin. Prenez en soin pour moi. » ajouta-t-elle avant de partir.

« - Tu l'as soudoyée ? » demanda Remus quand elle fut loin, les sourcils froncés, tandis que Tonks se levait de sa cheville –Remus grimaça-.

Elle se rassit à côté de lui, laissant –malencontreusement- tomber sa main sur la sienne.

Elle tira sur une mèche de ses cheveux avant de répondre.

« - Ab... »

Elle s'arrêta au milieu de sa phrase et bondit sur ses pieds.

Remus se releva prestement et sortit sa baguette avec vivacité.

« - Où ? » chuchota-t-il en la pointant devant lui avant de lancer un Protego.

« - Désolée, fausse alerte... Mais Remus, mes cheveux ! » dit-elle en sautillant.

« - Tes che... Ils sont roses ?! » remarqua celui-ci avec ahurissement.

Comment étaient-ils revenus à la normale ?

« - Merci, Merlin, merci. Oh Remus ! » fit-elle en joignant ses mains.

Ses cheveux passèrent par toutes les couleurs : jaune poussin, lilas, vert tendre, cramoisi... avant de redevenir roses. On ne se refait pas.

On voyait encore qu'elle avait pleuré –et elle ne modifia pas son apparence pour le cacher-, mais elle était si heureuse !

Elle se rendit à peine compte de ce qu'elle faisait quand elle se jeta dans les bras de Remus, qui passa une main dans son dos par réflexe. Elle ne lui laissa pas le loisir de l'enlever : rassemblant tout son courage, elle se hissa sur la pointe des pieds et l'embrassa. Au début, il ne réagit pas. Mais au moment où elle s'apprêtait à s'en aller, triste et honteuse, il la retient par le bras. Elle lui jeta un regard perdu. Il hésita. Il hésita cinq longues secondes. Les secondes les plus longues de ma vie, dirait plus tard Tonks. Puis il prit le visage de la jeune femme entre ses mains et l'embrassa.

Plus loin, devant la porte du château, un chat les observait. Et il ronronna de satisfaction quand il vit ses impressions confirmées.

5 juin 2015

« - Quelque chose ne va pas, Mr Lupin ? Vous vous inquiétez pour vos résultats aux ASPICs ? » demanda le Professeur MacGonagall.

C'était le seul élève encore dans sa classe, la fin de l'heure avait sonné il y a quelques minutes.

« - Bah, ça, ça va. »

« - Vos parents auraient été fiers de vous. Ils excellaient tous deux en Métamorphose, comme vous, et c'était également de brillants élèves. »

« - Ce n'est pas vraiment le problème, Professeur. Le problème, c'est Vi... Une fille que j'aime bien. » dit-il en se prenant les pieds dans sa chaise alors qu'il se levait, et il se retint à sa chaise.

« - Oui ? » questionna la Directrice.

Ce petit –de presque dix-huit ans- avait la maladresse pathologique de et le don de Métamorphomage de sa mère mais ressemblait par bien des façons à son père.

« - Heu... J'aimerai bien lui demander de sortir avec moi, mais en fait je ne sais pas trop comment les autres vont le prendre. » dit-il, un peu penaud.

Demander des conseils au dinosaure qui enseignait la Métamorphose lui semblait un peu idiot, bien qu'il appréciât énormément ce professeur.

« - Les autres ? » questionna le Professeur MacGonagall avec gentillesse, en pensant que Nymphadora s'en était bien moqué, des autres.

« - Not... Ma famille et la sienne. Nos amis. » expliqua-t-il, embarrassé.

« - Le regard des autres comptent tant que ça pour vous, Mr Lupin ? » demanda la Directrice en haussant un sourcil.

« - Je pense qu'elle mérite mieux que moi, en fait. » marmonna-t-il, les yeux baissés.

« - Et qui est mieux que vous ? » demanda doucement la vieille Gryffondor.

Il faudrait qu'elle parle à Andromeda de l'estime qu'avait pour lui-même son élève.

« - Je ne sais pas... Peterson, Stebbins, Kennedy... » dit-il en haussant les épaules dans un soupir.

« - Et qu'ont-ils de mieux que vous ? » demanda son Professeur.

C'était de bons élèves, agréables et respectueux, n'attirant pas spécialement des hordes d'élèves, ni plus ni moins que le garçon.

« - Ils sont plus... normaux. Enfin, vous voyez, moi, je suis demi-loup-garou et demi-Métamorphomage. Et si ça se trouve, je finirai peut-être par me transformer en loup-garou, parce qu'il n'y a pas vraiment d'études sur le sujet car peu de lycanthropes ont des enfants. Et puis je risque de le transmettre à ma descendance. C'est un peu flippant, non ? » fit-il en se tortillant les mains.

Pauvre enfant. Grandir sans sa mère et son père... Nymphadora l'aurait aidé à prendre confiance en lui, et son père lui aurait appris que le bonheur, c'était simple, au fond.

« - Est-ce là le seul problème, Mr Lupin ? » demanda son aînée en le regardant.

« - Euh... Vous en voyez d'autres ? » fit Teddy, confus.

« - C'est la question que je vous pose. » fit la Directrice avec un sourire encourageant.

Qu'est-ce-qu'il allait lui inventer ? Un nouvel argument Remusien risquait d'apparaitre.

« - Ben, je suis plus vieux qu'elle. » dit-il en passant une main dans ses cheveux, de leur habituel vert sapin.

Le Professeur MacGonagall se retint de sourire. Elle avait eu raison.

« - C'est tout ? » insista-t-elle.

« - Euh... Je suis accro au chocolat et nul au Quidditch. » avoua-t-il à la vieille femme.

« - Un drame. » remarqua celle-ci.

Il lui rappelait tellement Remus. Bien que celui-ci soit plutôt bon au Quidditch. Nymphadora, en revanche...

« - Vous croyez ? » questionna Teddy Lupin en arquant un sourcil.

« - Votre père était comme vous, il se posait beaucoup de questions. Mais votre mère savait ce qu'elle voulait. Et croyait moi, elle était douée pour l'obtenir. Et il se trouva un jour, où, ce qu'elle voulait, c'était être aimée de votre père. Il ne croyait pas vraiment en lui, mais elle a si bien fait qu'ils se sont mariés et que vous êtes né. Croyez en vous, Mr Lupin. Si cette fille en vaut vraiment la peine, elle vous acceptera comme vous êtes. Les cinquième année ont cours de Divination et je souhaiterais voir Miss Weasley pour son projet d'orientation. J'imagine que ça ne vous dérange pas d'aller me la chercher ? Ne vous pressez pas, je peux bien attendre une petite demi-heure. »

Teddy se dit que finalement, le dinosaure qui enseignait la Métamorphose était clairvoyant et bien utile, et le remercia. Quant au professeur MacGonagall, elle se plongea dans sa rêverie, ne comptant pas avoir Miss Weasley et Mr Lupin dans son bureau avant une bonne demi-heure.

Ah, les jeunes gens, pensa-t-elle. Elle prenait sa retraite à la fin de l'année, et les événements mineurs qui rythmaient sa vie comme les règlements de disputes entre amis, les réponses aux éventuels doutes des adolescents, la résolution des petits malheurs des uns et des autres de ces –ses- enfants, allaient lui manquer. Heureusement, elle savait qu'avec Neville et Padma ils seraient entre de bonnes mains.


Alors, suis-je pardonnée ? Beaucoup de larmes dans ce chapitre, et pourtant pas de Cho (désolée, mais je ne pense pas parvenir à écrire sur elle... question d'affinité). JDu coup j'ai voulu alléger la partie 2 et vous éviter la mort de Remus et Tonks, parce que moi ça me fait vraiment pleurer. J'espère que ça ne vous a pas trop rebutés en tout cas.