Vous allez finir par me trucider, à force... Je suis encore en retard, veuillez m'excuser –s'ils vous restent de quoi m'excusez, je sais que j'abuse-. Je vais donc prendre des mesures pour que ça ne se reproduise plus si possible. Le rythme d'une semaine est un peu court pour que je parvienne à le tenir en période de guerre scolaire –comprenez avalanche de devoirs, et trop peu de temps pour les faire et écrire, et autant j'aime écrire, autant j'aimerai réussir mon bac de français et celui de sciences à la fin de l'année-. Donc j'essaierai de tenir le délai d'une semaine quand je le pourrai, mais sinon je le reporte à deux. Pour ce chapitre, ayez l'immense bonté de considérer qu'on est samedi, parce que je ne pourrais pas poster –du moins pas de l'écriture directe (autrement dit, cette fic en particulier)- en semaine, je termine toujours mes retouches vendredi et samedi. Là c'est exceptionnel, mais je vous devez une explication. Donc au pire des cas je posterai le samedi dans deux semaines, au meilleur, celui dans une semaine. Comme promis, Dorcas/Regulus, pairing conseillé par une lectrice.
Dorcas et Regulus.
Regulus dormait, un bras sous la tête. Dorcas s'installa à plat ventre à côté de lui, avant de sortir un livre de sa besace et de le poser ouvert dans l'herbe devant elle. Regulus grogna dans son sommeil, et un sourire s'échappa des lèvres de la jeune fille. Elle continua sa lecture, rêveuse. Regulus se réveilla. Il ouvrit les yeux, contemplant le ciel clair. Puis il tourna la tête et vit la charmante jeune femme aux cheveux blond vénitien* coupés aux épaules, plongée dans sa lecture, se rongeant un ongle, vernis de rose clair. Il la contempla tourner les pages un long moment sans bouger, puis elle croisa son regard. Il s'assit et enleva une feuille morte et un peu de terre de sa propre chevelure.
« - Qu'est-ce que tu lis ? » dit-il avec une pointe de curiosité.
« - Tout le monde rit, tout le monde pleure, tout le monde meurt de Paulus Brown, écrit au XVIIème siècle. Et non, ce n'est pas stupide. » fit la jeune fille en lui jetant un regard noir.
« - C'est un roman à l'eau de rose pour fillettes trop sentimentales... » se contenta de dire Regulus en haussant les épaules.
« - La plus belle tragédie sorcière de tous les temps ! Comment oses-tu ! » s'indigna Dorcas Meadowes en soupirant.
Exaspérant. Ce type était exaspérant. Adorable, beau comme un dieu, plus intelligent que la plupart, et, surtout, exaspérant.
« - C'est tragique ? » demanda-t-il en levant un sourcil.
Dorcas crut qu'elle allait s'évanouir. Par Merlin...
« - Evidemment ! Tu ne savais pas ça ? » s'étonne-t-elle, les yeux écarquillés, entre la stupéfaction et l'horreur.
Comment peut-il ne pas le savoir ?
« - Ce n'est pas trop mon genre de lecture, ma Dorcas... » dit-il avec un faible sourire.
Elle rougit. Idiot, il essayait de l'embobiner par de belles paroles et un joli sourire. Le pire, c'est que c'était sur le point de fonctionner. Merlin, qu'est-ce qu'il était beau... Heureusement pour lui, d'ailleurs. Dorcas en aurait presque oublié de s'indigner. Cependant, elle était têtue. Elle secoua la tête à regret pour se défaire de l'envoûtement du regard sombre de Regulus.
« - Est-ce que je te parle d'un genre de lecture ? Non ! Tout le monde aime ce livre ! C'est la quatrième fois que je le relis ! Attends, je vais te lire un passage :
La belle enfant,
Beaux yeux d'argent,
Visage aimant,
Doux corps dansant,
Cheveux volant
Au gré du vent,
Part doucement,
Meurs lentement.
Son triste amant
Très vite apprend
En la cherchant,
La mort de l'enfant,
Sortie du rang
Du noble sang,
Cadavre blanc
Dans cet étang.
Ce n'est pas magnifique ? ** Rassure-moi, Reg, tu sais ce que l'on a découvert sur cette histoire ? »
« - Euh... L'héroïne meurt ? » dit-il avec désintérêt, fixant les lèvres de Dorcas.
Rosées, pleines et entrouvertes. Magnifiques. Mais elle n'en avait pas fini avec lui.
« - Franchement, dis-moi, qu'est-ce que je fais avec un type comme toi ? C'est autobiographique ! Brown était l'amant de cette fille, qui est morte ! »
« - Ah ? » fit Regulus, faisant mine d'écouter.
« - C'était une Black. Quelqu'un de ta famille. Cassiopeia Lyra, mais il ne donne jamais son nom dans le texte, et je ne pense pas qu'elle apparaisse sur votre arbre, ça date du XVIIème siècle. D'ailleurs le livre a été renommé, on l'appelle aussi Cassiopeia Black et Paulus Brown : une passion impossible dans les versions récentes, comme la mienne : le langage a été modernisé. »
« - Pourquoi leur passion est impossible, déjà ? » fit Regulus avant de plonger ses yeux dans ceux de Dorcas. Il adorait la faire rougir.
« - Reg, enfin ! C'est une Black. Elle est évidemment à Serpentard. Et il était à Gryffondor. La légende dit que leurs pères se haïssaient durant leurs études, et que leur haine ne s'était jamais éteinte, parce que la mère de Paulus avait été courtisé par le père de Peia. Ils avaient quatorze ans quand ils ont voulu fuir, comme c'est raconté. Paulus attendait Peia à un endroit précis, mais pour y arriver plus vite, et parce qu'elle avait peur de passer devant les chiens de son père, elle a traversé un étang gelé. La glace a rompu sous son poids tandis qu'elle traversait, et elle s'est noyée, ou est morte de froid. Sûrement un peu les deux. Paulus, ne la voyant pas arriver, vient la chercher. Il est à cheval. En voyant la glace brisée, il comprend vite, et on devine une forme blanche dans l'eau. Il la sort de là, elle est gelée, et il a beau l'appeler, elle ne répond plus. Et ça c'est réellement passé, pas uniquement dans le bouquin. Donc non, ce n'est pas une niaiserie banale ! » s'insurgea-t-elle, les poings sur les hanches.
« - Gryffondor et Serpentard... ça ne peut que mal finir, ces choses-là... »
Il semblait bien sûr de lui, et Dorcas se sentit confuse.
« - Eh ! Nous deux, on compte pour de la bouse de dragon ? » dit-elle en lui envoyant un coup de coude dans les côtes.
Il la prit dans ses bras et lui embrassa la tête, mais ne répondit pas.
« - Non, ça ne finira pas comme Peia et Paulus. Peu importe ta famille, ce n'est pas elle que j'ai promis d'épouser. On sera heureux, tous les deux, et on aura une jolie petite famille. » dit-elle en regardant la bague à son doigt.
Personne n'était dans le secret. Juste eux. Tout le monde –ou presque, il y a toujours quelques paumés- savait qu'ils flirtaient, mais personne ne se doutait qu'il l'avait demandé en mariage. Encore moins qu'elle avait dit oui. Les Serpentards n'aimaient pas trop Dorcas, mais son sang était pur et ils n'avaient rien à redire là-dessus, et son père était Mangemort, alors ils les laissaient tranquilles, pensant que c'était juste une amourette sans importance. Une amourette sans importance qui aiderait à la chute de Lord Voldemort, mais ça, personne n'était au courant. Excepté Regulus, peut-être. Qui se mit à bailler.
« - Je sais que ce ne sont pas mes hippogriffes, mais tu es fatigué en ce moment, non ? » fit Dorcas, inquiète, avant de lui toucher le front.
« - Je vais bien, ne t'en fais pas. Je ne dors pas trop, c'est tout. En plus, il y a toi... »
« - Tu sais très bien que je ne t'en veux pas pour... » fit-elle en baissant les yeux sur l'avant-bras de Regulus.
« - Je... » déglutit-il péniblement.
« - On fait tous des erreurs, O.K ? Tu as fait une connerie. Il suffit juste de se rattraper. On pourrait te protéger. Je peux en toucher un mot à Dum... » murmura-t-elle en posant une main rassurante sur le bras du jeune homme.
« - Je ne rejoindrai pas l'Ordre, Dorcas. » répliqua-t-il très bas, en la regardant.
« - En es-tu sûr ? » fit celle-ci en se penchant vers lui.
« - Ne serait-ce que parce que Sirius y participe ainsi qu'une armée entière de Gryffondors... » répondit Regulus avec un sourire qu'il voulait ironique.
Et qui était atrocement triste, mais qu'il cacha à Dorcas en toussant.
« - Pour ta protection. Pour moi. » le supplia-t-elle en s'accrochant à lui.
« - Crois-moi sincèrement, je me repends amèrement d'avoir cherché à connaître ce monstre. Je sais déjà comment je dois me repentir, mais pas comme ça. Ce doit être un geste plus personnel. Plus fort. » dit-il en prenant une grande inspiration.
Il ne voulait pas la regarder, elle devinerait. Alors il regarda vers le ciel, vers l'avenir.
« - Rien de stupide, hein, Reg ? » dit-elle, une vague d'angoisse dans la voix.
« - Fais-moi confiance. Si je réussis, ce type finira par n'être plus qu'un mauvais souvenir. » répondit-il en l'entourant de ses bras, pour la sentir contre lui et qu'elle ne tente pas de deviner ses émotions en lisant son visage.
« - Et si tu échoues, Regulus ? » souffla la jeune fille en relevant la tête.
Oui, si tu échoues, Regulus ? Que répondre à cela ?
J'aurais essayé. Mais ça ne lui plairait pas.
« - Alors tu prendras la relève, j'imagine. » dit-il, en essayant vainement de modérer ses propos.
Il savait qu'il pouvait en mourir, et maintenant, elle aussi. 'Mais si cela doit arriver, ne le fais pas. S'il-te-plaît, Dorcas. Tiens-toi loin de cette guerre', disaient ses yeux. Elle se crispa un peu contre lui, et il lui embrassa le crâne.
« - Tout ira bien, Dorcas. » ajouta-t-il en jouant avec une mèche de ses cheveux.
'Tant que tu restes en vie. C'est tout ce qui compte', lui disait son regard fixé sur la chevelure claire. Ce qu'il ne pouvait pas savoir, c'est qu'à cet instant, son regard à elle était identique.
Mars 1981
Celle qui avait corrompu Regulus était face à Voldemort. Elle n'avait pas vingt ans, et il allait la tuer. Et elle n'avait pas peur. Non, elle ne lui ferait pas ce plaisir. Cela faisait bientôt deux ans qu'elle avait cessé d'avoir peur pour elle. Elle s'était battue comme une lionne, toutes griffes dehors, et ils avaient eu du mal à l'amener jusqu'ici. Ils l'avaient même assommée pour plus de sûreté. Elle venait de reprendre ses esprits. Maintenant, il ne lui restait que peu de répit. Elle regarda sa bague, un simple anneau d'argent pour la promesse d'aimer éternellement***. Elle y déposa un léger baiser. Puis ce que certains appelleront l'horreur dans les futures récits d'Histoire de la Magie commença. Et alors que les Mangemorts enchaînaient les Doloris, elle ne ressentait rien. Cela faisait deux ans qu'elle ne ressentait presque plus rien. Qu'était la douleur d'un Doloris face à la douleur d'avoir perdu Regulus ? D'avoir perdu ses rêves ? Dorcas ne voulait pas grand-chose. Juste Regulus, et un endroit où fonder un foyer en toute sécurité, loin de l'Angleterre. Elle n'était plus qu'une coquille vide. Comme Paulus Brown. Regulus était sa Cassiopeia, en quelque sorte.
« - Tu es une traître, m'a-t-on dit, Meadowes... Avec un nom de famille aussi honorable que le tien, quel dommage ! Tu aurais pu remplacer ton père en temps voulu... »
Son père. Cet homme qui l'avait vendu à Voldemort méritait-il ce nom ? Non. Sa mère, une brave femme Sang-Pure à l'esprit simple, était morte peu de temps avant sa répartition, et dès que Dorcas avait rejoint Gryffondor, elle avait trouvé une nouvelle famille, qui lui avait mieux convenue. Et c'était à Serpentard qu'elle avait rencontré l'amour de sa vie, celui pour qui elle mourrait aujourd'hui. Elle ne put s'empêcher de sourire. D'un sourire las, comme si elle souhaitait expliquer quelque chose à un enfant, ou à une personne particulièrement limitée qui aurait déjà eu des explications sur le sujet un million de fois sans rien y comprendre.
« - Vous ne connaissez rien à l'amour, n'est-ce pas ? Vous ne savez pas aimer. Un jour ou l'autre, vous le regretterez. Rien ne vaut ce sentiment, et c'est par l'amour que nous vaincrons. Et ce jour-là, vous mourrez comme je meurs. Misérablement, seul au milieu de ruines. Sauf que je meurs par amour, vous, vous mourrez par ignorance et stupidité. L'Ordre a déjà gagné, il ne restera de vous que des cendres. Je partirai de ce monde en sachant qu'il ne pourra être que meilleur d'ici quelques temps. Vous m'offrez un magnifique cadeau, Lord Voldemort. Mais si vous êtes Lord, je suis reine****, et j'ai bien peur que vous l'ayez oublié. Je tiens donc à vous remercier de mettre fin à mon existence –que dis-je, ma survivance- pathétique. Cependant n'oubliez pas que chacun de vos pas vous mènera à la chute. L'Ordre vaincra. »
La leçon de vie qu'elle venait de lui donner avait surpris Voldemort. Elle osait s'opposer à lui alors qu'elle allait mourir ? Elle ne tremblait pas, ne suppliait pas ? Mais qui était donc cette femme ? Une folle, pour sûr ! Elle rejeta ses cheveux blonds-roux en arrière, le défiant en relevant le menton, et...
Se mit à rire au nez du Seigneur des Ténèbres, entourée par une armada de Mangemorts, pour une raison connue d'elle seule.
« - Vous mourrez. L'Ordre vaincra. » insista-t-elle avec assurance un sourire désormais tendre sur le visage, les bras croisés.
Ce fut l'ingrédient qui fit exploser le chaudron. Trop d'audace.
« - Avada Kedavra ! »
C'était la première fois qu'une victime de Lord Voldemort arborait un sourire si étincelant dans la mort. C'était la première fois qu'une de ces victimes mourraient avec tant de courage et de dignité, bien qu'il n'y vit que stupidité et folie. Et elle lui avait prédit sa chute avec une telle certitude... Il était habitué aux menaces, mais c'était plus que ça. Une promesse, quasiment. Cette femme était certaine qu'il allait mourir, pour quelque chose d'aussi insignifiant que l'amour. Quelle idiote. L'Ordre devait être désespéré pour recruter des timbrées pareilles. Il vaincrait aisément. Du moins, c'est ce qu'il croyait. Car, pour finir, l'Ordre vaincrait.
*Blond vénitien : mélange de blond et de roux clair. Google images vous renseignera certainement mieux que moi sur la nuance exacte.
**Ce n'est pas de l'autocongratulation, rassurez-vous. J'ai écrit le poème assez rapidement, et il reste médiocre, je ne me fais pas trop d'illusions ! Vous avez remarqué, j'ai quand même fait un effort, tous des tétrasyllabes (plus ou moins beaux et cohérents, certes), à part 'la mort de l'enfant'.
***J'ai hésité mais je les ai mariés. Secrètement, bien évidemment.
****'Si vous êtes Lord, je suis reine' : Regulus signifie roitelet (petit roi), en latin, et la femme du roi, c'est la reine ! (Oui, je vous assure que j'ai dépassé la barre des cinq ans...) Mon côté poétique ressort ! (Pour le meilleur et surtout le pire...)
J'ai vraiment fait du pathos, non ? (Bon, en même temps, la majorité de mes écrits font dans le pathos... On ne se refait pas.) Enfin, juste une question. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Et y a-t-il un binôme –voir trinôme, mais ma préférence va aux binômes- (ami(e)s-frères, sœurs-couple-ennemis si ça vous chante-cousins-prof,élève (je vous rappelle que je fais du rating T léger qui ressemble étrangement à du K, par interaction prof/élève je n'entends pas plus que ce que j'ai fait avec MacGonagall et Teddy Lupin dans la continuité de l'O.S. Tonks/Remus...) vous tente ? Qui ait eu une chance de se retrouver à Poudlard ? (Exemple : Pour Grindelwald et Dumbledore, ça ne fonctionne pas. Je crois que je vais pleurer. Laissez tomber, c'est trop dur d'essayer de me comprendre !) Personnellement je préfère écrire sur ceux qui y ont été élèves, et pas les principaux (autrement dit, pas Harry, Hermione et Ron). J'ai tendance à conserver les pairings originaux, au passage. Toutes générations confondues. Une idée ? Si personne ne propose avant que je commence à écrire –d'ici peu, si tout va bien-, ce sera sûrement du Merlin/Trelawney. Non, je rigole. S'il n'y a pas de propositions, ce sera Helga et Rowena (co-fondatrices de Poudlard, pour vous rafraîchir la mémoire), avec fond d'Helzar à sens unique (vive le pathos !). Bon, en réalité, je n'en sais encore rien, donc même si personne ne donne d'idée, je ferai peut-être autre chose.
Merci à ceux qui continuent à s'acharner à commenter mes chapitres, ça fait vraiment plaisir !
