Bon, je suis encore en retard, mais c'est un gros chapitre (plus de 3700 mots de texte brut). Pour le Helena/Tom proposé par Tia, je verrais peut-être la prochaine fois, mais là je n'avais pas le temps (parce que je ne voyais pas du tout comment le faire). Pour ceux qui ne se souviendraient pas, dans cette fic Vivian est une O.C., fille de Thyme Brown (O.C. également) et de Katie Bell. D'ailleurs, petit passage Katie/Thyme à la fin. Merci à tous ceux qui lisent cette fic, et commentent (dédicace spéciale à araignée-au-plafond) malgré mon incapacité flagrante à tenir des délais : elle enregistre plus de 2000 vues (dont la moitié sont de moi pour effacer le minimum syndical de fautes d'orthographe énormes que j'ai semées...).

Tia : Merci de lire et de te manifester ! :) Ombrage et MacGonagall ? J'étais pliée ! Merci d'avoir fait une proposition en tout cas, je ne l'oublie pas, promis, mais je n'avais pas d'inspiration dessus sur le moment, et comme je savais que j'étais déjà en retard...


James S. et Vivian

Son père l'avait amenée dehors, malgré les vaines protestations de Mme Robbins. Vivian savait que Thyme allait lui passer un savon et qu'il ne comptait pas se donner en spectacle dans l'infirmerie, devant les Potter, de plus.

« - On ne frappe pas les autres, Vi. Que le professeur Londubat ne t'aie pas fait exclure est vraiment compréhensif de sa part. » commença-t-il, après qu'ils eurent marché un peu dans le Parc.

« - Tu n'étais pas obligé de venir. » protesta la cinquième année, de mauvaise humeur.

« - Il fallait bien quelqu'un pour te faire la leçon, non ? » répliqua le jeune père.

Et aussi pour veiller sur toi, pensa-t-il en se gardant bien de le dire. Vivian devenait un peu trop indépendante à son goût.

« - Mais c'est la faute de James ! Et j'ai été blessée aussi ! » répliqua-t-elle en désignant l'attelle qu'elle avait au bras.

« - Vivian... Il n'a fait que répliquer. Pas très intelligemment, mais ce n'était que de l'autodéfense. C'est toi qui l'a attaqué sans raison, ne renverse pas la situation. » soupira son père.

« - Tu ne sais pas comment il est ! » dit-elle en croisant les bras sur sa poitrine, ou du moins en essayant, l'attelle n'aidait pas.

Quelque chose dans sa voix fit que Thyme la regarda plus précautionneusement.

« - Et il est comment, alors ? » demanda-t-il avec douceur.

« - Il... Je... Je ne sais pas, il est comme ça, c'est tout ! » balbutia Vivian en prenant une grande inspiration.

« - Hé... » fit Thyme en posant ses mains sur les épaules de sa fille.

Elle fuit son regard inquisiteur, et papillonna des yeux.

« - Tu peux tout me dire, Vivian. Qu'est-ce que James t'a fait ? » demanda-t-il en plongeant les yeux dans les siens.

« - Rien... Rien, absolument rien... C'est juste que... » bégaya-t-elle, avant de se mettre à pleurer.

Thyme la serra contre lui avec chaleur. Il allait tuer ce môme.

« - Pourquoi ça te fait te sentir mal, si ce n'est rien, Vivian ? » lui murmura-t-il.

« - Je ne sais pas... Il sort avec Danae, et... » sanglota-t-elle.

« - Danae comme Danae Lukas ? Ta meilleure amie ? » demanda Thyme en fronçant les sourcils, intrigué.

« - Bah oui... On s'est disputées, toutes les deux. C'est la faute de James, on ne s'est jamais énervées l'une contre l'autre comme ça, avant ! » avait pleuré de plus belle la jeune fille.

Thyme commençait à comprendre.

« - C'est parce que tu t'es disputée avec Danae que tu es dans cet état-là ? » demanda-t-il, pour la pousser à la réflexion.

Elle ne paraissait pas en être consciente. Mais ses pleurs parlaient pour elle.

« - Non... Je crois... Je ne sais plus... » finit-elle par dire.

« - Pourquoi vous vous êtes disputées ? » l'interrogea-t-il en séchant ses larmes.

« - C'est à cause de James. Je ne le supporte pas, et elle, elle me dit qu'elle sort avec... » marmonna Vivian.

« - Et ça te fait pleurer à ce point ? » lui demanda son père en lui tendant un paquet de mouchoirs.

« - Je... Je ne sais pas pourquoi je pleure. J'ai mal au cœur, c'est tout, j'ai juste envie de pleurer. » renifla la jeune Poufsouffle, avant d'extirper un mouchoir du paquet.

« - Tu grandis, Vivian. C'est pour ça que tu pleures. Un chagrin d'amour n'est jamais facile à surmonter. » dit Thyme après quelques instants d'hésitation, tandis que sa fille se mouchait.

Il est plus facile de faire face à ce que l'on a identifié, pensa-t-il. Mais il avait peur que ça fasse du mal à sa petite fille. Elle était fragile, encore, rien qu'une petite fille vulnérable.

« - Bah non, Danae, c'est juste ma copine. » rétorqua celle-ci en ouvrant de grands yeux surpris.

« - Je ne pensais pas à Danae. » répondit son père avec un sourire.

Combien de temps avait-il mis pour accepter ce qu'il ressentait pour Katie ? Des mois entiers, sûrement.

« - James ?! Mais il est arrogant, stupide et... » avait-elle dit, un air horrifié se peignant sur son visage et arrêtant immédiatement les larmes qui coulaient sur ses joues.

« - C'est un garçon bien éduqué, qui a du succès chez les filles, j'ai cru comprendre. » rétorqua gentiment Thyme.

« - Je ne suis pas comme elles ! » protesta vivement son aînée, ses joues s'enflammant.

Elle devait se rendre compte un peu brutalement de ce qu'elle ressentait pour le garçon.

Elle avait l'énergie de Katie, et ses jolies joues rouges, mais un peu moins de douceur.

« - Je sais, Vivian. » lui dit-il en la regardant droit dans les yeux.

« - Qu'est-ce que je peux faire contre ça ? » demanda-t-elle avec une lueur d'espoir.

« - Contre tomber amoureuse ? Pas grand-chose, j'en ai peur. » répliqua son père en riant.

On ne peut pas lutter contre l'amour. Il avait essayé, au départ, avec Katie. Vainement. Il n'en était que tombé plus amoureux.

« - Mais pourquoi lui ? Lui, entre tous les garçons que je connais ? » bougonna-t-elle.

La crise de larmes était passée pour laisser place à l'exaspération. Et avec un peu de chance, elle ne reviendrait plus. Le caractère habituel de Vivian refaisait surface.

« - J'ai bien peur de ne pas pouvoir répondre, tu sais. » lui répondit Thyme.

« - Et Danae ? » demanda-t-elle après quelques instants de silence, une pointe de culpabilité perçant dans sa voix.

Son père lui jeta un regard désolé.

« - Quoi ? » demanda-t-elle, inquiète.

« - J'imagine qu'elle le sait déjà. Ce sont des choses que les filles sentent, plus particulièrement les meilleures amies. Alicia savait pour les sentiments de Katie, et Parvati pour ceux de Lavande. Ce sont des choses que vous percevez. Je suis sûre que tu t'en doutais, quand tu voyais Danae et James ensemble, avant. Les femmes repèrent tous les regards, tous les gestes, toutes les paroles, l'attitude et les humeurs. C'est évident, pour vous. Alicia est même venue me voir, quelques semaines avant que ta mère et moi ne sortions ensemble, pour me dire qu'elle savait exactement ce que je ressentais et que je n'avais pas intérêt à faire le con. Je n'avais jamais rien dit à personne au sujet de ta mère, c'était trop sérieux pour moi. Mais Alicia savait. Vous avez vraiment l'instinct pour ce genre de choses, vous, les filles. »

« - Mais c'est toi, mon propre père, qui a dû m'apprendre que j'étais amoureuse de James. » fit remarquer Vivian, dépitée.

« - Les parents ont aussi du flair, parce que leurs enfants sont la chose la plus importante dans leur vie. Ils font attention à eux, et remarquent quand ils changent. Ton comportement, ta façon de parler, de marcher, de te fâcher : maman et moi les connaissons par cœur. Et tu n'es pas comme d'habitude. Tu aurais dû pester contre James, râler pour l'idiotie de Danae, te plaindre du temps en moins qu'elle passait avec toi, si tu étais dans ton état normal. Et tu n'aurais sans doute jamais frappé James à la moldue. Tu te serais mis en colère, tu lui aurais crié dessus, mais tu ne l'aurais pas agressé dans un couloir. »

« - Tu crois qu'il m'aimera un jour ? »

« - Je ne sais pas, Vivian. Je te le souhaite, si ça peut te rendre heureuse. »

« - Je ne suis pas son genre de filles. Il préfère les rousses, comme Danae. »

« - Les gens changent, tu sais. Et tu as de jolis cheveux, un peu comme ceux de ta tante. »

« - Vivian ! » appela quelqu'un.

« - James ? » dit-elle en reconnaissant la voix.

« - Je vais aller parler avec Harry et Ginny, je vous laisse tous les deux. » dit Thyme, presque à regret.

Mais Katie lui avait dit qu'il fallait qu'il laisse les enfants faire face aux difficultés tous seuls, de temps en temps, que c'était aussi ça, grandir.

Le silence tomba dès qu'il se fut éloigné.

« - Excuse-moi pour euh... t'avoir massacré le bras tout à l'heure. Ah... euh... tu pleures ? ça te fait mal ? Laisse-moi regarder. » offrit James en se passant la main dans sa tignasse, un peu gêné.

Il n'aimait pas faire pleurer les gens.

Il lui prit le poignet délicatement, et se concentra sur la formule que Mme Robbins avait prononcée plus tôt et qu'on devait renouveler, les lèvres pincées. Il la prononça à voix haute, sa baguette en main, pointée sur le bras de sa camarade. La légère douleur partit mais pas les larmes. Vivian se laissa tomber dans l'herbe. James s'assit à côté d'elle.

« - Pourquoi tu m'as attaqué ? » demanda-t-il avec curiosité.

« - J'étais de mauvaise humeur. Ce n'était pas ta faute, mais tu m'avais énervée, et je... Désolée, je n'aurais pas dû. » fit Vivian en s'essuyant les yeux.

« - Vous venez pour les vacances, avec Dorian ? » demanda le garçon.

« - Je crois. » répondit-elle en haussant les épaules.

« - Ce sera sympa. Il y aura aussi Kathlyn, et je t'aime bien quand tu n'essaie pas de m'attaquer. »

« - Ah ah. »

« - Quelque chose ne va pas ? » demanda-t-il.

« - Promets-moi d'être gentil avec Danae. » dit-elle après une seconde d'hésitation.

« - Je te le promets, Vivian Gabriella Brown. » répondit-il avec un sourire moqueur, et le cœur de la Poufsouffle se serra.

...

Longtemps après

« - Thyme ! Tu n'aurais pas dû lui claquer la porte au nez ! Par ce temps, en plus ! » soupira Katie.

« - Il n'avait qu'à pas la faire pleurer ! » répliqua Thyme, sûr de lui.

« - C'était il y a des années ! » fit sa femme en levant les yeux au ciel.

« - Et alors ? Elle pleure assez en ce moment.» dit-il en baissant la voix.

« - Tu m'as fait pleurer, aussi, quand tu étais avec Joana ! » soupira sa femme.

« - C'est vrai ? » demanda-t-il, consterné, prêt à s'excuser.

Que ne ferait-il pas pour Katie ou les enfants...

« - Oui, mais je ne t'en veux pas. Enfin, je ne t'en veux plus. A condition que tu rappelles ce pauvre enfant ! » répondit-elle en secouant la tête avec un sourire.

« - Hé ! Reviens ! La mère de Vivian a pitié de toi. » cria Thyme en sortant sur le perron, hélant un garçon qui s'éloignait dans la neige.

« - Thyme ! » s'exclama Katie, derrière lui, les points sur les hanches.

James se retourna et revint sur ses pas. Il s'avança vers Thyme et Katie, les salua puis se mit à parler tandis que Katie le faisait entrer.

« - Je suis vraiment désolé de vous déranger, monsieur, mais j'aimerais vraiment voir votre fille. Albus m'a dit qu'il n'était jamais trop tard pour rattraper ses erreurs, et force m'est d'avouer que j'espère sincèrement qu'il a raison. J'ai longuement pensé que ce n'était peut-être pas une bonne idée, ou je n'en ai pas eu le courage, puis Isabel m'a dit que Vivian avait du mal à se remettre de sa rupture avec Timothy. Je vous promets de ne pas lui faire de mal, jamais, mais je voudrais vraiment... »

Il fut interrompu dans son monologue par les bruits de pas de quelqu'un qui descendait l'escalier.

« - Salut, James. Qu'est-ce que tu fais ici ? Tu passais dans le coin ? » demanda Vivian.

« - Salut. Je voulais te voir. On sort ? » proposa-t-il.

Vivian attrapa son manteau, et avant que Katie n'ait pu les retenir, ils sortirent sous une pluie de flocons.

« - Eh bien, ça fait longtemps que je ne t'avais pas vu ! » fit remarquer la jeune femme.

« - Moi aussi. Comment vont Dorian et Brian ? »

« - Très bien, je les ai vu hier. Ils ont fini les démarches et vont pouvoir adopter une petite fille, elle s'appelle Amy. Elle est vraiment adorable ! Viens la semaine prochaine, ils devraient passer dimanche, tu pourras la voir. »

« - J'y penserai. Et toi, comment vas-tu ? » demanda James avec un regard scrutateur.

Vivian baissa les yeux sur le sol blanc.

« - Oh, je vais bien. Merci de t'inquiéter. C'est gentil. » dit-elle en relevant les yeux, après avoir poussé un peu de neige de son pied droit, rougissant quand elle croisa les siens en train de la fixer.

Pendant quelques secondes, ils marchèrent sans parler.

« - Et comment va le petit Alexander et ses parents ? » demanda-t-elle en se forçant à paraitre gaie.

Au regard qu'il lui lança, James n'était pas dupe.

« - Ils se portent tous les trois à merveille. Le petit ressemble de plus en plus à Isabel, mais il a les yeux d'Albus et de papa, comme tu le sais. Il aura bientôt deux ans. »

« - Et Lily et Scorpius ? Ils sont toujours ensemble ? » demanda-t-elle.

« - Collés à la glue éternelle, crois-moi. » fit James avec un sourire.

« - Tant mieux. J'espère qu'ils sont heureux. » ajouta-t-elle, rêveuse.

« - Je crois, oui. Mais toi ? Toi, Vivian, es-tu heureuse ? » questionna-t-il sans prendre de détours.

Elle cligna des yeux.

« - C'est Isa qui t'a envoyé ? » s'écria-t-elle.

« - Elle m'a dit qu'il ne valait mieux pas que je vienne. Mais oui, elle m'a dit que vous aviez rompu, Timothy et toi. » expliqua James d'un ton neutre.

« - Quelle commère... Je ne tiens pas à ce que toute la ville le sache ! Pourquoi tu es venu, alors, si elle t'a dit de me laisser seule ? » demanda-t-elle, toute bonne humeur envolée, plus ou moins odieusement.

« - Parce que moi aussi, je suis fatiguée de vivoter au milieu de couples dont le bonheur m'explose à la figure ? Mes parents, mes grands-parents, Isa et Albus, Lily et Scorpius, Molly et Sean, Rose et Rafael... Ils nagent dans le bonheur. C'en est presque écœurant, et je finis toujours par me demander ce qui ne va pas, chez moi. Pourquoi je n'arrive pas à me caser. Lily a eu un copain fixe avant que je n'ai une seule histoire sérieuse, et c'est la plus jeune de ma fratrie, alors que je suis l'aîné. Elle est en couple depuis presque trois ans, ma relation la plus longue est de deux mois ! Albus et Lily font ce qu'ils peuvent pour me soutenir, mais ils ne comprennent pas vraiment. Toi, tu peux comprendre. » dit-il alors qu'ils continuaient de marcher.

A la fin de sa palabre, Vivian stoppa brusquement, forçant James à s'arrêter.

« - Parce que je suis une éclopée de la vie ? Merci, James, ça me fait plaisir. Je suis ravie de t'être solidaire parce que je n'arrive pas à garder mes copains plus de trois semaines, tu me remontes le moral à fond. Isa avait raison : tu n'aurais peut-être pas dû venir. » cria-t-elle avant de se diriger vers la maison.

« - Attends, Vivian ! » dit-il en lui attrapant le poignet.

Le contact fit frissonner la jeune femme. Il l'avait attrapé de la même façon, quand il avait fait diminué la douleur de son bras quand ils étaient à Poudlard.

« - Quoi ? » demanda-t-elle, toujours en colère.

« - Laisse-moi une chance. » dit-il, la suppliant du regard.

« - Pourquoi ? » interrogea-t-elle en rejetant le menton en arrière, comme aurait pu le faire sa mère.

« - Je... Pourquoi c'est si compliqué à dire ? Je t'aime, voilà ! » dit-il, plein de désespoir, et de ce qui ressemblait fortement à... de la timidité ? James, timide ? C'était presque comique.

« - Tu en as aimé beaucoup d'autres, à ce que l'on dit. » répondit-elle froidement.

« - Oui, mais pas comme ça. Ça fait des années que tu occupes mes pensées. Depuis que tu m'as mis ce coup de poing quand j'étais en sixième année. » fit-il, avec un ton sincère.

« - On appelle ça un choc post-traumatique. Il faudrait que tu ailles faire un tour à Sainte-Mangouste. » fit la jeune femme en lui offrant son premier vrai sourire.

« - Vivian, ne te fous pas de moi, s'il-te-plaît. Depuis ce jour, je te remarquais dans les couloirs, je te cherchais des yeux quand j'avais cours avec les Poufsouffles, je te suivais du regard quand tu jouais au Quidditch, et pas seulement parce que j'étais Batteur et toi Poursuiveuse. » lança le garçon.

« - C'était il y a presque dix ans ! » répliqua-t-elle en écartant les bras.

« - Tu ne m'as pas laissé finir. Je me sens toujours bizarre, quand je suis avec toi. Dorian, je l'ai toujours considéré comme un frère, au même titre que mes cousins ou Kathlyn Jordan et Mick et Joshua Dubois. Et pour toi, je pensais que c'était pareil... Et puis, je ne sais pas trop comment, tu m'es tombée dessus et ça m'a ouvert les yeux. Je ne savais pas vraiment ce que je ressentais alors, mais je savais que c'était différent. Je n'y ai pas toujours fait très attention, puis on s'est éloigné. Quand on s'est revu, la dernière fois, je ne t'avais pas vu depuis deux ans. Tu étais avec Timothy et vous paraissiez heureux. J'étais venu seul, pour une fois, Gemma venait de me larguer au dernier moment. La soirée organisée par Isa était superbe. On a parlé un peu, et tout m'est revenu. C'était il y a trois semaines, je crois. Je n'arrive plus à dormir depuis. S'il-te-plaît, laisse-nous essayer, Vivian. »

James ne lui avait jamais paru aussi honnête. Il était suspendu à ses lèvres, attendant impatiemment une réponse. Il l'avait touchée, et elle ne savait plus trop quoi dire, elle se sentait rougir, et pas seulement à cause du froid. Elle choisit ses mots avec précaution.

« - Je... j'ai été amoureuse de toi, James, vers l'époque où tu sortais avec Danae. Mais ça fait longtemps. Ce que je ressens aujourd'hui, c'est un peu comme du vide. Timothy est parti sans un mot, et je t'avouerai que je ne veux plus jamais souffrir. Plus jamais me sentir abandonnée. Je suis en train de me construire un mur de protection, et je n'ai pas envie qu'il vole en éclats et me laisse vulnérable, encore. Je veux oublier, maintenant. Et après, peut-être que je pourrai être heureuse. »

« - Je te ferai oublier. » affirma James avec force, les yeux brillants.

Il était beau, ainsi.

« - Tu me le promets ? » demanda Vivian, indécise.

« - Je te le promets. » répondit-il en la regardant dans les yeux.

Vivian s'aperçut qu'elle s'était arrêtée de respirer quand elle commença à manquer d'air. Elle prononça la phrase qui suivit comme dans un rêve.

« - J'ai peur de faire une erreur, James. Mais je veux bien te laisser essayer. »

« - Tu ne les trouves pas mignons ? » demanda Katie, postée avec son mari à la fenêtre, regardant les jeunes gens s'embrasser sous la neige.

« - Au moment où j'ai lu la lettre du Professeur Londubat, j'ai su qu'ils finiraient ensemble. » commenta Thyme en passant un bras au-dessus de sa taille.

« - Pourquoi ? » interrogea-t-elle en levant les yeux vers son visage.

« - Tu m'as lancé un Cognard une fois quand on jouait au Quidditch chez Alicia, en quatrième année. Je ne t'ai plus vue comme avant, après. » dit-il avec un léger sourire.

« - Ah bon ? » fit-elle d'un air innocent.

Elle aussi se souvenait du Cognard. Elle voulait son rôle habituel de Poursuiveuse, mais à cause de Thyme elle avait dû être Batteuse. Elle avait parfaitement su lui faire payer.

« - Oui. J'ai décidé de te pourrir la vie jusqu'à la fin des temps. » dit-il d'un air pensif.

« - Tu m'excuseras, mais ça ne semble pas avoir très bien fonctionné. » rit sa femme.

« - J'ai quelque peu changé d'objectif, il faut dire. » murmura-t-il avant de lui voler un baiser.

« - Ta fille aussi, apparemment. Elle te ressemble. » se moqua Katie, amusée.

« - J'espère qu'il fera attention à elle. S'il est comme ce Timothy, je te jure que... » dit-il, serrant un peu plus Katie contre lui.

« - Chut, Thyme. Tout se passera bien. Il me fait penser à toi. Il la rendra heureuse, comme tu m'as rendue heureuse, ne t'inquiète pas. Tout ira bien, comme entre Brian et notre fils. » dit-elle en lui caressant la joue.

« - Pourront-ils être aussi heureux qu'eux ? J'aimerai tellement. » fit-il avant de lui déposer un baiser sur les cheveux.

« - Pourquoi pas ? Ils s'aimeront aussi fort que nous, eux aussi. Rappelle-toi, pour Dorian aussi tu étais inquiet. Et pourtant, je ne crois pas qu'il y est un jeune homme que tu n'estimes plus que Brian à part lui, et Dorian ne m'a jamais semblé aussi épanoui qu'avec lui et leur petite fille. » dit Katie en souriant.

« - C'est vrai. » approuva son mari en se détendant un peu.

Juste un peu. Il était toujours anxieux du bonheur de ses enfants. Katie aussi, bien évidemment, mais dans des proportions moins démesurées.

« - Fais lui confiance. Elle s'est déjà fait mal, elle fera attention. Ta fille n'a pas les cheveux roux, et on se marie toujours avec des gens qui ne sont pas son type de personnes initialement. Et si James a fait le premier pas, c'est qu'il l'aime plus que toutes les filles avec lesquelles il est sorti. J'ai entendu Harry dire qu'il attendait toujours qu'elles lui tombent dans les bras. » dit-elle avant de se tourner de nouveau vers la fenêtre.

« - C'est ce qui m'inquiète. » fit Thyme en hochant la tête.

Un courant d'air frais passa, une porte claqua et on entendit des rires du hall d'entrée.

« - Laisse-leur une chance. » fit Katie en se retournant vers lui.

« - Parce que c'est toi qui me le demande. » répondit-il en ébouriffant ses cheveux.

Katie pouffa de rire.


Alors, que dites-vous de James ? Et le Katie/Thyme, vous ne trouvez pas que je vous fatigue avec à force ?

Reviewus ! Voilà, je viens de jeter un sort à mes chers lecteurs pour pallier au manque de reviews. Vous vous retrouvez tous contraints de reviewer ! Mouhahaha !

Au mieux, on se revoit la semaine prochaine, au pire, pour celle d'après.

Bonne journée/soirée/nuit (rayez les mentions inutiles),

R.A.B