Voici un nouveau chapitre qui qui m'en aura particulièrement coûté. Parce qu'en fait grâce à mon magnifique talent en informatique, j'ai perdu toute la fic voilà deux jours alors même que j'avais déjà trois ou quatre chapitres d'avance. Heureusement, j'écris toujours le premier jet de mes fics sur le papier, certains me disent que c'est une perte de temps, mais ça stimule davantage mon inspiration que l'ordinateur. Et sur ce coup-là ça m'a tout bonnement sauvé la vie. Mais bon, j'ai quand même perdu toutes mes modifications, mes corrections... Bref, des heures de boulot. Après une petite déprime, où j'ai envisagé de sauter par la fenêtre (habitant au rez-de-chaussée ça n'aurait pas été une démarche très dangereuse, faut pas déconner quand même XD ) j'ai fini par prendre mon courage à deux mains pour me remotiver, et voilà le travail. Bon, le reste n'est pas encore tapé cela dit, inutile donc que je me réjouisse trop. Mais je vais faire au plus vite^^
Bref, trève de blabla, je vous remercie encore une fois pour tous vos adorables commentaires. J'espère que cette suite vous plaira. J'ai tendance à penser que les interrogations de Watson deviennent lassantes, mais on avancera vite dans les prochains chapitre, promis!
ooOoo
Plus prompt à l'action que moi-même, Holmes s'était déjà relevé et m'entraîna avec lui contre la porte, l'embrasure nous offrant une bien maigre cachette. Je fermai les yeux et le trouble que je ressentis alors n'avait plus rien à voir avec la peur. Le corps de mon compagnon, solidement planté contre le mien, me fit trembler de plus belle, quoi que plus pour les mêmes raisons que précédemment. Et le souffle chaud que je sentais contre ma joue me fit frissonner. Nous risquions gros et subitement je n'en avais cure, ne songeant qu'à cette proximité entre nous. Parce qu'il était près, bien trop près. Cela rajouté au danger qui menaçait m'excitait au plus haut point tandis que mon sang me semblait bouillir dans mes veines. Tout à cette distraction aussi bienvenue qu'inattendue, je ne prêtais guère attention à Outbridge, puisqu'il s'agissait bien de lui, qui se rapprochait, une chandelle à la main. J'avais enfoui le visage dans le cou de Holmes, m'enivrant de son odeur, et pus tout de même voir l'importun du coin de l'œil entrer dans la pièce qui se trouvait seulement à quelques pas de nous. Lorsque le battant de bois se referma derrière lui, je repoussai mon camarade qui ne protesta nullement.
« C'était une mauvaise idée, dit-il en rangeant son matériel. Il nous faudra plutôt revenir lorsque la maison sera vide. »
J'approuvai brièvement et il ne nous fallut que quelques instants pour nous retrouver au milieu des invités. Pourtant je n'avais pas le cœur à la fête, bien trop de choses se bousculaient dans mon esprit. La peur éprouvée d'être découvert s'était effacée depuis que nous ne risquions plus rien, mais les interrogations avaient pris sa place. Une nouvelle fois en compagnie de Holmes j'avais perdu tout sens commun, il était grand temps que je me penche sérieusement et surtout définitivement sur ce problème. Ce que je ne pouvais certainement pas faire ici, dans cette ambiance surchauffée, devenant plutôt bruyante et agitée à mesure que l'alcool coulait. Je jetais un bref coup d'œil à la salle de bal, où les couples évoluaient gracieusement au son d'un musique à la mode et me pris un bref instant à m'imaginer à danser avec Holmes. Pourtant je repoussais bien vite cette idée absurde pour plutôt lui faire part de mon désir de quitter les lieux. Lui-même semblait n'attendre que cela désormais qu'il avait compris que nous ne pourrions agir pour l'instant, aussi, après avoir rapidement salué Mrs. Singer et son époux, devant lesquels faire bonne figure releva de l'exploit pour moi, nous filâmes sans demander notre reste.
A notre retour dans la sécurité et surtout le calme de notre cottage, Holmes proposa une petite collation que je déclinai vivement. Certes je n'avais rien avalé depuis le midi, mais mon estomac noué m'empêchait de remédier à cela. Et dire que j'avais prévu de passer une bonne soirée… Prétextant la fatigue, je filai m'enfermer dans ma chambre, ne retrouvant un semblant de quiétude que lorsque que je pus enfin me blottir entre les draps pourtant froids.
Ainsi Holmes, une fois de plus, semblait avoir eu raison en soupçonnant Outbridge d'avoir des choses à se reprocher. Malgré l'absence de preuves tangibles je n'avais moi-même plus le moindre doute à ce sujet. Cela ne m'étonnait guère connaissant les talents de mon ami. Ne nous restait plus qu'à prouver ce que nous soupçonnions. Voilà qui promettait quelques aventures dont nous avions tant l'habitude. A la vérité ce n'était pas le point sur lequel je voulais me pencher ce soir, les jours à venir suffirait pour cela.
Fermant les yeux, je me laissais envahir par les images de Holmes tout en repensant à mes réactions tandis qu'il avait été si proche de moi, son corps tout entier épousant le mien. Ce que j'avais ressenti alors n'était pas normal, surtout dans un tel contexte de danger. Bon sang ! Etais-je en manque à ce point que j'en venais à éprouver de l'excitation pour si peu ? C'était absurde de toute façon, ces dernières années j'avais appris à ne plus me laisser dicter par mes hormones comme dans ma jeunesse. Ainsi avec mon épouse, le temps passant la tendresse avait pris le pas sur le reste et nous ne nous prêtions à l'acte charnel qu'en de rares occasions. Sans que je n'en ressente aucune frustration. Or là, par mes envies je me faisais l'effet d'une bête, désirant le corps d'un homme de surcroît. C'était anormal. Comme si je me forçais à me torturer par ces pensées impures pour payer le prix de ma responsabilité dans la mort de Mary. Belle punition en effet tant je me dégoûtais désormais. De surcroît j'éprouvais une culpabilité terrible à salir Holmes et notre amitié jusque-là sans équivoque par ces horreurs. Pourtant, en étant tout à fait honnête avec moi, je devais admettre qu'il y avait toujours bien eu une part d'ambiguïté dans notre relation, simplement jusque-là elle n'était pas de mon fait. Le détective en effet n'avait jamais perdu une occasion de me témoigner son attachement, de même que sa jalousie tandis que je m'apprêtais à le quitter pour me lancer dans la grande aventure du mariage. Je m'étais toujours amusé de cette conduite de sa part. C'était flatteur pour moi et je n'y voyais rien de mal puisque nous n'avions jamais dépassé le stade des sous-entendus.
Mes sentiments désormais me faisaient peur. Si j'envisageai de me lancer dans une relation plus intime avec Holmes, que resterait-il ensuite de notre amitié ? Rien du tout je le craignais. Or je ne pouvais me résoudre à cette perte. Rien ne devait changer entre nous, nous aurions bien trop à perdre. Pour cela je devais me reprendre. Et envisager pourquoi pas recommencer à fréquenter des femmes afin de passer à autre chose. Quoi que cette dernière partie m'apparaissait comme terriblement difficile, autant par égard pour la mémoire de Mary que vis-à-vis de Holmes lui-même.
Las, je fichai un coup de poing rageur dans mon matelas et me levai finalement, allant me planter, dans l'espoir de me changer les idées, devant la fenêtre pour constater qu'il avait commencé à neiger. L'idée que nous aurions peut-être bien un Noël blanc en fin de compte me ravit, et je me pris à songer à mon enfance, lorsque quelques flocons avaient le don de me fasciner. Que l'existence était facile alors.
Quand je me levai le lendemain matin, je constatai avec déception que Holmes était déjà parti. Surveiller les Outbridge à n'en pas douter. Mon dieu que les jours à venir s'annonçaient ennuyeux s'il m'abandonnait effectivement à leur profit. J'avais beau ne pas y voir clair dans mes sentiments à son égard, j'aimais l'avoir près de moi.
Je n'eus pourtant pas à l'attendre bien longtemps, il rentra quelques heures plus tard tandis que je lisais au calme, tentant par cette activité stimulantes d'oublier mon manque de lui. Quand il revint, son sourire satisfait me fit comprendre qu'il avait eu effectivement ce qu'il voulait.
« Holmes ?
- C'est parfait ! Me faisant passer pour un vieil ivrogne j'ai fouillé le jardin. J'y aie trouvé des tombes, dont une toute particulièrement fraîche, avant d'être chassé comme un malpropre. Outbridge cache bien son jeu, il est doté d'une sacrée force, expliqua-t-il en frottant son coude que je devinais endolori. Heureusement il n'a pas réalisé ce que j'avais vu
- Des tombes ? m'enquis-je, interloqué. Alors la jeune Eleanor…
- J'en ai bien peur. Quoi que je n'avais guère de doutes à ce propos »
Je lâchais un grognement de frustration, horrifié davantage que je ne voulais bien l'admettre par cette révélation. Encore une mort inutile, une victime innocente sacrifiée. Et au nom de quoi ? Des pulsions quelconques d'un monstre, ni plus ni moins… Je n'osais imaginer les remous que cela créerait au sein de cette communauté. Mais à l'inverse de ces gens qui prétendaient agir pour le bien des habitants, nous le ferions vraiment nous. Ces jeunes filles méritaient justice et leurs meurtriers de payer. Je m'en fis la promesse à cet instant.
« Ne serait-il pas temps de prévenir les autorités ?
- Je vous le rappelle, les membres de cette police ne brillent pas pour leurs compétences. Je doute qu'ils ne se lancent dans des fouilles sur les paroles d'un inconnu, aussi célère soit-il grâce à vos écrits. Et puis cette pauvre âme n'ayant plus guère besoin de nous, autant agir avec raison.
- Alors que faisons-nous ? m'enquis-je vivement. Nous ne pouvons pas les laisser agir impunément.
- Bien sûr que non ! Vous me connaissez donc si peu ? »
A cette réflexion, j'eus l'étrange impression de l'avoir blessé profondément. Je m'en sentis agréablement flatté.
« Je n'ai pas chômé aujourd'hui, reprit-il. J'ai ainsi appris de source autorisée, en cela entendez grâce à une femme de chambre un peu trop bavarde et sensible à mes charmes, que nos deux suspects seront absents à partir du vingt-six. Ce sera le moment idéal pour fouiller la maison. »
Je n'écoutais pas la fin de sa diatribe, lui faisant de toute façon confiance pour les détails techniques, me concentrant sur tout autre chose. Sensible à ses charmes ? Il avait joué les jolis cœurs auprès d'une femme de chambre pour lui soutirer des informations, ce n'était certainement pas la première fois, loin de là, son aisance naturel, son physique plus qu'agréable faisaient le plus souvent des merveilles en cas de besoin, et pas seulement auprès de la gente féminine. Jusqu'à présent j'admirais ce talent qui nous était bien utile, m'en amusait même parfois quand l'une de ses cibles le poursuivait ensuite de ses charmes, ce qui était arrivé plus souvent qu'il ne voulait bien l'admettre. Mais cette fois, à l'image de cette femme, j'étais terriblement jaloux. Je savais qu'ils n'avaient que bavardé et pourtant je la haïssais, sans en comprendre la vraie raison. Après tout c'était auprès de moi qu'il revenait chaque jour, avec moi qu'il passait le plus clair de son temps, se montrant sous son véritable jour dans ces seuls moments. C'était absurde, d'autant cela ne la concernait pas seulement elle, j'étais jaloux de toutes les personnes qu'il côtoyait quand il n'était pas près de moi.
De manière tout à fait égoïste je désirais le garder pour moi tout entier, qu'il n'ait plus de contact qu'avec moi. Qu'il dépende tout à fait de ma personne tout autant que la réciproque était vraie. Parce que c'était la stricte vérité, depuis la terrible perte que j'avais subie tout mon univers semblait tourner autour de Holmes. Il était le seul que je voulais voir, le seul avec je souhaitais parler, pire le seul que je désirais de toutes mes forces aimer. Cette soudaine dépendance me faisait peur, parce que j'étais vulnérable je le savais, mais quelque part elle me comblait également totalement. Qu'aurais-je bien pu désirer de plus ?
C'était comme à l'image de cet instant. Il s'était installé dans le fauteuil en face du mien et je le dévorais du regard, me sentant parfaitement heureux au demeurant. Et je ne désirais rien d'autre, sinon qu'il en soit de même pour lui.
« Alors pour les prochains jours…, lançai-je d'une vois timide.
- Je suis tout à vous jusqu'au lendemain de Noël », confirma-t-il avec un petit sourire qui me donna la désagréable sensation qu'il savait très exactement ce que j'avais à l'esprit.
Ainsi les deux jours suivants furent idylliques ! Retirés du monde nous occupions nos journées entre promenades, durant lesquelles je devais me faire violence pour ne pas lui prendre la main alors qu'il était si près de moi, et longues discussions au coin du feu. Le soir venu il reprenait quelques airs de Noël au violon et je devenais fou à fixer ses doigts agiles courir sur l'instrument, désirant ardemment être à sa place. Mes sentiments à son égard demeuraient certes obscures, mais pour mon propre bien et celui de notre inestimable relation je décidai enfin de cesser de m'interroger à tout va. Mon amitié pour lui s'était muée en attirance. C'était ainsi, autant donc en prendre mon parti. Cela ne pourrait que grandement que simplifier l'existence.
TBC…
