Un peu, bon d'accord beaucoup^^, de tendresse dans ce chapitre, qui mine de rien nous ammène peu à peu vers la fin. Il fallait bien que ça arrive XD
Merci beaucoup pour vos gentilles reviews et j'espère que vous allez apprécier cette suite ;)
ooOoo
Le reste de la journée se déroula comme dans un rêve. Me sentant tout particulièrement léger, je passais mon temps à observer mon compagnon, n'arrivant pas totalement à croire à ce qui m'arrivait, à ma chance. J'étais heureux. Même notre femme de charge s'en aperçue et ne se garda pas de m'en faire la remarque, même si elle mit cela sur le compte de ma satisfaction d'avoir mis les Outbridge hors d'état de nuire. Je ne la détrompai pas et estimai que je devais peut-être me montrer un peu plus discret si je ne voulais pas faire jaser.
Le soir venu, mille interrogations me perturbèrent au moment d'aller me coucher. Devais-je proposer à Holmes de venir dans ma chambre ? Le suivre plutôt dans la sienne ? Ou alors faire comme si rien n'avait fondamentalement changé entre nous ? Au matin faire l'amour avec lui m'était apparu comme ce qu'il y avait de plus naturel, à présent je recommençais à douter, m'interrogeant sur ses propres désirs. Il régla finalement la question pour moi avec la clairvoyance dont il était coutumier.
« Je serais honoré de partager votre lit John », dit-il tranquillement tandis que pour ma part je bouillais intérieurement.
Soulagé, je lui adressai le plus beau des sourires avant de tendre la main vers lui en signe d'assentiment.
Une fois allongé, j'allais me blottir contre lui sans autre forme de procès, constatant combien il serait agréable désormais de m'endormir dans ses bras. Savourant ma chance en souriant comme un bienheureux, je me sentais si bien que j'en aurais presque ronronné. Mon répit pourtant fut de courte durée, Holmes promenait déjà des mains avides sur tout mon corps, ses lèvres ravageant les miennes de baisers qui très vite n'eurent plus rien de tendre. Il ne m'en fallut pas plus pour que le désir gronde en moi, et je me joignis à la danse avec un zèle tout particulier.
Cette fois lorsque nous fîmes l'amour, c'est moi qui l'accueillis au plus intime, toutes mes craintes balayées par sa douceur et sa patience. Les sensations qu'il me fit découvrir du même coup furent si intenses que je compris que j'en avais bel et bien fini avec les femmes. Avec les autres hommes aussi à la réflexion, désormais il n'y aurait plus que lui.
Cette nuit-là, tandis que je dormais, solidement blotti dans les bras de mon amant, je rêvai une fois de plus de Mary. Une fois n'est pas coutume pourtant ce fut une expérience agréable, comme si à travers elle je me donnais enfin le droit de revivre. Son image était toujours là bien sûr, je ne pouvais oublier les douces années que nous avions partagées, mais elle était désormais un souvenir qui me rendait plus fort. Cette nouvelle vie qui s'ouvrait à moi ne m'en apparaissait que plus précieuse.
Lorsque je me réveillai, pour la première fois je parvins à penser à elle sans me sentir déprimé ou avoir envie de pleurer. Quelque part elle m'avait délivré du lien si fort qui nous avait liés.
« Merci Mary, dis-je dans un souffle. Je serai digne de cette existence qu'il me reste sans vous. »
Et tandis que je prononçais ces mots, je sentis comme un poids, présent depuis des mois, disparaître de ma poitrine. J'avais craint ne pas survivre à la disparition de mon épouse, aujourd'hui pourtant elle m'en offrait l'opportunité. Je n'aurais pu lui en être plus reconnaissant. Comme si son fantôme, bien que je n'aie jamais cru à ces sornettes, s'en était enfin allé, en paix.
Me tournant vers Holmes, qui dormait encore, je le fixai, satisfait de le voir tout à fait détendu, un sourire flottant sur ses lèvres. C'était quasiment impossible de le voir aussi serein lorsqu'il était éveillé, mis à part dans l'abandon de la jouissance, or c'était dans ces moments-là qu'il m'apparaissait le plus humain, tellement loin de la machine à penser qui le définissait si souvent. Humain et touchant. Comment n'avais-je pu me rendre compte de ce potentiel plus tôt ?
Toutes ces années à le côtoyer, même avant mon mariage, à ne voir que l'ami, passionnant mais bien souvent insupportable. Je n'avais su voir au-delà de cette façade qu'il s'était forgé pour se protéger du monde extérieur et pour cela j'avais honte. Je m'étais fourvoyé pendant si longtemps… Mais aujourd'hui enfin je n'étais plus aveuglé, je voyais le vrai lui, celui qu'il était loin des regards. Ainsi nous étions enfin plus proches que tout. Et ce lien m'apparaissait comme indestructible.
Me penchant vers lui, je déposai un baiser sur ses lèvres. Puis, ne pouvant m'en contenter, je glissai la main sous les couvertures, effleurant son corps nu, cette peau dont je ne parvenais à me repaître. Je ressentais un manque de lui au plus profond de ma chair, alors même qu'il était au plus près de moi. Cette parfaite dépendance aurait pu m'effrayer, je n'en avais cure. Je l'aimais, qu'importe donc le reste.
Appréciant apparemment mon traitement, il laissa échapper un long grognement de satisfaction avant d'ouvrir finalement des yeux pétillants de malice.
« Prenez garde John, je risque bien de devenir dépendant de pareils réveils.
- Ce n'est pas moi que cela dérangerait. »
Et pour confirmer mes propos je m'installai sur lui à califourchon. Il m'avait offert tant de plaisir la veille que j'entendais bien lui rendre la pareille.
« Notre gouvernante est en congé aujourd'hui, nous ne risquons donc pas d'être dérangés, dis-je entre deux baisers dans son cou. J'entends donc profiter de vous sans la moindre restriction. »
Il sembla plutôt ravi de cette idée et se joignit à mon ballet de caresses sans la moindre restriction. Nous nous donnâmes lentement du plaisir mutuellement avec nos mains, appréciant chaque geste, chaque seconde qui semblait nous unir pour toujours. Je me sentais à ma place entre ses bras et n'entendais plus en bouger sauf cas de force majeur.
Le visage contre son torse, repu, détendu, j'écoutai les battements de son cœur, pas peu fier de pouvoir me vanter que celui-ci m'appartienne désormais. Holmes caressait nonchalamment ma joue, jouant avec ma moustache tout en fumant une cigarette trouvée sur ma table de chevet.
« John ? »
Il avait chuchoté, pourtant sa voix troubla le silence serein aussi bien que s'il s'était agi d'un hurlement. Il me fallut quelques instants pour faire le deuil de cette tranquillité.
« Oui ?
- Etes-vous heureux ? »
Comment pouvait-il oser poser une telle question après les bons moments que nous venions de passer ? La réponse était évidente non ? Et il m'apparut que non justement. Quelques mois plus tôt il avait dû faire montre de patience pour m'aider à seulement survivre, mettant du même coup sa vie entre parenthèse pour m'aider à remonter la pente. Mais jamais nous n'avions par la suite parlé de ce que je ressentais réellement. A plus forte raison depuis la tournure inédite qu'avait prise notre relation. Si moi-même j'avais réfléchi à ma situation, je n'avais guère été expansif à ce sujet. Logique dans ces conditions que mon compagnon ait quelques doutes.
Je me redressai sur un coude, fixant mon regard au sien.
« Totalement heureux Sherlock. Il y a eu des doutes, des hésitations, mais vous me rendez tout à fait heureux. Et je suis enfin capable de l'accepter, d'en profiter.
- Bien, dit-il songeur. J'aurais cru… ne pas faire le poids face à celle qui a partagé votre vie avant moi. »
J'écarquillai les yeux, surpris par une telle remise en question de sa part. Ce n'était pourtant pas son genre de douter. Et il avait eu si peu d'estime pour Mary… C'était incongru, me donnant l'impression, pas désagréable au demeurant, d'avoir l'ascendant sur notre couple.
« Ma vie à ses côtés n'avait rien à voir avec ce qu'elle est aujourd'hui, je ne vais pas le nier. Mais je suis tout aussi heureux. A plus forte raison que j'ai enfin la sensation d'avoir la bénédiction de Mary pour vivre ma vie.
- Si elle vous aimait vraiment, il est clair qu'elle aurait voulu que vous refassiez votre vie. Que ce soit avec moi est moins sûr en revanche. »
Je laissai échapper un petit rire à son regard entendu. Il n'avait pas tord sur ce point. Me redressant, je déposai un baiser sur ses lèvres.
« Elle n'avait pas une bien haute opinion de vous c'est certain, pour autant elle a toujours compris l'estime que je vous porte. »
Je m'interrompis un bref instant, avant de reprendre finalement, pensif.
« A la réflexion, je crois qu'elle a toujours soupçonné qu'il y avait entre vous et moi bien plus que nous avons bien voulu le croire.
- Et j'étais une menace pour elle.
- Et elle pour vous, philosophai-je. Ce qui tend ironiquement à prouver quel homme chanceux je fais. Deux relations aussi fortes… Je vous aime Sherlock. »
Je n'avais pas prémédité une telle déclaration, pour autant je ne la regrettais pas. Et si mon compagnon ne répondit rien, la façon dont il m'étreignit alors valait bien tous les mots.
Mon dieu comme il est bon d'être amoureux. J'avais oublié le plaisir éprouvé à n'avoir rien d'autre à faire sinon découvrir la personne fraîchement liée à soi. Notre femme de charge étant en congé, aucune obligation ne se présentant à nous, Holmes et moi passâmes la journée au lit. Somnoler, faire l'amour, bavarder de tout et rien, faire l'amour encore… Une journée parfaite. Son corps était un appel aux péchés, ses mots doux une tendre mélodie à mes oreilles… Les heures s'égrenaient et nous n'avions rien d'autre à faire que profiter l'un de l'autre. A un moment, je ne pus dire quand, je quittai rapidement ce havre de paix que nous nous étions construit pour nous préparer une collation que nous dévorâmes de bon cœur, requinquant nos corps fourbus. Puis nous prîmes un bain ensemble, nous amusant du manque de confort avant de trouver une façon plus qu'agréable de profiter de cette proximité forcée. L'inévitable retour au lit ensuite ne fut que la conclusion parfaite à ces instants de félicité. Entre ces bras forts et entreprenants je me sentais capable d'abattre des montagnes.
Tandis que la nuit tombait lentement, plongeant la pièce, où flottait un excitant relent d'amour, dans l'obscurité je trouvais enfin la force qui m'avait manqué si longtemps.
« J'aimerais retourner à Londres », dis-je d'un ton volontaire.
Une telle requête n'était pas sans risque, cette parenthèse au monde extérieur que je m'étais peu à peu bâti autour de moi pouvait tout aussi bien voler en éclats lorsque nous serions amenés à reprendre notre vie quotidienne. C'était pourtant un défi que je voulais relever, en plus du reste. Et puis Baker Street, Gladstone, Mrs. Hudson, mon travail même, me manquaient. Il était grand temps que la routine reprenne, que nous testions de même notre nouveau lien au quotidien.
« Oh John, si vous saviez comme j'espérais vous entendre dire cela. Je serais resté ici, à vos côtés, aussi longtemps que nécessaire, mais j'ai moi-même cruellement envie de rentrer. Même ce vieux Lestrade commence à me manquer.
- Je suis certain qu'il sera ravi de redevenir souffre douleur, notai-je avec amusement. Et Mrs. Hudson doit terriblement s'ennuyer sans vos facéties.
- C'est décidé donc, nous rentrerons au début de l'année ! Et John ? Oui je me sens mieux à Londres qu'ici, c'est un fait, j'ai pourtant tout de même été tout à fait ravi d'être ici avec vous. Je sais combien ce séjour vous fut bénéfique aussi je suis fier d'avoir été près de vous. Et pas seulement à cause de l'affaire Outbridge, rajouta-t-il malicieusement.
- Votre présence fut au moins aussi utile que ces vacances. »
Nos corps comblés par les diverses étreintes de la journée, ce n'était pas le cas de nos cœurs, qui semblaient en demander toujours davantage. Nous nous blottîmes l'un contre l'autre, nous embrassant, nous caressant sans aucune arrière pensée autre que la tendresse. Cette journée parfaite n'aurait pu se conclure de plus belle façon.
TBC…
