Nouveau chapitre un peu court mais la conversation entre Bonnie et une personne inattendue est assez intense et touchante :-)
Bonne lecture et merci à toutes et à tous :-)
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Caroline regardait Tyler sans savoir quoi répondre : lorsqu'il lui avait proposé d'aller boire un verre, la jeune femme ne s'était pas posé de questions. Après tout ce qu'ils avaient traversé ensemble, les deux ex étaient redevenus amis et la blonde ne ressentait que de l'amitié à son égard.
— Je... je n'aurais pas du dire ça, désolé, ajouta précipitemment Tyler en voyant la tête que faisait Caroline.
« Non mais qu'est-ce qu'il m'a pris de lui dire que je repensais souvent à nous deux ? » se reprit-il mentalement.
— Tu n'as pas à t'excuser, répondit finalement Caroline, triste de devoir lui faire de la peine mais elle ne pouvait pas lui mentir. Mais je... je ne te considère plus que comme un ami, à présent, Tyler.
Il encaissa son aveu sans un mot.
— Je suis désolée si je t'ai laissé croire que...
— Non, la coupa-t-il. Ce n'est pas de ta faute, Caroline. C'est moi. Je suis un idiot.
— Ne dis pas ça.
Elle hésita une seconde avant de poser sa main sur celle du jeune homme.
— Alors, tout va bien entre nous ? lui demanda-t-elle avec inquiétude.
Tyler acquiesça.
— Tout va bien, Care, la rassura-t-il. Nous sommes amis.
Elle sourit, et il ne put s'empêcher de lui sourire à son tour.
Le téléphone de Caroline sonna alors qu'il était posé sur la table. Elle jeta un rapide coup d'oeil avant de soupirer et de le ranger dans son sac sans prendre l'appel.
— Un problème ? demanda le loup-garou en fronçant les sourcils.
— Rien, c'est encore Enzo, répondit-elle avec un soupir. Ce qu'il peut être agaçant !
— Il t'aime bien, dit Tyler en haussant les épaules.
— Quoi ? Non, bien sur que non. Il aime m'énerver, c'est différent.
— C'est ce que je dis, insista-t-il. On adore embêter la fille qui nous plait. Laisse tomber, c'est un truc de mec, ajouta-t-il comme elle le regardait d'un air dubitatif.
— Si tu le dis, répondit Caroline en essayant de prendre un air indifférent.
— Désolé de vous interrompre, dit brusquement Matt en s'approchant de leur table, mais Tyler était content de cette interruption car il n'avait aucune envie de parler d'Enzo avec Caroline.
— Hey, mec, ça va ? demanda le loup-garou en lui tapant sur l'épaule quand Matt fut assis. Tu as l'air bizarre.
— J'ai eu une conversation avec ta mère, expliqua le jeune homme en regardant Caroline. Elle s'inquiète pour votre sécurité.
— Notre sécurité ? répéta-t-elle, étonnée.
Le policier baissa la voix et leur fit signe de se rapprocher.
— Le conseil a engagé une équipe afin d'éliminer toute menace aux abords de Mystic Falls. Tout menace surnaturelle, je veux dire.
— Quoi ? Mais... qu'allons-nous faire ?! s'exclama Caroline.
— Vous devez déménager.
La voix de Matt était calme et posée.
— Je ne fais que ça, en ce moment, ironisa Tyler, faisant référence au fait qu'il avait du emménager avec Caroline et les autres car son gène était activé et il ne pouvait plus entrer à Mystic Falls.
— Nous ne pouvons pas déménager ! cria Caroline. Nous... nous devions récupérer notre ville, et maintenant nous sommes obligés de fuir ?!
— Je le sais, Care, murmura tristement le blond, mais c'est la seule solution.
Il les regarda et prit une profonde inspiration.
— Il ne nous reste plus qu'à prévenir les autres.
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— Ton appel m'a surprise, dit Abby avec étonnement en suivant Bonnie à travers la forêt.
— J'avais besoin de tes conseils, répondit Bonnie en s'arrêtant au milieu des arbres.
— Que faisons-nous ici ?
Bonnie lui sourit.
— Je sais que tu ne te souviens pas de tout... en fait, par moments, personne ne se souvient de Grams. Mais tout à l'heure, Vanessa ne l'avait pas oubliée...
— Bonnie, de quoi est-ce que tu parles ? l'interrompit sa mère.
— Je pense que ce n'est pas encore terminé, murmura la sorcière. Ils ont encore des moments de lucidité et se souviennent parfois d'elle.
— Mais... ils ne l'ont pas connue ! s'exclama Abby.
Le coeur de Bonnie se serra car sa mère était dans une phase où elle avait oublié Grams. Elle savait que bientôt, tout le monde l'aurait oubliée définitivement, et cela l'attrista.
— Tant que ce n'est pas terminé, on peut encore... sauver son âme.
— Chérie..., dit-elle en lui prenant les mains, je n'ai aucune idée de ce dont tu parles, mais tu me fais peur.
— Il ne me reste que vingt ans à vivre, lui annonça brusquement Bonnie.
— Quoi ?
— Ce serait trop long à t'expliquer, je t'ai menti sur beaucoup de choses et j'en suis désolée. Sache juste que le seul moyen pour moi de survivre serait... de me transformer.
— En vampire ?
Bonnie hocha la tête.
— Oui, en vampire.
— Et tu veux savoir ce qu'on ressent, devina sa mère.
— Tu es la seule qui puisse comprendre, avoua Bonnie à voix basse. Tu étais une sorcière avant de... de devenir un vampire.
Sa mère poussa un soupir.
— Hé bien... disons que le plus difficile, pour une sorcière, c'est de sentir ce vide laissé par la disparition de nos pouvoirs.
— J'imagine.
— D'un autre côté, nous avons la capacité de guérir les humains grâce à notre sang... mais encore faut-il réussir à se contrôler.
— Tu t'en es bien sortie, tu n'as jamais tué personne... pas vrai ?
Un éclair de tristesse passa dans les yeux d'Abby.
— Mais j'ai attaqué Jaimie, répondit-elle tristement. Ce jour-là... j'ai vu la peur dans ses yeux. Il avait peur de moi, je n'aurais jamais imaginé que cela arriverait un jour.
— Je ne sais pas quoi faire, murmura la sorcière.
— Je ne peux pas décider à ta place, Bonnie. Je n'ai pas plus envie que toi que tu deviennes un vampire, mais je ne parviens pas non plus à imaginer qu'il ne te reste que vingt ans à vivre. Je ne peux pas l'accepter.
— C'est pourtant ce qu'il va arriver. Damon et moi sommes condamnés si nous ne nous transformons pas.
— Damon ? s'étonna Abby. Mais... c'est déjà un vampire !
Avec un soupir, Bonnie commença à lui avouer toute la vérité : elle n'omit aucune partie de l'histoire et confessa qu'elle était morte avant la remise des diplômes, ce qui choqua sa mère car elle n'en avait aucune idée. Elle lui expliqua ensuite qu'elle était devenue l'Ancre et qu'elle était morte avec Damon. Le sacrifice de Grams les avait envoyés dans une dimension parallèle et ils étaient ensuite revenus dans la réalité grâce à un sort lancé par Liv, mais ils étaient tous les deux redevenus humains et leur espérance de vie était divisée en deux.
— J'ai besoin d'un moment pour enregistrer tout ça, murmura Abby en s'asseyant sur une grosse pierre. Pourquoi ne m'as-tu rien dit avant ?
— Je ne voulais pas te faire du mal, avoua Bonnie. C'était plus facile de laisser Jeremy t'envoyer tous ces messages et te faire croire que je m'amusais.
— Alors que tu étais morte ! s'exclama sa mère, incrédule.
— Écoute... maman, répondit-elle, hésitant sur le mot car elle avait l'habitude de l'appeler par son prénom, c'est de ma faute si tu es devenue un vampire. C'est moi qui suis partie à ta recherche et si je n'avais pas...
— Ne dis plus jamais ça !
La sorcière sursauta.
— Ce n'est pas de ta faute, dit durement Abby.
— Tu avais fui cette ville, c'est moi qui ai voulu te contacter. Bien sur, ce n'est pas moi qui t'ai transformée, mais je n'aurais jamais du t'attirer là-dedans.
— Bonnie, est-ce que tu t'entends parler ? C'est moi la mère et toi la fille. JE suis censée te protéger, pas l'inverse !
Elle baissa les yeux.
— Ce que je n'ai pas fait, ajouta l'ancienne sorcière.
— Non, je...
— Laisse-moi finir, s'il te plait, la coupa sa mère. J'ai... j'ai été une horrible mère, j'en suis consciente. Je n'aurais jamais du quitter la ville après avoir déseché Michael. J'aurais du demander à ton père de déménager, et on serait partis tous les trois vivre loin d'ici. Mais j'avais trop honte de ce que j'avais fait.
Elle essuya une larme.
— Miranda et Grayson étaient venus me trouver en pleurs, un soir, car John leur avait avoué qu'Elena était un double Petrova et que son sang était d'une grande valeur.
— Il l'avait probablement appris par Isobel, qui l'avait su par Katherine, murmura Bonnie pour elle-même.
— Quoi qu'il en soit, Elena était en danger, John en était convaincu. Il avait entendu parler de Michael, le vampire qui se nourrissait de vampires, et il savait qu'il voulait se débarrasser de Klaus. Je ne sais pas si John pensait que Michael voulait tuer Klaus pendant qu'il effectuait le rituel, ou s'il voulait simplement tuer Elena pour empêcher Klaus de devenir un hybride, mais il était inquiet pour la vie de sa fille.
Abby se passa une main sur le front.
— J'ai fait des recherches, poursuivit-elle, et j'ai fini par découvrir le sort permettant de désecher n'importe quel vampire. Ce que je ne savais pas, au début, c'était qu'un sacrifice humain était nécessaire. Mais... je l'ai fait, malgré tout. Pour Grayson, Miranda, John, et pour... Elena. Après avoir enfermé et enchainé Michael dans le cimetière, j'ai quitté la ville sans prévenir personne. J'avais tellement honte : moi, une sorcière, j'avais volontairement sacrifié un être humain !
Bonnie hocha la tête en silence : elle comprenait ce que sa mère ressentait.
— Au début, ton père me téléphonait dix fois par jour, il ne comprenait pas pourquoi je m'étais enfuie. J'ai fini par lui dire de me laisser tranquille, ce qu'il a fait, à contrecoeur. Je pense que c'est la première fois où ton père et Grams étaient d'accord sur quelque chose, ajouta-t-elle en souriant légèrement.
La sorcière sourit également, songeant au souvenir que lui avait montré Damon.
— Tu comprends, reprit Abby, pourquoi tout est de ma faute ?
— Je pense que... ce n'est de la faute de personne, dit finalement Bonnie. Les choses sont comme elles sont, c'est trop tard pour avoir des regrets.
— Je suis d'accord.
Elles ne parlèrent pas pendant quelques minutes.
— Donc, tu songes à faire ce que Damon t'a proposé ? lui demanda ensuite sa mère.
— Je n'en ai aucune envie, mais je me suis dit que ce serait peut-être la solution pour sauver Grams.
— Je n'arrive pas à croire que je perds les souvenirs de ma propre mère, dit Abby en secouant la tête. Pourquoi penses-tu qu'on pourrait la sauver ?
— Grams s'est sacrifiée pour nous, mais si on trouve le sort adéquat, est-ce qu'il serait possible, si on se transforme, que ma moitié de vie humaine et la moitié de vie humaine de Damon sauvent son âme ?
— Hé bien, techiquement, oui, c'est possible, répondit Abby. Mais est-ce que tu penses que ta grand-mère aurait été d'accord ?
— Elle aurait désapprouvé, je le sais. Mais c'est grâce à elle, si je suis toujours en vie.
Abby lui caressa la joue.
— Quoi que tu décides, tu resteras toujours ma fille et sache que maintenant, je ne te laisserai plus jamais tomber.
