Et voici donc déjà la fin de cette fic avec ce bref épilogue. ça fait à chaque fois bizarre d'en voir le bout, mais bon faut bien que ça te termine un jour ;) Un immense merci pour m'avoir suivi durant cette aventure, j'espère que vous avez apprécié votre voyage autant que moi.

Pour la suite, la prochaine fic à chapitres ne sera malheureusement pas pour tout de suite. Ces derniers mois j'ai effectivement fait ce que je m'étais pourtant promis de ne jamais faire, j'ai commencé à bosser sur une bonne dizaine de fics assez longue différentes. Du coup je tâtonne petit à petit sur chacune au lieu de me concentrer sur une seule, parce que les idées sont là et que je ne peux pas y résister, alors rien n'avance vraiment. Pour ne pas vous infliger des temps d'attente indécents, je ne posterai rien d'inachevé, il me faudra donc pas mal de temps. Néanmoins je bosse également sur des OS (pas étonnant que j'arrive à rien boucler en me dispersant à ce point XD) qui seront logiquement prêts plus rapidement ;)

Encore une fois merci à vous pour votre fidélité, et il ne me reste qu'à vous dire à très vite :)

ooOoo

Quelques jours plus tard je pénétrais dans le cimetière où reposait mon épouse, me sentant les jambes flageolantes. Telles une présence réconfortante, je savais Holmes tout près de moi, tout entier à scruter mes mouvements, à prévenir la moindre de mes défaillances. En quittant Baker Street un peu plus tôt je lui avais affirmé pour la énième fois qu'il n'était pas obligé de m'accompagner. Dans sa clairvoyance habituelle il n'en avait pourtant pas cru un mot, ce lui je lui savais gré à présent. J'étais heureux, soulagé même, qu'il soit à mes côtés. Cela rendrait ma tâche plus aisée.

J'avais décidé de venir rendre visite à Mary, à ma grande honte pour la toute première fois depuis son enterrement parce que pour la première fois justement je m'en sentais capable. A présent que ma nouvelle vie sans elle prenait une forme définitive, je me sentais le devoir de la tenir informée, aussi pénible que m'apparaisse cette visite.

La veille j'avais eu un entretien des plus fructueux dans une clinique publique où je devais commencer à travailler en début de semaine suivante. Une clientèle privée aurait été certainement moins difficile, mais à ce stade de ma vie je me sentais le devoir d'aider mon prochain. Ce que Holmes avait fait pour moi, je voulais le rendre à autrui, au moins en partie. Ainsi mon existence avait pris un tour tout neuf, aussi bien dans le domaine privé que professionnel. En dernier recours j'avais besoin de faire la paix avec ce passé désormais révolu, que mon épouse incarnait si parfaitement. Si Holmes n'avait pas compris ma démarche, au moins ne l'avait-il pas davantage critiquée, jugeant à juste titre que mon bienêtre en dépendait.

Lorsque j'arrivais devant cette pierre tombale sinistre que j'avais choisie à la va vite, un peu par hasard, sur le moment je me sentis le cœur bien gros. Ici plus qu'à tout autre endroit, à plus forte raison que je m'étais séparé de notre logement de Cavendish Place, je ressentais la présence de Mary, diffuse, indistincte, mais bien là. Et si une part de moi se réjouissait de ce lien retrouvé, une autre, plus grande encore, souffrait de savoir que ce serait terriblement bref et futile.

Pourtant rarement au fait des conventions sociales, Holmes eut la présence d'esprit de rester quelques pas derrière moi, telle une simple présence réconfortante mais nullement envahissante. Cela m'aidait de le savoir là alors que je savais parfaitement qu'au fond de lui le sort de mon épouse lui importait peu. Grâce à cela n'avait-il pas en effet ce qu'il avait longtemps désiré, à savoir moi ? Remarque guère modeste de ma part je l'admets, mais au moins étais-je honnête.

Je posai une main tremblante sur la stèle froide, reprenant du même coup brutalement conscience avec la réalité et ce qui m'avait emmené ici.

« Bonjour Mary », dis-je douloureusement.

D'une voix hachée, cherchant mes mots comme si chaque détail était important, j'expliquai ce qu'il y avait de nouveau dans ma vie, lui confirmant qu'elle avait eu raison dans sa perception du lien spécial qui m'avait toujours uni à Holmes. Je pris un moment pour l'assurer qu'elle serait toujours dans mon cœur et combien j'avais aimé notre vie. Tout cela était une démarche pathétique, m'adresser à un corps enterré depuis bien longtemps, à la recherche d'une absolution qui de tout façon ne changerait rien, néanmoins à mesure que je parlais je me sentais débarrassé d'un poids plus que conséquent. Je vidais peu à peu mon cœur et respirais un peu mieux à chaque mot que je prononçais. Je me sentais enfin tout à fait serein, comme cela ne m'était plus arrivé depuis le drame.

Quand il comprit que j'en avais fini, Holmes se rapprocha de moi. Après un ultime regard empli de tendresse pour la tombe je me tournai vers lui, satisfait de ne découvrir nul amusement sur ses traits mais au contraire la plus parfaite des compréhensions.

« Elle aurait souhaité que vous refassiez votre vie.

- J'en suis sûr.

- Mais certainement pas avec moi.

- Certainement pas non. C'est sans importance pourtant. »

Un bref instant il prit ma main dans la sienne, contact qui me réconforta tout à fait. Tant qu'il était à mes côtés je savais n'avoir rien à craindre.

Durant le trajet de retour, que nous fîmes à pieds à ma demande, nous ne prononçâmes aucun mot. Nous n'en avions pas besoin. Il était suffisamment proche de moi pour me frôler régulièrement et j'aimais cela. Mieux, je le désirais, comme jamais je ne l'avais encore désiré. Par sa patience et sa tendresse à mon égard il m'avait irrémédiablement fait succomber et je savais désormais ne plus pouvoir me passer de lui.

« Patience John, dit-il comme s'il m'avait senti ainsi émoustillé, nous avons le reste de l'après-midi pour nous. »

Je hochai la tête, m'en réjouissant moi-même. A cet instant je ne désirais rien d'autre que le conduire à notre chambre, où j'entendais bien m'appliquer à lui faire l'amour pour les heures à venir.

Pourtant ce projet s'avéra compromis lorsque nous fumes accueillis dans notre appartement par l'inspecteur Lestrade, qui semblait bouillir d'impatience. Il nous expliqua dans les grandes lignes le meurtre qui l'avait conduit ici et je compris qu'il me faudrait faire montre d'une parfaite maîtrise de moi pour surmonter ce contretemps. Cela dit, voir mon compagnon aussi ravi de l'opportunité qui s'offrait à lui m'était d'une grande aide. J'aimais à le voir ainsi, car je le savais plus heureux que jamais.

A la suite du policier nous nous mîmes donc en route, pour ma part pas mécontent également de retrouver notre routine, qui ne m'était jamais apparue plus précieuse.

THE END.