Note de l'auteur : Fairy Tail et ses personnages appartiennent à Hiro Mashima. Et le voilà enfin, le Droy que je retarde depuis deux chapitre ^^' Eh bien... J'ai eu du mal. J'ai eu de l'inspiration pour tout le monde, écrit sur tout et n'importe qui pour revenir à ma page blanche, écrire pour effacer... Je crois que j'ai fais du mal à Droy dans ce chapitre et je m'en excuse. J'ai effleuré des facettes possibles de sa douleur sans creuser suffisamment à mon goût et suit restée très superficielle. Bon, on me dit dans l'oreillette que ça la fout mal de dénigrer un texte avant de le faire lire Je devrais éventuellement envisage de mettre mes notes d'auteurs à la fin... Le chapitre avec le retour de Levy arrive, il sera normalement plus long que les précédents et sera peut être suivi d'une sorte d'épilogue cette fois-ci bel et bien centré sur le Shadow Gear et le Shadow Gear uniquement. Sur ce, bonne lecture o/


« - Levy ne reviendra pas Jet ! Elle est morte ! »

Il ne savait pas vraiment à quoi s'attendre après avoir prononcé cette phrase. Mais pas à ça. Non pas à ça. Pas à ce silence. Plus violent que si un ouragan avait été invoqué au beau milieu de la pièce. Tellement assourdissant. A quoi il s'attendait, c'est vrai après tout ? A ce qu'on démente l'inéluctable vérité ? A ce que Jet le frappe, lui hurle dessus ?

Il ne s'attendait pas à voir lentement avec une douce horreur la douleur se peindre sur les traits de son ami. Il ne s'attendait pas à ce que chacun dans la guilde cesse de parler suite à son accès de colère. Il ne s'attendait pas à ce que plus personne n'ose parler.

Dites-moi que ce n'est pas vrai, dis-moi qu'il reste de l'espoir, dites-moi qu'elle n'est pas morte, dites-moi qu'ils reviendront. Mais non, personne ne lui affirme le contraire. Ils n'ont pas plus la force d'espérer que lui. Alors ils se taisent. Parce que qu'importe ce qu'ils pourraient dire, qu'importe ce à quoi ils continuent de s'accrocher c'est trop petit, trop faible pour qu'il ne puisse s'y rattacher avec eux. Droy a besoin qu'on lui affirme que tout ira bien. Mais personne n'est enclin à lui mentir. Parce que tout n'ira pas bien. Parce que tout va mal. Parce qu'ils ne peuvent pas risquer de voir ce qui leur permet de croire encore balayé aux quatre vents.

Silence.

C'est une claque. C'est un rugissement. C'est un aveu.

Cette exclamation, – presque une supplique – c'est la plainte déchirante de celui qui n'arrive plus. Qui ne peux plus. Qui ne sait plus.

Les souvenirs ne lui suffisent plus, ils le rongent. Son visage ne l'apaise plus, il le brise. Ces lieux qui leurs était familier, qui sont imprégnés de leur présence à tous. Il n'arrive plus à regarder derrière lui.

La présence de ses camarades restant ne l'apaise plus. Chacun s'est replié sur soi, un peu à contrecœur mais sans pouvoir rien n'y faire. Chacun doit faire son deuil, chacun doit accepter un peu à sa manière. Que cela soit en se laissant pleinement aller à la tristesse comme un suicidé plonge dans l'eau ligoté à une encre ou bien en continuant d'espérer, fragile comme une bulle de savon qui vole, vole vers les cieux mais qui finira impitoyablement par éclater. Il n'arrive plus à regarder autour de lui.

Jour après jour les chances s'amenuisent. Peu à peu la résignation s'ancre en chacun et l'on détourne le regard du triste destin de la guilde qui fut la plus puissante de Fiore. Les autres guildes peu à peu cessent de les aider à essayer de retrouver les disparus de l'île. Et dans l'inconscient les disparus deviennent une perte tragique. Morts. Il n'arrive plus à regarder devant lui.

Il n'y a plus rien, tout fout le camp. Son monde est un champ de ruine miné ou il n'ose plus marcher, il n'ose plus avancer. Il lui avait dit pourtant, oui il lui avait bien dit de ne pas les laisser derrière. Cela avait été dur pour lui de la voir partir avec Gajeel mais au fond il savait bien que c'était pour le mieux. Que c'était ce qu'elle voulait vraiment au fond. Et puis, il pensait la revoir d'ici peu. Il était si heureux pour elle lorsqu'elle avait été sélectionnée pour ce maudit examen. Parfois il se surprenait à penser que tout aurait été pour le mieux si le Maître n'avait pas vu en elle le potentiel d'une mage de rang S. Mais il se reprenait aussi tôt, pris d'un accès de culpabilité. Il n'avait pas le droit de penser cela même si, dans ces sombres moments, il avait conscience qu'il les aurait tous sacrifiés pour la revoir.

Il n'y a plus rien. Le vide. L'absence. La douleur. Et ça faisait un mal de chien.

Il ne savait plus où il allait ni même si il avait vraiment envie d'y aller sans elle. Il voulait ne penser à rien, se laisser aller à l'oubli.

Mais l'oubli n'était pas chose facile à trouver. Comme Max et Jet il avait essayé de noyer sa souffrance en enchaînant mission sur mission puis comme Macao en buvant bière sur bière. Il avait cherché son addiction, son propre délicieux suicide inavoué. Comme Wakaba tire une bouffée de fumée, savourant les minutes qui lui restent à vivre qui s'égrènent, Droy trouve ce qu'il cherche dans la nourriture. Comment ? Il ne s'en souvient plus. Peut-être qu'en essayant de retenir ses larmes un jour il a fait une première crise de boulimie, incapable de s'arrêter d'engloutir tout ce qu'il trouvait sur son chemin.

Il ne pense pas à Levy lorsqu'il pose sa main sur une cuisse de poulet. Il ne se souvient pas de comment la Team Shadow Gear avait été fondé ce qu'il lui semblait être un siècle auparavant lorsqu'il plante ses dents dans une miche de pain. Il ne pense pas aux missions faites ensembles lorsqu'il dévore voracement un plat de ramen. Il n'y a plus ni peine ni regret. Juste lui. A peine lui.

Bien sûr l'oubli se paie, d'une manière ou d'une autre. Il se répète qu'il n'aurait pu rester le même suite à la perte de Levy mais il est le premier à ressentir du dégout et de la honte pour son changement de corpulence. Jamais il ne se serait laissé aller comme celui si elle avait encore été là. Mais elle n'était plus là. Il contemplait avec une fascination morbide ses bourrelets devant la glace le matin. Il ne supporte pas qu'on lui en parle. A dire vrai, il supportait de moins en moins que l'on lui parle, tout simplement.

« - Levy ne reviendra pas Jet ! Elle est morte ! »

Combien de fois a-t-il craché cette phrase ? Combien de fois a-t-il attendu avec désespoir que son partenaire face quelque chose, n'importe quoi, lui réponse, lui mette une droite. Il aurait tout prit à cet instant. Mais ce qu'il ne pouvait encaisser était justement ce qu'il recevait : le silence. Il portait trop de vide sur son dos, trop d'absence dans son cœur pour supporter d'entendre ce silence.

Insupportable.

Et pourtant. Pourtant il était là, immobile tout comme Jet.

Insupportable.

Il avait supporté bien des choses insupportables depuis quelques temps. Il avait vécu des choses qu'il n'aurait pas crues possibles dans un monde qu'il n'aurait jamais cru voir exister. Un monde sans Levy.

Il avait revu une amie d'enfance il y avait de cela quelques semaines. Une fille bien, il croit bien se souvenir que Jet lui avait demandé de sortir avec lui mais qu'elle l'avait repoussé en riant. C'était une bonne amie de Levy également. Elle n'était pas membre de Fairy Tail, n'ayant jamais réussi à pratiquer la moindre magie mais était en revanche très doué de ses mains et tenait une petite bijouterie à Magnolia avec son cousin. Elle l'avait invité à prendre un café et après une hésitation il n'avait pas vu d'objection. Il avait vu dans son regard lorsqu'elle l'avait aperçu qu'elle le prenait en pitié, lui le pauvre bougre qui essayait de se remettre de la perte de sa meilleure amie et tant d'autres choses à la fois en mangeant comme un combattant sumo. Il avait difficilement supporté le rendez-vous mais avait néanmoins retenu une de ces phrases :

« - Il faudra que tu te remettes sur les rails. Quand tu seras prêt. »

Parce qu'elle l'a bien vu, Droy est complètement sorti du circuit, empalé dans le décor et bien décidé à y rester agoniser jusqu'à la fin. Il n'était plus sur les rails. Les rails eux-mêmes avaient été brutalement arrachés. Il comprend qu'elle ait voulu voir s'il allait bien. Mais Droy ne va pas bien. Sa vie n'est faite que de degré de douleur maintenant. Et Droy ne sera sans doute plus jamais prêt. Il ne se remettra sans doute jamais sur les rails.

Parce que Levy ne reviendra pas. Parce qu'elle est morte.