Bonsoir à tous !
Voici le deuxième chapitre de Chasseur, deux semaines après le premier. Je compte (espère !) conserver ce rythme de publication.
J'ai passé beaucoup de temps dessus, alors j'espère qu'il va vous plaire :)
Je vous remercie pour toutes les reviews (reviewers anonymes : IsisMonAmour, GirlyBabe, Ann74 et Guest : merci pour vos petits mots !)
Désolée pour les potentielles fautes d'orthographe/de frappe.
Enjoy :)
Chapitre 2
Dans le chapitre précédent
Bella frissonna sous le regard intense du vampire, et ferma les yeux lorsqu'il huma l'air, semblant apprécier son odeur.
Je ne veux pas mourir, je ne veux pas mourir, semblait scander son esprit glacé d'effroi.
- James, grogna la vampire.
- Et bien, qu'avons-nous là ? Demande pour la seconde fois de la soirée le shérif, ignorant totalement sa progéniture.
…
…
…
…
Bella gardait les yeux fermés, espérant que tout cela ne soit qu'un rêve. Ou plutôt un cauchemar. Après tout, cela n'était pas possible, n'est-ce pas ? Son frère faisait parfois – même si le terme souvent s'approchait plus de la réalité – des bêtises, mais de la à fréquenter des vampires, il y avait un fossé tout de même. Tout cela n'était qu'un malheureux malentendu, voilà tout. Il suffisait simplement de convaincre calmement les prédateurs qu'il y avait erreur sur la personne, et tout le monde rentrerait bien sagement chez soi. Un souffle glacé près de son cou la sortit de ses divagations, et elle ouvrit brusquement les yeux, son regard se fichant directement dans les pupilles à présent totalement noires et dilatées du vampire blond. Tout son être transpirait la convoitise, la faim dévorante et le danger. Un instinct qui venait du plus profond de son être fit sonner une sonnette d'alarme dans le corps de la jeune serveuse. La situation était plus que critique : son frère était menacé et maintenu au mur par deux armoires à glace tandis qu'elle-même allait devenir le plat principal d'un suceur de sang assoiffé si on en croyait la posture du vampire qui lui faisait face. Elle n'avait aucune chance, et elle le savait pertinemment.
- Il me semble t'avoir posé une question, Sucre d'Orge, reprit le vampire avec une voix doucereuse, en totale contradiction avec son attitude de prédateur prêt à l'attaque.
Ce comportement inquiétât d'autant plus Bella : l'homme faisait preuve d'une certaine retenue, preuve que l'issue fatale serait inéluctable. Ce fut Edward qui lui répondit, la jeune fille à présent trop effrayée pour prononcer ne serait-ce qu'un seul mot.
- C'est ma sœur, espèce de cinglé ! Ne t'approche pas d'elle, ou sinon …, commença-t-il avec rage malgré sa position de faiblesse.
- Ou sinon quoi ? Je serais curieux de savoir ce que toi, l'humain, tu pourrais faire contre moi, se moqua James sans quitter une seule seconde du regard sa proie toujours figée. Il ne me semble pas que tu sois en position d'exiger quoi que ce soit. Ce serait plutôt à moi de réclamer les 50.000 dollars que tu m'as emprunté.
La proximité avec le prédateur surnaturel mettait Bella plus que mal à l'aise. Cependant, la dernière phrase du blond sembla la ramener quelque peu à la réalité. Elle décrocha difficilement son regard de lui et se tourna vers son frère, la surprise et l'incompréhension marquant ses traits.
- 50.000 dollars ? Chuchota-t-elle, écarquillant les yeux de stupeur. Pourquoi diable avais-tu besoin d'une somme pareille ?
Son frère n'osait pas la regarder dans les yeux, la honte le submergeant.
- James, non pas que cette petite réunion de famille m'emmerde, mais si en faite, interrompit la rousse, de plus en plus irritée.
- Voyons, Vicky, ne sois pas aussi rabat-joie, se moqua James, s'écartant finalement de Bella, qui pu enfin reprendre quelque peu contenance. Regarde-moi ces deux petits humains perdus et effrayés. Ne savoures-tu pas l'odeur âcre de la peur ?
Un éclat mauvais, presque malsain brillait dans les prunelles du shérif. Tout ceci n'était pour lui qu'un énième jeu, peut-être pour distraire sa longue et sombre éternité. A ce moment, il incarnait réellement un vampire, on ne pouvait le prendre pour un humain lambda.
La femelle se contenta de rouler des yeux, et détourna le regard, démontrant ainsi son ennui et son indifférence totale pour la scène qui se déroulait dans la ruelle.
- Ainsi, l'humaine est ta sœur ? dit James
Edward hocha sèchement la tête.
- Elle sent incroyablement bon, murmura-t-il. Peu importe, se reprit James. Son regard de prédateur passait de l'un à l'autre, comme un bête prête à bondir sur sa proie. Je me dois d'expliquer la situation à ta frangine, histoire qu'elle y voit plus clair.
- Ne t'avise pas de … commença Edward.
Un cri de douleur déchira l'air électrique qui régnait dans la ruelle, bientôt suivit d'un deuxième, plus aigu.
Le vampire blond venait de broyer la main d'Edward, et Bella avait tenté de le rejoindre, inquiète pour lui, mais un regard glacé du shérif la maintint en place, tremblante.
- Maintenant, tu te la fermes, compris ? Tonna ce dernier, à présent clairement en colère. Si tu veux pas que suce le sang à ta frangine, évite de me mettre plus en rogne que je ne le suis déjà.
Edward le fixa quelques secondes, le regard brillant de larmes de douleur et de rage, avant de baisser la tête. Il abdiquait.
- Bien, à présent je peux conter mon histoire, déclara avec un sadisme dans la voix le prédateur. Notre cher Edward ici présent m'a emprunté de l'argent, beaucoup d'argent il y a presque 8 mois. Tout ça pour aller le dépenser au jeu dans un casino qui m'appartient, en plus. Ironique non ? Il voulait tenter sa chance, paraît-il.
James s'arrêta, savourant la déception envers son frère lisible sur le visage de Bella.
- Pas tout évidemment ! Quand il a comprit que tout ses placements étaient mauvais, vraiment mauvais, il a acheté avec le peu qu'il lui restait de la Red qu'il s'est mis à dealer dans le quartier de Cartwing. Mais évidemment, dans un quartier aussi mal famé habité par des pouilleux plus pauvres que lui, tu te doutes bien Sucre d'Orge qu'il n'a pas pu en tirer un gros bénéfice. Jusque là, Laurent, tout est correct ?
Bella était complètement atterrée par ces révélations. Elle ne doutait pas que le vampire blond lui disait la vérité, cela ne lui servirait aucunement de lui mentir, à elle la pauvre et pathétique humaine. Comment son petit frère âgé de seulement 19 ans avait-il pu tomber aussi bas ? Leur père était shérif ! Comment avait-elle fait pour ne pas voir qu'il avait des problèmes ? Elle avait pourtant tenté d'être une grande sœur attentive et à l'écoute. De la Red, bonté divine ! Cette saloperie de sang de vampire mélangée à de la coke faisait des ravages sur le cerveau de ses victimes, elle ne savait pas quoi exactement, mais c'était très nocif. Son trafic était bien entendu interdit et très surveillé par les forces de l'ordre à cause de ses dommages irréversibles. Le grand noir au dreadlock jusque là silencieux lui répondit :
- Oui Shérif.
Sa voix était grave et basse, faite pour endormir votre méfiance.
- Et voilà que Swan atteint une dette de 50.000 dollars, continua le blond. Ce qui n'est pas rien, pour un petit délinquant comme lui. A ce moment-là, je lui propose un deal. Je suis en manque de serveuses pour mon bar, des Mordues pour être exact. Les deux dernières ont, comment dire … Trop plu à mes clients, susurra-t-il sous le regard dégoûté de Bella.
Les Mordus étaient des gens qui aimaient, non qui adoraient se faire mordre par des vampires, au point d'en devenir dingues, au sens propre. Bella ne comprenait pas ces gens-là. Comment pouvaient-ils apprécier une morsure de vampires, comment pouvaient-ils supporter la douleur engendrée, comment pouvaient-ils regarder dans une glace les deux petits trous significatifs dans leur cou et en redemander, encore et encore ? Ils devenaient des poches de sang vivants, ni plus ni moins.
- Donc, gentiment je lui laisse le choix, continua James, indifférent face à la scène. Soit il me rend les 50.000 dans les prochaines vingt-quatre heures, soit il me trouve de nouvelles serveuses prêtes à se laisser faire de jolis suçons sanglants, soit il sert lui-même de garde-manger à mes clients. Je te laisse imaginer quelle solution il a choisi, il faut croire qu'il tenait trop à son teint d'albâtre …
- Non … Non, vous mentez ! Murmura Bella, dépassée par les événements, dans le déni total.
Étrangement, elle ne doutait pas de la véracité des propos du vampire en face d'elle, mais elle ne n'arrivait pas à assimiler que son frère, sa chair et son sang, avait pu commettre des actes aussi ignobles. L'espace d'un instant, il lui paru mille fois plus monstrueux que la bête avide de sang qui débitait les faits sans aucune émotion si ce n'est un certain voyeurisme malsain.
- Mais tu sais bien que je ne mens pas, mon petit Sucre d'Orge, roucoula-t-il. Toujours est-il qu'il m'a ramené deux ou trois filles à peine potables sur les onze au total, les autres ne savaient même pas qu'elles allaient bosser pour un vampire. Pas n'importe quel vampire, mais le Shérif de la zone 2. Comme si vous, les humains, vous compreniez quelque chose à la hiérarchique vampirique. Enfin, reprit James impatient, ce soir était la goutte de sang qui a fait déborder le vase ! J'exige maintenant réparation, je pense avoir suffisamment attendu, et la patience n'est pas une vertu propre à notre espèce.
- Quel … Quel type de réparation réclamez-vous ? Bégaya Bella, un mauvais pressentiment s'emparant d'elle.
Le Shérif plissa des yeux, comme si la donne avait changé. En bien ou en mal, elle ne saurait le dire, mais elle se doutait que cela pencherait plutôt en leur défaveur.
- Et bien, il me faut les 50.000 dollars plus les intérêts. Qui sont normalement de 8%, mais tu sais quoi Eddy ? Ricana le vampire blond en tournant rapidement la tête vers Edward avant de rediriger son regard sur Bella. Ils viennent de grimper à 15% pour la perte de temps que tu m'as causé.
- On a un délai de combien de jours ? Demanda la jeune fille désespérée.
Elle commençait déjà à réfléchir à comment récolter une telle somme. Elle possédait un petit compte en banque, rien de bien incroyable, car l'argent provenait en grande partie de son salaire, mais elle pouvait aussi passer dans la semaine à la banque pour faire une simulation de prêt. Évidemment, il était hors de question que Charlie soit au courant de cette sale histoire, et de toute façon sa maigre retraite lui suffisait à peine à couvrir ses frais. Elle pouvait cependant demander à Rosalie de lui prêter un peu, et elle emprunterait aussi auprès de son patron Tommy, et …
Le vampire l'interrompit dans ses calculs :
- Tu as jusqu'à l'aurore, poupée.
- Quoi ?! Vous plaisantez ! S'écria-t-elle. Je ne peux pas rassembler une telle somme en l'espace de quelques heures …
- Ce n'est pas mon problème, Sucre d'Orge. Eddy aurait dû y réfléchir avant.
- Et qu'est-ce qu'il va nous arriver si on ne paie pas dans le délai imparti ? Questionna la brune, redoutant la réponse.
- Eh bien, en début de soirée, j'aurais exigé la mise à mort immédiate de ton frangin et la saisie de tout ses biens, mais je viens de trouver une nouvelle alternative moins douloureuse pour lui qui me permettrait de récupérer la totalité de l'argent, ce qui n'aurait pas été le cas avec la solution précédente.
- Et quelle est-elle ?
- Tu n'as pas écouté ce que j'ai dit, Sucre d'Orge ? Tu me déçois fortement ! Susurra-t-il, une lueur d'intérêt s'allumant dans ses prunelles.
Ça sens mauvais pour moi, pensa Bella.
- J'ai pourtant déclaré qu'il me manquait des serveuses pour mon business …
…
…
…
…
…
…
…
Un silence plana quelques secondes, seulement interrompu par la respiration saccadée des deux humains présents.
- Non, ce n'est pas possible, murmura Bella.
Elle ne l'avait pas vu venir celle-là. Bosser pour des suceurs de sang ? Jamais de la vie ! Elle ne voulait s'approcher ni de près ni de loin de ces bêtes enragées.
- Alors, nous n'avons pas le choix, il ne me reste que la première solution, annonça théâtralement James.
Et évidemment, comme prévu, Bella se lança à la rescousse de son frère.
- Vous ne pouvez pas tuer Edward ! Son meurtre ne restera pas impuni. Nous sommes les enfants de l'ex-shérif de Monroe. Il va lancer toutes les brigades de polices à vos trousses.
- Tu en es sûr, Sucre d'Orge ? Un accident est si vite arrivé …
Bella tourna la tête vers son frère cadet. Une lueur de résignation faisait luire tristement ses pupilles brunes. Elle ancra son regard dans les orbes vertes de son frère, qui la fixait en la suppliant de refuser. Physiquement, il était très différent d'elle. Une tignasse cuivrée entre le blond vénitien et le châtain clair contre sa chevelure brune, ses yeux verts émeraude contre les siens marron, un bon mètre quatre-vingt cinq contre son petit mètre soixante-cinq. Il ressemblait plus à leur mère, tandis que Bella avait beaucoup pris de leur père. Pourtant, en s'attardant plus longtemps sur leur visage, on remarquait une ressemblance dans leurs traits : le teint pâle, la délicatesse de leur nez et de leurs lèvres, les mains fines.
Il avait vraiment foiré sur ce coup. Mais c'était son petit frère, elle ne pouvait pas l'abandonner. Elle devait réparer les pots brisés, quoi qu'il lui en coûte.
- Alors j'accepte, déclara doucement la jeune fille, chaque mot au goût de cendre pesant lourdement dans sa bouche.
Elle avait l'impression de porter le poids du monde sur ses épaules, tel Atlas. Elle venait ni plus ni moins de vendre son corps à un vampire sanguinaire. Pour la modique somme de 50.000 dollars. Sans les intérêts. Misère, combien de temps allait-elle devoir servir ces monstres avant d'enfin se libérer de leur joug ?
- Nous avons donc un accord, se délecta le vampire blond. Et ne tente pas d'y échapper, Sucre d'Orge, je saurais te retrouver. Je te contacterai prochainement.
- On peut enfin bouger ? Grogna Victoria. J'ai envie d'aller siroter un cou.
James fit craquer ses épaules puis ajouta :
- Nous vous quittons, Mesdames, Messieurs.
Il fit mine de tourner les talons, avant de dire, un sourire carnassier aux lèvres :
- Oh, mais j'oubliais : il faut toujours goûter la marchandise avant de l'acheter.
Et avant qu'aucun des humains présents n'ait le temps d 'esquisser le moindre geste, il se jeta à vitesse vampirique sur Bella, maintint sa tête dans une poigne de fer et planta sans douceur ses crocs dans la gorge crispée par la peur de l'humaine. Celle-ci se mit à hurler de douleur, tentant de se dégager des bras du vampire sans succès, tandis que son frère à côté d'elle essayait de ruer contre ses assaillants. Rien de cela ne perturba le repas du vampire, qui aspirait de longues gorgées du sang riche et chaud de Bella. Les yeux des quatre autres vampires noircirent sous l'effet de la soif et de l'odeur du sang, mais aucun ne bougea. James se retira avec effort du cou de la brune, voulant encore et encore plonger ses crocs dans la chair tendre offerte à lui. Il lui murmura à l'oreille, couvrant le bruit des ses sanglots de souffrance, un filet de sang coulant le long de sa bouche :
- Tu es délicieuse, Bella. A la prochaine fois, plus tôt que tu ne le penses.
Et l'instant d'après, il n'y avait plus personne.
…
…
…
…
...
L'attaque avait duré moins d'une minute. Pourtant, le sang continuait de couler du cou de Bella. Elle était encore sous le choc émotionnel et physique. C'était la première fois qu'un vampire la mordait, et elle n'aurait jamais imaginer dans ses cauchemars les plus sombres que cela ferait aussi mal. C'est comme si tout son corps brûlait, et plus particulièrement son cou qui pulsait. A chaque battement douloureux de son cœur, la souffrance se propageait plus loin dans son être. Elle était un peu dans les vapes, son esprit ayant du mal à se reconnecter à la réalité. Dès qu'il fut libre, Edward se précipita aux côtés de sa sœur :
- Bella, tu vas bien ? Le connard, il a osé te …
Une claque retentit. La jeune fille tentait de compresser sa blessure avec son autre main, et lui jeta un regard emplit de rage, de douleur et de déception.
- Non, je ne vais pas bien Edward ! explosa-t-elle. J'ai appris que mon frère s'était mis dans les emmerdes jusqu'au cou, est devenu dealer, a participé à des trafics inhumains, j'ai été vendue à un vampire et je me suis fait mordre par ce foutu vampire ! Alors non, je répète, je vais tout sauf bien.
- Je ne voulais pas que tu sois mêlée à tout ça. Je suis tellement désolé, Bells, dit tristement Edward.
- J'en ai rien à foutre de tes excuses !
La porte de service de La Familiale s'ouvrit et Tommy, le patron apparu sur le seuil, rompant la tension installée.
- Bella, Edward, c'est vous ? Tout va bien ? J'ai entendu crier.
- Non, ça va Tommy. Une simple divergence d'opinion entre les Swan.
- Bon les gars, on va pas tarder à fermer, il est presque minuit.
- On arrive, lui dit Edward.
L'homme se retira. Edward fouilla dans ses poches et en sortit un mouchoir, qu'il tendit à sa sœur.
- Va dans les vestiaires te nettoyer, je finis ton service. Et je t'accompagne jusqu'à ton appart.
- Pourquoi ? Marmonna-t-elle, se dirigeant vers la porte de service du restaurent. Tu vas me protéger comme tu viens si bien de le faire ?
…
…
…
…
Effectivement, son frère la raccompagna jusque chez elle. Sur le seuil de son appartement, il tenta de la serrer dans ses bras, mais elle le repoussa.
- Edward, non. Là j'ai envie de prendre un bain et de me rouler en boule dans mon lit. Je ne veux pas te parler aujourd'hui. Ni demain. Je t'appellerai quand j'irai un peu mieux.
Et elle lui ferma la porte au nez. Elle jeta son sac et sa veste à l'entrée, enleva ses chaussures et augmenta le chauffage. Puis elle se dirigea vers sa petite cuisine, fouilla dans les tiroirs, se servit un quart de verre de Rhum et l'avala cul-sec. Elle en avait foutrement besoin.
Prochaine étape : la salle de bain. Elle attrapa la trousse de secours très bien équipée – ce qui était normal, avec sa maladresse légendaire – et en sortit du désinfectant, une compresse stérile et un pansement. Elle détacha le mouchoir en papier de sa blessure et grimaça en sentant l'odeur métallique du sang. Elle n'avait jamais supporté la vue du sang. Elle ferma les yeux, compta jusqu'à dix en expirant doucement.
Puis elle procéda au nettoyage de sa plaie. Ce n'était pas beau à voir. Les deux petits trous correspondants à la trace laissée par les canines du blonds étaient nettes, mais la peau tout autour était gonflée et rouge, tirant même sur le violet à certains endroits. Bella avait toujours été du genre facile à marquer. Après avoir appliqué un pansement, elle se déshabilla et s'immergea doucement dans le bain, en faisant bien attention à ne pas mettre sa blessure au contact de l'eau. Elle se reposa pendant presque une demi-heure, somnolant de temps à autre. Puis lorsque l'eau devint trop froide à son goût, elle effectua une rapide toilette.
Après s'être habillée chaudement, elle alla grignoter un rapide petit sandwich, histoire de ne pas tomber en anémie après sa prise de sang non consentie. A ce souvenir, elle frissonna violemment. Ce souvenir allait la hanter pendant longtemps. Elle se roula en boule dans son lit, laissant sa petite veilleuse allumée, et tomba dans un sommeil agité.
…
…
…
…
Le lendemain, elle s'éveilla vers dix heures. Elle n'avait pas passé une bonne nuit, et de ce fait ne s'était pas sentie d'attaque pour assister à la première session de cours de la matinée elle n'irait que l'après-midi. En se levant pour effectuer sa toilette matinale, elle eut un sursaut de frayeur en voyant son reflet dans la glace. Son visage était tiré et pâle, elle avait de grosses cernes et les yeux gonflés. Pour un peu et sa blessure serait invisible face à son allure. Elle tenta du mieux qu'elle pu de s'arranger, changea son pansement, prit un gros déjeuner et enfila une écharpe pour cacher sa blessure. Avec les températures actuelles, cela n'attirera pas l'attention. Elle prit son sac et partit à la fac.
Elle ne fut pas très attentive en cours, son manque de sommeil se faisait ressentir. Angela, une amie à elle qui suivait le même cursus qu'elle, l'avait même questionnée :
- Bella, tu vas bien ? Tu m'as l'air mal en point.
- Oui, c'était une dure soirée hier au travail.
- Tu devrais réduire tes heures, lui avait dit Angela, inquiète.
Après son dernier cours de la journée, elle alla visiter son père comme tous les vendredi. Elle voulait changer sa routine habituelle le moins possible. Après tout, si elle ignorait toute cette histoire, peut-être bien qu'elle serait oubliée des vampires. Son père fut ravi comme toujours de la voir, même s'il ne le montra pas. Bella était habituée à sa réserve, elle-même n'étant pas d'un naturel démonstratif. Pourtant, Charlie semblait quelque peu soucieux pour sa fille :
- Tout va bien à la fac ? Au boulot ?
- Oui, les examens approchent bientôt mais je ne suis pas inquiète.
- Pas de problèmes particuliers ? Insista-t-il.
- Non, je t'assure Papa.
Et Charlie n'en demanda pas plus. Il était un homme de peu de mots. Et puis Bella était quelqu'un d'assez buté : si elle ne désirant parler d'une chose, il ne servait à rien d'insister. Elle viendrait se confier quand elle jugerait le moment opportun.
Elle passa le reste de l'après-midi avec lui, regardant un match de base-ball sur l'écran plat récemment acquis avec sa petite retraite, puis elle alla lui préparer de quoi le nourrir pour le reste de la semaine. C'était leur routine, et ils l'aimaient.
Alors que Bella sortait le plat du four, elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir puis claquer. Elle termina de ranger rapidement la cuisine et se dirigea vers le salon d'où elle entendait les voix. Son frère discutait tranquillement avec Charlie, il leva les yeux vers elle quand il l'entendit entrer, et la salua rapidement.
- Charlie, je t'ai préparé un plat de pomme de terre pour ce soir, et de la salade pour demain, lui dit-elle en s'habillant.
- Tu pars ? Demanda son père.
- Oui, mon service commence dans une demi-heure.
- Je t'accompagne, déclara Edward.
- Tu ne travailles pas d'habitude le vendredi soir, s'étonna leur père.
Edward se contenta de hausser les épaules et de se lever à la suite de sa sœur. Ils saluèrent leur père et sortirent dans le froid mordant. Ils ne s'adressèrent pas la parole ni pendant le trajet jusqu'à l'arrêt, ni même à l'intérieur du vieux tramway. Les rues étaient encore animées en ce début de soirée, mais Bella ne se sentait pas à l'aise. Elle avait l'impression qu'à tout moment, un vampire allait lui tomber dessus, mais heureusement, le trajet se déroula sans heurt jusqu'au quartier où se situait La Familiale. Ils pénétrèrent dans le restaurent, saluèrent Tommy au loin et entrèrent dans les vestiaires. Et dire que c'était peut-être son dernier service. Elle n'en savait rien, en faite. Et c'était cette incertitude et cette attente qui la tuait petit à petit. James avait dit qu'il allait la contacter, mais quand ? Elle ne savait rien de ce nouvel emploi, que ce soit au niveau des horaires, du salaire ou même du lieu, si ce n'est qu'elle serait constamment en danger, entourée de suceurs de sang. Elle devait dès maintenant trouver une excuse pour prendre congé de son job chez Tommy. Et Rosalie ! Mon Dieu, Rosalie saurait à la seconde même où elle la verrait que quelque chose ne tournait pas rond chez elle. Heureusement, ce soir elle ne travaillait pas, c'était son soir de congé.
- Comment tu vas cacher ta morsure ? l'interrompit dans ses pensées Edward.
- Je vais mieux, merci de demander, cingla sa sœur, en train de se changer dans une cabine.
- Je peux regarder ? Demanda-t-il contrit.
Bella souffla de lassitude mais daigna enlever son pansement lorsqu'elle sortit de sa cabine.
- C'est presque parti, déclara Edward, sceptique.
Et c'était vrai, en se penchant sur le miroir, Bella pouvait constater que seules les deux traces des crocs subsistaient, nettes, rondes et profondes. Les gonflements et les rougeurs avaient totalement disparu. Ce qui ne l'empêcha pas de nouer un châle noir autour de son cou. Elle tapota ses joues pour se redonner quelques couleurs, puis sortit du vestiaire sans même saluer son frère. Si quelqu'un la questionnait sur la présence de ce foulard, elle prétexterait un coup de froid.
…
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Après cela, le temps s'écoula tranquillement. Les traces de morsure disparurent complètement pendant son week-end, ce qui permit à Bella d'aborder plus sereinement la semaine. Elle avait reprit ses habitudes : elle se levait le matin, se préparait, allait en cours, bossait ses devoirs, allait travailler au restaurent La Familiale, discutait avec Rosalie qui bizarrement ne lui fit aucune réflexion, rendait visite à son père, rentrait, se couchait, dormait, et tout ceci sans aucune nouvelle des vampires qui avaient bouleversé sa vie l'espace d'un soir. Elle croisait de temps en temps son frère, sans qu'il n'ait rien de particulier à lui signaler. Bella espérait qu'ils l'avaient oublié : après tout, ils l'auraient déjà contacté, non ? Une semaine s'écoula ainsi, entre sa vie estudiantine, son travail et ses proches. Ses examens approchaient, et elle étudiait plus que jamais : encore un an et elle obtiendrait sa maîtrise, ce n'était pas le moment de flancher.
Un vendredi soir, une semaine jour pour jour après les fâcheux événements, Edward vint la trouver pendant son service. Elle était occupée à débarrasser une table, lorsqu'il se présenta devant elle, angoissé et soucieux.
- Bella, ils m'ont contacté, dit-il sans tact.
A ces mots, elle comprit tout de suite de quoi il était question et ses mains tremblèrent, manquant de faire tomber les assiettes. Elle releva doucement la tête, n'osant y croire. Elle avait eu le réel espoir durant ces quelques jours que tout ceci ne soit pas vrai.
- Qu'est-ce qu'ils t'ont dit ?
- Le Shérif t'attend demain soir dans son bar à vingt heures, il veut que tu sois habillée en circonstances.
- C'est-à-dire déguisée en strip-teaseuse, rétorqua Bella, remontée. Monsieur exige et Monsieur est servi.
Edward soupira, passant ses mains dans sa tignasse désordonnée avec frustration.
- Dis-moi ce que je peux faire Bella. Je suis coincé, et je suis vraiment désolé que tu sois mêlée à tout cela.
- Tu m'as déjà dis ça, et je suis quand même mêlée à ton bordel.
- Tu n'avais qu'à ne pas sortir me rejoindre ce soir-là ! S'écria-t-il, énervé, avant de regretter ses paroles.
- Mais le mal était déjà fait. Bella était furieuse et blessée.
- C'est sur, il aurait mieux valu que je te laisse te faire tuer comme un moins que rien dans cette ruelle sordide.
Elle s'apprêta à tourner les talons mais son frère lui retint son poignet.
- Écoute, je … Je suis dépassé par tout ça, je ne sais pas quoi faire pour arranger cette situation.
- Tu aurais dû ne pas emprunter de l'argent pour le dépenser au casino en premier lieu, et tu aurais pu réparer ton erreur en bossant pour lui comme je m'apprête à le faire au lieu d'envoyer de pauvres innocentes se faire drainer.
- Je sais. J'ai merdé. Grave merdé. Je t'accompagne demain soir.
Bella n'osa pas l'envoyer balader. Elle était en fait soulagée que quelqu'un l'accompagne là-bas, même si ce n'était que son irresponsable de petit frère. Elle lui adressa un mince sourire puis s'en retourna finir son service. Auparavant, elle alla voir Tommy pour lui expliquer que le lendemain soir, elle ne pourrait pas venir assurer son service, malgré que le samedi soit la soirée la plus chargée de la semaine et donc riche en pourboire. Elle rentra chez elle, exténuée et anxieuse pour le lendemain.
…
…
…
…
Elle y était. Samedi soir. Vingt heures.
Elle avait attendu toute la journée l'heure fatidique, angoissée et incertaine. Comme exigé, elle avait revêtu une robe quelque peu habillée. Elle n'avait pas l'habitude d'en porter, mais elle avait acheté celle-ci sous la pression de Rosalie, lors d'une de leurs virées shopping. Le col et les bras étaient en dentelle noire tandis que le reste de la robe, s'arrêtant juste au-dessus du genou, était faite d'un tissu noir moulant. Elle était élégante sans être vulgaire. Par contre, Bella n'avait fait aucun autre effort : pas de maquillage, ni de coiffure spéciale, et des petites ballerines aux pieds. Après tout, le vampire n'avait exigé qu'une tenue de circonstance. Edward était venu la chercher vers dix-neuf heure trente, avec la petite auto de Charlie. Ils avaient roulé en silence jusqu'à un coin de la ville que Bella ne connaissait pas du tout. L'ambiance était très différente.
Digne d'un repaire de vampire, songea Bella.
La voiture s'arrêta sur un parking plein un peu en périphérie de la ville, et en face se dressait le bar du Shérif de la zone 2 de Louisiane. Les néons rouge sang de l'enseigne clignotaient dans la nuit sombre.
Monroe's Decadence, cela veut tout dire, renifla la brune avec dérision. Ils restèrent quelques minutes dans la voiture silencieux.
Elle y était. Samedi soir. Vingt heures.
D'un commun accord, ils sortirent de la voiture et se dirigèrent vers l'entrée d'un pas lent. Devant la porte se tenaient bien évidement les videurs dont le physique en effraierait plus d'un. Vampires évidemment. Autour, il y avait des vampires mais aussi quelques humains, certains s'adonnant à de louches activités. Bella évita de regarder autour d'elle, se contentant de garder les yeux fixés sur le bitume et de suivre son frère. De la musique filtrait à travers la porte, mais pas assez fortement pour en deviner l'air.
Edward s'avança vers les videurs et annonça :
- Edward et Isabella Swan, pour le Shérif.
Un des trois videurs les regarda de haut en bas avant de s'effacer et de leur ouvrir la porte. Il entrèrent et aussitôt, la musique lascive de Jace Everett, Bad Things, se fit clairement entendre.
Approprié, pensa Bella en laissant son regard dérivé sur les gens emplissant la pièce. Certains étaient accoudés au bar, consommant probablement un True Blood ou de l'alcool. D'autres dansaient sur la piste de danse, de manière plutôt dérangeante, alors que sur l'estrade deux femmes en petite tenue faisaient des mouvements physiquement impossibles sur la barre de pole dance selon l'avis de Bella. Le reste des clients étaient pour la plupart assis sur les banquettes ou autour d'une table, souvent en charmante compagnie.
Finalement, son regard tomba dans celui sardonique du vampire nommé James.
Elle y était. Samedi soir. Vingt heures.
Et voilà pour ce deuxième chapitre. N'hésitez surtout pas à me donner votre avis, cela me fera très plaisir !
Voulez vous voir d'autres personnages intervenir ? Comme Alice, Jasper, Tanya ou autre ? Quels rôles les aimeriez-vous les voir tenir ?
Préféreriez-vous que les vampires soient mortels comme dans True Blood (pieu dans le cœur, sensibles à l'argent …) ou indestructibles comme dans Twilight ? Voulez-vous qu'ils doivent avoir une invitation pour entrer dans une maison ou non ?
A bientôt !
