Tensions

« Papa papa !

Aujourd'hui avait été une dure journée pour Sebastian. Il ne cessait de se disputer avec son mari pour la même raison, la kermesse de sa fille a laquelle il ne pouvait -voulait- pas assister, et son travail ne cessait d'augmenter. Sa fille, Lauren, était alors devant lui, déguisée en pot de fleur.

- Tu viendras me voir à la fête de l'école ? Regarde mon déguisement comme il est beau !
- Tu es magnifique ma chérie. Mais je ne pourrai pas venir je te l'ai déjà dit. J'ai énormément de travail et je n'arrive pas à m'en sortir.
- Papa s'il te plaaaait… Sebastian détestait quand Lauren le suppliait ainsi, en faisant les yeux de chiots.
- Je suis désolé chérie… Je regarderai ta vidéo, c'est promis. Et comme je suis sûr que ton père remplira 4 cartes mémoires de photos, je ne louperai pas un seul moment de ta parfaite représentation. Allez, je suis certain que tu seras belle comme un coeur. Dit-il, rebaissant la tête sur son fastidieux dossier.

La petite soupira et parti retrouver son autre papa dans la cuisine, ayant tout entendu.

- Bon papa Seb ne veut pas venir…

Si une chose avait le don d'énerver Blaine, c'était bien ça. Certes Sebastian croulait sous le travail, mais il pouvait au moins donner un après midi à sa fille. Il fit alors irruption dans le bureau de son mari, leur fille dans ses bras.

- Sebastian, fais le pour Lauren. Tu sais que ça lui ferait plaisir.
- Bon, je passerai PEUT-ÊTRE faire un tour. Si j'ai le temps. Mais tu sais très bien que j'ai horreur des gosses des autres. Je n'aime que les miens… Sans compter toutes ces mères de famille, coincées dans leurs jupes à plis bleues marines. Tu sais que je ne peux pas les supporter...
- Sebastian, pour Lauren. »

Son ton était assez sec mais lui aussi, tenait vraiment à ce que Sebastian vienne. Il retourna dans la cuisine, Lauren avec lui. Il s'assit à la table en chêne et prit son visage entre ses mains, lassé par l'attitude de son mari.

Blaine était alors à la kermesse de sa fille, coincé entre trois femmes catholiques, constatant malheureusement leur esprit étriqué, attendant son mari avec impatience. (il ne perdait jamais espoir.)

« Blaine ! On ne vous voit pas souvent, vous faites parti des parents d'élèves ? commença une des femmes, une grande brune.
- Je… non je n'en fais pas parti. Je ne suis pas trop ancré dans ce genre de choses…
- Votre femme non plus ? En général ce sont les mamans qui participent à ça, les hommes n'ont pas le temps avec le travail. La seconde leva les yeux au ciel. D'ailleurs, votre femme ne vient pas ?

Blaine toussota et s'apprêta à répondre alors que son téléphone sonna. Il remercia tout ce qu'il pu dans sa tête.

· Excusez moi. C'est… …. elle, justement.

Il s'éloigna alors, plutôt énervé, et répondit.

« - Sebastian, je te déteste. Tu attends quoi pour venir là ? Lauren a fini son spectacle et les parents me demandent où est ma femme. SEBASTIAN BOUGE TOI.
- J'avais trop de boulot Blaine. J'ai fait au plus vite mais vraiment, c'est incroyable tellement j'en ai. Une sordide histoire de crime passionnel... Un meurtre en plein milieu de l'acte. Sordide hein? Blaine pouvait presque entendre le sourire en coin de son mari à travers le téléphone, il soupira.
- C'était la PREMIÈRE fois sur scène de notre fille…
- Oh bravo, elle a fait le pot de fleur dans un costume en carton ! Elle fera une carrière dans Broadway à coup sûr !
- Ne sois pas si rabat-joie, Elle aurait aimé que ses deux papas soient la!
- Pour qu'elle se fasse humilier par tous ces sals hétéros ? Sûrement pas. Ils peuvent bien faire tomber le ciel sur moi, mais ils ne toucheront certainement pas à ma fille.
- À d'autres Sebastian…
- C'est bon ! Son père était là, pourquoi les deux ? Est-ce que les autres enfants ont leurs deux parents présents ? Non !
- Et bah si ! Il n'y avait que toi ! Trop occupé avec tes "affaires".
- Ouuuuui et ces mêmes affaires qui servent à vous faire vivre et à vous nourrir...
- JE NE SUIS PAS UNE FEMME AU FOYER SEBASTIAN.
- MAIS C'EST TOUT COMME.
- C'était toi qui voulait que je reste à la maison je te signale ! Sympa de me le reprocher maintenant. MERCI BEAUCOUP SEBASTIAN. Tu attends quoi ? Que je m'agenouille devant toi et que je te chante des louanges ? MERCI MON CHER MARI DE NOUS PERMETTRE DE NOUS NOURRIR.
- Oh Blaine s'il te plait ! JE t'ai obligé à rester à la maison ? Tu n'étais pas obligé de m'écouter, POURTANT tu l'as fait. Ca ne te dérange PAS TANT QUE CA ALORS. Tu sais très bien que JE ne peux pas m'arrêter quand JE le veux parce J'AI des clients qui ont BESOIN de moi. Tu peux le comprendre ça ? Je ne pouvais pas lâcher ma journée pour une kermesse avec une bande de cathos hétéros jusqu'à la moelle ! Et oui je pourrais attendre de toi que tu te mettes à genoux, tu sais comme j'aime ça, et je trouve que ce serait une bonne façon de me remercier de tout ce que je fais pour vous!
· Tes clients ont peut-être besoin de toi, mais ta famille aussi. Et j'ai toujours pensé que ta famille passerait avant ces inconnus. J'ai dû me tromper. Je t'attends Seb. Prouve que tu tiens à nous. Ou que tu tiens AU MOINS à ta fille. » A ces mots, Blaine raccrocha, ignorant la dernière partie.

Il détestait les disputes avec Sebastian. Heureusement qu'il s'était éloigné de ses "nouvelles amies". En revenant vers elles, il vit que Lauren était revenue, accompagnée de quelques filles qui devaient être ses copines.

« Hey chérie ! Tu étais magnifique. Comme toujours. Il prit Lauren dans ses bras, embrassant sa joue.
· Papa n'est pas venu… affirma plus que demanda Lauren a l'oreille de Blaine. Il ne prit pas la peine de répondre, se contentant de la serrer contre lui.

Peu après elle redescendit, et couru vers ses amies.

- Blaine, vous ne nous avez pas raconté comment vous avez rencontré votre femme !
- Je… hum. Je n'aime pas tellement parler de ça en fait. Il rit nerveusement. On s'est juste rencontrés au lycée. Ca n'a rien d'extraordinaire. Nous sommes tombés amoureux et c'est tout. Son sourire était forcé.
- Je suis sûre qu'elle est jolie. Lauren est très mignonne. J'espère que nous la rencontreront un jour ?!
- Je l'espère aussi. Mais... euh... ELLE a un emploi du temps assez conséquent ...

Blaine n'était pas très bavard. Il surveillait l'entrée de l'école, espérant apercevoir Sebastian. Rien. Personne. Que du vent.

- Lauren a dit à Lea, ma fille, qu'elle avait un grand frère de seize qui faisait plein de bêtises. Ca a dû être dur pour votre femme de retomber dans les couches et les biberons non ?
- Trois ou neuf ans c'est pareil vous savez.
- En parlant de frères qui font des bêtises, renchérit la plus jeune, vous avez entendu parler d'un garçon qui s'est fait prendre dans les toilettes en faisant des choses pas très tolérables ?

- Oh mon dieu oui, elle fit le signe de croix, quelle horreur.
- Comment PEUT-ON laisser son fils faire ça ?

Blaine se sentit tellement mal. Il priait -même s'il ne savait pas comment faire- pour que Sebastian arrive là maintenant tout de suite.

« - Vous parlez de Grant, mon fils ? »

Une voix que Blaine connaissait trop bien se fit entendre dans son dos. Sebastian était toujours parfait. Mais là, il était époustouflant. Blaine sourit parce qu'il savait très bien qu'il l'avait fait exprès, afin d'impressionner tout le monde. Il avait une foulée élancée et se tenait droit. Ses vêtements étaient parfaitement coordonnés et les clefs de sa -grosse- voiture claquaient dans sa main. Il attrapa Blaine par la taille et l'embrassa le plus fougueusement possible. Des bruits de dégout de la part des femmes se firent entendre. Tous les regards étaient rivés sur lui.

« Enchanté, je suis Sebastian, la... Il fronça les sourcils ...femme de Blaine? Il tendit sa main mais aucune d'elle ne la serra. Il rigola d'un ton sardonique. Oui vous avez raison, on a eu du mal à se remettre dans les couches, les biberons, les nuits courtes et les cris… Mais on aime tellement ça. Et puis, à vrai dire nous n'avions pas vraiment perdu l'habitude des deux derniers. Il posa son regard sur Blaine qui se fit tendre. N'est-ce pas mon amour ? D'ailleurs on essaie de mettre en route le troisième… mais… ça coince. Nous ne comprenons pas. Cela fait une semaine que nous essayons, mais rien. Pourtant on n'arrête pas, on essaye encore et encore... inlassablement. »

Cette fois son rire était jaune et Blaine sourit en coin. Il aimait tellement Sebastian. Tout le monde était livide, le pire était pour les trois femmes. Certaines personnes avaient caché les yeux de leurs enfants. Les trois femmes étaient choquées, et aucun mot ne pouvait sortir de leurs bouches.


Okay alors désolées pour la pause de... deux semaines ? Plus ou moins. Il y a eu d'énooooormes contres temps mais je pense qu'à partir de ce chapitre tout devrait se poster correctement. C'est-à-dire APPROXIMATIVEMENT un par semaine.

Nous vous remercions encore et toujours pour vos review plus qu'adorables, et bien sûr, continuez! C'est un plaisir de les lire ! :)

Et n'oubliez pas, si vous avez des idées partagez les! Que ce soit un mot, une idée, un thème... Vraiment, nous sommes preneuses !

Donc à la semaine prochaine, je l'espère. Et à vos reviews ! ;)

TeamSerpentard & Dray'savonette