Chapitre 2 :
Il était tranquillement installé comme à son habitude sur le toit du local technique, se trouvant sur le toit du bâtiment principal. Invisible aux yeux de tous, il n'avait alors pour simple horizon que le ciel et les toits des bâtiments lointains. L'école était assez vaste et ceinturée par de grands boulevards, laissant ainsi un espace vide assez … plaisant. Il repensait doucement à la soirée de la veille. Il s'était encore prit la tête avec son père, celui-ci en ayant marre de son laisser-aller et de son arrogance. Mais s'il agissait ainsi c'était pour s'abstenir de sauter Ichigo devant tout le monde. Il mettait tout son cœur dans cette abstinence. Il se concentrait comme il pouvait pour éviter de prendre son jumeau contre lui, comme ils avaient l'habitude de le faire étant plus jeunes. Petits, ils se quittaient rarement, ils se touchaient constamment. Si bien qu'au moment de l'adolescence et des premiers émois, ils avaient laisser les contacts se faire plus … intimes, plus … appuyés, jusqu'à ce que finalement, ils découvrent les joies du sexe ensemble, petit à petit. Mais en entrant au lycée, quelque chose s'était rompu, Ichigo ne supportant plus aucun contact avec son frère. Et Kuuran n'avait fait qu'accumuler frustration et amertume, rancœur et regrets. Ichigo n'était plus à lui alors que lui, lui appartenait encore. Il souffla une nouvelle fois et ferma les yeux. Décidément, même quand il n'était pas là, il faisait tout pour le faire chier. Lentement, il sortit sa flasque et la porta à ses lèvres, laissant le liquide couler dans sa gorge et soulager sa peine et le défaire de ses envies.
-Je sais que tu es là, Kurosaki.
Kuuran sursauta. Il avait reconnu la voix d'Ishida et il se demandait bien pourquoi le délégué le cherchait. Mais surtout comment savait-il où chercher? Il se décida de sortir de sa cachette puisque de toute façon, il n'avait rien de mieux à faire.
-Je suis là, fit-il en se levant.
Ishida se retourna et vit l'adolescent aux cheveux blancs descendre du toit du local technique. Il avait donc eut raison d'aller le chercher là. Il le regarda, pensif. Ils avaient le même physique, les mêmes mouvements et il ne put s'empêcher de laisser son regard courir sur le corps de Kuuran et de s'attarder sur ses fesses. Il cacha sa rougeur en remontant ses lunettes quand Kuuran lui fit face.
-Qu'est-c'tu m'veux?
-Urahara-sensei veut te voir, lui répondit simplement l'ébène. Suis-moi.
Ishida se retourna et commença à se diriger vers les escaliers. Une fois arrivé à la porte, il se rendit compte que Kuuran n'avait pas bougé. Il jura tout bas, retourna prés du jeune homme, l'attrapa par le bras et le traina à sa suite. Kuuran s'exclama mais finalement se laissa faire. Jouer avec Ishida lui faisait oublier ses envies concernant son frère. Ce qui fit apparaître un petit sourire sur ses lèvres maquillées de noir.
Ils traversèrent ainsi les couloirs du lycée, ne rencontrant que peu d'élèves à cette heure. Cependant, ceux-ci étaient atterrés de voir Ishida, un élève calme, légèrement énervé à cet instant précis, tiré derrière lui un Kuuran, connu pour ses accès de rage dés qu'on l'approchait d'un peu trop près, souriant comme un imbécile heureux.
Ishida s'en foutait royalement de ce que pourrait penser les autres élèves. Tout ce qui lui importait était d'amener le plus rapidement possible cet abruti de Kurosaki Kuuran devant Urahara-sensei et puis après de rentrer chez lui. Il en avait plus que marre des Kurosaki. Déjà Ichigo lui pourrissait la vie à lui donner des envies qu'il ne devrait pas avoir, et voilà que maintenant, il ne pouvait plus regarder Kuuran sans penser à Ichigo et à ce qu'il avait envie de lui faire faire. Il se maudit et se dit qu'il fallait vraiment qu'il fasse quelque chose pour changer cet état de fait.
Il ouvrit la porte donnant sur la salle des professeurs sans frapper et se dirigea droit sur le bureau de leur professeur principal. Celui-ci releva les yeux du document qu'il était en train de lire et sourit niaisement à Ishida, mettant encore un peu plus en colère l'élève.
-Je vous amène Kurosaki, Urahara-sensei.
-Je vois ça Ishida-kun, fit malicieux Urahara.
Ishida souffla et lâcha Kuuran qui observait, un petit air amusé sur le visage, Ishida se mettre dans tous ses états. Et apparemment, il n'était pas le seul. Le prof aussi semblait s'amuser de la situation.
-Si vous n'avez plus besoin de moi … sensei, répondit Ishida en insistant bien sur le dernier mot.
Il ne comprenait pas pourquoi ce prof avait décidé de veiller sur lui. Mais ça le gonflait. Il n'avait pas besoin d'un adulte derrière lui à vérifier ce qu'il faisait et comment il se comportait. Encore une idée farfelue de son père. Qu'il aille au diable d'ailleurs celui-là aussi!
Il allait se retourner quand il entendit Urahara l'interpeller.
-Ce que j'ai à dire à Kurosaki-kun ... te regarde aussi Ishida-kun.
-Et de quoi s'agit-il? Fit Uryu en croisant les bras sur son torse et en foudroyant du regard le blond.
-Asseyez-vous d'abord, éluda-t-il en désignant d'un geste les deux chaises vides devant son bureau.
Heureusement pour eux, la salle des profs était vide. Urahara n'avait donc nullement besoin de faire attention aux autres profs. Il pouvait parler en toute liberté avec ses deux élèves et ceux-ci pourraient répondre de même.
-Et vous m'voulez quoi au juste? Demanda Kuuran en s'asseyant nonchalamment sur une des chaises.
-Porter à ta connaissance l'état déplorable de tes notes, répondit le blond. Il me semble remarquer un relâchement assez important depuis quelques semaines.
-Et alors? Fit-il agressivement.
-Et bien … je préfère en parler avec toi et trouver une solution, voir si elle porte ses fruits ... avant d'en parler à ton père.
Kuuran ne put s'empêcher de grimacer à la mention de son père. Il avait tendance à oublier qu'Urahara et Isshin étaient des amis proches, très proches. Il arrivait parfois au blond de venir passer un week-end à la maison. Et il se doutait bien qu'il n'hésiterait pas une seule seconde à le dénoncer à son père. Il n'avait pas envie de subir les foudres paternelles, la déception chez ses petites sœurs et l'arrogance d'Ichigo concernant leurs … différences.
Ishida regarda du coin de l'œil le changement de comportement du décoloré. Comment la simple mention de son père pouvait-il le mettre dans cet état d'abattement? En y réfléchissant bien, il n'était pas une référence, son père l'exaspérait au mieux. Mais ne l'accablait pas comme ça avait l'air d'être pour Kuuran.
-Et c'est quoi l'deal? Demanda l'adolescent résigné.
-Ishida-kun va te donner des cours de rattrapage et de soutien, fit Urahara un grand sourire sur le visage.
Le couloir était bondé à cette heure. La cloche venait de sonner la pause du midi et tous n'avaient qu'une hâte, sortir des classe et aller casser la croute. Inoue Orihime ne faisait pas exception à la règle. Jeune fille assez enjouée, elle adorait la pause midi qui lui permettait de sortir dehors et de s'aérer. Elle lui permettait aussi de retrouver ses amies et de rire avec elle. Elle sortait de sa classe, discutant avec Arisawa Tatsuki, sa meilleure amie et Honsho Chizuru, petite brune à lunettes, toute aussi enjouée qu'elle. La rousse ne vit pas la personne qu'elle percuta et qui l'envoya glisser par terre. Alors que Chizuru aidait Orihime à se relever, Tatsuki s'était déjà planté devant l'agresseur. Enfin plutôt, l'agresseuse.
-Hallibel! Tu l'as fait exprès! C'est quoi ton problème? Enragea l'ébène.
-Je n'ai pas de problème, Arisawa. Si Inoue ne voit pas où elle va, ce n'est pas de ma faute.
Derrière la grande blonde qu'était Hallibel Tia, se tenaient ses trois amies Apache, Mirarose et Sunsun. Toutes trois pimbêches suivant leur meneuse et leader des Cheerleader du lycée. La fille la plus populaire et ses trois amies. Tatsuki serra les dents. Elle savait qu'une fois encore Orihime allait laisser passer et faire comme si de rien n'était. Mais elle, elle n'en pouvait plus de la façon dont la blonde harcelait son amie. Car oui c'était bel et bien du harcèlement. Heureusement Inoue n'était pas seule. Elle ne la laissait plus seule depuis la dernière fois où Hallibel avait réussit à la coincer dans les vestiaires. Elle avait récupéré son amie en pleurs et nue, trempée et prostrée sous la douche. Tout ce qui en avait découlé était qu'elle assurait la protection de son amie. Et aussi qu'Ichigo était un peu plus présent aux côtés d'Orihime. En tant que petit ami.
-Ce n'est rien, Tatsuki, fit Inoue en lissant sa jupe. Hallibel ne m'a pas vue, c'est tout. Elle a peut être oublié de mettre ses lunettes ce matin?
Toutes ouvrirent les yeux de surprise, bien qu'à des degrés différents. C'était la première fois qu'Orihime répliquait de la sorte. Un petit sourire s'inscrivit sur les lèvres de l'ébène. Peut être que finalement la rousse en avait assez de se faire marcher dessus par la blonde.
-De quoi … commença à gronder Hallibel en se redressant.
Elle esquiva un pas en avant mais Tatsuki se mit entre elle et Orihime, la stoppant pour le coup. Hallibel savait qu'elle devait éviter toutes confrontations physiques avec la karatéka sous peine d'en ressortir amochée et pas qu'un peu. Elle n'était même par sûre d'avoir le dessus. Et s'il y a bien une chose qu'elle ne supportait pas, c'était de perdre.
-Je pense plutôt que c'est à Inoue de porter des lunettes, minauda Sunsun. Si elle n'a pas vu Hallibel-chan, alors que celle-ci occupait prioritairement le couloir … Oh mais c'est vrai! Encore faudrait-il que tu en ai les moyens!
Un petit sourire victorieux s'inscrivit sur le visage des quatre Cheerleader, hautaines et sûr d'elles. Seulement ce fut de courte durée. Dans l'encadrement de la porte venait d'apparaitre Unohana-sensei. Et son sourire bienveillant.
-Je ne pense pas qu'aucune de vous deux n'ait besoin de lunettes … par contre, je sais qui aurait besoin d'exercices supplémentaires.
Le professeur de sciences laissa un petit silence faire son effet et toutes hochèrent la tête avant de la saluer et de partir. Hallibel frôla Orihime et lui souffla à l'oreille.
-Ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne te jette.
La rousse ne put s'empêcher de frissonner. La froideur avec laquelle la blonde avait dit ça lui faisait envisager le pire. Elle sursauta en sentant la main de Tatsuki se poser sur son bras et leva un visage triste vers son amie.
-Ne la crois pas Orihime. Ne la crois surtout pas.
Puis elles furent entrainées par Chizuru qui entreprit de les faire rire en leur racontant ses derniers exploits. Elle avait enfin réussit à obtenir un rendez-vous avec l'infirmière. En dehors du lycée.
Il se demandait encore bien comment il s'était laissé entrainer là dedans. Mais il faut dire que Kisuke avait le chic pour lui faire faire ce qu'il voulait. Il n'était d'ailleurs pas le seul à qui le blond réussissait à faire faire ce qu'il voulait. Personne n'échappait bien longtemps à Urahara Kisuke. Seulement pourquoi avait-il fallut qu'il mêle Ishida à tout ça? C'est vrai ça! Ishida était solitaire et renfermé. Sauf que lui aussi, en y réfléchissant bien. Kuuran frappa dans un petit caillou qui ne lui avait rien fait à part se trouver sur son chemin et soupira encore. Ishida n'habitait pas très loin de chez lui et voilà qu'il s'y rendait pour la deuxième fois. La première avait eut lieu juste après qu'ils eurent accepté. Lui et Ishida. Même si le délégué de classe l'avait fait à contre cœur.
Kuuran soupira une nouvelle fois et continua sa route. Il arriva devant la maison d'Ishida et sourit. Finalement, il allait peut être oublier ses soucis avec l'ébène, vu comment celui-ci réagissait en sa présence. Il sonna et n'eut pas longtemps à attendre avant que la porte ne s'ouvre. Le cœur de l'adolescent s'arrêta une seconde. Devant lui se tenait un homme, cheveux blancs et court, petites lunettes en acier et impeccable dans son costume gris. Il devina bien vite qu'il s'agissait du père du délégué de classe. Ils avaient le même air froid.
-C'est pour quoi? Demanda-t-il d'un ton autoritaire.
-Laisse Ryuken … c'est pour moi, fit une voix venant de l'intérieur de la maison.
Le dit Ryuken se tourna vers son fils alors que celui-ci approchait. Ils se défièrent un moment du regard avant que le plus âgé ne se décide à sortir de la maison, ce qui était visiblement son but premier. Bonjour l'ambiance, se dit Kuuran. Il vit alors apparaître Uryu sur le pas de la porte, l'air tout aussi fermé que son père. Mais dans une tenue nettement plus décontracté. Tout en blanc, pantalon de toile et chemise ouverte sur un débardeur. Kuuran ne put s'empêcher de se faire la réflexion qu'habillé ainsi, Uryu était … appétissant.
-Entre Kurosaki, fit-il toujours aussi froid.
-B'jour Ishida, sourit l'invité avant d'entrer et de suivre Ishida après avoir fermé la porte derrière lui.
L'ébène les conduisit à la cuisine, grand pièce spacieuse et blanche. À vrai dire de tout ce que Kuuran avait vu de la maison était blanc. Il aimerait bien aller vérifier dans la chambre de son soutien.
-Pourquoi on s'met ici? Questionna innocemment Kuuran.
-Et où voudrais-tu qu'on aille? Lui répondit Uryu, toujours fermé.
-J'sais pas moi … Dans ta chambre.
Kuuran lui offrit un des ses grands sourires et il eut le plaisir de voir l'ébène soupirer en secouant négativement la tête. Cependant, la petite rougeur ne lui échappa pas.
-Vous vous croyez si irrésistibles que ça?
-Vous?
-Les Kurosaki.
-Me met dans l'même panier qu'mon frère! Cracha Kuuran. J'ai rien à voir avec lui et avec sa façon de traiter sa petite amie.
-Qu'en sais-je? fit Uryu en haussant les épaules.
-J'suis fidèle … pas comme lui. Et le pire c'est que tout l'monde le sait! Il peut même pas être discret, en plus !
-On dirait que tu n'approuves pas …
-Je n'approuve en rien son comportement … on traite pas comme ça la personne qu'on aime... en tout cas moi j'la traite pas comme ça.
-Et comment alors?
-Si tu veux savoir … faudrait qu'tu sortes avec moi! Fit Kuuran sûr de lui.
-Dans tes rêves Kurosaki. Dans tes rêves.
Kuuran partit dans un grand éclat de rire devant l'air renfrogné d'Uryu. Il avait raison, l'ébène lui faisait oublier.
Le reste de l'après midi se passa tranquillement. Kuuran était attentif à ce que lui expliquait Uryu, au plus grand étonnement de celui-ci. Mais il restait égal à lui-même ne pouvant s'empêcher de faire des allusions plus ou moins salaces. Uryu était cependant étonné, l'adolescent semblait déjà savoir tout ça et l'avoir bien compris, alors pourquoi n'avait-il pas de meilleures notes?
-Je ne vois pas l'intérêt, lui répondit Kuuran quand il lui posa la question.
-L'intérêt?
-Oui … on m'a toujours comparé à lui … il est né le premier … il a toujours été considéré comme le fils et moi comme la copie … je ne suis en rien comme lui … et je fais tout pour que tous le comprennent.
Un petit silence suivit cette confession pour le moins étonnante venant du décoléré. Uryu était à la fois touché par cet aveu et en même temps troublé. Il fallait vraiment que Kuuran lui fasse un minimum confiance pour lui dire ça, et en même temps, il découvrait chez l'adolescent une facette que personne ne devait connaître.
-Dis quelque chose!
-Et bien je suis surpris qu'on vous compare tout le temps … vous n'avez rien en commun! Déclara l'ébène, une rougeur sur les joues de nouveau présente.
Kuuran sourit devant cette rougeur. Elle lui allait si bien. Il avait rarement passé un après midi comme ça. Uryu pouvait être d'une compagnie tout à fait agréable, même s'il était cynique au possible. Cependant, il était intelligent et avec un sens de l'humour que Kuuran appréciait. En y réfléchissant bien, ils avaient beaucoup de points communs. Une certaine solitude. Des rapports conflictuels avec leurs pères. Avec les autres aussi.
Uryu se leva et se mit en devoir d'éviter de regarder Kuuran. Celui-ci lui faisait trop penser à Ichigo, même s'il n'avait en commun que le corps. Et encore! Kuuran se décolorait les cheveux et portait des lentilles de couleurs, transformant ses yeux ambres en deux orbes noirs et ors. Beaucoup trouvaient son regard déroutant mais pour Uryu, il l'aidait. Il avait en face de lui Kuuran et non Ichigo, et il le voyait bien à travers ses yeux.
-Tu veux boire quelque chose?
-Tu bois quoi toi?
-Du thé.
-M'aurais étonné, murmura le décoloré.
Uryu se retourna pour contempler Kuuran qui souriait de toutes ses dents.
-Tu disais? Fit-il froidement.
-Comme toi, répondit l'autre dans un grand sourire niais.
Uryu se retourna et se mit en devoir de préparer le thé. Kuuran lui se retourna aussi et put ainsi observer l'ébène de dos. Il était incontestablement au goût du décoloré. Il se demandait s'il devait tenter quelque chose ou pas. S'il devait le faire maintenant ou attendre un peu. Il suivait des yeux les mouvements du délégué, ne pouvant détacher ses yeux des muscles qu'il voyait rouler sous ses vêtements. Doucement, il dériva jusqu'aux fessiers, qu'il trouva tout à fait … sexy. Ce mec était une bombe et il ne s'en rendait même pas compte. Il ne se mettait pas en valeur à l'école. Alors que là … Kuuran se dit qu'il avait de la chance finalement.
-Pourquoi souris-tu comme un imbécile ?
-J'me disais que Kisuke est vraiment tordu, lui répondit Kuuran sans cesser de sourire.
-Kisuke? Urahara Kisuke?
-Ouais! C'est un ami à mon père, j'le connais depuis que j'suis tout petit. C'est d'ailleurs un des rares à ne faire aucune comparaison entre moi et mon frère.
Uryu posa doucement sur la table tasses et théière. Le tout fumant. Il n'osait poser plus de questions à Kuuran. Peut être une prochaine fois. Il les servit et chacun contempla silencieusement sa tasse et la fumée en sortant, se perdant dans ses pensées un court instant.
Ils furent tirés de leur introspection par une boule de poils qui sauta sur les genoux d'Uryu avant de sauter sur la table. L'ébène releva brusquement les bras et renversa sa tasse sur lui. Il poussa un cri de douleur et s'écarta vivement de la table, faisant tomber sa tasse et ce qu'il en restait par terre. Kuuran posa la sienne et se leva à son tour, voulant aider l'ébène.
-Saleté de chat! Jura l'ébène.
-Faut qu't'enlèves ta chemise, fit sérieusement Kuuran.
Uryu lui lança un regard froid, lui disant de se mêler de ce qui le regardait. Mais, Kuuran savait ce qu'il fallait faire dans des cas de brûlures.
-J'veux juste t'aider, Ishida.
-J'ai pas besoin d'aide, grogna ce dernier.
-Si! Répondit Kuuran catégorique. Je sais ce qu'il faut faire. Mon père est médecin, j'te rappelle.
Uryu lui lança un autre regard noir, mais Kuuran n'en tint pas compte. Il s'approcha de l'ébène et commença à lui enlever sa chemise. Et se figea en voyant le corps de l'adolescent. Sur ses bras, il pouvait voir de fines cicatrices courir des coudes aux épaules.
Uryu le ramena à la réalité en refermant sa chemise sur lui. Il ne voulait pas que Kuuran le dévisage comme ça. Il ne voulait que personne ne soit au courant. Personne ne devait l'être. Il ne voulait en aucun avoir à se justifier.
-Elle est où ta salle de bains? Demanda Kuuran en plantant son regard, déterminé, dans celui, troublé, d'Uryu.
Ce dernier bugea quelque secondes et Kuuran en profita, attrapant son poignet et sortant de la cuisine à la recherche de la salle de bains. Il traversa le couloir et finit par ouvrir la bonne porte. Là, il coinça Uryu, toujours sous le choc de son comportement, contre le lavabo et entreprit de lui enlever sa chemise.
-Arrête ça!
-Tu t'es brulé! Laisse-moi te soigner! Fit Kuuran sérieusement.
-Je peux le faire tout seul, répondit Uryu.
-Non! Laisse-moi t'aider.
Le ton presque suppliant surpris l'ébène qui du coup se laissa faire. Kuuran lui enleva son débardeur, faisant attention au corps qu'il avait entre les mains. Il vit alors les mêmes cicatrices courir sur le torse d'Uryu, mais réussit à passer outre. Il fouilla alors dans un placard sortant une petite serviette et la trempant dans l'eau froide avant de la passer sur le torse rougit par le thé. Il entendit clairement Uryu soupirer de bien être et se mordit la lèvre inférieure tant ce son était … équivoque.
-T'as d'la biafine?
-Dans le placard du haut.
Kuuran ouvrit le dit placard et trouva le tube blanc. Puis reporta son attention sur Uryu. Celui-ci évitait clairement de le regarder. A cause de ses cicatrices? À cause de son comportement? Ou bien parce que la situation pouvait être … gênante pour lui du fait de leur promiscuité? Il secoua la tête et reporta toute son attention sur son patient. Il ouvrit le tube et commença à étaler la crème blanche et apaisante sur le bras d'Uryu puis sur son torse. Il eut alors tout le loisir d'apprécier la douceur de la peau sous ses doigts. Et apparemment, il n'était pas le seul.
Uryu avait fermé les yeux et le contact délicat des doigts de Kuuran sur son torse n'était pas sans effet. Il était étonné par la douceur et le professionnalisme avec lesquels procédaient Kuuran. Il ne l'aurait pas cru capable de ça, ni même avec ce savoir. Il fronça les sourcils pour lui même. Il ne le connaissait pas alors comment aurait-il pu savoir.
-Je te fais mal? Demanda doucement le décoloré.
-Non, répondit Uryu, défroissant ses sourcils. C'est juste … c'est juste que je ne te croyais pas capable.
-De te porter les premiers soins ?
-Entre autre …
-Et ?
-Je me trompais … je ne pouvais pas savoir parce que je ne te connais pas.
Kuuran stoppa son geste, ses doigts toujours posés contre la peau d'Uryu, et releva le regard vers le blessé. Celui-ci rougit légèrement. Il n'en croyait pas ses oreilles.
-Et … ça te donne envie de me connaître? Souffla-t-il.
-Disons … disons que oui … ça pourrait donner envie de te connaître un peu plus, lâcha l'ébène rougissant encore plus.
Un petit silence suivit cette déclaration et chacun de leur coté, ils essayèrent de se maitriser. Kuuran continua consciencieusement d'étaler de la biafine sur le torse rougi, s'attardant inconsciemment sur les tétons et sur certaines cicatrices plus marquées que les autres. Il trouvait le corps d'Uryu à son goût. Il trouvait Uryu à son goût et c'était bien la première fois qu'un autre homme que son frère lui faisait de l'effet. En tout cas à ce point.
Uryu avait les yeux toujours fermés, savourant les caresses. Personne ne l'avait touché comme ça, avec tant de douceur. Tant d'attention. Il ne pouvait s'empêcher de laisser échapper un petit soupir de bien être de temps en temps. Il savait qu'il ne s'agissait pas d'Ichigo mais de Kuuran et s'il trouvait le corps du roux à son goût, Kuuran avait le même. Cependant il se rendait bien compte que ce n'était pas son fantasme qui le caressait. Il se demandait s'il arriverait à en faire abstraction.
Il sentit des lèvres effleurés les siennes et ouvrit brutalement les yeux pour découvrir le visage de Kuuran prés du sien. Trop prés.
-Que …
-Ne t'inquiètes pas … j'ai jamais mordu personne.
Et avant qu'il ne puisse ajouter quoi que se soit, Kuuran était déjà sorti de la salle de bains.
bon alors? vous en pensez quoi? ça avance non?
