Chapitre 5 – Pervers et Travestis
Cloud : Voyons voir… on doit traverser cette autoroute toute déglinguée pour accéder au Secteur 5 ?
Aerith : Affirmatif.
Cloud : Bon, allons-y, alors.
Mais la route était loin d'être sûre, et il ne leur suffit que de quelques pas pour que bientôt, un danger se présente à eux.
Cloud : Une… maison ? On est attaqués par une maison ?! Elle est pas bien grande, en plus…
Aerith : Ouais, y en a un tas, dans ce coin. Des maisons-tueuses.
Cloud : T'as une explication à me donner ou bien on va partir du principe que je suis en train de rêver ?
Aerith : Si j'me souviens bien, elles viennent d'une série de mobile-homes qui avaient été fabriqués par la Shinra, y a quelques années. Tout était automatisé, y compris des canons et des mitrailleuses pour repousser les voleurs, alors le jour où ces saloperies ont développé une conscience et se sont rebellées…
Maison : LANCEMENT DE LA SÉQUENCE D'ASSASSINAT BRUTAL.
Cloud : On va l'éclater !
Maison : J'AI BIEN PEUR DE NE PAS POUVOIR TE LAISSER FAIRE, DAVE.
Cloud : Hein ?
Aerith : Laisse tomber. Allez, hop !
Ramassant un bloc de pierre parmi les décombre d'un bâtiment, elle l'envoya droit sur la vitre de la petite maison.
Aerith : C'est comme ça qu'on les neutralise.
Maison : VITRE ENDOMMAGÉE. APPEL DE CARGLASS EN COURS… EN COURS… EN COURS… ERREUR : AUCUN RÉSEAU. NOUVELLE TENTATIVE EN COURS… EN COURS… EN COURS… ERREUR : AUCUN RÉSEAU.
Aerith : On devrait être tranquilles pour une dizaine de minutes.
Ce laps de temps fut suffisamment long pour que Cloud et son employeuse traversent sans autres encombre l'autoroute en ruine, parvenant ainsi sur une aire de jeux pour enfant, tout aussi endommagée par les affres du temps.
Cloud : Y a que moi que ça choque, qu'une autoroute mène tout droit vers une aire de jeux ?
Aerith : Si tu commences à être choqué pour si peu, attends de voir le manège en forme de vierge de fer, derrière le toboggan…
Cloud : J'suis pas sûr d'avoir envie de le voir…
Aerith : Bon, faisons une pause.
Cloud : Quoi, déjà ?
Aerith : Hé, j'ai pas des chaussures de marche, moi !
Cloud : Bon, bon…
Aerith : Tiens, je viens d'y penser. Je t'ai embauché sans passer par la case « entretien d'emploi ».
Cloud : Tu veux pas que je te rédige un CV, tant que t'y es ?
Aerith : Tout ce que je veux, c'est savoir si t'es capable de faire autre chose dans la vie que d'ouvrir ta bouche et en verser un flot continu de conneries.
Cloud : J'étais dans le SOLDAT, avant…
Aerith : La crème de la crème, hein ? Ils sont tombés bien bas…
Cloud : Hé ! Je suis plus fort que tu le crois !
Aerith : Et t'avais quel rang, au juste ?
Cloud : Première classe.
Aerith : Comme lui…
Cloud : Qui ça ?
Aerith : Mon ex.
Cloud : C'était quoi, son nom ?
Aerith : Ça te regarde ?
Cloud : Je l'ai peut-être connu…
Aerith : Ça m'étonnerait. S'il t'avait croisé, il aurait directement quitté la troupe par désespoir
Cloud : Bon, remettons-nous en route.
Aerith : Pour une fois, je suis relativement d'accord avec toi.
Cloud : Tiens ? Une minute… Y a quelque chose qui arrive de ce côté…
Le quelque chose en question était un chocobo tirant une carriole rouge vif, à l'arrière de laquelle se tenait… Tifa.
Cloud : Qu'est-ce qu'elle fout là ?!
Aerith : Vu les vêtements qu'elle avait et le peu de peau qu'ils couvraient, m'est avis qu'elle doit faire un deuxième boulot à temps partiel, la nuit tombée.
Cloud : Nan, c'est pas son genre. Je veux dire… Déjà, je l'ai jamais vue habillée comme ça, et puis… non, non c'est vraiment pas son genre.
Aerith : Tant d'innocence, tant de naïveté… comme c'est touchant…
Cloud : Elle doit avoir des problèmes, allons l'aider.
Aerith : Et pourquoi, je te prie ?
Cloud : Parce que le bar où je t'emmène lui appartient, alors c'est pas en restant les bras croisés sans chercher à savoir où ils l'emmènent que tu vas trouver un endroit pour squatter !
Aerith : Tss… je suppose que tu marques un point… Métaphoriquement parlant, j'veux dire. La carriole se dirigeait vers le Wall Market, alors allons-y.
Le Wall Market était une ville très étrange, qui… qui…. Bon, pas plus étrange qu'un autre taudis, à vrai dire. Disons qu'elle avait son lot de pervers, d'alcooliques et de fous en tous genres qui constituaient 95% de sa population, et justement, l'endroit où se dirigeait notre couple strictement professionnel était habité par un individu de la première catégorie.
Cloud : T'es sûre que Tifa a été ramenée ici ?
Aerith : J'ai… euh… entendu dire que les filles qui venaient dans cette ville le faisaient le plus souvent pour entrer au club de strip-tease des Abeilles Sexy. C'est Don Corneo, le type qui vit dans ce manoir, qui s'occupe des entretiens d'embauche.
Cloud : T'as l'air vachement bien renseignée…
Aerith : J'ai plusieurs clients qui viennent d'ici ! Qu'est-ce que tu crois ?!
Cloud : En tout cas, vu que la carriole est dans le coin là-bas, je suppose qu'il y a peu de doutes à avoir. Essayons de rentr…
Homme de main : Hé ! Où est-ce que tu crois aller, toi ?
Cloud : Quoi, on peut pas rentrer là-dedans comme on veut ? La plupart des habitants des taudis m'ont jamais empêché d'entrer chez eux pour ouvrir leurs coffres et dévaliser leur mobilier !
Homme de main : Les nanas, elles peuvent, mais toi t'es un mec, alors tu te casses !
Cloud : C'est du sexisme ! J'vais me plaindre aux autorités !
Aerith : Avant que tu commences à pleurnicher, viens par ici, j'ai une idée.
Cloud : Je t'écoute.
Aerith : Déguise-toi en fille.
Cloud : NON MAIS ÇA VA PAS ?!
Aerith : Oh, allez, va pas me faire croire que ça a jamais fait partie de tes fantasmes. Un détraqué comme toi…
Cloud : Là n'est pas la question ! Le faire devant un miroir à neuf ans avec les vêtements de sa mère et s'exhiber comme ça en public pour aller en plus rendre visite à un taré, c'est pas la même chose !
Aerith : Mais si, allez. De toute façon, t'as pas le choix, c'est ça où tu perds 500 points d'un coup. Sur ce, viens, on va te trouver tout ce qu'il faut.
Cloud : Pff…
S'ensuivit une véritable épopée à travers le taudis pour trouver les accessoires nécessaires à la transformation de Cloud : acheter du Red Bull à l'auberge pour le donner au vendeur de Matérias qui, surexcité, offre une tiare d'un mauvais goût exquis… gagner un coupon de médicaments au restaurant local pour le troquer contre du Smecta et échanger cet objet à un alcoolique dans les toilettes du bar pour que cesse son flot de caca mou ainsi que sa mainmise sur les toilettes et qu'il récompense son sauveur par un parfum hors de prix. Faire des tractions dans un club de gym pour que le maître des lieux daigne enfin se séparer de sa perruque blonde ravissante. Aucune péripétie n'était assez farfelue pour que le destin ne daignât en affliger notre héros. À tous les hommes qui se sont un jour plaints de devoir faire les magasins de vêtements avec une représentante du beau sexe : vous n'êtes pas les plus mal lotis.
Cloud : C'est bon ? C'est fini ?
Aerith : Évidemment que non, tu crois quoi ? Il nous manque deux choses : une robe, et un bikini.
Cloud : Un maillot de bain ? Pourquoi on va s'emmerder avec ça si de toute façon j'ai une robe par-dessus ?!
Aerith : Hé ! Quand on est perfectionniste, il faut veiller à ce que le moindre détail soit présent ! Maintenant, arrête de râler et suis-moi dans ce magasin de fringues.
Vendeuse : Bonjour ! Que désirez-vous ?
Aerith : On vient pour lui.
Vendeuse : Navrée, nous ne vendons que des vêtements pour femmes.
Aerith : Oh, c'est pas un problème. Il est un peu déviant, alors donnez ce que vous avez de plus féminin.
Cloud : Je suis pas sûr qu…
Vendeuse : Et pourquoi pas ceci ?
Cloud : QUOI ?! Mais ça couvre même pas le quart de ma peau !
Aerith : Et dire que quand c'est une nana qui porte ça, vous vous jetez tous à ses pieds…
Cloud : Et puis c'est n'importe quoi ! On verra tout de suite que j'suis un mec : j'ai aucune poitrine et mes poils se verront à dix mètres à la ronde !
Aerith : Pour la poitrine, un peu de rembourrage fera l'affaire. Pour ce qui est des poils…
Cloud : Non… Pas ça…
Aerith : Il faut souffrir pour être belle.
Cloud : R… recule !
Après une courte, mais intense séance d'épilation, Cloud était paré à enfiler la robe de ses rêves (enfin j'imagine, je ne connais pas ses rêves, mais faisons confiance au jugement d'Aerith).
Vendeuse : Êtes-vous prêt à mettre votre robe ?
Aerith : Pas tout de suite, on a encore quelques petites affaires à aller chercher par ci, par là.
Cloud : Mes poils… Ma virilité…
Aerith : Oh, ça va. Si je t'avais vraiment débarrassé de ta virilité, ce serait beaucoup plus sanglant et douloureux, en particulier pour la vidange.
Cloud : Bon, où est-ce qu'on est censés aller, maintenant ?
Aerith : Au Club des Abeilles Sexy, évidemment. C'est le seul endroit où on soit pas allés.
Cloud : Mais j'imagine que pour y entrer, il faut une carte de membre, ou quelque chose du genre, non ?
Aerith : J'en fais mon affaire.
Et ce n'est pas sans un sourire malicieux que la jeune femme s'approcha d'un bonhomme un peu louche, traînant à côté de l'entrée du club de strip-tease.
Aerith : Coucou, toi…
Weirdo : AAH ! Une fille qui me parle ! Une vraie fille ! Wouhou !
Il s'enfuit alors en sautillant, laissant tomber sa carte de membre dans son sillage.
Aerith : Mmh… C'était encore plus facile que ce que j'avais imaginé…
Cloud : J'ai plus l'air si bizarre que ça, en comparaison, hein ?
Aerith : Rêve pas. Allez, maintenant va là-dedans et trouve de quoi te rendre plus convaincante. Moi, je me charge de rester ici et de vendre mes mèches de cheveux aux pervers à 100 Gils l'unité.
La décoration, à l'intérieur, n'était pas particulièrement rassurante : du jaune vif partout, des statues ithyphalliques de la même couleur, et des hôtesses vêtues de costumes d'abeille.
Hôtesse : Bonjour ! Je m'appelle Mireille ! Je serai votre hôtesse !
Cloud : Salut, moi c'est Cloud, j'serai ton client.
Hôtesse : Veuillez choisir une salle ! Attention, vous n'avez le droit que d'en visiter une par jour !
Cloud : Et j'ai le droit de savoir ce qu'il y a dedans avant d'y entrer ?
Hôtesse : Ah non, sinon, ça gâche la surprise !
Cloud : Bon… va pour celle-ci.
Hôtesse : Très bon choix, monsieur ! C'est notre salle spéciale « Anti-solitude ». Installez-vous à l'intérieur et passez un bon moment.
La salle n'était pas dénuée d'un certain confort, puisqu'en plus des quelques canapés de velours, un jacuzzi était visible au fond.
Cloud : Voyons voir… Il doit bien y avoir quelque chose pour moi, ici… Non pas que ça me plaise, mais Aerith va sûrement m'enlever des points si je sors sans rien avec moi.
? : Coucou, mon mignon.
? : Tu veux t'amuser ?
? : On est là pour te tenir compagnie…
Cloud : Écoutez, vous êtes bien gentilles mais… mais… euh… attendez un peu…
? : Un problème, mon chou ?
Cloud : Vous… êtes des hommes. En slip. Musclés. Et huilés.
Hercule : Oh là là ! Mais c'est qu'il est observateur !
? : Moi c'est Mikki, je suis le chef de la troupe. Nous sommes sept gays-lurons !
Cloud : Hum… j'ai… oublié ma chaussure dans le hall, vous permettez que j'y retourne deux secondes ?
Mikki : Tu n'as pas besoin de ta chaussure ! D'ailleurs, tout bien réfléchi, tu n'as pas besoin de tes vêtements non plus, dans le jacuzzi ! Allez zou, les amis !
Roger : Cul-nu ! Cul-nu !
Gustave : Cul-nu ! Cul-nu !
Mikki : Et nous aussi !
Cloud : Nooooon ! Lâchez-moiii !
Si Cloud avait un jour formulé le souhait de se baigner au moins une fois dans sa vie dans un jacuzzi, voilà que ce rêve se réalisait enfin… et pas de la manière dont il le souhaitait.
Cloud : Argh.
Mikki : Huit grands garçons dans un jacuzzi pour quatre personnes, ça ne vous donne pas des idées, les amis ?
Cloud : Les idées de mort, ça compte ?
Mamadou : Seulement si tu choisis la mort par le Tchitchi !
Cloud : Hein ?
Théophile : N'y pense pas, trésor.
Cloud : Hum… Mikki… tu pourrais… décaler un petit peu ton genou ?
Mikki : …
Cloud : …
Mikki : …
Cloud : Bref, quelle que soit la nature de la partie de ton corps qui force contre ma cuisse, est-ce que tu pourrais quand même la bouger un petit peu ?
Mikki : D'accord.
Cloud : Gloups… dans l'autre sens, si possible.
Mikki : Tu es vraiment exigeant !
Et patient, avec ça, car trois bonnes minutes s'écoulèrent dans ce petit jacuzzi trois minutes qui lui semblèrent plus qu'interminables, mais lorsqu'enfin le calvaire prit fin…
Cloud : Je garderai toute ma vie des séquelles de ce moment…
Mikki : Et tu en garderas un souvenir, aussi ! Tiens, prends ce petit maillot de bain sexy ! J'suis sûr que ça t'ira à ravir !
Gustave : On te dit à bientôt, mon petit !
Mamadou : Gros bisous !
Cloud : C'est ça, à plus.
Quant à Aerith, elle avait largement eu le temps de se faire plusieurs milliers de Gils.
Aerith : Tu crois pas que tu pourrais retourner là-dedans un peu plus longtemps ? J'aurais bientôt de quoi m'acheter un ShinraPhone.
Cloud : J'avais le droit de visiter qu'une seule pièce, alors ils m'ont viré… et je vais pas m'en plaindre… Argh…
Aerith : C'était traumatisant ?
Cloud : Je me sens souillé.
Aerith : Juste en voyant une strip-teaseuse se trémousser ? Pauvre petit…
Cloud : En fait, je crois que c'était plutôt moi, la strip-teaseuse, là où je suis entré…
Aerith : Allez, je te donne 30 points pour te dédommager. T'as fait du bon boulot, larbin. En plus, le maillot de bain que t'as dans la main est superbe. Il t'ira comme un gant. Un gant pour nanas, évidemment.
Tout était donc prêt pour que Cloud se travestisse. Isolé dans une cabine du magasin de vêtements, il enfila donc le maillot de bain, puis la robe, se coiffa d'une perruque qui lui donnait une queue de cheval, se parfuma d'eau de Cologne et posa sur ses faux cheveux une tiare magnifique… puis sortit.
Aerith : HA HA HA HA ! T'es bonne.
Cloud : En voilà, une façon de parler à une dame, tiens.
Aerith : Beau travail sur la robe, vraiment.
Vendeuse : Merci, merci ! Nous sommes un établissement réputé, vous savez ? C'est nous qui avons fourni la dernière robe de Lady Gaga.
Aerith : Celle à base de chatons vivants ?
Vendeuse : Celle-là même !
Cloud : Ça m'écorche vraiment la bouche de dire ça, mais je préfère encore la mienne…
Aerith : Et tu l'aimeras encore mieux quand tu t'y seras habituée, Mademoiselle Cloud, j'en suis sûre ! Sur ce, suis-moi, on a beaucoup à faire !
Le garde à l'entrée fut plus dupe que jamais, allant jusqu'à harceler la belle Cloud pour « avoir son 06 » mais eut le cœur brisé par un refus net et menaçant de la part de la principale concernée.
Réceptionniste : Ah, voilà deux jolies jeunes escort-girls toutes fraîches ! Don Cornéo va aujourd'hui encore choisir entre vous deux et une troisième fille pour passer la nuit avec lui. Bonne chance à vous ! Rendez-vous ici dans quelques minutes.
Aerith : Maintenant qu'on a le champ libre, allons voir où on peut trouver ta barmaid.
Cloud : Attends… passer la nuit avec le maître des lieux ? C'était pas prévu, ça !
Aerith : Sans déconner, tu croyais que l'entretien avec Don Cornéo se faisait autour d'un diabolo-citron ? Oh, ma pauvre petite, heureusement que t'es pas une vraie fille ! Avec cette naïveté, t'aurais offert ton hymen au premier venu à treize ans.
Cloud : Euh… c'est pas pour changer de sujet, mais… toutes les portes ont l'air verrouillées… toutes, sauf celle là-bas, on dirait.
Aerith : Mmh… Apparemment, elle mène à la cave.
Cloud : La cave d'un riche pervers qui invite tous les jours filles sans qu'on sache ce qu'elles deviennent… Tout à coup, l'idée d'explorer les fondations de son manoir me paraît plus si bonne…
Aerith : Ton courage t'a quitté en même temps que ton amour-propre ou quoi ? Allez, descendons !
Et quelle ne fut pas leur surprise d'y découvrir… Tifa.
Tifa : Voyons voir… Ce n'est pas ici non plus…
Aerith : Hé !
Tifa : Mmh ? Tiens ? Qui êtes-vous ?
Aerith : T'es Tifa, c'est ça ?
Tifa : Euh… exact… comment est-ce que tu connais mon nom ?
Aerith : Cloud me l'a dit.
Tifa : Cloud ?! Tu l'as rencontré ?
Aerith : Il est juste là. Enfin, « Il », c'est vite dit.
Tifa : Qui ça ? Je vois personne…
Aerith : Hein ? Que… Hé ! Abruti, arrête de te cacher derrière le meuble !
Cloud : Euh… salut Tifa. Beau temps, hein ?
Tifa : Mais enfin… qu'est-ce que tu… je veux dire… pourquoi… mais dans quel… HA HA HA HA HA !
Aerith : Oui, moi aussi j'ai eu la même réaction.
Cloud : C'est ça, moquez-vous. C'était le seul moyen de venir te sauver. On t'a vue dans le parc, qu'est-ce que tu fais ici au juste ?!
Tifa : Quand on est revenus au Septième Ciel, un type bizarre est venu boire plusieurs verres. Enfin, « plusieurs »… Il en a eu pour des centaines de Gils, mais quand je lui ai demandé de payer, il m'a dit d'envoyer la note à Don Cornéo. Je me suis donc infiltrée ici pour réclamer mon dû !
Aerith : T'es dure en affaires. Tope-là, copine.
Tifa : Euh… voilà.
Aerith : Mouais, c'était mou, tout ça. Tiens, au fait, on peut crécher chez toi, moi et ma culture de cannabis ? Cloud m'a dit qu'y avait aucun problème.
Tifa : QUOI ?!
Aerith : Hein, Cloud ?
Cloud : Euh… ouais… j'ai… j'ai dit ça… je crois.
Tifa : Bon, on verra ça plus tard. Pour l'instant, on a des choses plus importantes sur les bras.
Réceptionnistes : Dites-donc, les filles, qu'est-ce que vous faites ici ? Vous êtes bien curieuses ! En tout cas, le Don vous attend, alors venez par ici !
Une petite minute plus tard, l'examen pouvait commencer. Aligné(e)s devant le bureau du Don, un petit homme blond et gras, elles pouvaient sentir le regard du libidineux maître des lieux parcourir leurs petits corps frêles et délicats…
Aerith : Choisis-moi, choupinou, et je te ferai flotter sur un nuage de rêve
Don Cornéo : OOOOOOooooh ! Une petit coquine ! J'aime ! J'aime !
Tifa : Choisis-moi, Don, et… euh… tu… ne le regretteras pas… je suppose.
Don Cornéo : OOOOOOOOooooooh ! Une petite timide ! J'aime beauuuucoup !
Cloud : Choisis-moi, Don, et… je te casserai pas le bras…
Don Cornéo : OOOOOOOOOOooooooooh ! Une petite tigresse ! J'AAAiiime ! J'aaaaaime ! Je te veux toi !
Aerith : …
Tifa : …
Cloud : Quel honneur, vraiment.
Don Cornéo : Allez, viens par ici !
Cloud : Je vous suis… m… maître…
Tifa : Est-ce que Cloud… est plus attirante que nous ?
Aerith : Pourtant, c'est tes vêtements à toi que j'arracherais bien avec les dents.
Tifa : P… pardon ?
Pendant ce temps, dans la pièce voisine...
Cloud : Ouaaah !
Don Cornéo : Nihihi ! Nahaha ! Viens par ici, ma fille de joie !
Cloud : Je… je peux pas…
Don Cornéo : Quoi ? Si c'est le lit qui te gêne, on peut faire ça par terre ! Sur le tapis, si tu veux ! N'importe où ! Un jour je l'ai même fait en l'air, suspendu à un câble !
Cloud : Non, c'est… euh… comment dire…
Don Cornéo : Y a-t-il une raison particulière pour que tu refuses de venir de réfugier entre mes doux bras ?
Cloud : Oui. J'ai un zboub.
Don Cornéo : …
Cloud : …
Don Cornéo : …
Cloud : …
Don Cornéo : Me gusta.
Cloud : Hé ! Recule ! R… recule, je te dis ! Merde, c'était pas censé l'exciter…
Don Cornéo : Allez, approche. Tu seras pas ma première trans, et certainement pas la dernière !
Aerith : Pas si sûr.
Tifa : On peut faire en sorte que ce soit la dernière, gros dégueulasse !
Aerith : Oui, c'est ce que j'insinuais en disant « pas si sûr ».
Tifa : Oh, ça m'avait échappé…
Don Cornéo : OOOOOOOOoooooooh… Un ménage à quatre…
Aerith : Navrée, mon coco, mais ton ménage, tu vas le faire tout seul comme un grand.
Tifa : Si tu refuses de coopérer, on s'arrangera même pour que tu ne puisses plus jamais toucher un balai de ta vie !
Aerith : Cela dit, tu pourras toujours demander à une de tes garces de s'en servir pour te chatouiller la prostate.
Don Cornéo : Noon ! Pitié ! Plutôt mourir que de plus avoir de bras !
Cloud : Si tu le demandes si gentiment…
Don Cornéo : AAAAaaah ! Non ! S'il vous plaît ! Qu'est-ce que vous voulez ?!
Tifa : Mon argent !
Cloud : La fermeture du Manoir des Abeilles Sexy !
Aerith : Un peu d'argent ne me ferait pas de mal non plus. Et une réduction pour les magasins de vêtements, ça serait utile aussi.
Don Cornéo : Ton argent… ?
Tifa : Oui ! Un de tes larbins est venu boire dans mon bar, le Septième Ciel, et il a englouti des verres et des verres sans débourser le moindre Gil ! Il me faut de quoi vivre, moi !
Don Cornéo : Le… Septième Ciel ? Ha ha ha ! Si c'est ça, ton bar, c'est pas l'argent qui devrait t'inquiéter !
Tifa : Que… comment ça ?
Don Cornéo : Oh, t'etais pas au courant, poulette ? Le taudis du secteur 7 va être rasé. Ils vont construire un McShinra à la place. Ha ha ha ! J'aurais une pensée pour toi la prochaine fois que je mangerai un Big Moc !
Aerith : … ce qui, vu la taille de ton bide, n'est plus qu'une question de minutes.
Don Cornéo : Je… JE NE VOUS PERMETS PAS ! INSOLENTES !
Cloud : T'es pas vraiment en position de nous faire taire.
Don Cornéo : Ah oui ?! ET MAINTENANT ?!
Et ce disant, il actionna le levier caché qui surmontait son lit, ouvrant une trappe sous les pieds du trio, dont la chute fut inévitable. Où vont-ils atterrir ? Don Cornéo va-t-il s'en sortir impunément ? Le McShinra sera-t-il construit ? Les autres membres du groupe Avalanchois ont-t-il conscience de la menace qui pèse sur eux ? Saura-t-on un jour achever les chapitres avec du suspens autrement qu'en enchaînant des questions dont les lecteurs savent déjà la réponse ? Vous le saurez… dans le prochain épisode (à l'exception de la dernière question, qui fera l'objet d'une dissertation. Vous avez quatre heures. La calculatrice n'est pas autorisée.)
