Chapitre 6 –L'Arroseur Arrosé

Tandis que nos héros tombaient par la trappe que l'ignoble et pervers Don Cornéo avait fait apparaître sous leurs pieds à l'aide de son levier, de sombres plans se préparaient à quelques kilomètres de là…

Stagiaire : Patron, patron !

Patron : Oui ?
Stagiaire : Ça y est, les scénaristes ont fini de bosser ! Ça leur aura pris dix bonnes minutes, mais voilà le script de Retour vers le Futur 4 !

Patron : Parfait… parfait…

Mais il n'y avait pas qu'ici que de sombres projets se formulaient. Dans le QG de la Shinra, quelques uns des grands pontes de la compagnie tenaient une réunion dans le bureau du directeur.

? : Mais enfin, vous n'y pensez pas, Monsieur le Directeur !

Directeur : Bien sûr que si, Reeve ! L'installation de ce McShinra sera la première étape d'un grand projet de restauration des bidonvilles ! Que dis-je ! De restauration rapide des bidonvilles ! Mouéhéhé !

? : J'suis entièrement d'accord avec le dirlo !

Reeve : Heidegger…

Heidegger : T'es tout mou, Reeve, t'es faible, c'pour ça que tu seras toute ta vie responsable du Développement Urbain !

Reeve : C'est un emploi qui me convient très bien ! J'aime mon travail ! Seulement… vous ne pouvez pas détruire les taudis ! Pas… de cette façon… Franchement, Monsieur le Directeur… Faire sauter le pilier du secteur 7 pour que la plaque leur tombe dessus… C'est inhumain ! Qu'est-ce que la population va dire de nous ? Et le maire ? Et les médias ? Et les organismes mondiaux ?

Heidegger : Et la tête, alouette.

Reeve : Hein ?

Heidegger : Bouahahaha ! Tu t'inquiètes trop, Reevounet. Le maire, c'est un branleur. Les médias nous appartiennent, et les organismes mondiaux grignotent les miettes de pain entre nos orteils parfumés. On n'a pas de compte à leur rendre ! On est tout-puissants !

Directeur : La planète nous appartient !

Heidegger : Bouahaha !

Directeur : Mouéhéhé !

Heidegger : Bouahahahahaha !

Directeur : Mouéhéhéhéhéhé !

Heidegger : BOUAHAHAHA !

Directeur : MOUÉHÉHÉHÉ !

Heidegger : BOUAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA !

Directeur : MOUÉHÉHÉHÉHÉHÉHÉHÉHÉHÉHÉHÉHÉHÉHÉHÉ !

Reeve : Euh… ha… ha…

Heidegger & Directeur : La ferme, Reeve.

Mais revenons à nos moutons, reprenant tous trois conscience à moitié noyés dans les eaux usées du Secteur 6.

Aerith : Beurk, des égouts…

Cloud : Au moins, on n'est pas pris au piège.

Tifa : Le bar… le taudis… Barret… tout le monde… comment les sauver ?

Cloud : Tu vois, Aerith ? Je t'avais bien dit qu'en mon absence, tout se casserait la gueule.

Aerith : Soit. Je t'accorde tes 50 points, mais ton petit air narquois et satisfait m'oblige à t'en retirer 5 autres.

Tifa : De quoi est-ce que vous parlez ?

Cloud : De rien. Allons-y, ils ont plus que jamais besoin de nous.

Mais quelque chose, dans ce sombre lieu, ne tenait pas à voir partir son déjeuner.

? : Graouuuu….

Tifa : Est-ce que c'était… un monstre ?

Aerith : C'est ça ou bien le ventre de Cloud qui gargouille très fort.

Cloud : Négatif.

Aerith : Va pour le monstre, alors.

Et un gros, de surcroît, sans parler de sa laideur qui le rendait tout aussi redoutable que sa férocité… peut-être plus, même…

Aerith : Raah, il est vraiment trop laid, j'ai pas envie de le regarder !

Cloud : Attention !

Aerith : Aaaïe !

Pour le décrire avec exactitude… imaginez le fruit de l'union entre un phacochère et un gorille imberbe, le tout avec une bosse dorsale surmontée de deux cornes, des sabots, une langue de serpent, une queue de dragon et la peau bleue. Autant dire qu'il était parfaitement compréhensible qu'une bête aussi hideuse se cache dans un lieu isolé et sans miroirs. Le nom de cette abomination était Asp. Ne me demandez pas pourquoi.

Asp : Grouuuu…

Tifa : En voilà un qui a pas dû avoir une enfance facile.

Cloud : Il en faudra bien plus que ça pour nous attendrir !

Aerith : Bien dit, cassons-lui ses dents pointues et toutes jaunes !

Asp : Graah !

Cloud : Olé ! L'esquive !

Tifa : Attendez, on dirait qu'il prépare quelque chose…

Cloud : C'est le moment d'attaquer !

Aerith : J'vais lui crever ses deux yeux immondes avec mon bâton !

Tifa : Non, restez ic…

Mais il était trop tard : à peine la jeune femme eut-elle formulée son avertissement qu'une gigantesque vague surgit de derrière leur ennemi. Un mini tsunami ravagea ainsi le canal des égouts, infligeant de lourdes blessures aux deux combattants qui s'étaient avancés d'un peu trop près.

Aerith : Aah…. aah… j'ai failli me noyer…

Cloud : J'ai avalé de l'eau, et tout porte à croire qu'elle venait pas d'une baignoire… Eurk…

Tifa : Tenez-vous sur vos gardes, il va sans doute ressurgir n'importe quand !

Cloud : Ouais.

Aerith : Qu'il vienne !

Le terrifiant Asp surgit alors ! … Ou du moins son dos, le reste restant immergé, immobile.

Cloud : Il s'est… noyé… ?

Aerith : Et la palme de la mort la plus débile revient à… ce truc !

Tifa : Allez, il est temps de sortir, maintenant.

Aerith : Une minute… Y a un truc qui brille, là… Tiens ? Une matéria jaune.

Tifa : Qu'est-ce qu'elle donne comme pouvoir ?

Aerith : Hop !

Tifa : Alors ?

Aerith : Hé hé…

Tifa : Mais… c'est mon porte-feuille !

Aerith : Elle donne la commande action « Voler », apparemment !

Tifa : Rends-le moi !

Aerith : Ah ben non, il faut quand même que cette matéria me serve à quelque chose.

Tifa : Cloud !

Cloud : Aerith, tu…

Aerith : Ouiiiii ?

Cloud : Tu… tu… argh… Je t'achèterai un autre portefeuille, Tifa.

Tifa : QUOI ?!

Aerith : Comme il est chou ! Je te retire quand même 5 points parce que t'es pas très galant avec ta nénette, mais t'aurais pu t'en tirer bien plus mal.

Tifa : Je comprends rien à votre histoire, mais peu importe, voilà la sortie…

Et l'échelle donnait sur…

Cloud : Le cimetière de trains…

Tifa : Au moins, ça nous montre qu'on est sur la bonne voie.

Cloud : On peut pas en dire autant des épaves de wagons.

Tifa : Tout ce qu'on a à faire, c'est le traverser.

Aerith : Dit comme ça, ça semble tellement simple.

Tifa : Et ça le sera, j'en suis sûre. Mettons-nous au travail !

Cloud : Dites, à quoi ça sert que je fasse des blagues si personne les remarque ?

Aerith : Ho ho ho. C'est bon, on peut y aller, maintenant ?

Le silence était pesant, au milieu des décombres et des locomotives usées, tant et si bien qu'on aurait presque pu affirmer qu'il n'y avait pas âme qui vive, et pourtant…

Aerith : J'ai vu du mouvement, là-bas.

Tifa : Un squatteur sans-abri, peut-être ?

Cloud : Y a déjà un hameau entier pour ces gens-là, ça s'appelle « le taudis du Secteur 7 ».

Aerith : Ou bien on arrive trop tard et les survivants commencent déjà à s'installer ici.

Cloud : Si c'est le cas, on va devoir commencer nous aussi à chercher un coin où crécher, avant qu'on ne nous pique notre place.

Tifa : On ne cherchera rien du tout ! Je suis sûre et certaine que nous avons encore un peu de temps devant nous !

Aerith : J'ai de nouveau vu quelque chose !

Cloud : Moi aussi, tiens !

Tifa : Je ne vois r… AAAH ! Là-bas ! Un f-f-f-f-fantôme !

Aerith : En effet.

Cloud : Plusieurs, même. T'excite pas comme ça, Tifa.

Tifa : J'ai… peur de tout ce qui est surnaturel, dans ce type-là…

Aerith : Tu pouvais le dire avant qu'on entre au musée du train fantôme.

Esprit A : Alleeeeez vous-eeeeeen, étrangeeeer !

Tifa : Iiiih ! Il parle !

Aerith : Ben oui, il parle. Cloud et moi aussi, pourtant ça a pas l'air de te choquer.

Esprit B : Nous soooommes les faaaantômes des resquiiiilleuuuurs de ces traaaaains…

Aerith : Génial, en plus ce sont d'infâmes hors-la-loi.

Cloud : Dixit la vendeuse d'herbes…

Aerith : Hé, je le fais pas par égoïsme, moi ! Je le fais parce que la société a besoin de se détendre !

Esprit C : Alleeeeez vous-eeeeeen…

Cloud : On aimerait bien, justement. C'est pourquoi vous allez nous laisser passer, parce qu'on n'a pas l'intention de rester ici éternellement.

Esprit A : Alleeeeeeez…. Vouuuuus… eeeeen…

Aerith : Non mais cassez-vous, quoi. En plus vous ressemblez à des spermatozoïdes géants, c'est affreux. Vous êtes franchement pitoyables, comme fantômes. Qu'est-ce que vos mères diraient si elles vous voyaient ?

Esprit A : …

Esprit B : …

Esprit C : …

Cloud : Tu les as vexés, on dirait.

Tifa : Ils… ils sont partis ?

Aerith : Alors voilà donc comment on se débarrasse des esprits vengeurs et de ce genre de conneries… mmh… intéressant…

Le reste de leur progression se déroula sans accrocs particuliers. Les fantômes, au loin, semblaient éviter nos héros de peur d'être de nouveau ridiculisés. Quant à ceux-ci… ils finirent bien malgré eux dans un cul-de-sac.

Cloud : Raah… Comment on va faire ?

Tifa : Voyons voir, deux trains nous barrent la route, mais impossible de monter ni d'entrer dans aucun des deux…

Aerith : J'en suis pas si sûre.

Ce disant, elle sauta dans la locomotive du deuxième train et poussa le moteur à fond. La machine bougea alors de plusieurs mètres, poussant ainsi le wagon qui barrait le passage.

Aerith : De rien.

Tifa : Bravo, maintenant on… Hé ! Qu'est-ce que tu viens de faire, là ?

Aerith : Mmh ?

Tifa : Cette potion… elle était à moi ! Pourquoi tu me l'as prise ?

Aerith : Je te l'ai prise ? Euh… j'avais pas fait gaffe.

Tifa : Oui, maintenant rends-la moi !

Aerith : On va dire que c'est ma récompense pour nous avoir sortis de ce mauvais pas.

Tifa : Tu pouvais en demander une sans te servir dans mon sac !

Cloud : Quand vous aurez fini de vous prendre la tête pour une simple potion, vous pourrez venir par ici. La voie est dégagée et on n'a plus beaucoup de temps pour rejoindre Barret et les autres, là, dont je me rappelle plus le nom.

Et pendant que Tifa lui rappelait le nom des trois autres membres du groupe terroriste, ils se rapprochèrent en vitesse de l'entrée du taudis, où le pilier s'élevait encore au milieu des monceaux de déchets. Par bonheur, ils n'arrivaient pas trop tard ! … Cependant, une série de cris se fit entendre, et l'instant d'après, un Wedge chut du ciel.

Wedge : Eurk !

Cloud : Euh… ça va ?

Wedge : J'ai… j'ai tombé de 60 mètres… b… bien sûr que ça va pas…

Cloud : « Suis », Wedge, on dit « je suis tombé ».

Aerith : En tout cas, lui, quand il tombe, il abîme les plantations de personne. Enfin moi, j'dis ça…

Wedge : Cloud… promets-moi… promets-moi que tu… que tu…

Cloud : Merde, merde, qu'est-ce que je fais ? Je dis oui ? Je dis non ? Je l'ignore ? Si ça se trouve il va me demander un truc impossible !

Wedge : Promets-moi… de te brosser les dents tous les matins et tous les soirs… l'hygiène dentaire… c'est… c'est… c'est import… ant… Gaah…

Aerith : Le pauvre, l'agonie l'a fait complètement délirer.

Tifa : À vrai dire, même de son vivant, il n'était pas tout à fait net non plus…

Cloud : Je le savais ! JE LE SAVAIS ! Comment je peux lui promettre un truc pareil ? J'ai perdu ma brosse à dents !

Aerith : Ah, voilà qui explique beaucoup de choses, alors.

Tifa : En tout cas, on n'a plus le temps de papot… AERITH ! COMMENT OSES-TU ?!

Aerith : Quoi ?

Tifa : Piller les morts, c'est immonde !

Aerith : Hein ? Ah oui, tiens, j'ai la main dans sa poche…

Cloud : Mmh…

Aerith : C'est vraiment bizarre, quand même…

Cloud : Je crois savoir d'où ça vient.

Aerith : Oui ?

Cloud : Donne-moi ça.

Aerith : Hé ! C'est MA matéria !

Cloud : Hop !

Aerith : POURQUOI TU L'AS JETÉE ?!

Cloud : Attends quelques heures avant de me retirer des points, et tu me remercieras.

Aerith : Tss…

Tifa : Bon, écoute Aerith, il n'y a qu'à toi que je peux demander ça… Dans un bar, au taudis, il y a une petite fille appelée Marlène. Retrouve-la et essaie de la mettre en sécurité, d'accord ? Et si tu peux, emporte aussi la bouteille de vin que je garde dans ma cave depuis la dernière guerre. C'est un excellent cru, et je ne voudrais pas la voir gâchée.

Aerith : Onze ans d'âge ? Je peux pas promettre de pas y goûter…

Cloud : En fait, Marlène a quatre ans, pas onze.

Tifa : C… CLOUD !

Cloud : Oui, bon, la blague était facile…

Aerith : Bon, grouillez-vous alors, j'vais commencer à faire du repérage pour voir où je pourrai poser mes affaires dans le bar si jamais vous arrivez à sauver le pilier, mais j'y crois pas trop.

Tifa : Pas de temps à perdre, allons-y !

La discussion en resta cependant là, car il était maintenant temps de monter le long escalier circulaire qui menait au sommet du pilier. S'apprêtant à s'y engager, le duo se vit cependant bien vite forcé de s'arrêter.

Cloud : Biggs ?

Biggs : C… Cloud…

Cloud : Ah, cool, j'me suis pas trompé de nom.

Biggs : Continuez sans moi, Cloud… Tifa… je peux pas continuer…

Tifa : Tu es blessé ?

Biggs : Non, j'ai… j'ai un point de côté… Laissez-moi souffler…

Cloud : Mais… tu te rends compte que t'as même pas monté cinq marches ?

Biggs : Oui, bon, j'aurais dû faire un peu plus de sport…

Cloud : Certes… tiens bon, on s'occupera de toi dès qu'on en aura fini là-haut, enfin si on y pense.

Et la montée put continuer. Marche après marche, Cloud et Tifa progressaient dans l'interminable escalier de fer, jusqu'à ce le héros trébuche malencontreusement.

Cloud : Ouaah !

Jessie : Aïe !

Cloud : Jessie ? Qu'est-ce que tu fous au milieu des escaliers ?

Jessie : Mon pied s'est encore coincé dans un trou !

Cloud : T'as essayé de le dégager toute seule, cette fois-ci ?

Tifa : On n'arrivera pas à la dégager de là… Je me demande vraiment comment elle a fait son compte…

Cloud : Ouais. C'est à croire qu'elle… l'a fait exprès.

Jessie : QUOI ?! T'insinues que je serais pas venu en aide à Barret et Wedge ? Alors même que Wedge est… euh… tombé par-dessus la rambarde et que… que… j'ai pas trop envie que ça m'arrive… ? Désolée ! Le stress est trop fort ! C'EST TOUT LE QUARTIER QUI EST EN DANGER !

Cloud : C'est marrant, moi, personnellement, ça m'aurait boosté, une circonstance comme celle-là, si j'étais un activiste héroïque…

Tifa : De nouveaux coups de feu ! Allons voir, nous ne sommes plus très loin du sommet !

Et en effet, seule une petite dernière centaine de marches les séparait de la plate-forme sur laquelle se trouvait déjà un Barret paniqué.

Barret : Qu'est-ce que j'fais qu'est-ce que j'fais qu'est-ce que j'fais ?! Comment qu'on va s'en sortir ?!

Tifa : BARRET !

Barret : Tifa ! Oh, t'es là aussi, toi !

Cloud : Ouaip.

Tifa : Quelle est la situation, Barret ?

Barret : Y avait plein de mecs de la Shinra, ici, et comme ils avaient pas peur de se prendre des balles, j'leur ai fait le coup de d'exhib' de Popole, alors ils ont sauté par-dessus la rambarde, et Wedge aussi, vu qu'il s'y attendait pas et qu'il a pris peur. Ensuite, euh… bah… J'sais pas trop quoi faire alors j'tire en l'air pour passer ma colère.

Cloud : La bombe doit être quelque part dans le coin.

Barret : Même pas ! J'ai cherché absolument partout !

Tifa : Et derrière le pilier au centre de la plate-forme ?

Cloud : Bingo, un ordinateur !

Barret : Ah ouais, tiens, j'avais pas vu !

Cloud : IL SE VOIT COMME LE NEZ AU MILIEU DE LA FIGURE, GROS DÉBILE !

Barret : ARRÊTE DE ME CRIER DESSUS, BOUHOUHOU !

Tifa : Voyons voir, comment est-ce qu'on…

Mais l'intervention d'un hélicoptère détourna son attention ainsi que celle de ses deux autres compères. Un homme dont le visage paraissait familier à Cloud en sortit alors, profitant de ce moment de distraction.

Cloud : Reno !

Reno : Coucou.

Tifa : Il va appuyer sur le bouton pour enclencher la bombe !

Barret : Cloud, fais quelque chose pour l'arrêter !

Cloud : Euh… non ! Attends ! Fais pas ça !

*Bip*

Barret : C'EST TOUT CE QUE T'AS TROUVÉ ?!

Cloud : VOUS M'AVEZ PRIS AU DÉPOURVU !

Barret : JE… JE T' AI DIT D'ARRÊTER DE ME CRIER DESSUS !

Cloud : C'EST TOI QUI AS COMMENCÉ À HURLER, CRÉTIN !

Barret : Ah ben ouais, tiens.

Reno : Youhou, je suis là et la bombe est enclenchée, vous vous souvenez ?

Cloud : Pourquoi t'as fait ça, au juste ?! Je croyais que vous, les Turks, vous vous occupiez que du trafic de drogue !

Reno : J'ai un compte à régler avec toi !

Cloud : Quoi, tout ça parce que j'ai dit un truc sur des cheveux bizarres ?

Reno : Que… QUOI ?! Un « truc » ? Mes « cheveux bizarres » ? TU VAS ME LE PAYER ! TOUT LE QUARTIER VA PAYER À CAUSE DE TOI ! CETTE BOMBE, C'EST UN GROS FUCK QUE JE T'ADRESSE ! Enfin, même si le plan était pas prévu pour toi à la base, moi c'est comme ça que j'vois les choses. Bref, FUCK, j'te dis !

Cloud : Ça me semble un peu disproportionné…

Tifa : En attendant, il faut qu'on fasse quelque chose !

Barret : Ouais, on va commencer par s'occuper de ce type !

Reno : Ben venez ! J'vous prends tous en même temps !

Barret : Bouaaah !

Reno : Aah ! Non ! Pas les armes à distance ! C'est mon point faaaaaible !

Barret : Ha ha ha !

Reno : Lol, j'déconne. Prends ça !

Barret : Aaargh !

Tifa : Barret ! Il… Il s'est évanoui !

Reno : Et voilà pour toi, ma jolie !

Tifa : Qu'est-ce que… je suis… prisonnière ?!

Reno : C'est mon attaque spéciale, Trine, ça me permet d'enfermer ma cible dans une pyramide.

Tifa : Et on se libère comment ?!

Reno : Si je te le disais, ça aurait plus aucun intérêt !

Cloud : Au pif, on va essayer comme ça !

Reno : Hé !

Tifa : Aaaaaah !

Cloud : Ben on dirait que ça a marché…

Reno : Salopard !

Tifa : J'ai eu la peur de ma vie ! Et si tu m'avais touchée avec ton épée ?!

Cloud : Oh, c'était suffisamment facile à péter comme ça, si en plus mon arme était passée au travers, son attaque chelou aurait été encore plus naze.

Reno : Mon… attaque… chelou ? J'AI PASSÉ DES ANNÉES Á LA PERFECTIONNER !

Cloud : Ben t'as intérêt à te remettre au boulot, parce qu'elle me paraît pas très au point.

Reno : JE VAIS TE TUER !

Cloud : Non mais t'as fini de te vexer à chaque fois que je te dis quelque chose ? C'est saoulant, à la fin.

Reno : NON ! Prends ça ! À l'assaut !

Tifa : Attention ! C'est avec cette attaque qu'il a assommé Barret !

Cloud : Une matraque électrique… intéressant…

Barret : Hé ! Qui a dit que j'étais assommé ?!

Cloud : Le bon sens, Barret, le bon sens. T'étais dans les vapes pendant presqu'une minute !

Barret : Même pas vrai !

Reno : Arrête d'esquiver en parlant sur le ton de la conversation et bats-toi comme un homme !

Barret : J'vais vous prouver que j'suis pas K.O ! Rafale de tirs !

Reno : Je t'ai déjà dit que ça me faisait rien, crétin !

Tifa : Et ça, ça te fait quoi ?

Reno : Hein ?

Tifa : Yah !

La puissance que mit Tifa dans son coup de poing suffit à faire décoller son adversaire de plusieurs mètres. Se relevant à temps pour essuyer un nez plein de sang, celui-ci sauta alors du pilier… avant de réapparaître dans un hélicoptère. À ses côtés se tenait un homme portant le même uniforme, ainsi que…

Cloud : Aerith ?!

Aerith : T'as vu ça ? J'ai trouvé mon propre taxi pour sortir d'ici.

? : T… tais-toi ! Tu es prisonnière ! Pri-son-nière !

Aerith : Comme tu veux. Hé, j'ai soif, tu m'apporterais pas un peu d'eau, Tseng ?

Reno : L'écoute pas, elle est fourbe.

Barret : C'est qui, au juste ?

Cloud : Une fille que j'ai rencontré après ma chute, hier.

Aerith : Oh mais c'est le mec qui était à poil à la télé ! J'suis une fan !

Barret : Barret, à ton service, mam'zelle !

Tifa : Qu'est-ce que vous lui voulez ?!

Tseng : Nous l'avons capturée toute à l'heure avec des stupéfiants dans son sac à main ! Rien que ça, ça vaut une peine de plusieurs mois de prison !

Aerith : Vous vous rendez compte ? Ils ont FOUILLÉ MON SAC ! Vous me vengerez, j'espère, hein ?

Tseng : Laisse-moi parler !

Reno : Y a aussi autre chose, apparemment…

Tseng : Oui, la Shinra nous a également demandé de la capturer car elle fait partie des Anciens.

Cloud : Les Anciens ?

Barret : Elle m'a pas l'air bien vieille, pourtant !

Aerith : Tu me donnerais quel âge, en toute honnêteté ?

Barret : Je sais pas… 19 ans ?

Aerith : Oh, je suis flattée !

Tseng : ÇA SUFFIT, MAINTENANT ! TU ES NOTRE OTAGE !

Aerith : Oh, l'autre, même pas drôle.

Cloud : Mais pourquoi vous nous dites un truc aussi important alors qu'on est ennemis ?

Reno : En fait on se demandait juste si vous en saviez quelque chose, parce que nous, on pige pas trop cette histoire d'Anciens. On veut juste la chopper parce que c'est à cause d'elle qu'y a autant de camés en ville.

Aerith : Vous me faites beaucoup d'honneur, à croire que j'ai le monopôle, mais je suis pas la seule, vous savez…

Tseng : Reno, prends un papier et un crayon, elle est sur le point de nous donner des noms !

Aerith : Oh, je sais pas trop… J'ai la gorge sèche, après tout… Elle vient, cette eau ? Oh, ou bien du vin. Vous savez, comme celui que vous m'avez confisqué, par exemple. C'est un onze ans d'âge, quand même !

Tifa : Aerith ! Où est Marlène ?

Aerith : Qui ? Oh, la gamine… Je lui ai donné l'adresse de ma mère sur un morceau de papier. C'est une grande fille, elle peut y aller toute seule.

Barret : MAIS Y A DES MONSTRES, SUR LA ROUTE !

Aerith : Y en a toujours moins que dans un bar rempli de poivrots pervers où elle se retrouve toute seule pendant que vous vous éclatez à sauver le quartier.

Tifa : Je ne te permets pas d…

Tseng : Vu que cette conversation ne nous mène nulle part, allons-nous-en !

Reno : Ouais ! Meurs bien, Cloud ! Tu regretteras de t'être moqué de moi !

Cloud : On se reverra, Reno. On se reverra, et d'ici là, t'auras intérêt à choisir une perruque d'un meilleur goût.

Reno : JE VAIS TE…

Tseng : On s'envoooooole !

Les fulminations de Reno, à moitié noyées dans le bruit que faisait l'hélicoptère, baissèrent de volume à mesure que celui-ci s'éloigne, jusqu'à être totalement occultées par le bruit d'une explosion : celle de la bombe. Il ne restait plus beaucoup de temps : comment nos héros allaient-ils s'en sortir ?

Barret : Là ! Un câble !

Tifa : C'est notre dernier espoir !

Cloud : J'arrive !

Barret : YaaaaaaaaaaouuuuuuuuuueeeueeeueuaubeeuuaaaAAAAARGH !

Cloud : MES CHEVEUX ! IL A GERBÉ DANS MES CHEVEUX !

Barret : Désolé !

Cloud : MES BEAUX CHEVEUX TOUS POINTUS !

Tifa : Ne lâche pas prise, Cloud !

Toujours suspendus à ce câble qui les faisait descendre à vitesse grand V, nos héros échappèrent de peu au sort funeste qui attendit tous ceux qui vivaient dans le secteur 7 : écrasés par la plaque supérieure supportant le haut-quartier, qui fut également détruit. C'est ainsi une énorme partie de Midgar qui fut détruite, sous le regard froid et calculateur du directeur de la Shinra.

Directeur : En fait, c'était vraiment une idée à la con… Mais c'est pas grave, j'suis toujours aussi riche, mouéhéhéhé !