Chapitre 8 –Silence, on Bosse
Tifa : Voyons voir…Pour atteindre le prochain escalier, il faut qu'on passe devant ces trois gardes…
Cloud : Et vu la façon dont ils patrouillent, m'est avis qu'ils prennent leur boulot plus sérieusement que les lascars qu'on a vus toute à l'heure… S'ils nous choppent, y a des chances qu'ils sonnent l'alarme…
Tifa : Il y a des piliers qui leur cachent la vue. Si on pouvait se déplacer de l'un à l'autre pendant qu'ils ne regardent pas, on traverserait sans se faire voir.
Barret : Moi, la discrétion, c'est vraiment pas mon fort !
Cloud : Je te promets que dès qu'on pourra sauter sur des ennemis en poussant des grands cris et en bondissant partout, on te préviendra.
Barret : Je pourrai aussi chanter pendant que j'bondis ?
Cloud : Comme tu veux, mais pour le moment, tiens-toi tranquille.
Tifa : Passe le premier, Cloud.
Cloud : Si tu veux.
Les deux gardes de la Shinra, s'ils veillaient à effectuer correctement leur travail, n'en étaient pas plus attentifs pour autant. Avec un bon timing, Cloud parvint donc à passer sans se faire repérer.
Cloud : Psst, la voie est libre !
Tifa : Ne parle pas ! Fais des gestes, c'est plus discret !
Garde A : T'as entendu quelque chose, Jean-Paul ?
Garde B : Non et toi, Jean-Maurice ?
Garde A : Il m'avait pourtant semblé… non, ça devait être une impression…
Cette conversation était tout ce qu'il fallait à Tifa pour rejoindre son ami en toute discrétion. Il ne restait à présent que la partie difficile, le « gros morceau », sans mauvais jeu de mot sur sa carrure : Barret.
Barret : Attention, j'arrive !
Tifa : C'est ça, viens, mais en silence…
Garde A : Encore ce bruit…
Garde B : Il y a peut-être un fantôme dans le coin ?
Garde A : Brrr…
Barret : Ah… aaah… aaaAAAATCHAAAAA !
Garde B : À tes souhaits.
Garde A : Merc… une minute… J'ai pas éternué…
Garde B : Mmmh… c'est étrange…
Barret : Tiens ? Mon lacet est défait…
Cloud : Tu le referas plus tard ! T'es en plein milieu du chemin, là ! Va te cacher avant qu'ils te voient !
Barret : D'accord, d'ac… Ouaaaaah !
Garde A : Aïe !
Garde B : Mais qu'est-ce qu…
Tifa : Oh misère…
Garde A : Ce type vient de me rentrer dedans !
Barret : Désolé, je me suis pris les pieds dans mon lacet !
Garde A : Oh, y a pas de mal…
Garde B : Attendez un peu… Qu'est-ce que vous faites ici ?!
Garde A : Regarde, Jean-Paul, y en a deux autres, là-bas !
Cloud : Merci beaucoup, Barret…
Barret : Hé, c'est de ta faute ! Si tu m'avais laissé faire mes lacets…
Garde B : Vous m'avez l'air d'être des intrus !
Tifa : C'est-à-dire que…
Cloud : Nous ? Des intrus ?! Mais enfin ! Si c'était le cas, mon amie et moi on serait pas de ce côté-ci, alors que c'est un domaine réservé au personnel on attendrait de l'autre côté, cherchant un moyen de nous faufiler sans éveiller votre attention !
Garde A : C'est pas faux, ce que vous dites…
Garde B : Ouais, surtout qu'avec la caméra qui voit tout, au dessus de nous, vous auriez eu aucune chance de passer sans que l'alarme soit donnée, alors vous êtes sûrement en règle.
Tifa : Voilà, exactement !
Cloud : Sachez cependant qu'on est fortement blessés par vos soupçons.
Barret : Ouais, j'suis sûr que c'est parce que j'suis black !
Cloud : Enfin toujours est-il qu'on a fort à faire, nous, alors si vous voulez bien…
Pendant ce temps, dans une salle obscure du bâtiment.
? : Allez… allez… allez… vas-y… je t'en supplie… alleeeeez… et OUAIS ! Ha ha ha ! J'AI CAPTURÉ ARTIKODIN ! SA MERE LA TEPU ! Bon, maintenant voyons voir les caméras de sécurité… Réception, O.K. Escalier, O.K, Toilettes des femmes, O.K. Le reste, sûrement O.K. Je peux continuer !
Revenons au trio d'infiltrés, actuellement au beau milieu du 61e étage, bien plus rempli et actif que le précédent.
Employé A : Georges, pouvez-vous m'envoyer le rapport sur la productivité des huîtres au plus tôt ?
Employé B : Allô Sandrine ? J'aurais besoin d'une nouvelle agrafeuse.
Employé C : M. Libiquet, dois-je vous rappeler que consulter des sites à caractère pornographique est interdit pendant le travail ?
Employé D : Mais je suis en pause ! Et puis regardez ça, c'est un gang-bang avec des nains !
Employé C : Fort bien, vous échappez de peu à la sanction, cette fois-ci, mais que cela ne se reproduise plus ! Je vais garder le lien de cette vidéo pour… disposer d'une preuve tangible de votre attitude scandaleuse.
Tifa : Ils ont l'air plutôt occupés…
Cloud : Trop occupés pour voir qu'avec nos fringues, on a clairement pas l'air d'être d'ici.
Barret : Et pis en balayeur, j'suis pas très convaincant, moi, sans balai !
? : Oh, c'est vous !
Cloud : Tiens, Guy.
Tifa : Alors, ces ordinateurs ?
Guy : S'il y avait plus de son, c'est seulement parce que les enceintes étaient pas branchées. C'est la quatrième fois cette semaine, j'en ai marre.
Cloud : Et ça te dirait de te venger d'eux en nous refilant une carte donnant l'accès à l'étage supérieur ?
Guy : … Vous bossez pas vraiment ici… pas vrai ?
Cloud : Pas vraiment, nan.
Guy : Tenez, alors.
Barret : T'assures, mec !
Guy : Si vous voyez le directeur, dites-lui de ma part que plutôt d'appeler les services de dépannage informatique pour n'importe quoi, il devrait plutôt faire preuve d'un peu de bon sens.
Tifa : Euh… on… y pensera.
C'est donc avec la poche garnie d'une nouvelle carte d'accès que nos amis reprirent leur lente ascension. L'étage n°62 était une vaste bibliothèque à côté de laquelle le maire de la ville avait son bureau.
Tifa : Il doit y avoir tant à apprendre sur les desseins de la Shinra, ici…
Barret : On trouverait p'tet les plans d'un Super Megazord !
Cloud : Malheureusement, on n'a pas le temps de lire.
Tifa : Ceci dit, il nous faut la carte d'accès aux étages supérieurs.
Cloud : Allons jeter un œil dans cette pièce.
Tifa : Tu es sûr ? C'est écrit « Bureau du Maire ». Il ne risque pas de donner l'alerte ?
Cloud : S'il le fait, j'autorise Barret à faire feu.
Barret : Oh cool ! Enfin, d'un aut' côté, on parle du maire, quand même…
Tifa : Là, comme ça, on croirait qu'il a du pouvoir, mais je me rappelle pas avoir entendu parler d'un « maire de Midgar », il doit vraiment être invisible.
Cloud : Ou alors il est très nul, tout simplement.
? : Vous savez, j'entends tout à travers la porte.
Tifa : Au point où on en est, ouvrons-la…
Barret : Ouah ! C'est tout bien décoré, ici !
? : Bonjour, je suis le maire Domino. Vous devez être des intrus venus casser la margoulette du directeur, j'imagine ?
Cloud : Ouais, grosso modo.
Tifa : Et ça ne vous dérange pas ?
Domino : Pourquoi est-ce que cela me dérangerait ?
Tifa : Eh bien… vous avez un poste à responsabilité…
Domino : Un poste à responsabilité ?! Je n'ai de maire que le titre !
Cloud : Le titre et puis une pancarte, à côté du bureau.
Barret : Et pis un p'tit chapeau, sur l'étagère, qui dit « I'm the mayor, bitch » J'peux le prendre ? Il est rigolo.
Domino : Non ! Enfin bref, vous avez compris l'idée. Tout ce que je fais, dans cette boîte, c'est commander des pizzas et les apporter à mes supérieurs… c'est-à-dire à peu près tout le monde ici.
Tifa : Est-ce que ça veut dire que vous allez nous donner la carte d'accès que l'on cherche ?
Domino : Mmh… Je ne veux pas paraître trop prompt à la trahison, alors je vais vous laisser deviner mon mot-de-passe.
Cloud : Votre… mot-de-passe ?
Barret : C'est « 1234 » !
Domino : Vous avez sans doute constaté que cet étage était constitué de quatre bibliothèques. Chacune d'entre elle porte sur un thème bien précis, mais comportent un intrus, un livre qui n'est pas à sa place. Il est écrit sur la cote de ces livres un nombre et le titre : si le chiffre 16 est noté, prenez la 16e lettre du titre, et vous aurez l'une des lettres du mot-de-passe. Réitérez l'opération dans chaque partie de la bibliothèque pour constituer l'intégralité du code.
Tifa : Je… vois…
Cloud : On va essayer ça, alors… Enfin si j'ai bien compris.
Barret : Oh, je sais ! C'est « mot-de-passe » ! Un grand classique. Ou « chaussette », au choix.
Cloud : Laisse tomber, Barret, allons reconstituer le code plutôt que d'essayer de le deviner.
Tifa : Voyons voir, commençons par cet endroit-ci. Thème : Livres d'Apprentissage.
Barret : « 52 : Le Jardinage pour les Nuls »
Cloud : « 18 : Le Sexe pour les Nuls ». Pourquoi c'est sur celui-là que je tombe, moi ?
Tifa : « 04 : La Conversation pour les Nuls ». C'est si difficile que ça, de parler ?
Barret : « 12 : Deviner un Mot de Passe pour les Nuls »… Oh, 'faudra que je me l'achète, celui-là…
Tifa : «09 : Écrire un Livre pour les Nuls pour les Nuls », ils ne savent plus quoi inventer…
Cloud : « 12 : Doudou va à la Piscine ». Mmmh… je crois que j'ai trouvé l'intrus.
Tifa : La 12e lettre du titre, c'est un P. Passons à la salle suivante.
Barret : Section Livres pour Enfants. Ah, ça j'peux lire sans avoir mal au crâne !
Tifa : « Doudou va sur la Lune », « Doudou va à la Plage », « Doudou va à l'École », « Doudou va en Centre de Désintoxication »…
Cloud : « Doudou va au Supermarché», « Doudou va au Gymnase », « Les Cent-Vingt Journées de Sodome », « Doudou va à l'Abattoir »…
Tifa : … Attends… Il n'y avait pas un intrus, là-dedans ?
Cloud : Hein ? Ah oui, tiens. Mmh… Le chiffre, à côté, est un 26.
Tifa : 26… Mmmh… donc un O.
Cloud : Un P et un O. Passons au suivant.
Barret : J'ai une meilleure idée !
Cloud : Qui est ?
Tifa : B… Barret ! Attends un peu !
Barret : On a pas idée de nous faire réfléchir alors que tout ce qu'on veut, nous, c'est tout casser ! ON A PAS IDÉE !
Maire : Que se passe-t-il ? Que signifie tout ce raffut ? Est-ce que vous avez trouvé le mot-de-passe ?
Barret : Ouais, c'est « Fais gaffe à ta gueule ! »
Maire : Faux, le mot-de-passe est censé faire quatre lettres. Vous n'avez même pas essayé ! Je suis déçu.
Barret : Donne-nous ta carte ou on te refait le portrait !
Maire : Vous n'avez pas le droit ! Je suis le maire !
Cloud : Oui et non, concrètement, vous êtes qu'un mec qui s'appelle Domino et qui livre des pizzas, ce qui est quand même vachement ironique.
Tifa : Cloud, n'encourage pas Barret dans sa violence !
Cloud : Ben quoi ? 'Faut quand même admettre que pour des terroristes brutaux, on courbe vachement l'échine au premier obstacle venu…
Maire : Vous me traitez d'obstacle ?
Cloud : On est des individus super dangereux, alors essayez de pas nous mettre en rogne, O.K ?
Barret : Ouais ! Bien dit, Cloud !
Maire : Si vous m'agressez, vous condamnez votre sort ! Je peux donner l'alerte !
Barret : Et ça me donnerait le droit de faire PAN PAN sur ta tête, hein Cloud ?
Cloud : J'ai hâte d'expliquer au personnel de sécurité comment trouver le mot-de-passe du maire… mais j'y pense… ne vont-ils pas se demander comment je le sais ?
Maire : V… vous êtes des monstres !
Barret : Des monstres ARMÉS et PAS CONTENTS !
Maire : Raah ! La voilà, votre carte ! Elle ouvre l'accès au 65e étage. J'espère que vous aurez un cancer en chemin !
Tifa : Allons-y, maintenant, avant de le martyriser encore plus.
Barret : Mais sinon, y aurait vraiment pas moyen d'avoir le p'tit chap…
Maire : RAAAAH !
Barret : O.K, O.K.
Tifa : J'ai dit « Allons-y » !
Un nouvel ascenseur permit au petit groupe de passer directement à l'étage 65, les deux précédents ayant relativement peu d'intérêt, puisque servant respectivement d'entrepôt et de salle de gym. Le 65e étage, en revanche, recelait une maquette de Midgar de quatre mètres de diamètre, et ça, c'est quand même bien la classe.
Cloud : Mmh… Je me demande bien ce qu'on doit faire avec ce truc…
Tifa : Si on regarde bien, il manque plusieurs pièces, non ?
Barret : Ah ouais, tiens, y a des bouts de quartier qui manquent !
Cloud : Tu crois que c'est encore un genre de puzzle ?
Tifa : Pourquoi pas ? Après tout, ça ne m'étonnerait même plus…
Barret : Bougez pas, j'reviens.
Cloud : Hein ?
Tifa : T'occupe pas de lui. Bon, on devrait trouver des pièces près d'ici, j'imagine.
Cloud : Commençons par cette pièce, là-bas.
Tifa : Non, vas-y tout seul pendant que je vérifie celle-ci.
Cloud : Merde… Il y a trois coffres, mais aucun ne s'ouvre…
Tifa : Il y en a un qui s'ouvre, ici ! D'ailleurs, il contient une partie de la maquette !
Cloud : Super, allons la mettre.
Tifa : Eeet… voilà !
Cloud : Y a eu un clic.
Tifa : Oui, à mon avis, un autre coffre contenant une autre partie s'est ouvert… mais quant à savoir où…
Cloud : J'imagine qu'il va falloir tous les faire, dans le doute.
Et soudain, BOUM, une explosion. Ou peut-être pas. Sans doute n'était-ce qu'un simple bruit sourd résonnant dans un étage vide, mais du point de vue d'intrus tentant d'être discrets, ça ressemblait clairement à une explosion.
Cloud : BARRET ! QU'EST-CE QUE TU FOUS ?!
Barret : Chez moi, les gens y disent « merci » quand on leur rend service !
Cloud : ET CHEZ MOI, LES GENS NE DÉFONCENT PAS LES PORTES AVEC DE GRANDS COUPS DE PIEDS !
Barret : Ben en attendant, la voie est libre et vous avez pas à vous coltiner cette histoire de maquette toute moche !
Tifa : Même si je n'approuve pas sa technique… il marque un point.
Cloud : Certes… Mais si jamais la carte ne peut être fournie que par la maquette, alors on sera bloqués par les portes de l'étage supérieur…
Barret : Pas tant que j'aurais des pieds et des poings ! Et ma tête, aussi, mes coups de boule y font mal !
Tifa : C'est la porte que la complétion de ce modèle de Midgar aurait ouverte, mais on dirait que la carte d'accès à l'étage 66 se trouvait dans ce coffre-ci, à côté des escaliers.
Barret : Donc ça veut dire que j'ai bien fait de faire le gros bourrin !
Cloud : Je… suppose, ouais.
Si l'étage 65 était complètement désert, on ne pouvait pas vraiment en dire autant du 66e, dans lequel divers employés en costume-cravate couraient en tous sens.
Cloud : Je vois pas trop comment on va faire pour monter à l'étage suivant, cette fois-ci…
Tifa : Il doit bien y avoir quelque chose de particulier, à ce niveau-ci… Voyons voir…
Barret : Hé ! Y a marqué « Salle de Réunion », là ! Ça doit être un truc vachement important, nan ?
Cloud : Ça m'en a tout l'air, et m'est avis que l'ouvrir brutalement, c'est pas la meilleure solution qui soit pour y assister discrètement…
Barret : J'y avais même pas pensé ! … Pas trop…
Tifa : Explorons le reste de l'étage, on trouvera bien une solution…
Cette solution, ils la trouvèrent en constatant qu'hormis les quelques bureaux disséminés dans ce niveau et dans lesquels des employés bullaient sur Internet en faisant semblant de travailler, la seule pièce qui semble digne d'intérêt était… les toilettes.
Tifa : Voyons voir…
Cloud : On peut savoir ce que t'espères trouver en ouvrant une cabine au hasard ?
Tifa : Bingo ! Suivez-moi !
Barret : Tu veux dire… dans la cabine ?
Tifa : Évidemment ! Allez.
Cloud : Bon… d'accord…
Employé : Hum, je n'ai pas pu m'empêcher de vous voir tous entrer là-dedans, et… comment dire… je… vous êtes sûrs que… ? … enfin… pendant les heures de travail… ? … et puis… avec… enfin… avec un grand black… ?
Cloud : Hé ! On est pas plus certains que toi de ce qu'on va trouver là-dedans, alors fais-nous plaisir et retourne au boulot en oubliant ce que t'as vu, ou alors c'est sur toi qu'on va envoyer le grand black !
Barret : Hé ! Arrête de m'intrus… m'sintru… m'instrutem… m'utiliser comme un genre d'outil ! C'est pas cool !
Tifa : Bon, vous venez ou quoi ?
Cloud : Bon, d'acc… Tiens ? Mais t'es où ?
Tifa : Là-haut !
Barret : Oh ! Le conduit d'aération !
Tifa : Bon, venez me rejoindre, moi je commence à avancer !
Cloud : Une minute… Tifa… elle est pas en mini-jupe ?
Barret : Oh ben dis-donc, j'vois la lune !
Et c'est ainsi que Cloud dut renoncer à une vue fort plaisante lors de sa progression dans le conduit. Celle-ci le mena, lui et les deux autres, au dessus d'une grille donnant en plein sur la salle de réunion, où les grands pontes de la Shinra préparaient leurs plus sombres desseins.
Heidegger : Carré de Valets, vous l'avez dans l'ionf, les nazes, BOUAHAHAHA !
Directeur : Nous sommes les maîtres de cette partie, MOUÉHÉHÉ !
? : À toi la main, Palmer.
Palmer : HIHIHIHIHI ! Eeeeet… voilà mon As d'atouuut !
? : Que… mais t'es con ou quoi ? Tu vas te le faire bouffer, ton As !
Heidegger : Miam, miam ! VALET D'ATOUT ! Succulent ! J'en veux encore ! T'as d'autres points à me donner, Palmy ?
Directeur : Ne fais pas cette tête, Scarlet. Tu savais très bien que tu perdrais à la seconde où le hasard t'a mise dans le même camp que cette andouille.
Palmer : HIHIHI ! ET UNO !
Scarlet : Un jour, 'faudra quand même lui apprendre à jouer…
Reeve : Hum hum… Est-ce qu'on ne devrait pas… avoir une vraie réunion, ou quelque chose qui y ressemble, au moins ?
Heidegger : Oh, l'autre…
Scarlet : Vu la tournure que cela prend, je ne peux qu'être d'accord…
Reeve : Bon, concernant le Secteur 7, les réparations vont…
Directeur : Les réparations ? Pourquoi est-ce qu'on réparerait ?
Reeve : Eh bien… c'est juste que j'ai pensé…
Directeur : « J'ai pensé », « j'ai pensé », votre problème, Reeve, c'est que vous pensez trop. Vous n'agissez pas assez.
Reeve : Que comptez-vous faire pour reloger les habitants, dans ce cas ?
Directeur : Les reloger ?! Mais enfin qui est-ce que vous voulez reloger ? Il n'y a aucun survivant ! Tout ce qu'on a à faire, c'est construire un centre commercial avec le plus grand McShinra du monde, et on sera encore plus riches qu'avant !
Heidegger : Ouais, ça c'est du plan qui défonce tout !
Scarlet : Cruel, très cruel, ooooh, j'aaaaime !
Palmer : C'est énoooooorme !
Directeur : Mouéhéhéhé !
Heidegger : Bouahahaha !
Scarlet : Hohohohoho !
Palmi : Hihihihihi !
Reeve : Mais… mais…
Directeur : MOUÉHÉHÉHÉHÉ !
Heidegger : BOUAHAHAHAHA !
Scarlet : HOHOHOHOHOHO !
Palmer : HIHIHIHIHIHIHIHI !
Reeve : Mais pourtant, je… enfin…
Directeur : La ferme, Reeve.
Heidegger : Ouais, on en a marre de t'entendre.
Scarlet : Tu nous insupportes.
Palmer : HIIIIHIIIHIIIHIIIIHIIIIHIII !
Directeur : Va nous chercher des pizzas.
Reeve : Mais en temps normal, c'est le travail du maire Domino ! Pas que je sois tout à fait d'accord, mais…
Directeur : Oui, et bien Domino n'a plus de travail, justement. D'ailleurs, tu penseras à le prévenir, qu'il commence à faire ses bagages. Pour moi, ce sera une Quatre-Fromages, avec du champagne
Heidegger : La 100% Viande, pour moi. Et pis une bière.
Scarlet : La Végétarienne avec un verre de vin rouge, je te prie.
Palmer : HIIIHIHIHIHIIHHIHIHIHIHIHIIAAAARREUuuAaaaruruaaghh… Kof ! Kof ! Kof !
Scarlet : Palmer prendra un verre d'eau, ce me semble. Avec un menu enfant, comme à son habitude.
C'est ce moment que choisit un scientifique à lunettes, en blouse blanche et aux cheveux graisseux noués en une queue de cheval pour intervenir en entrant dans la salle de réunion d'une démarche lente. D'un regard circulaire, il observa chacun des membres du Haut Conseil de la Shinra, fournissant au narrateur l'occasion rêvée de revenir sur la description de chacun des intervenants de cette scène. Il y avait le directeur, blond à l'embonpoint marqué Heidegger, le gros barbu au costume vert pomme et au poil très sombre Scarlet, la marquise blonde au costume rouge d'un goût exquis Reeve, le mec un peu normal, banal, type employé modèle et Palmer, le petit gros à moitié chauve qui sautait partout. Enfin, Palmer, quoi. Son nom en dit déjà long. Palmer. Sérieux. C'est quoi ce blaze ?
Directeur : Peut-on savoir ce que tu as à nous regarder comme ça ?
Hojo : Le cobaye, maître… il est… parfait…
Directeur : Ah oui ? Elle fait vraiment partie des Anciens, alors ?
Hojo : Oui, maître… nous pourrons tant… apprendre d'elle… Sa résistance au feu… sa résistance aux électrochocs… sa résistance aux violences corporelles… sa résistance à la musique country… tant d'expériences s'offrent à nous, maître… mon esprit scientifique ne sait vers laquelle pencher…
Directeur : Faites ce qui vous fait plaisir, tant que vous me trouvez des résultats ! Cette fille est la dernière de son espèce, les Anciens sont une race extrêmement vieille, ils ont sûrement une cachette, quelque part sur ce monde, où ils ont dissimulé tous leurs trésors ancestraux. JE VEUX DÉCOUVRIR OÙ ÇA SE TROUVE POUR DEVENIR ENCORE PLUS RICHE !
Heidegger : Bien dit !
Scarlet : Un noble projet.
Palmer : Kof kof kof !
Directeur : Vous pouvez disposer, maintenant. Surtout toi, Reeve. On attend toujours nos pizzas, tu sais.
Reeve : Je… je… bien.
Hojo : Je me retire également… maître…
Directeur : Où en étions-nous ?
Heidegger : C'est moi qui ai la main ! Et maintenant, juste pour vous torturer, plutôt que de faire tomber les atouts tout de suite, j'vais jouer un peu avec vous ! Vlan ! Un petit As de cœur !
Scarlet : Scélérat, le 10, je l'avais sec !
Heidegger : Ben tu l'as plus, maintenant, ma cocotte ! Bouahahaha !
Cloud : On en a assez vu, je crois.
Tifa : Ce « Hojo », qui semblait parler d'Aerith… Avec un peu de chance, il va se rendre à l'étage supérieur… On n'a qu'à le suivre !
Barret : On peut pas tout simplement le tabasser et lui prendre sa carte ?
Cloud : C'est un peu risqué, avec tout ce monde. Va pour la filature.
Compte tenu du succès que nos amis avaient eu jusque là pour rester discret au cours de leur infiltration qui n'avait rien d'une infiltration, il n'était pas certain qu'ils réussissent à suivre le savant fou sans éveiller l'attention d'une dizaine de gardes, d'employés, de caméras et de sangliers passant dans les locaux de la Shinra. Pourtant, grâce à une incroyable chance, ils ne se firent remarquer que par un employé, que le regard de Barret et l'épée de Cloud intimidèrent suffisamment pour l'intimer au silence ainsi que par une caméra en panne. Quant au sanglier, il n'est jamais parvenu jusqu'au bâtiment de la compagnie. En réalité, il n'y a pas de sanglier dans cette région. Oui, tout ceci était un mensonge, j'ai péché, je l'admets, c'est odieux. En guise de pénitence, je m'abstiens d'écrire la suite maintenant. Vous ne la découvrirez qu'au chapitre prochain, donc. Ceci est mon châtiment.
