Chapitre 9 – Au Nom de la Science

Tifa : Vite, avant que la porte ne se ferme !

Cloud : Et hop !

Après une prise en filature aussi tendue qu'étonnement discrète (enfin tout est relatif), le trio était finalement à l'étage 67.

Barret : On fait quoi, maintenant ?

Cloud : Continuons à suivre ce type, il va peut-être nous mener à Aerith. Maintenant qu'on est là, autant la sauver, quoi.

Tifa : Oui, elle n'a pas mérité le traitement qu'il lui réserve.

Cloud : Voyons voir… Il est parti au bout de ce couloir.

Tifa : Toutes les portes sont fermées ou mènent à des salles qui ne renferment rien d'intéressant.

Barret : Ouais, donc on a pas le choix de toutes façons.

Cloud : Le voilà !

À l'autre bout du corridor, le sournois Hojo regardait d'un œil lubrique une créature quadrupède, à mi-chemin entre le loup et le lion, à la peau orangée, à la crinière style punk et l'œil droit masqué par une cicatrice. Après avoir fixé une bonne trentaine de secondes l'animal endormi dans sa prison de verre, le scientifique s'avança alors vers l'escalier de l'autre côté de son laboratoire pour monter à l'étage suivant, laissant la voie libre aux sauveteurs en herbe.

Cloud : Oooh… Aerith… mais qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?!

Barret : Ils l'ont complètement défigurée ! Elle ressemble plus à rien !

Cloud : Je me demande ce qu'ils lui ont injecté pour arriver à un résultat pareil...

Tifa : Et… hum… vous êtes sûrs que c'est… Aerith, en fait ? Ça ne pourrait pas être un autre cobaye retenu prisonnier ?

Barret : Mmh… pas faux…

Cloud : Ouais, ce serait pas forcément bête…

Barret : Tiens, y a quelque chose d'autre, là-bas.

Tifa : Où ça ?

Barret : Là, dans une genre de cabine réfrigérante, avec une porte à valve pour l'ouvrir.

Cloud : Y a un sas qui permet de voir ce qu'i l'intérieur, on dirait. J'vais jeter un coup d'œil.

Ce coup d'œil, il le regretta amèrement. La « chose » qui vivait – ou gisait – à l'intérieur était un monstre qui, sûrement, a un jour été humanoïde, mais privée de tête, la chose au corps bleu et dont l'un des seins nus était orné d'un œil avait de quoi terroriser n'importe quel guerrier du SOLDAT, ou n'importe quel narrateur l'ayant aperçue quand il avait sept ans. Brrr…

Cloud : Oh p… oh p-p-p-p….

Barret : Qu'est-ce qu'y a, là-dedans ? Mmh ? Ouah ! C'est sacrément moche !

Tifa : Je ne veux même pas savoir à quoi ça ressemble…

Barret : Mais qu'est-ce que c'est, au juste ?!

Cloud : C'est… Jénova…

Barret : Jénova ?!

Cloud : Ils l'ont amenée ici… bordel… Les fous…

Barret : Quoi ? Tu la connais ?! Vous étiez proches, tous les deux ? Vous l'avez fait ?

Tifa : Barret…

Barret : Ben quoi ? C'est le seul truc qui pourrait expliquer pourquoi il tremble, tout tétanisé, en la revoyant ! Moi aussi, j'serais traumatisé !

Cloud : Quelle bande de… de… Aaaaaargh…

Tifa : Cloud, reprends-toi !

Barret : Elle lui fait vraiment de l'effet, dis-donc !

Cloud : Le bruit strident… il… c'est insupportable…

Tifa : Bon, oublions ce qu'on vient de voir et suivons Hojo. Aerith doit sûrement être au dessus de nous.

Barret : Ouais, on va l'arracher aux griffes de ce taré ! Enfin, à ses ongles !

Cloud, acquiesçant, parvint à se ressaisir avant de suivre ses camarades dans l'escalier. À l'étage, Hojo observait cette fois-ci la jeune femme, également enfermée, mais dans un tube plus large. Elle n'était quant à elle pas endormie, loin de là, puisque non seulement elle tapait contre la vitre avec une férocité inégalée, mais sans parvenir à entendre ce qu'elle disait, il ne fallait pas une imagination débordante pour se douter que les mots que ses lèvres formaient en se déformant dans une grimace de colère n'étaient pas les termes les plus doux de notre vocabulaire.

Hojo : Bientôt… oui… bientôt… nous saurons tout sur ta race… et sur sa résistance à la douleur… mmmh… ouiii…

Tifa : Il faut intervenir…

Cloud : Non, attendons le moment propice.

Hojo : Il y a quelqu'un ?! Je vous… entends, vous savez ?

Cloud : Là, c'est le moment propice.

Barret : SURPRISE, ENFOIRÉ !

Hojo : Mais… comment êtes-vous arrivés… jusqu'ici… ?

Cloud : Tu peux remercier la sécurité pourrie de ce bâtiment.

Tifa : Nous sommes venus sauver Aerith !

Cloud : Oui, enfin à l'origine, on était venus passer notre colère sur le directeur parce que c'est quand même un bon gros salopard, mais tant qu'on y est, ouais, pourquoi pas la sauver.

Hojo : Aerith… alors c'est son nom… je préfère quand même celui que je lui ai donné… « Sujet n°341 »…

Barret : Mais c'est nul, comme nom ! Les gens vont se moquer d'elle, après !

Tifa : Je ne pense pas que ce soit d'une grande importance, Barret…

Hojo : Vous m'importunez… je vous propose d'assister à un petit spectacle que… je comptais me garder pour une nuit… de solitude…

Cloud : Euh… J'ai peur de demander, mais… c'est-à-dire ?

En guise de réponse, le maléfique Hojo appuya sur un bouton, et une dizaine de secondes plus tard, le cobaye de l'étage précédent fut amené dans la prison d'Aerith par le biais d'un ascenseur. La surprise se lut d'abord sur leur regard respectif. Sans que l'on ne puisse entendre quoi que ce soit, l'animal ouvrit la bouche, puis ce fut au tour d'Aerith de dire quelque chose, ce à quoi répondit de nouveau la bête. La dealeuse eut alors un air paniqué et tapa de toutes ses forces contre la prison, au bord des larmes.

Cloud : Je sais pas trop ce qu'il se passe, là-dedans, mais on dirait qu'elle a besoin d'aide.

Hojo : Je ne comprends pas… ce sont les deux derniers de leur… race. Pourquoi est-ce qu'ils ne tentent pas de survivre en… s'accouplant… ?

Tifa : Vous êtes malade !

Barret : On va te péter la gueule !

Hojo : Ah mais non… si vous me supprimez… vous condamnez la race humaine… à un avenir sans mon talent… sans mes inventions… sans mes travaux… vous ne ferez jamais une chose… pareille… j'en suis sûr… alors vous voilà dans… l'impasse…

Cloud : Un avenir sans ton talent ?

Tifa : Sans tes inventions ?

Barret : Sans ta gueule de con ?

Tifa : Le troisième, c'était « travaux », Barret.

Barret : Je m'en fous, de ce qu'il a dit ! Il a une gueule de con !

Cloud : Là-dessus, il marque un point.

Tifa : Si on doit devenir violents, occupons-nous d'abord de cet énorme tube de verre. Il faut libérer Aerith avant que les choses ne dégénèrent !

Cloud : Mais le monstre qui est avec elle risque pas de nous attaquer ?

Barret : S'il essaie, on lui rétamera la tronche bien comme il faut !

Tifa : Barret, je t'autorise à tirer autant que tu veux sur cette vitre !

Barret : FEU À VOULOIR !

Cloud : Volonté, Barret, volonté.

Barret : ÇA VEUT RIEN DIRE, GROS DÉBILE, LE VERBE C'EST VOULOIR ! ON DIT PAS « JE VOLONTE, TU VOLONTES, ETC » QUE J'SACHE !

Cloud : Mouais… Occupe-toi de cette vitre, ça au moins, t'y arrives bien.

Barret : BOUAAAAAAH !

Hojo : Noon… Noooon… Arrêtez… vous dis-je…

Tifa : Il va falloir être plus convaincant !

À force d'acharnement et de grands cris (mais l'acharnement a sans doute joué un plus grand rôle) la vitre finit par céder, et bien que quelques balles perdues frôlèrent les deux cobayes à l'intérieur, ils n'en profitèrent pas moins pour sauter hors de leur cage pour rejoindre la liberté.

Aerith : ESPÈCE DE SCIENTIFIQUE DE MES D… Hein ? Mais… Cloud ?! Tifa ?! Le black exhibitionniste ?!

Barret : Hé ! Je m'appelle Barret !

Cloud : Quoi, tu nous remarques que maintenant, Aerith ?

Aerith : Je voyais rien de l'extérieur, dans cette saloperie. Tout ce que j'avais, c'est ce… ce… ce crétin avec moi !

? : Hé ! C'est pas parce que j'ai une crête que j'suis crétin ! Ni chrétien, d'ailleurs. Ou Crétois.

Aerith : JE T'AI DIT D'ARRÊTER AVEC TES JEUX DE MOTS ! Ce machin orange m'a à peine aperçue qu'il me sortait déjà des blagues à deux balles ! Vous comprenez maintenant pourquoi je voulais absolument sortir ?!

Tifa : Attendez… il… parle ?!

? : Ouaip.

Barret : Ha ha ha ! Je l'aime bien, moi ! On peut le garder, dis, Cloud, on peut ?!

Cloud : Si tu veux, mais c'est pas moi qui le nourrirai ou le promènerai.

Barret : Ouais ! J'vais te faire plein de câlins, Médor !

? : M… Médor ?

Cloud : Il est naze, ce nom. Attends, j'vais en trouver un meilleur… Mmmh…

? : Sinon, en fait, je m'appelle Na…

Cloud : Bon, y a rien qui me vient, alors comme il est tout rouge, et qu'y a 13 câbles suspendus au plafond, on va l'appeler Rouge XIII.

Rouge XIII : Oh… Mmh… C'est pas mal… Hé ! Ça pète, même !

Aerith : Appelez-le comme vous voulez, mais empêchez-le de faire des vannes, par pitié…

Rouge XIII : On dirait que mon humour hérisse Aerith.

Aerith : ARRÊTE, J'TE DIS !

Hojo : Cette comédie… a assez… duré… je vous laisse avec cette… expérience… car j'ai fort… à faire…

Cloud : Hé, reviens !

Barret : Ho ho ! Voilà un nouveau monstre bien moche !

Tifa : On dirait une sorte de mutant que ce savant fou a crée…

Cloud : Bon, Tifa, emmène Aerith à l'abri, nous on s'occupe de cette saloperie !

Aerith : Quelle galanterie ! Je serais presque émue, si je détestais pas cette tendance à faire des femmes des petits êtres fragiles !

Tifa : Allons-y, laissons les garçons nous protéger.

Aerith : Ah ben forcément, quand on côtoie quelqu'un qui se complaît à être choyée… Enfin bon, de toute façon, les mecs sont là pour ça, alors après toi, ma chère.

Pendant que les deux femmes du groupe s'éloignaient, les deux hommes et le nouvel arrivant, dont le sexe n'avait pas encore été déterminé, restèrent donc pour affronter le… cobaye, qui était une sorte de mélange entre… un… madule, un bichin, un chuc et une trose. Bref, si cela n'évoque rien dans votre esprit, consolez-vous en pensant que même en l'ayant sous les yeux, on ne comprenait pas vraiment ce que c'est que cette créature mutante et bizarre, assemblée de ci et de ça et dans des couleurs parfaitement dissemblables. Autant dire qu'il était parfaitement compréhensible que nos amis cherchent à s'en débarrasser le plus vite possible pour n'avoir plus à subir sa vue.

Cloud : Hé, Rouge XIII ! Tu sais te battre ?

Barret : Évidemment, qu'y sait ! C'est une bête féroce, attends ! Il a des crocs, des griffes, un regard qui tue, et tout et tout !

Rouge XIII : En fait, je me bats avec ma crinière !

Cloud : Ha ha ha ! Pas mal !

Barret : Ah ouais, t'es vraiment un rigolo, toi ! Je t'aime bien !

Cloud : Non mais sérieusement ?

Rouge XIII : Ben j'me bats vraiment avec ma crinière.

Cloud : …

Barret : …

Cloud : Et… ça marche ?

Rouge XIII : Besoin d'une démonstration ?

Cloud : Je t'en prie, vas-y.

Rouge XIII : Et… Yaaaah !

Mutant : Beeeuurg…

Barret : Ouah ! En plus plus il tourne sur lui-même ! Ça fait genre scie circulaire ! C'est trop bon !

Cloud : Pas mal, pas mal…

Rouge XIII : Essaie aussi, Claude. Avec tes ch…

Cloud : Mon nom, c'est CLOUD ! CLOUD !

Rouge XIII : Ouais, bon, essaie aussi, en tout ! Vu que t'as les cheveux en pics, pourrait faire mal !

Cloud : Mmh… Pas faux. Allez hop ! Attaque HEADBANGING !

Mutant : Baaaaaargh ! Beeuh…

Cloud : Oh, j'avoue que ça fait bien mal. Comme quoi, mon gel, il fait vraiment fixation béton…

Barret : Allez, à mon tour !

Rouge XIII : Euh…

Cloud : Barret…

Barret : BOUYAAAH !

Mutant : BEUEUAAUAAAAARRRRGHOuiaaarr…

Barret : Vous avez vu ça ?! La force de mes tifs l'a envoyé décoller vers le mur !

Cloud : Ouais. Personnellement, vu la longueur de tes cheveux, j'appellerai plutôt ça un « coup de boule », mais bon.

Barret : T'es juste jaloux de ma puissance capillaire. Capillaire. Il existe bien, ce mot-là, ou je l'invente ?

Cloud : Non, non, tu l'as pas imaginé, celui-là.

Rouge XIII : T'as l'hair imagina'tif, pourtant.

Cloud : Ah ouais, quand même…

Barret : Hein ?! Bah ! Tant pis, allons retrouver les autres !

Rouge XIII : Je connais le chemin pour sortir d'ici… plus ou moins. Suivez-moi !

Cloud : J'suppose qu'on va devoir te faire confiance…

Tifa : Euh… c'est encore nous.

Cloud : Vous étiez pas parties à l'abri, vous ?

Aerith : En fait, la porte était fermée.

Barret : Et ce Hojo s'est cassé, alors on pourra pas le suivre comme toute à l'heure…

Rouge XIII : Repartons de là d'où vous venez. On prendra l'ascenseur de là-bas.

Tifa : Pas bête !

Rouge XIII : Si, justement. Je suis une bête.

Rebroussant chemin, le petit groupe agrandi d'un membre continua son petit bonhomme de chemin jusqu'à un ascenseur étroit, lorsque…

Tifa : On y est !

Cloud : Bon, tout ce qu'on a à faire, maintenant, c'est retourner au…

? : On monte.

Barret : Désolé, mon gars, mais on est montés avant toi, alors je… Oh.

L'homme qui se dressait face à eux était un grand gaillard chauve à lunettes de soleil, style videur de boîte de nuit branchée, à la différence près qu'il portait un uniforme de Turk. Son allure imposante et son quasi-mutisme troublant avaient de quoi désemparer nos héros, y compris Barret, qui même lui se sentit intimidé. Les langues se nouèrent, et plus personne ne parla, jusqu'à l'arrivée d'un autre Turk dans l'ascenseur déjà plein à craquer, un Turk que la plupart de nos amis avaient déjà aperçu.

Tseng : Quelle charmante compagnie. On est un peu serrés, c'est sûr, mais au moins vous ne vous en tirerez pas aussi facilement que prévu, n'est-ce-pas ?

Barret : Salopard, je vais te…

Rouge XIII : Aïe !

Aerith : Arrête de bouger, ton bras me rentre dans le dos !

Tifa : Je crois que c'est le mien, en fait.

Rouge XIII : Mais aïe !

Barret : C'est plus moi, là !

Rouge XIII : Je sens un truc pointu sur ma patte arrière !

Cloud : Ah, ça doit être le bout de mon épée.

Barret : Ben range-la !

Cloud : Et découper tout le monde en morceaux ce faisant ? Non merci.

Tseng : Vous vous rappelez que vous êtes captifs, tout de même ?

Cloud : Oh, génial…

Tseng : Rude, puisqu'ils ne veulent pas coopérer, sois un gentil garçon et fais-nous monter jusqu'au bureau de Monsieur le Directeur.

Le gentil garçon au crâne nu s'exécuta sur-le-champ, et l'instant d'après, les cinq captifs défilaient pour entrer dans le bureau d'un PDG plus que satisfait.

Directeur : Nous nous retrouvons enfin, délinquants !

Aerith : On se retrouve enfin, gros tas de merde.

Directeur : QUOI ?!

Aerith : Libère-nous, ou je te jure que tu connaîtras des souffrances dont tu n'as même pas idée.

Directeur : Des… des menaces ?! De la part d'une simple femme ?! Une Cetra, même ? Et désarmée, en plus de ça ! Tu perds la tête !

Aerith : On n'a pas besoin d'arme pour t'infliger les pires sévices, crevure. Vas-y, Bleu Douze, vanne-le !

Rouge XIII : À ton sévice, Ae-vice

Directeur : Quoi ?! Non ! Arrêtez !

Rouge XIII : Et au passage, je me permets de te dire que j'suis pas un bleu, et encore moins une bouse… un douze, pardon.

Directeur : Mais c'est inhumain, ce que vous faites !

Cloud : Ça vous apprendra.

Tifa : Une minute… vous avez parlé de Cetra, à l'instant ? Est-ce que c'est un synonyme d' « Ancien » ?

Directeur : Oui, oui, Cetra, Ancien, Ploucs, ça désigne tous la même saloperie de race ! J'ai les nerfs ! J'allais vous faire un discours pour vous humilier, mais là j'ai même plus envie ! Je vous HAIS !

Cloud : Ben tiens ! On fait moins le malin, hein ?

Directeur : Je vous rappelle que vous êtes toujours menottés, alors ne vous croyez pas sortis d'affaire ! Allez, Rude ! Emmène-les dans la prison ! Et juste pour la forme : Mouéhéhéhéhé… héhé… hé… non, vraiment, le cœur n'y est pas… Pfff…

Et parce qu'aucune journée n'est vraiment complète sans une petite garde à vue, voilà que nos fiers terroristes furent enfermés à l'étage 67, confinés dans la prison interne de la Shinra. Disposés dans plusieurs cellules bien distinctes, le groupe était divisé en trois : Aerith d'un côté, Barret et Rouge XIII de l'autre, et Cloud et Tifa entre les deux, bien que les fins murs n'empêchèrent pas les détenus de discuter sans qu'un garde ne vienne les déranger.

Cloud : Génial, vraiment génial, nous voilà en taule…

Tifa : Et moi qui me vantais d'être l'une des rares du taudis à avoir un casier judiciaire vierge…

Barret : Hé, le mien il est presque vide aussi ! Troubles sur la voie publique, exhibitionnisme, outrages aux agents de police et téléchargement illégal de Bienvenue chez les Ch'tis, ça compte pas !

Aerith : En même temps, quand on s'engage dans du terrorisme, il faut pas s'attendre à s'en sortir blanche comme neige, trésor.

Tifa : Je le sais, tout ça, mais quand même…

Cloud : Si ça peut te rassurer, comme c'est la Shinra qui nous enferme et pas la police municipale, on aura sûrement pas droit à un procès avant l'exécution, alors de là à s'embarrasser d'un dossier…

Tifa : L'exécution ?! Mais la peine de mort a été abolie dans Midgar depuis plus de quinze ans !

Aerith : Excellent argument ! Et convaincant, avec ça ! Garde-le pour le procès inexistant, je suis sûre que tu vas faire basculer les juges fantômes et les jurés du néant de ton côté !

Barret : Bon, en tout cas, moi j'vais me coucher !

Tifa : Comment est-ce que tu peux dormir avec tout ce qui nous arrive ?

Rouge XIII : Avec un lit et un oreiller, sans l'ombre d'un doute. Au moins, c'est pas ça qui nous manque

Barret : Bien dit ! Allez, au dodo ! Bonne nuit !

Tifa : On sait même pas s'il fait nuit, cela dit…

Cloud : Comme tous les jours, j'ai envie de dire. Avec ce nuage de pollution qui cache le Soleil…

Tifa : Oui, il ne faut pas s'étonner, après, qu'une entreprise à la base fondée sur l'énergie devienne aussi riche, si elle alimente l'éclairage de la ville 24h/24.

Cloud : T'es bien silencieuse, Aerith…

Barret : C'est parce qu'elle, elle se tait pour laisser les gens DORMIR ! Sérieux, vous en faites, du bruit !

Aerith : Non, en fait je cherchais un moyen de m'évader. Oui parce que vous êtes sans doute très contents de passer les derniers jours qu'il vous reste en captivité, mais moi j'ai d'autres projets que d'être emmenée chez Hojo une nouvelle fois.

Cloud : Bon, on y réfléchira en dormant.

Tifa : Tiens ? Tu te ranges du côté de Barret, finalement ?

Cloud : Ben oui, je le connais pas depuis très longtemps, mais s'il y a une chose que j'ai comprise en le côtoyant, c'est que si on le contredit plus de cinq minutes, il se met à pleurer en se roulant par terre.

Barret : Ça c'est pas vrai ! Même que ça prend vachement plus longtemps, des fois !

Rouge XIII : Moi non plus, je serais pas contre un peu de sommeil.

Tifa : Va pour le repos, alors. Bonne nuit !

Malgré la précarité de leur situation, et la menace qui planait maintenant sur nos amis, ceux-ci parvinrent tout de même, on-ne-sait-trop comment, à trouver un semblant de quiétude dans leur sieste (car oui, nous étions au beau milieu de l'après-midi). Pourtant, une surprise de taille attendait Cloud, lorsqu'il se réveilla le premier.

Cloud : Qu'est-ce que… euh… pourquoi… Tifa a-t-elle mis sa main à cet endroit ? Mmh… 'Vaut mieux pas que je cherche à comprendre. Bon, voyons voir. Un plan d'évasion… un plan d'évasion… Alors d'abord, le voyant bleu au dessus de la porte signifie qu'elle est fermée, donc pour changer de couleur, il faudrait certainem… Une petite seconde… Bleu, ça veut pas plutôt dire que ce serait ouvert ? … Ah ben si ! Holy sweet fuck, c'est ouvert ! On est libres ! LIIIBRES !

Aerith : Moins de bruit, à côté ! Rêve moins fort !

Tifa : Qu'est-ce qu'il se passe, Cl… Mais… tu es dehors !

Cloud : Ben oui, c'est ce qu'impliquait mon « on est libres ! LIIIIBRES ! »

Tifa : Incroyable !

Aerith : Moins fort, j'ai dit ! Non mais c'est pas vrai, c'est un délire collectif ou quoi… ?

Tifa : Le garde qui surveillait l'entrée est étendu contre le sol… Oh… son pouls est arrêté.

Cloud : Et il a la clé magnétique sur lui !

Tifa : Non pas que je sois très à l'aise à l'idée de faire les poches d'un mort, mais c'est notre seule option.

Cloud : Hop, voilà, Aerith, t'es libre.

Aerith : Mmh, je commence à comprendre la raison de tout ce boucan. Note bien que ça veut pas dire pour autant que je te pardonne de m'avoir réveillée, hein…

Tifa : Barret, Rouge XIII, vous pouv… euh… qu'est-ce que… vous faites ?

Barret : Mmh ?

Rouge XIII : Quel est le probl…AAAAH ! Pourquoi tu te blottissais contre moi, toi ?

Barret : Ben quoi ? T'as pas envie d'être ma peluche ?

Rouge XIII : Pas vraiment, nan.

Aerith : Vous continuerez vos câlins plus tard, là on doit se tirer d'ici.

Cloud : Je me demande quand même comment ça se f…

Aerith : Pour ça aussi, ça devra attendre ! Allez, on y va !

Qu'est-ce qui avait bien pu ouvrir la porte de la cellule de Cloud et neutraliser le garde somnolent ? Et surtout… pourquoi ? La réponse… attendra. On est pas pressés, tout de même. Vous prendrez bien un café ? Oui ? Un sucre ? Non ? Vous n'aimez pas le café ? Vous ne savez pas ce que vous ratez. Mmh… Délicieux ce café. Vous êtes sûr que vous n'en voulez p… Oui, je pense aussi que la clôture de ce chapitre a assez attendu.